Skoun. En guerre contre les addictions
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Nº 3099 du vendredi 1er mars 2019

Skoun. En guerre contre les addictions

 
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Il est le premier centre de traitement des addictions à offrir des consultations externes. Depuis 2003, Skoun accueille et offre un soutien aux personnes souffrant d’addiction à l’alcool et aux drogues. Trois piliers: traitement, prévention et législation.
 

Dans ce discret appartement situé au 4ème étage d’un immeuble de la rue Badaro, sont reçus des toxicomanes qui viennent chercher des soins et du réconfort auprès de l’équipe clinique. Dans ce centre, comme dans celui de l’hôpital Rafic Hariri, à Jnah, inauguré en 2017, «ils viennent suivre leurs sessions avec les psychiatres, psychologues et conseillers. Ils font leurs tests avec les infirmiers puis ils repartent», explique Tatyana Sleiman, responsable du développement et de la collecte de fonds. C’est là tout le concept de Skoun: recevoir des patients en consultation externe pour leur permettre de garder un rythme de vie normal. Tous les soins sont gratuits, seul le test d’urine est payant. «En principe, le patient vient ici et nous procédons à une première évaluation réalisée par le psychiatre et la thérapeute, pour voir quel est le traitement adapté. Cela dépend de la drogue consommée, de la durée et comment. C’est du cas par cas, il n’existe pas un seul traitement type». Autre département chez Skoun, la prévention. En 2018, l’association a mené ses campagnes de sensibilisation dans 115 établissements scolaires et universitaires, auprès de 13 342 étudiants «afin de leur donner les bonnes informations sur comment agir quand ils sont confrontés à des situations où la drogue n’est pas loin, et leur donner des outils pour s’en prémunir».
 
Législation. C’est le cheval de bataille de Skoun. Décriminaliser l’usage de drogues et éviter la case prison puisqu’au Liban, il s’agit d’un acte criminel passible de 3 mois à 3 ans d’emprisonnement. En 1998, une loi sur les drogues, en criminalisant l’usage, établit aussi le «traitement comme alternative aux poursuites judiciaires». Une loi jamais concrétisée avant 2013, date de la création du «Comité de l’addiction aux drogues» sous la tutelle du ministère de la Justice. Un travail de longue haleine qui aura donc duré 7 ans initié et conduit par l’association. «Nous espérons aller vers la décriminalisation de l’usage de drogues par le biais d’un amendement. Les consommateurs ne seront plus arrêtés et détenus mais directement transférés vers un centre de traitement».
Récemment, Skoun a reçu un fond de l’Agence française de développement (AFD), en partenariat avec l’association Médecins du Monde (MDM) pour la construction de deux cliniques supplémentaires à Baalbeck et à Tripoli où les besoins sont immenses. «Il y a un grand besoin en dehors de Beyrouth. Ce sont des villes très exposées. Beaucoup de jeunes font face à un taux très élevé de pauvreté et de chômage, ce qui facilite la toxicomanie. Il n’y a pas de prévention, pas d’éducation sur le sujet et pas de centres disponibles, donc le problème augmente. Tripoli nous a donc semblé prioritaire et on a vu que Baalbeck était tout aussi problématique». MDM et Skoun y travailleront ensemble, avec une ouverture respective avant fin 2019 et début 2020.

Marguerite Silve

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Éditorial
Comparer le comparable

Le retour des réfugiés syriens dans leur pays est une vraie bataille dans l’intérêt du Liban et une fausse cause pour ceux qui, au nom de diverses considérations, tentent d’en discuter les modalités et les conditions, au risque d’en entraver ou d’en retarder le processus. La balance penche résolument du côté des facteurs qui plaident pour un retour sans délai des réfugiés. L’argument qui vient le plus naturellement à l’esprit est que le cas des déplacés syriens risque de connaître le même sort que la présence palestinienne, qui dure «provisoirement» depuis 1948. Les défenseurs zélés des réfugiés affirment qu’il ne faut pas «comparer» deux situations qui ont des commencements et des cheminements différents et qui n’auront pas forcément le même dénouement. Ceux-là et celles-là semblent oublier que la comparaison a de tout temps été l’outil le plus important de l’homme, celui qui lui permet de créer des repères pour évaluer une situation présente afin d’imaginer des solutions ou une conduite à adopter. C’est la comparaison avec des situations antérieures qui permet d’établir une échelle de valeur pour en tirer une grille de lecture. L’homme «compare» tout et depuis toujours. Lorsqu’il admire une œuvre d’art, il le fait par rapport à d’autres toiles ou sculptures qu’il connaît déjà. Quand il savoure un mets, il ne peut s’empêcher de le «comparer» à d’autres cuisines. En se plongeant dans un nouveau livre, il l’évalue par rapport à une lecture précédente ou aux auteurs avec lesquels il est familier, quelle que soit l’opinion qu’il peut en avoir. Lorsqu’il dit avoir rencontré l’amour de sa vie, il le fait en fonction de toutes les relations amoureuses qu’il a pu avoir dans le passé.La comparaison est l’outil le plus légitime, le plus efficace, y compris et surtout dans le cas des réfugiés syriens. Le risque qu’ils restent au Liban est sérieux. Les études des Nations unies montrent que 35% des déplacés restent dans les pays d’accueil et que la durée moyenne d’un exil est de 17 ans. On n’oserait pas imaginer les conséquences que cela pourrait avoir sur la démographie, le tissu social et l’économie.Le redressement économique passe inéluctablement par le retour des réfugiés syriens chez eux. L’infrastructure du Liban, sa production d’électricité, déjà déficitaire, l’ensemble de ses services publics, son territoire exigu, sa composition démographique délicate, ne peuvent plus supporter la présence sur son sol d’une population qui représente le quart de ses habitants.Ceux qui adhèrent aux arguments de la communauté internationale pour refuser le retour des réfugiés avant une solution politique en Syrie servent, consciemment ou inconsciemment, des agendas politiques desquels le Liban n’a rien à tirer. L’objectif des puissances occidentales et de leurs alliés régionaux est de garder les 5 millions de réfugiés syriens en réserve, dans l’espoir de peser sur le résultat de l’élection présidentielle en Syrie, en 2021. Il est inadmissible de lier le sort de notre pays à ces enjeux géopolitiques qui le dépassent. La priorité, pour le Liban, est qu’ils rentrent chez eux dignement, dans les régions pacifiées. Que les Nations unies et les faux objecteurs de conscience leur fournissent l’aide sur place.


 Paul Khalifeh
   

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