Français de Syrie. Les oubliés de la République
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Nº 3089 du vendredi 4 mai 2018

Français de Syrie. Les oubliés de la République

 
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Avec la fermeture de l’ambassade de France et des services consulaires associés en Syrie, le 6 mars 2012, la plupart des Français qui y résidaient en tant qu’expatriés ont quitté le pays pour rejoindre des cieux plus cléments. Un millier d’irréductibles a cependant choisi de rester contre vents et marées.

Ils seraient encore environ 1000 sur l’ensemble du territoire syrien. Mille Français à avoir choisi de rester dans leur pays d’accueil, leur pays de cœur, malgré la guerre qui sévit depuis déjà sept ans. Il est impossible de connaître exactement leur nombre ou leur localisation, le Consulat général de Beyrouth ainsi que le Quai d’Orsay, n’ayant pas souhaité répondre aux questions de Magazine. Fabienne Blineau, conseillère consulaire pour le Liban et la Syrie, qui avance ce chiffre, souligne qu’«il y a encore des compatriotes non enregistrés que l’on découvre parfois, et qui sont ravis de renouer le lien». Un constat qui interroge. Les autorités françaises connaissent-elles avec précision le nombre de leurs ressortissants encore sur place, sont-ils localisés?
Si la plupart de ces ressortissants sont des binationaux, environ 10% d’entre eux sont des Français à 100%.
Le 6 mars 2012, alors que le conflit dure déjà depuis un an, le Quai d’Orsay décide subitement de fermer ses représentations diplomatiques et consulaires en Syrie. Pour ces Français établis en Syrie, parfois depuis plus de trente ans, c’est l’incompréhension. Car la rupture diplomatique entre leur pays d’origine et leur pays d’adoption est lourde de sens. Une circulaire informe les ressortissants établis en Syrie qu’ils devront désormais passer par le consulat général de France à Beyrouth pour obtenir les services (état-civil, aide sociale, etc.). La délivrance des passeports, elle, peut s’effectuer auprès du poste consulaire le plus facilement accessible pour eux ou dans une mairie, s’ils se trouvent sur le territoire français. Les demandes d’état-civil (transcription, actes, etc.) doivent désormais être adressées au Service central d’état-civil situé à Nantes, en Bretagne. Quant aux affaires dites sociales, concernant les éventuelles aides attribuées aux ressortissants français, c’est aussi le consulat de Beyrouth qui s’en trouve chargé et qui reçoit désormais les crédits correspondants pour assurer le versement des allocations aux bénéficiaires. Ces procédures, censées faciliter la vie des Français qui ont choisi de rester en Syrie, ne sont pas si évidentes que ça. Surtout lorsqu’il s’agit de parcourir des centaines de kilomètres et d’avaler des heures de route pour des formalités, quand on vit dans un pays en guerre. En cas d’urgence, ils pourraient compter sur l’aide de l’ambassade de Roumanie, avec qui un accord a été passé, ou même l’ambassade du Brésil, à titre amical, comme l’indique Fabienne Blineau.

Le volet culturel disparaît
Malgré ces difficultés, la plupart des Français et binationaux interrogés par Magazine soulignent que la fermeture de la chancellerie et des représentations consulaires n’a pas changé grand-chose pour eux. C’est le cas par exemple de Lucianne Béranger, qui vit à Damas depuis 1985. «Je n’avais pas beaucoup de rapport avec l’ambassade finalement. J’ai renouvelé mon passeport au consulat de Beyrouth, où une dame s’est très bien occupée de moi», souligne-t-elle. Elle se dit même «reconnaissante envers le service social, sans l’aide de qui elle ne pourrait pas continuer à vivre en Syrie la vie qu’elle a choisie, entourée de ses amis. J’ai été aidée pour une opération de prothèse de hanche et je reçois une aide mensuelle. Sinon, je n’y arriverai pas». En revanche, cette ex-enseignante au Centre culturel français de Damas regrette de ne pas avoir pu voter pour les élections présidentielles en 2017. «Je suis venue à Beyrouth pour cela, et j’ai appris une fois sur place que je ne figurais pas sur les listes électorales. J’ignorais qu’il fallait s’y inscrire, étant donné qu’à Damas, du moment qu’on avait notre carte consulaire, on était inscrit d’office. Ceci dit, tempère-t-elle, je ne me sens pas du tout oubliée par les autorités françaises».
Même son de cloche du côté de Bachar Salloum, un binational de 59 ans installé en Syrie depuis 2009 ainsi qu’un autre Français, chercheur, qui préfère garder l’anonymat. Ils avaient finalement peu recours aux services consulaires à Damas et se débrouillent pour renouveler leurs papiers lors de leurs séjours en France. Kifah el-Sayed, binational désormais installé à Damas, se souvient de la fermeture du consulat d’Alep, fin 2011: «C’était très bête pour nous, d’autant qu’il s’agissait du plus ancien consulat historique au monde» (depuis 1532, ndlr).
En revanche, la disparition pure et simple du volet culturel de la représentation française en Syrie les a beaucoup plus touchés. «On nous avait dit à l’époque que la France ne fermerait pas ses centres culturels, et puis il y a eu une attaque contre l’ambassade, le centre a été fermé du jour au lendemain. Je l’ai beaucoup regretté, je trouvais cela illogique», se souvient Lucianne. Cette désormais retraitée de 69 ans est doublement touchée, puisqu’elle travaillait au CCF de Damas. «Bien sûr, ça a représenté pour moi une baisse énorme de mon niveau de vie. J’avais un statut de vacataire, avec un contrat local, qui n’était pas enviable. Après y avoir travaillé pendant 25 ans, je n’ai eu droit à rien quand ça a fermé. Au revoir et merci. Ceux qui avaient un contrat ont été aidés quelques temps, moi, je n’ai même pas eu ça», déplore-t-elle. Malgré les difficultés qu’elle rencontre pour boucler les fins de mois, rendues de plus en plus difficiles avec la cherté de vie consécutive à la guerre, Lucianne, désormais installée dans le quartier populaire à majorité chrétienne et druze de Jaramana, n’envisage pas de repartir s’installer en France. Elle n’y a d’ailleurs plus mis les pieds depuis 1998. «Cela fait 32 ans que je vis ici, j’y ai tous mes amis, je n’ai plus l’énergie d’aller recommencer une nouvelle vie là-bas, témoigne-t-elle. J’ai accepté de vivre un peu difficilement, sur le plan matériel, j’aurais trouvé détestable de vivre ici avec mes amis quand tout allait bien et au moment où tout commence à dérailler de leur dire: ‘au revoir, moi je suis Française donc je me tire et je vous abandonne à votre sort’».
Pour Kifah el-Sayed, «la francophonie en a pris un coup». «Les relations culturelles étaient vraiment très bonnes, enrichissantes, nombre d’intellectuels français séjournaient à Alep, beaucoup de Syriens parlaient le français, surtout au sein de la communauté chrétienne. Aujourd’hui, à part en regardant TV5 monde, il n’y a plus beaucoup de liens avec la France».
En revanche, un chercheur français aujourd’hui retraité, affiche sa déception. «Avoir fermé le lycée français Charles de Gaulle, l’Institut français, l’IFPO, ça n’avait aucun sens politique», se désole-t-il. «Nous assurions la formation des jeunes, la culture ne dépend pas des lignes politiques. C’est très regrettable. Aujourd’hui, le niveau de français n’en finit pas de chuter, car les étudiants ne peuvent plus pratiquer la langue».

Le lycée en autogestion
Le lycée Charles de Gaulle, justement, n’aura pas fermé ses portes longtemps. Et ce, grâce aux parents d’élèves, qui ont rouvert l’établissement d’autorité. Les autorités françaises ne le finançant plus, l’école fonctionne en autogestion depuis sept ans, grâce notamment aux écolages versés par les familles. Quant aux salaires des professeurs, ils ont drastiquement chuté. 350 élèves environ y sont scolarisés. Fabienne Blineau, très impliquée dans le suivi de la communauté française encore présente en Syrie, indique qu’«en 2012, quelques députés français se sont mobilisés pour rassembler 70 000 euros issus de leurs réserves parlementaires pour soutenir le Lycée Charles de Gaulle». Il n’en reste pas moins que l’établissement croule sous les dettes, malgré la bonne volonté du personnel et des familles sur place. Mme Blineau, dont le dévouement envers ses compatriotes en Syrie n’est plus à prouver, souligne que tous ceux qui maintiennent ce lien éducatif et culturel sont de véritables «résistants de la francophonie». Les échanges universitaires ont aussi été stoppés, frappant de plein fouet les universités de Lattaquié, Homs ou Alep. «Heureusement, le lycée de Damas étant toujours homologué, les élèves peuvent passer leurs examens, mais ils sont obligés de se rendre à Beyrouth pour cela». Hyperactive, la conseillère, qui fait office de «factrice consulaire» lors de ses séjours en Syrie, ne ménage pas sa peine pour maintenir la francophonie en Syrie. Avec d’autres, elle a soutenu l’ouverture d’une annexe du Lycée français Accad d’Alep (ce dernier étant situé en zone rebelle et probablement détruit), à Tartous. L’association Accad, qui compte des français établis à Alep, avait bénéficié, il y a quelques années, d’une convention signée entre l’Etat syrien et l’Etat français qui lui donne l’autorisation de pouvoir, grâce au CNED (Centre national d’enseignement à distance) former des élèves et d’obtenir des diplômes, explique Fabienne Blineau. «Le directeur de l’Accad, Georges Hallak, vient récupérer à la Mission laïque de Beyrouth, les cours du CNED». «Pendant la guerre, on a vu qu’il y avait un gros besoin de francophonie à Tartous, on a fait un ‘petit frère’ du lycée d’Alep à Tartous, mais qui n’est ni homologué ni conventionné, au contraire de celui de Damas, ce qui rend théoriquement impossible l’accès à la formation des professeurs». Pour l’Etat français, ces deux établissements n’existent pas. Pourtant, 80 élèves ont effectué leur rentrée en septembre 2017 et 300 sont déjà inscrits pour l’année scolaire 2018/2019. En avril, une visioconférence a été organisée entre la direction du CNED à Paris et l’annexe de Tartous pour développer encore leur partenariat dans l’intérêt des professeurs et des élèves.
Kifah el-Sayed se souvient de la fermeture soudaine du lycée d’Alep. « Du jour au lendemain, nous avons dû quitter le pays pour que mes deux enfants puissent poursuivre leur scolarité, en 2012, car les professeurs, en contrat d’expatriation, avaient quitté le pays. Tout ça, sans aucun soutien». Direction Dubaï, où Kifah a de la famille. Ses enfants intègrent le lycée Georges Pompidou sur place, mais, entre les établissements d’Alep et celui de Dubaï, le montant de la scolarité flambe. De 10 000$ par an à Alep pour ses deux enfants, la facture grimpe à 16 000$. Il devra attendre 3 ans avant de se voir attribuer une bourse scolaire réglant 50% de la scolarité.

Embargo financier

L’aspect financier, aussi, a évidemment rendu plus difficile la vie de ces Français qui ont choisi de rester. Même si ceux qui y ont droit continuent de percevoir les aides sociales et les bourses scolaires, la situation est devenue compliquée, du fait de l’embargo restreignant les transactions bancaires à destination de la Syrie. Les chèques en euros sont versés à Beyrouth et non plus en Syrie. A cela, se greffent aussi des problèmes de taux de change. «Plus de 90% des transferts bancaires n’arrivent pas jusqu’à Damas, du fait de l’embargo. Ça m’oblige à transporter l’argent en liquide, c’est très compliqué», souligne Bachar Salloum, qui exporte sa production de savon d’Alep depuis un port syrien direction la France, où il a un dépôt. «Je suis en train de regarder vers les marchés russes et chinois», ajoute-t-il, de l’espoir dans la voix. Lui qui est tombé amoureux de son pays d’origine depuis son retour en 2009, cherche d’ailleurs à développer la savonnerie, la plantation et l’extraction de substrats de la rose de Damas avec de potentiels partenaires financiers. «Il n’y a aucune possibilité d’échanges financiers entre la Syrie et l’Europe, déplore aussi le chercheur retraité. Ça complique les choses, ne serait-ce que pour payer un billet d’avion depuis la Syrie, c’est impossible avec les cartes bancaires françaises».

Attachement affectif
Malgré toutes ces difficultés, auxquelles se sont ajoutées les conditions de vie rendues difficiles par une guerre aux multiples visages, aucun de ces Français resté en Syrie n’envisage de repartir. Attachés de manière viscérale au «Cham», ils y ont construit leur vie. «Je ne pourrais pas quitter la Syrie, c’est un pays qui m’émeut énormément, peut-être l’émotion des racines. Un pays divin, il suffit de sentir le parfum de la rose de Damas… Cela fait 7 ans que je me demande comment les gens sont capables de tant de violences. Si je dois apporter quelque chose à la Syrie, c’est maintenant, pendant une période de guerre, et pas seulement en période de paix», témoigne, d’une voix douce, Bachar Salloum. Lucianne Béranger, aussi, ne se voit pas partir, elle qui se sent «encore bien française, mais aussi «un peu syrienne». Quant au chercheur d’origine bretonne, il souligne qu’«un marin ne quitte pas un bateau durant la tempête. J’ai une fidélité envers mes amis, un pays qui souffre et qui est ma deuxième patrie».
L’ex-député LR Nicolas Dhuicq, qui s’est rendu à deux reprises en Syrie avec un groupe de parlementaires, suscitant l’ire du Quai d’Orsay, estime que «la France aurait pu jouer la carte de l’apaisement dans son intérêt. Surtout qu’il y a une histoire commune ancienne entre nos deux pays». «Au lieu de lancer des missiles Scalp, nous aurions pu livrer des équipements médicaux, comme des scanners, qui font cruellement défaut». Si ces Français restent attachés à leur pays d’adoption, l’inverse est aussi vrai, comme le prouve cette phrase, lancée par un journaliste syrien au député lors d’une de ses visites: «Nous avons eu pendant quatre siècles les Ottomans, nous ne parlons pas turc. Vous êtes restés quelques dizaines d’années et nous parlons toujours français».


Après les frappes tripartites

Lucianne Béranger: «C’est un ami à moi qui habitait vers le centre bombardé de Barzeh qui m’en a informée au matin. Ça m’a mis très en colère, j’ai eu peur que les gens réagissent mal avec moi, mais personne ne m’a fait de reproche». La politique étrangère de la France l’atterre: «On dirait qu’ils sont mal informés, ils disent qu’ils ont des preuves (de l’attaque chimique, ndlr), mais ici, personne n’y croit».

Bachar Salloum: «Ça m’a fait mal au cœur de voir encore une fois Paris au service des uns et des autres, d’une politique atlantiste menée depuis Nicolas Sarkozy. Heureusement, ici, les Syriens font la différence entre le pouvoir français et le peuple français».

Le chercheur: «En cas de problème, je n’ai à attendre aucun secours de la part des autorités françaises, ce n’est même pas la peine d’y compter. La France officielle nous a abandonnés. Je n’apprécie pas beaucoup le traitement qui est fait par les médias français. Ce serait mieux que les autorités françaises discutent».

Kifah el-Sayed: «On ne comprend pas pourquoi la France s’est impliquée. En Syrie, on ne dit pas que c’est la France qui a bombardé, mais Macron, très critiqué pour son suivisme».

Jenny Saleh

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Éditorial
La bombe des réfugiés

Un faisceau d’indices montre que la question des réfugiés syriens sera, dans les mois à venir, une source de tensions entre le Liban et la «communauté internationale». Chaque partie a abattu ses cartes et celles dévoilées par les Nations unies, l’Union européenne et autres «organisations internationales», ne sont pas de bon augure pour les Libanais. Le Haut Commissariat aux Réfugiés (HCR) a mal réagi au retour de 500 Syriens réfugiés à Chébaa dans leur village de Beit Jin. D’un autre côté, la conférence de Bruxelles II, organisée le 25 avril, appelle les pays hôtes à accorder aux réfugiés syriens un statut juridique, une résidence légale et un permis de travail au sein des pays d’accueil.Le chef de l’Etat Michel Aoun a dénoncé les résultats de cette rencontre dont les conclusions mettent «en danger le Liban en proposant une naturalisation voilée des réfugiés syriens», selon un communiqué présidentiel. Le Premier ministre Saad Hariri avait déclaré, dans son intervention, à Bruxelles, que le Liban s’était transformé en un immense camp de réfugiés syriens. «Les tensions entre réfugiés syriens et communautés hôtes se sont accrues, notamment en raison d’une compétition pour les ressources et les emplois», a-t-il dit.Le Liban plaide pour un retour «digne et sûr» des réfugiés syriens, alors que l’Onu et l’UE évoquent un retour «digne, sûr et volontaire». Ce dernier mot de trop traduit un différend fondamental dans l’approche des deux parties. En effet, lorsqu’ils auront obtenu des droits juridiques, légaux, sociaux et économiques, y compris un emploi, l’éducation gratuite (comme c’est actuellement le cas) et des soins de santé, il est fort probable qu’une bonne partie des réfugiés, surtout les plus jeunes qui n’ont pas ou plus d’attaches affectives avec la Syrie, n’envisageront pas de retourner «volontairement» dans leur pays. Cela nous amène à dire que l’approche prônée par la «communauté internationale» est soit irresponsable, soit suspecte. Le Liban accueille, selon les sources de la présidence de la République libanaise, 1,8 millions de Syriens, dont un million enregistré en tant que réfugiés. Nous retiendrons ce dernier chiffre. A l’échelle de la France, c’est l’équivalent de 16 millions de réfugiés, à celle des Etats-Unis, on arrive à 80 millions d’individus. De plus, les pays occidentaux connaissent parfaitement la fragilité des équilibres communautaires sur lesquels repose le système politique libanais et combien il est délicat de maintenir dans de telles conditions un minimum de paix sociale et civile.Le Liban n’a vraiment pas de leçons d’hospitalité et de bienséance à recevoir d’une communauté internationale hypocrite, qui n’a versé jusqu’à présent que 11% de l’aide promise pour le soutenir dans l’accueil des réfugiés, selon Saad Hariri. Il n’a pas non plus d’enseignements à tirer de pays censés être riches et développés, prônant les droits de l’homme, et qui font tout un drame parce qu’ils accueillent chez eux, au compte-goutte et après maints filtres, quelques petits milliers de migrants. Le Liban refuse de trouver une source d’inspiration dans ces pays où se développe un discours raciste et xénophobe qui n’a pas trouvé racine chez nous malgré le gigantisme des problèmes engendrés par la présence d’un nombre effrayant de réfugiés. Le plus grave serait de découvrir, un jour, que l’attitude de la «communauté internationale» s’inscrit en fait dans le cadre d’un plan machiavélique, destiné à modifier la démographie du pays dans l’espoir de changer les rapports de force. Qu’elle soit irresponsable ou suspecte, naïve ou réfléchie, la position des pays occidentaux constitue une menace existentielle pour le Liban. Elle n’est pas la bienvenue et ne le sera jamais. Le chantage au racisme ou à l’aide internationale conditionnée n’y changera rien.                                                                                                                                    


 Paul Khalifeh
   
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