Centre Pen Liban. Les écrivains unis pour la liberté d’expression
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Nº 2883 du vendredi 8 février 2013

Centre Pen Liban. Les écrivains unis pour la liberté d’expression

 
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Affilié au Pen Club International, le Centre Pen Liban est né grâce à l’engagement de nos écrivains et intellectuels qui ne cessent de militer en faveur de la liberté d’expression et de la libération de la culture de toute emprise.


Pen: acronyme du mot anglais «pen», signifiant «stylo», qui résume les différents métiers de l’écriture. P: Poets, playwrights; E: Essayists, Editors; N: Novelists, Non-fiction authors.
Depuis sa fondation en 1921, le Pen Club International est une association d’écrivains internationale, apolitique et non gouvernementale qui a pur but de «rassembler les écrivains de tous les pays attachés aux valeurs de paix, de tolérance et de liberté sans lesquelles la création devient impossible».
Le Pen Club International compte désormais un nouveau membre: le Centre Pen Liban, fondé au mois de mai 2012 et reconnu par le Pen international au titre de Centre membre de l’organisation, lors de sa conférence annuelle en Corée du Sud, le 10 septembre 2012.
C’est ce qu’a expliqué Hyam Yared, présidente du Centre Pen Liban. Pen Liban se veut un nouvel espace de rencontre pour les intellectuels libanais, entre eux d’abord, puis avec leurs homologues régionaux et internationaux.
De nombreux défis semblent se profiler à l’horizon, «dans un pays déchiré et complexe comme le Liban, mais aussi dans un Orient confronté à ses changements sociopolitiques». Mais c’est dans ce contexte, que «le rôle d’une littérature engagée pour la diversité culturelle et la liberté d’expression prend plus que jamais sens».
Hyam Yared explique qu’elle a été contactée par le vice-président du Pen International, Eugène Schoulgin, qui cherchait à s’enquérir de la possibilité d’établir une structure susceptible de porter les valeurs de la littérature en collaboration avec l’organisation internationale. «J’y ai tout de suite vu, ajoute-t-elle, une opportunité, pour nous écrivains, de faire entendre les nuances que peut ajouter au monde la littérature, portant par là même le droit du monde contemporain à la pluralité d’expression. L’association culturelle du Pen au Liban a pour but d’offrir cet espace commun capable de libérer la littérature de l’emprise des Etats et des élites politiques et de proposer aux écrivains et aux journalistes la possibilité de retrouver leur rôle légitime à l’avant-garde du débat national».
Le Centre Pen Liban a établi ses principaux objectifs sur un programme visant à marquer un changement sur le terrain pour la défense de la liberté d’expression, la dénonciation de la censure et le soutien des écrivains face à l’oppression et à la détention illégale. Il compte également mettre en œuvre une série de projets visant à encourager les nouveaux talents, à promouvoir la littérature grâce à la publication d’une revue annuelle, à organiser des conférences autour de problématiques libanaises ou arabes, ainsi qu’un festival annuel.
Pourtant, rappelle Hyam Yared, avant la naissance du Centre Pen Liban, Camille Aboussouan, en 1948, a fondé, présidé et porté à bras-le-corps le Pen Club Liban, reconnu par l’organisation internationale, avant de passer les rênes à Jamil Jabre. Elle tient à saluer leur mémoire ainsi que «l’apport inestimable d’India Abdini qui a œuvré en sa qualité de présidente du comité des amis du Pen Club Liban en faveur de la promotion de la littérature et de la culture, défiant par son engagement les aléas de la guerre et de l’après-guerre… Nous espérons pouvoir perpétuer cet engagement».
Parce que «la littérature est capable d’exprimer la pluralité et ses altérités», parce que le Centre Pen Liban «a été fondé grâce à l’engagement d’écrivains libanais de toutes expressions», parce que le succès de ce projet au Liban nécessite «beaucoup de détermination», un appel est lancé aux écrivains, journalistes, éditeurs, traducteurs et académiciens à se joindre à cette cause culturelle, dans un pays où la culture passe toujours au second plan. Et comme le dit finalement Hyam Yared, «la littérature et la défense de la parole libre ont besoin de notre solidarité».

Nayla Rached



Les membres de Pen Liban
Le comité exécutif
Président: Hyam Yared.
Vice-président: Youssef Bazzi.
Secrétaire général: Rasha al-Atrash.
Trésorier: Hassan el-Zein.
Responsable des affaires culturelles: Abbas Beydoun.
Chargé des relations publiques: Iman Humaydan.
Responsable de l’information: Hala Kawtharani.
Chargé des questions de liberté d’expression: Ziad Majed.

Le comité consultatif
Hassan Daoud – Elias Khoury – Charif Majdalani – Hazem Saghyeh – Aalawiya Sobh.

Le comité général
Mohammad Abi Samra – Suzanne Alaywan – Najwa Barakat – Dalal Bizri – Hilal Chouman – Iskandar Habache – Bachir Hleil – Diana Moukalled – Julie Mourad – Bilal Ourfali – Bassel Salloukh – Fidel Sbeity – Marie Tawk – Fady Toufaily – Abdo Wazen.

 

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Éditorial
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L’incident survenu à Ersal rappelle combien les Libanais font preuve de légèreté en s’impliquant dans le conflit syrien. Quelles que soient les erreurs que la troupe ait pu commettre, et c’est encore à prouver, elle ne peut être empêchée de la sorte de remplir sa mission: l’arrestation d’un terroriste. L’armée n’est pas une machine à tuer, les salafistes-jihadistes le sont. Pour être efficace, l’armée doit être techniquement capable et soutenue politiquement. A Nahr el-Bared, elle a montré une grande capacité d’adaptation à ses faibles moyens et une combativité remarquable. Les obstacles politiques sont dressés tant par certains leaders sunnites que par le Hezbollah. Les premiers voient un complot contre leur communauté chaque fois que l’armée s’en prend à un de leurs coreligionnaires. Si, les cheikhs Salem el-Rifaï, Bilal Dokmak, Omar Bakri et consorts devenaient les principales figures sunnites, les actuels représentants de la communauté devront renoncer aux costumes- cravates, aux barbes bien taillées, aux sièges parlementaires, renoncer tout court à la République au profit d’émirats islamistes qui ne leur pardonneront pas leurs compromissions passées avec les «apostats». Le Hezbollah dresse, quant à lui, deux obstacles. Le premier dit qu’un Etat moderne efficient ne peut s’accommoder d’un dédoublement des forces armées, ou déléguer à un parti son droit souverain à déclarer la guerre. Le second obstacle est motivé par la peur du Hezbollah et des chiites d’être la cible d’une guerre menée par ces mêmes jihadistes. Cette peur s’est amplifiée depuis le 11 septembre, l’invasion américaine de l’Irak et la guerre en Syrie, où l’on entend crier, avec passage à l’acte, la haine des chiites. Cette peur est légitime, tout autant pour les chrétiens que pour les druzes. Mais ce ne sont pas les missiles Zalzal, capables d’atteindre Tel-Aviv qui les protégeront. Les salafistes-jihadistes appartiennent à deux écoles. D’abord, les internationaux, les universels, ceux qui pensent que le monde leur appartient comme un don de Dieu. Il ne leur importe pas de contrôler impérativement un territoire. L’invasion physique n’est qu’un des multiples moyens d’imposer - ce qui est essentiel à leurs yeux - la loi de Dieu comme ils l’ont pervertie. On a vu comment ils se sont évaporés au Mali face à l’armée française sans avoir, ou si peu, combattu. Ils reviendront secrètement, pour appliquer leurs lois, cette fois par la terreur, leur moyen le plus efficace. Bref, le scénario du XIIIe siècle où les mamelouks envahissaient et vidaient le Kesrouan, sabrant, indistinctement, chiites, druzes et chrétiens, n’est plus d’actualité.  Contre cet ennemi mobile et caché, seule une armée et ses services de renseignements, détentrice unique des armes létales, acceptée et aidée par toute la population, peut arrêter ceux qu’elle juge suspects. L’expérience américaine en est la démonstration. Occupant le territoire afghan, l’Amérique, malgré ses moyens, n’a pu venir à bout des taliban. Par contre, sur son territoire, la force américaine a, depuis 2001, déjoué tous les attentas en gestation. L’autre genre de jihadistes est celui des nationaux. Pour les combattre, les mêmes arguments concernant l’armée peuvent être répétés. Mais de plus, ces jihadistes attachés à un territoire ne peuvent survivre que s’ils parviennent à se fondre dans une population qui leur est favorable. Or, le Hezbollah aide à rendre le milieu sunnite favorable aux jihadistes. En plus d’être accusé de concurrencer l’armée, des affaires crapuleuses touchent des proches de ses dirigeants. L’opération du 7 mai baptisée «Journée glorieuse» et l’épisode des «chemises noires» étaient humiliants pour la communauté sunnite. Sa participation aux combats en Syrie aux côtés d’un régime accusé de despotisme à l’égard des sunnites, la met mal à l’aise. Il suffit pour s’en convaincre de lire les communiqués laconiques qui annoncent la mort de l’un de ses combattants, sans préciser sa mission ou le lieu de son décès. Les héros de 2006 du Hezbollah doivent se retourner dans leurs tombes. Enfin, son implication supposée dans l’attentat contre des Israéliens en Bulgarie le dessert dans son différend avec l’Occident. Pour toutes ces raisons, pour faire face tant aux menaces physiques que politiques, le Hezbollah ne pourra se défendre que s’il s’accorde à la normalité institutionnelle de tout parti politique; s’il cesse de prétendre à un particularisme, quelles qu’en soient les motivations. Il se sauvera et le Liban avec, permettant une meilleure action contre le terrorisme et la lente désintégration de la République. Pourquoi insister sur le Hezbollah? C’est parce qu’il est le seul à pouvoir beaucoup donner, faire la différence, tout en gardant les acquis d’une communauté longtemps négligée.


 Amine Issa
   

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