Epilepsie: arrêtons d’en faire un tabou. Une maladie mal perçue mais guérissable
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Nº 3074 du vendredi 3 février 2017

Epilepsie: arrêtons d’en faire un tabou. Une maladie mal perçue mais guérissable

 
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    Epilepsie: arrêtons d’en faire un tabou. Une maladie mal perçue mais guérissable
    Pathologie aussi fréquente que le diabète, l’épilepsie souffre d'une mauvaise image, au Liban comme ailleurs. Pourtant, la plupart des épileptiques vivent normalement, la maladie étant assez facilement traitable. Avec une prévalence...
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Pathologie aussi fréquente que le diabète, l’épilepsie souffre d'une mauvaise image, au Liban comme ailleurs. Pourtant, la plupart des épileptiques vivent normalement, la maladie étant assez facilement traitable.

Avec une prévalence de l’ordre de 1% au Liban, l’épilepsie prend deux formes, comme le précise le Dr Ronald Moussa, neurochirurgien et fondateur de l’association Epsilon : les épilepsies bénignes, qui peuvent être contrôlées par le biais de médicaments et les épilepsies « rebelles » où les malades ne répondent à aucun traitement. Pour ces derniers, qui représentent le tiers des épileptiques au Liban, il existe des solutions chirurgicales pouvant mener à une guérison. En quoi consistent ces solutions ? Pour opérer un épileptique qui ne répond pas aux traitements médicaux classiques, il est impératif de délimiter la zone à l’origine du déclenchement des crises, à travers des tests. Le Dr Abdallah Rahbani, neurologue, explique que nous assistons aujourd’hui à une très grande évolution au niveau de la prise en charge des épilepsies, avec notamment l’introduction de nouvelles méthodes diagnostiques, incluant des méthodes d’imagerie récentes comme l’IRM à haute résolution, le PET scan (méthode d'imagerie médicale pratiquée par les spécialistes en médecine nucléaire qui permet de mesurer en trois dimensions une activité métabolique ou moléculaire d'un organe grâce aux émissions produites par les positons – antiparticules associées aux électrons ), le SPECT scan (scintigraphie cérébrale, utilisant des marqueurs radioactifs qui se fixent dans le cerveau, en fonction de son état fonctionnel au moment où l'on fait l'injection. L'image obtenue est donc une «photographie» du fonctionnement cérébral à un moment donné), et l’électroencéphalographie qui permet aujourd’hui d’effectuer un enregistrement vidéo sur plusieurs jours de l’activité cérébrale du malade, pour pouvoir enregistrer la crise, la définir et localiser la lésion cérébrale. Une fois cette dernière cernée, l’on peut procéder à l’opération chirurgicale pour débarrasser le malade de la partie lésée.  
Il existe toutefois des cas où il est impossible de contourner la région qui déclenche les décharges cérébrales, les crises pouvant se produire à plusieurs endroits du cerveau. Le médecin a alors recours à la stimulation du nerf vague (nerf crânien mixte qui convoie des informations motrices, sensitives et sensorielles) avec l’implantation d’une sorte d’appareil sous-cutané relié à ce nerf, au niveau du thorax, et qui a pour objectif de réduire le déclenchement des crises. Une autre méthode thérapeutique, nouvellement introduite, est la stimulation cérébrale en réponse aux décharges épileptiques (Responsive brain stimulation). Réservée aux cas très difficiles qui ne répondent à aucun des traitements mentionnés précédemment, cette méthode a recours à un implant intracrânien qui va détecter, via deux électrodes, l’origine de la décharge puis stimuler la région ayant déclenché la crise et arrêter cette dernière.

Une maladie multifactorielle. Les facteurs à l’origine de l’épilepsie sont multiples. Alors que l’hérédité joue, certes, un rôle important, d’autres éléments contribuent au développement de la maladie: des accidents lors de la grossesse, la prise de certains médicaments, une forte fièvre, surtout chez les enfants (menant à une convulsion fébrile), la prise d’alcool, le manque de sommeil, certains jeux vidéo, des tumeurs du cerveau, etc.

Natasha Metni

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Éditorial
Des murs et des pas mûrs

Au nom de la sécurité nationale et de la sauvegarde de l’emploi aux Etats-Unis, le président Donald Trump veut construire un mur fait d’un mélange de ciment et de lois protectionnistes. A peine a-t-il signé les premiers décrets pour l’édification de ces clôtures, censées être érigées aux frontières, que des barrières ont surgi à l’intérieur du pays. Ces décisions choquantes, prises par un président controversé, constituent un cocktail malodorant, qui n’a pas tardé à exploser en manifestations de colère dans les aéroports et les rues des villes américaines. La période de grâce est un luxe auquel Donald Trump n’a pas goûté.D’aucuns jugeront déplacée la vague de condamnation soulevée dans le monde par les décisions du président américain. Il s’agit, somme toute, de mesures prises par un Etat souverain sur son territoire national. Cela aurait été vrai si les Etats-Unis avaient été un pays comme les autres. Or, ils ne le sont pas et ne l’ont jamais été. L’Amérique est une nation, dont le modèle a, de tout temps, inspiré les autres, dans le pire et le meilleur, dans le rêve et le cauchemar. Que d’autres dirigeants soient tentés de lui emboîter le pas est un danger réel, qui aboutira au cloisonnement du monde. A l’ère de l’Internet et de la mondialisation, celui-ci devrait plutôt se diriger vers davantage d’ouverture. Ce n’est pas de barrières dont le monde a besoin, mais de plus d’humanité dans les relations entre les Etats.Ici au Liban, l’application de la «méthode Trump» risque de provoquer des catastrophes en chaîne, surtout que la classe politique se contorsionne pour tenter d’imaginer une loi électorale acceptée de tous. Le critère de la représentation est, certes, essentiel pour apaiser la vie politique. Il n’est plus permis, en effet, que les lois électorales soient confectionnées sur mesure afin de sauvegarder les intérêts personnels de certains dirigeants, au détriment d’autres composantes de la société. Mais, dans le même temps, si la juste représentation aboutit à la construction de murs entre les communautés, le résultat sera pire. Il faut s’entendre sur une formule susceptible en même temps d’assurer une représentation authentique de tous et de réduire, à leur plus simple expression, les cloisons entre les communautés religieuses. La tâche est difficile mais pas impossible. De nombreuses propositions allant dans ce sens existent et ont été débattues. Il suffit de les remettre sur la table.Le seul inconvénient est que le temps manque. Non pas que les délais constitutionnels soient courts, car il y a toujours moyen de les rallonger. Le problème est que l’économie est plus que jamais tributaire de l’entente politique, sans laquelle les réformes urgentes et structurelles ne peuvent pas être lancées. Espérons que la classe politique ne ratera pas le coche une nouvelle fois, d’autant que les experts s’attendent à une relance de l’économie en 2017.    


 Paul Khalifeh
   

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