Avancée technique majeure. Du papyrus carbonisé bientôt déchiffré
Logo

Nº 2987 du vendredi 6 février 2015

Erreur
  • JUser::_load: Unable to load user with id: 328

Avancée technique majeure. Du papyrus carbonisé bientôt déchiffré

 
  • taille de la police diminution de la taille de police diminution de la taille de police augmentation de la taille de police increase font size
  • A
    De
    Message
    Avancée technique majeure. Du papyrus carbonisé bientôt déchiffré
    Des rouleaux de papyrus, carbonisés par l’éruption du Vésuve, qui anéantit, en 79 avant Jésus-Christ, la ville de Pompéi, seraient en passe d’être déchiffrés, grâce à une nouvelle technique mise...
  •  
Notez cet article
(0 votes)
A- A+

Des rouleaux de papyrus, carbonisés par l’éruption du Vésuve, qui anéantit, en 79 avant Jésus-Christ, la ville de Pompéi, seraient en passe d’être déchiffrés, grâce à une nouvelle technique mise au point par des chercheurs franco-italiens. Explications.
 

Attention fragiles. Les rouleaux de papyrus d’Herculanum ne dévoileront leurs secrets qu’au terme d’une infinie précaution. En 79 avant Jésus-Christ, alors que des torrents de lave émergent du Vésuve situé à proximité, Pompéi se retrouve ensevelie sous les cendres. La cité d’Herculanum est, elle, frappée par une nuée ardente, dont le souffle brûlant carbonise tous les matériaux utilisés à l’époque, tels que le bois, le cuir et les rouleaux de papyrus.
Puis en 1750, Charles de Bourbon commande des fouilles archéologiques qui permettent de découvrir un véritable trésor: une bibliothèque située dans la Villa des papyrus et qui renferme pas moins de 1 800 rouleaux. Des papyrus difficiles d’accès car très fragiles.
«Au départ, les archéologues ont tenté de les ouvrir mécaniquement, en les déployant très doucement à raison d’un centimètre par jour. Mais cela a occasionné des dégâts majeurs», a expliqué à l’AFP, Vito Mocella, chercheur au Conseil national de la recherche (CNR) italien. Des textes épicuriens sont toutefois découverts. Dans les années 70-80, une autre technique, dite d’Oslo, est employée pour tenter de décoller les différentes couches, au moyen d’un produit gélatineux. Une méthode testée ensuite à Paris, sur deux rouleaux conservés par l’Institut de France. Sans succès, mais avec beaucoup de dégâts, puisque l’un des rouleaux s’effrite en
1 800 fragments.

 

Décoder l’indéchiffrable… sans dégâts
Au fil des avancées scientifiques, les chercheurs ont tenté de percer les secrets de ces fameux papyrus. Et il se pourrait bien que l’Italien Vito Mocella et le Français, Daniel Delattre, du CNRS, aient réussi à mettre au point une technique moins agressive, qui permettrait, enfin, de lire ces rouleaux. Dans un article publié dans la revue britannique Nature Communications, ils expliquent avoir utilisé une tomographie X en contraste de phase (XPCT) qui permettrait de mieux percevoir la différence entre l’encre et le papier, en s’appuyant sur des variations d’indices de réfraction. Les lettres présenteraient ainsi un léger relief, permettant leur lecture. Car le problème de ces papyrus est que l’encre utilisée dans l’Antiquité était fabriquée à partir de carbone issu de résidus de fumée. Ce qui la rendait difficile à distinguer de la feuille de papyrus brûlée.
Les chercheurs ont travaillé depuis le synchrotron européen de Grenoble, dans l’Isère, et ont ainsi pu examiner un fragment et un rouleau de papyrus conservés à l’Institut de France. Avec leur nouvelle technique, Mocella et Delattre sont parvenus à déchiffrer des mots sur le fragment, ainsi que plusieurs lettres à l’intérieur du rouleau, sans dommages. «Notre but était de montrer que la technique a marché pour lire à l’intérieur des papyrus sans y toucher. A présent, nous devons peaufiner la technique et les algorithmes», a souligné Mocella.
Les chercheurs franco-italiens ont d’autant plus de mérite qu’ils ont mené cette expérience quasiment sans financement. D’autres expériences sont, d’ores et déjà, prévues pour le printemps prochain. Mais attention, les rouleaux d’Herculanum ne se livreront pas comme ça. Mocella prévoit un travail d’au moins dix ans pour en faire la lecture.

Jenny Saleh

La barbe de Toutankhamon… recollée
Le pharaon devrait se retourner dans sa tombe. Le 23 janvier dernier, des photos prises au Musée national égyptien montrent le masque funéraire de Toutankhamon dégradé par un disgracieux paquet de résine. A la suite d’un malencontreux accident de ménage, en octobre 2014, la longue barbe bleue et dorée de la relique tombe. Le musée, au lieu de l’envoyer dans un laboratoire de conservation, préfère la recoller avec les moyens du bord. Cela afin de pouvoir continuer à exposer la pièce. Un bricolage qui ne serait, fort heureusement, pas irréversible, selon un conservateur allemand spécialiste de la conservation archéologique des objets métalliques et en verre. Un traitement adéquat devrait supprimer les traces de résine laissées par la réparation à la colle. Toutankhamon peut dormir tranquille.

Plus dans cette rubrique:

Ecrivez un commentaire

Assurez-vous d’avoir inscrit les informations requises, là où c’est indiqué.

Éditorial
Etat de barbarie

En brûlant vif le pilote jordanien Moaz el-Kassasbeh et en mettant en ligne la vidéo de son assassinat, digne des meilleures productions hollywoodiennes, l’organisation de l’Etat islamique a montré qu’elle était capable de pousser toujours plus loin les limites de la barbarie. On pensait avoir atteint le summum de l’horreur en regardant les lapidations, la punition par le fouet, l’amputation d’un membre ou les décapitations collectives d’otages. On commençait même à s’habituer à ces scènes, aussi insoutenables soient-elles. Mais Daech nous a surpris en inventant un châtiment inédit, dans le seul but de casser la routine. Car telle est la fonction première de ce crime filmé par des professionnels disposant d’un matériel dernier cri et monté par des techniciens macabres mais compétents: répandre la terreur pour déstabiliser autant ses ennemis que ses sujets. Il est, en effet, plus commode d’affronter un adversaire paralysé par la peur et de gouverner une population soumise par la terreur, que de se battre contre un ennemi confiant et courageux et d’administrer un peuple rebelle. Les théoriciens des slogans «Daech est un grand mensonge», «une invention du régime syrien» ou «Daech n’est pas notre problème» sont bien obligés, aujourd’hui, de se rendre à l’évidence. Les troupes d’Abou Bakr el-Baghdadi se trouvent à deux heures de route de Beyrouth et elles se renforcent tous les jours davantage. Cette organisation existe et elle est beaucoup plus puissante et dangereuse qu’ils ne le pensaient. Ou peut-être le savaient-ils très bien, mais se croyaient-ils à l’abri et se frottaient-ils déjà les mains en se voyant rafler la mise après que Daech et le Hezbollah se soient mutuellement anéantis? Il ne faut pas sourire, car certains politiciens libanais, voire des dirigeants de pays soi-disant grands, ont cru - et peut-être le croient-ils encore - qu’il est possible d’instrumentaliser cette organisation pour servir leurs propres intérêts. Qu’elles soient infantiles ou diaboliques, ces attitudes ont les mêmes résultats dévastateurs. Certains pensent qu’il sera possible, un jour, lorsque la guerre sera terminée, de coexister avec le califat de Baghdadi. Après tout, un Etat en plus ou en moins ne changera pas grand-chose au destin de cette région tourmentée, pourvu que les affaires redémarrent, que les investissements affluent, que l’argent coule à flots, que les comptes en banque gonflent. Ce type de raisonnement est nuisible, car il a tendance à minimiser la gravité de la situation et à ignorer les réalités. Par conséquent, la mobilisation générale de toutes les capacités de la nation, impérative pour combattre et vaincre Daech, faiblira. Abou Bakr el-Baghdadi en sortira plus puissant et sa défaite sera plus coûteuse, en temps et en ressources… et ce n’est pas bon pour les affaires! Sans une reformulation des priorités dans la tête de certains dirigeants internationaux, la défaite à l’échelle régionale de Daech sera impossible. La même logique s’applique à l’échelle locale. Une partie des Libanais a tardé à considérer Daech comme un danger existentiel. D’autres sont conscients du danger que représente cette organisation, mais estiment que la combattre n’est pas une priorité. Il faut qu’ils accordent leurs violons, surtout que Daech n’est plus une simple organisation terroriste. Il est devenu un Etat totalitaire, qui veut imposer, aux musulmans d’abord et au reste de l’humanité ensuite, sa vision de l’islam.


 Paul Khalifeh
   
Bannière
Designed and Developed by:   iBaroody
© Magazine.com.lb 2016 All Rights Reserved