Yolanda Soler Onis. Promouvoir et diffuser l’Espagnol
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Nº 3107 du vendredi 1er novembre 2019

Yolanda Soler Onis. Promouvoir et diffuser l’Espagnol

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    Yolanda Soler Onis. Promouvoir et diffuser l’Espagnol
    Ecrivaine et journaliste, Yolanda Soler Onis est depuis septembre 2019 la nouvelle directrice de l’Institut Cervantès de Beyrouth. Dynamique, pleine d’enthousiasme, elle a de nombreux projets dans la tête. Magazine...
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Ecrivaine et journaliste, Yolanda Soler Onis est depuis septembre 2019 la nouvelle directrice de l’Institut Cervantès de Beyrouth. Dynamique, pleine d’enthousiasme, elle a de nombreux projets dans la tête. Magazine l’a rencontrée.

Vous êtes écrivaine et journaliste. Parlez-nous de votre carrière.
A l’école, à peine âgée de 17 ans, ma professeure m’a introduit auprès d’un des plus grands journalistes des Iles canaries, où je vivais avec ma famille. J’ai alors commencé à écrire des articles d’opinion. Au départ, je voulais devenir diplomate et j’ai entamé des études de Droit dans ce but. Mais au bout de quelques temps, j’ai réalisé que ce n’est pas ce que je voulais et j’ai dit à mes parents que je préférais la poésie au droit. J’ai alors commencé des études en langue et littérature espagnole. Je travaillais et j’étudiais en même temps. Par la suite, j’ai écrit pour plusieurs quotidiens et travaillé également à la télévision et à la radio où j’ai été rédactrice en chef de l’information, ainsi que news anchor pendant une dizaine d’années entre 1982 et 1992.

Comment avez-vous changé de carrière?
Je me suis intéressée à la diffusion et la promotion de la langue et de la culture espagnole auprès de l’université internationale Menendez Pelayo, qui enseigne l’espagnol en Espagne alors que l’Institut Cervantès diffuse la langue en dehors du pays. Au départ, j’ai commencé à enseigner l’espagnol à Santander, dans le nord de l’Espagne, en été et par la suite j’ai organisé des cours d’espagnol adressés aux étrangers dans les Iles Canaries.

Comment avez-vous été recrutée par l’Institut Cervantès?
A cause de mon travail à l’université et des liens qui existent entre les deux institutions, j’étais en contact avec l’Institut Cervantès. En 2005, je suis devenue directrice de l’Institut Cervantès de Manchester, Leeds et Dublin pour 5 ans puis le centre de Varsovie, de Marrakech et depuis septembre, Beyrouth.

Quels sont vos projets pour l’Institut Cervantès de Beyrouth?
L’espagnol est la deuxième langue au monde. Depuis plus de 25 ans, l’Institut Cervantès fait la promotion de la langue et de la culture espagnole à Beyrouth, sans aucune interruption malgré toutes les crises qu’a traversées le pays. Notre centre possède un public fidèle car nous offrons des programmes de qualité et nous délivrons des diplômes officiels reconnus en Espagne. Ma mission aujourd’hui est de consolider et de développer les activités amorcées par mes prédécesseurs. Il existe plus de 80 Institut Cervantès dans le monde et le centre de Beyrouth fait partie des 15 instituts les plus actifs sur le plan des activités académiques. Pour l’année 2018-2019, l’Institut Cervantès a enregistré 2 321 inscriptions ainsi que 261 cours. J’ai l’intention d’intensifier la promotion des centres situés à Kaslik et à Tripoli qui ont moins de visibilité que celui de Beyrouth ainsi que mettre en place tous les accords signés avec les différentes universités et institutions académiques afin d’établir une collaboration et des échanges.

Quelles sont les activités prévues pour les mois à venir?
Nous allons organiser des conférences et des événements spéciaux dans les différents centres afin de les promouvoir. Notre but est de rapprocher la culture espagnole des habitants des différentes régions libanaises. Nous avons également un accord avec la Finul qui permet aux militaires basés à Marjeyoun d’enseigner l’espagnol dans des écoles et centres de la région. Durant les 6 derniers mois de travail, ce qui correspond à la durée de sa mission au Liban, la brigade Guadarrama XII de la base Miguel de Cervantès (Finul) a dispensé des cours d’espagnol à 445 étudiants, répartis sur 14 lieux. Depuis le début du programme en 2007, les membres de la Finul de la base Miguel de Cervantès ont enseigné à environ 6 000 étudiants. Nous tenons également un cycle de conférence sur l’architecture. Le 21 novembre l’architecte et urbaniste, Jésus de la Torre, tiendra une conférence sur la transformation urbanistique de Barcelone, qui possède de nombreuses similitudes avec Beyrouth.



Programme riche et varié
L’Institut Cervantès propose un programme culturel riche et varié pour les trois prochains mois. Parmi ces activités, l’exposition la Route des Phéniciens en Espagne, qui a eu lieu le 9 octobre ainsi que le lancement du recueil de poèmes traduits en arabe de l’écrivaine chilienne et prix Nobel, Gabriela Mistral en novembre.
Par ailleurs, l’Institut organise conjointement avec l’ambassade d’Espagne une série de conférences sur l’architecture espagnole, qui traiteront de problématiques telles que la restauration ou l’aménagement urbain durable. En collaboration avec l’ambassade du Mexique, l’Institut Cervantès organise le 1er Novembre L’Autel des Morts: un événement festif qui célèbrera la mémoire de l’écrivain défunt Fernando del Paso, au nom duquel est baptisée la bibliothèque dans les locaux de Beyrouth. Il est également prévu de lancer le programme de traduction et d’édition des Poètes Cervantès en arabe qui, en plus de diffuser le travail des poètes récompensés par le prix Cervantès, est une occasion pour les jeunes traducteurs libanais qui prendront part à ce projet d’approfondir leur formation et de se faire connaître en dehors du Liban. Enfin, le 6-7-8 décembre prochain, pour la première fois cinq figures du flamenco (Carmen Cortés, David Morales, Rosa de Algésiras, Nono García et Rosa Escobar) se réuniront dans le cadre d’un spectacle, avec deux représentations prévues à Beyrouth et une programmée à Tripoli.

Joëlle Seif

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Éditorial
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Les pontes du système doivent trembler dans leurs fauteuils. Excédés par des décennies d’humiliation, qui a culminé avec une crise économique et financière sans précédent, les Libanais ont poussé un tonitruant cri de colère. Ça suffit!Le peuple libanais mérite mieux que cette classe parasitaire qui s’est enrichie d’une manière éhontée en pillant les biens de l’Etat et les ressources du pays. Une caste d’irresponsables et d’incapables qui ont mené le pays à sa ruine; une clique de corrompus qui éprouvent un tel mépris pour le peuple qu’ils étaient persuadés qu’ils pouvaient impunément continuer leurs pires excès sans que personne ne leur demande jamais de comptes; une bande de mafieux, qui ont détourné des dizaines de milliards de dollars empruntés à des taux improbables pour financer leurs palais, les mariages somptueux de leurs enfants, et autres indécences, au lieu de reconstruire une infrastructure détruite par leur interminable guerre, lorsque certains étaient miliciens et d’autres financiers de milices.En redistribuant une infime partie de ce qu’ils pillaient pour entretenir une clientèle plus ou moins importante, ils ont réussi à se régénérer, d’une campagne électorale à l’autre, en pensant pouvoir se reproduire à l’infini, rassurés que les murs du confessionnalisme qu’ils se gardaient bien d’abattre, empêcheront les Libanais de s’entendre, un jour, sur une cause unique. Mais ce système bien verrouillé a fini par rendre l’âme parce qu’il n’y avait plus rien à piller. Cupides, avares et mesquins, ils n’ont pas eu assez de courage ni d’intelligence pour puiser quelques miettes dans les fortunes colossales qu’ils ont amassées pour continuer à entretenir leur clientèle, si bien qu’une bonne partie de leur base, qui a sombré dans une grande pauvreté ou un désespoir extrême, s’est retournée contre eux.La révolte des Libanais est spontanée et authentique. Mais pour réussir à arracher au pouvoir des concessions durables et sérieuses, ils doivent rester focalisés sur la question sociale et économique qui transcende les communautés. Ceux qui essaient de les entraîner sur le terrain politique espèrent dissiper leur énergie et diviser leurs rangs. Chacun souhaite pour lui-même, pour ses enfants et pour ceux qu’il aime une meilleure justice sociale, davantage d’opportunités d’emploi, un avenir plus sûr. Mais lorsque des questions d’ordre politique sont abordées, il y aura autant d’avis qu’il y a de manifestants dans la rue. C’est là un piège dans lequel la classe politique veut précipiter le mouvement de contestation dans l’espoir de le torpiller.   Même blessée, surtout blessée, la classe politique reste très dangereuse. Comme elle a pillé l’Etat, elle n’hésitera pas à précipiter le pays dans les pires abîmes pour conserver ses privilèges. Il faut rester vigilant.


 Paul Khalifeh
   

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