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Nº 3085 du vendredi 5 janvier 2018

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Château Ksara
Une bouteille de Vin d’Or 1942 vendue aux enchères de HRW

Château Ksara, la plus ancienne entreprise vinicole du Liban, a brillé lors des enchères organisées pour le dîner annuel de Human Rights Watch le 20 novembre à la Tour de Londres: une bouteille rare et unique de Ksara Vin d’Or 1942 s’est en effet vendue à 1500 livres sterling  (l’équivalent de 2000 $), mettant en valeur l’héritage dont Château Ksara est si fier. Lama Sioufi, de Human Rights Watch, a déclaré: «Le montant des recettes des enchères nous permet de soutenir nos  partenaires dans leurs missions en alertant les instances internationales sur des situations de violations des droits humains». Dikran Ghazal, directeur général de Château Ksara, affirme que «cette vente montre qu’il y a des connaisseurs et des collectionneurs qui s’intéressent au vin libanais et qui cherchent à dénicher le rare et l’unique». Il a annoncé que le château s’apprête à organiser des ventes exceptionnelles où d’autres vieux millésimes, le vin d’or inclus, qui proviennent des caves historiques seront mis en scène.


Circulaire intermédiaire no 426
La Banque du Liban (BDL) a émis une circulaire intermédiaire no 426 dans laquelle il autorise les banques à baisser de 100% leurs réserves obligatoires correspondant aux soldes principaux des prêts consentis en livres pour le financement des fonds opérationnels des établissements industriels. L’objectif est d’encourager les banques à accorder des prêts subventionnés aux unités industrielles afin de doper leur capacité à exporter. Ce qui assure des flux de devises étrangères vers le Liban afin de contrebalancer le recul des investissements étrangers et des transferts de fonds. Le montant du prêt consiste en un financement de 60% de la valeur des exportations de l’établissement pour une durée de trois ans et un taux d’intérêt qui ne dépasse pas 3%.


9 millions de bouteilles de vin par an
Le Liban produit près de 9 millions de bouteilles de vin par an, dont le tiers est destiné à l’exportation. Bien que la production de vin soit encore faible, représentant 0,02% de la production mondiale, elle a réussi à se positionner sur la carte mondiale du vin et à acquérir une reconnaissance internationale. L’organisation de la production du vin est régie par la loi du 29 mai 2000, concernant la production, la vente et l’exportation. Dans ce prolongement, s’inscrit la création de l’Institut national de la vigne.

 

 

 



Croissance de l’économie parallèle
Des industriels ont condamné les impôts imposés au secteur industriel, affirmant que de telles mesures entraîneront la croissance de l’économie parallèle aux dépens de l’économie légale. Ils ont considéré que les taxes ont été approuvées sans une étude préalable de faisabilité économique à long terme, les qualifiant d’impôts politiques plutôt que d’impôts économiques. L’imposition de nouvelles taxes augmenterait automatiquement le coût de production, creusant davantage la différence de prix entre les deux économies en faveur de l’économie parallèle. Ils ont également dénoncé le non respect par la Syrie de l’accord multilatéral panarabe, car Damas exige un permis à l’entrée des marchandises sur son territoire.

 

 

Fermeture de 338 entreprises industrielles
Les indicateurs industriels ont montré une baisse drastique du volume des affaires dans le secteur industriel, notamment entre 2012 et 2016. Ce recul s’élèverait à 1,8 milliard $, le volume étant passé de 10,5 milliards $ en 2012 à 8,8 milliards $ en 2016. 388 établissements sur 2 365 entreprises recensées ont fermé. Ils employaient près de 78 000 ouvriers. 

Liliane Mokbel

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Éditorial
Deux priorités en 2018

L'heure n’est pas aux bilans mais aux perspectives d’avenir. 2018 est une année charnière pour la stabilité politique du Liban et le sauvetage de son économie. La réanimation des institutions, fin 2016, après deux ans et demi de coma, avec l’élection d’un président de la République, la désignation d’un Premier ministre et la formation d’un gouvernement, reste incomplète. Elle ne sera menée à terme qu’avec le renouvellement du Parlement, dont le mandat aurait dû s’achever en juin 2013, mais qui s’est maintenu en vie en auto-prorogeant sa législature à trois reprises. Les élections parlementaires de mai 2018 sont donc une étape cruciale dans le processus de normalisation de la vie politique nationale. Ces élections sont d’autant plus importantes que la prochaine Chambre promet d’être un brin plus représentative que les précédentes, grâce notamment au mode de scrutin proportionnel, appliqué au Liban pour la première fois. Certes, la classe politique a trouvé le moyen de transformer cette avancée de géant en modeste petit pas. Elle a, par exemple, introduit le concept du vote préférentiel restrictif – dans les grandes circonscriptions les électeurs sont ainsi contraints de «préférer» un candidat uniquement originaire de leur caza, ce qui limite leur choix. Malgré cela, la nouvelle loi électorale devrait permettre de briser, partiellement sans doute, les monopoles et autres exclusivités communautaires, exercées par les mêmes partis ou figures depuis des décennies. De gros investisseurs privés ou institutionnels attendent cette échéance capitale pour arrêter leurs plans et faire connaître leurs intentions à moyen et long termes.  Les investisseurs observent aussi avec un intérêt marqué l’avancement du processus d’exploitation, par le Liban, de ses ressources en hydrocarbures. Il s’agit, là, de la seconde priorité nationale en 2018, dont dépendra, peut-être, la stabilité de la livre libanaise, et, par conséquent, la préservation de l’ordre social. Avec une dette et un service de la dette qui atteindront des sommets inégalés cette année et un ratio dette/PIB qui va encore augmenter, l’Etat aura besoin soit de recettes supplémentaires soit d’un miracle. Certes, si les forages commencent en 2019, le Liban devra attendre cinq ans avant de toucher des dividendes. Mais le seul fait que le processus soit solidement mis sur les rails est susceptible de déclencher un cercle vertueux qui permettrait, par exemple, à l’Etat libanais d’emprunter sur les marchés financiers internationaux à des taux préférentiels. Le Liban doit relever ces deux défis dans un contexte régional pas très avantageux, il est vrai, mais moins dangereux que les années précédentes, surtout en Syrie, où la guerre semble toucher à sa fin. Quoi qu’il en soit, les Libanais peuvent capitaliser sur les réalisations accomplies l’année dernière. Car, quoi qu’en disent les plus sceptiques et les gens de mauvaise foi, 2017 a été plutôt positive: une stabilité politique qui s’est manifestée dans l’affaire Hariri, une stabilité sécuritaire qui s’est concrétisée dans la victoire contre les takfiristes, et une résilience économique qui a fait ses preuves également lors de la crise de la démission du Premier ministre.


 Paul Khalifeh
   

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