Les employées de maison
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Nº 3093 du vendredi 7 septembre 2018

Les employées de maison

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Se décharger des tâches ménagères et familiales pour mener une vie «active» sur le plan professionnel est devenu, depuis la fin de la guerre, un phénomène très fréquent. Or, un tel «luxe» s’avère onéreux. Combien coûte le recrutement d’une employée de maison?
Du XIXe jusqu’à la moitié du XXe siècle, les familles aisées libanaises recouraient aux employées de maison syriennes, égyptiennes ou libanaises. Dans les années 90, l’afflux de main-d’œuvre en provenance d’Asie ou d’Afrique a changé la donne. Les faibles salaires que cette main-d’œuvre demande a permis à une grande partie de Libanais (aisés ou moins aisés) d’embaucher des employées de maison. Les coûts varient certes en fonction de la nationalité des ressortissants et les agences se sont multipliées dans le pays pour faciliter les procédures administratives. A quel prix?

Les montants varient
Une fois que l’employeur aura reçu, de l’agence concernée, plusieurs CV de différents ressortissants étrangers souhaitant travailler au Liban et que le choix tombe sur l’un d’entre eux, la procédure de recrutement commence. Il faudra attendre au moins un mois avant l’arrivée de l’employée de maison. L’agence s’occupe de la réservation du billet d’avion et de la préparation des dossiers nécessaires pour la constitution des documents de voyage dans le pays de résidence de l’immigré. Aux sommes relatives à ces procédures s’ajoute la commission que prélève l’agence pour le travail effectué. Un autre facteur peut faire varier la facturation: il s’agit des relations diplomatiques qu’entretient le Liban avec les pays d’origine des ressortissants. Depuis un certain temps, les Philippines, par exemple, interdisent à leurs ressortissants de se rendre au Liban. Le départ se fait alors de manière détournée, via un pays tiers, ce qui rend le voyage plus long, et donc plus coûteux. Ainsi, pour les Philippines, les frais s’élèveraient à 3 500 dollars et peuvent atteindre, parfois, les 4 500 dollars. Un tel montant n’est pas sans cause: les Philippines bénéficient généralement d’un niveau d’éducation relativement convenable et sont connues pour la bonne garde des enfants. L’arrivée des Sri Lankaises au Liban coûte 2 500 à 3 000 dollars. Celles-ci connaissent assez bien le Liban, y sont bien intégrées et n’ont souvent pas besoin d’avoir recours à des intermédiaires pour conclure leur contrat. Pour embaucher une femme d’origine camerounaise (maîtrisant en général le français et l’anglais), la somme peut s’élever jusqu’à 2 700 dollars. Entre 2 000 dollars et 2 400 dollars varie le montant pour le recrutement de toute employée de maison venant du Nigeria, du Bénin, du Kenya ou du Togo. Quant aux ressortissants du Bangladesh, ils font leur entrée au Liban avec un prix de base tournant autour de 1600 dollars. A ces sommes s’ajoute le salaire mensuel de l’employée de maison qui diffère aussi en fonction de la nationalité et qui tend à augmenter au fil des années (Voir tableau).
Le contrat rédigé par l’agence et conclu entre les deux parties fixe les conditions. Il est, dans un premier temps, valable sur une période de deux ans et est renouvelable avec l’accord des deux parties. Une période d’essai (d’une durée d’un mois) est allouée à l’employeur.
Des frais annuels viennent par ailleurs s’imposer à ce dernier (en plus des frais quotidiens). Il s’agit du permis de travail dont le prix s’élève à 300 000 L.L. et du permis de séjour (300 000 L.L.), de l’assurance médicale (150 000 L.L.), des examens de sang (100 000 à 150 000 L.L.), des radios du thorax que requiert le ministère du Travail (100 000 L.L.) et les frais de notaire, qui s’élèvent à 135 000 LL.  
Le total maximal des frais par an varierait aux alentours de 810 0000 L.L., soit 675 000 L.L. par mois (450 dollars). L’on peut ainsi se poser la question suivante: comment un Libanais dont le revenu mensuel dépasse à peine le salaire minimum peut-il s’offrir un tel service?

Natasha Metni Torbey

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Éditorial
Diplomatie à la hussarde

Gebran Bassil a parfaitement raison de mettre en garde dans les termes les plus directs des dangers qui se cachent derrière l’«accord du siècle» proposé par Donald Trump pour en finir une fois pour toute avec le conflit israélo-arabe. Proposer n’est d’ailleurs pas le verbe adéquat. Le président américain veut imposer sa vision aux Palestiniens en usant de pressions, d’intimidations, de sanctions économiques et autres mesures coercitives, avec l’accord ou le silence complice de pays arabes.La décision de Washington de ne plus participer au financement de l’UNRWA est un nouveau jalon posé sur la voie de ce plan. Le transfert, en mai dernier, de l’ambassade américaine de Tel-Aviv à Jérusalem en était un autre. Ces mesures viennent compléter la loi sur l’Etat-Nation juif, votée par la Knesset le 19 juillet, qui enlève la dernière feuille de vigne de la «seule démocratie du Proche-Orient», où les Arabes, chrétiens et musulmans, ne pourront plus prétendre aux mêmes droits que les juifs.Pour faire avaler ce cocktail nauséabond aux Palestiniens, Trump use d’une diplomatie à la hussarde. Il a déjà suspendu une grande partie de l’aide financière octroyée à l’Autorité palestinienne. La fin du financement de l’UNRWA était prévisible, car le plan américain enterre le droit au retour des 5 millions de réfugiés palestiniens des territoires de 1948 et de leur descendance, installés au Liban, en Jordanie, en Syrie, en Cisjordanie et à Gaza.Le ministre des Affaires étrangères s’interroge, dans un tweet émis dimanche 2 septembre, sur «ce que cache l’accord du siècle». «Transfert (de population), exode, implantation etc…?». Ses craintes sont confirmées par le président de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, qui a révélé, le jour même, que le plan américain consistait en une Confédération jordano-palestinienne. Cette nouvelle entité serait donc appelée à accueillir les Arabes toujours installés en Israël, afin que le caractère juif de l’Etat puisse être consacré.L’énormité de ce que propose Donald Trump n’a d’équivalent que le silence complice des dirigeants arabes. Le plan américain est purement et simplement un remodelage géographique et démographique du Proche-Orient, avec ce que cela implique comme nouvelles complications.Le Liban ne saurait être à l’abri de ce séisme annoncé. Et une fois de plus, une partie de la classe politique montre qu’elle n’est pas à la hauteur des défis qui se profilent à l’horizon. Sinon, comment expliquer l’absence de réaction face à ce qui est en train de se mettre en place? Au lieu de décréter l’état d’urgence politique pour examiner les moyens de mettre le pays à l’abri de ce qui se prépare, ils traînent les pieds dans l’affaire du retour des déplacés syriens, un autre dossier encore plus dangereux que celui des réfugiés palestiniens. En prenant leur temps dans la formation du gouvernement, ils rendent le Liban encore plus vulnérable.Face à ces comportements douteux, nous sommes en droit de nous demander si une partie de la classe politique ne voit pas dans le plan de Trump et ses implications l’occasion rêvée de modifier les rapports de force internes.


 Paul Khalifeh
   

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