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Nº 3085 du vendredi 5 janvier 2018

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Événement (118)

La boîte d’événementiel O de Rose a ravivé le sourire des Libanais venus par centaines prendre part à la Randonnée musicale organisée le 25 août dans la Réserve naturelle des Cèdres du Chouf. Quand la musique s’accorde aux murmures de la nature…
 

Le dimanche 25 août: une journée placée en dehors du temps, une journée inédite pour les Beyrouthins assermentés que nous sommes. Une journée de découverte en musique du pays, d’une des régions du pays, le village de Maasser el-Chouf, et ce qu’il recèle de plus précieux, ses cèdres millénaires, son authenticité humaine. Une sortie dominicale qui marquera les esprits.
C’est grâce à l’initiative de Lara Kanso, créatrice de la boîte d’événementiel O de Rose, et Raja Abdallah, organisateur partenaire à l’origine du concept de la Randonnée musicale inspirée d’un grand festival en Suisse, que cette journée a été rendue possible. Une manière, selon eux, de «condamner fermement la violence qui déchire notre pays». Mais aussi de mettre «la musique et la nature au service de la bonne cause», puisque cet événement culturel est une levée de fonds en soutien aux ONG Chance (Children against cancer) et OffreJoie.
Ils sont venus nombreux les Libanais pour prendre part à cet événement; il y a ceux qui veulent soutenir les ONG, ceux qui désirent découvrir la Réserve des cèdres, ceux qui cherchent un brin de musique au détour de la nature, ceux qui continuent à vivre malgré tout et ceux qui réaffirment à leur manière l’attachement au pays. Ils sont venus nombreux pour toutes ces raisons, en famille, entre amis, comme un cri du cœur, lancé à l’unisson. Bien avant 11h, l’heure fixée pour le début des activités, les visiteurs commencent à arriver par vagues successives à la place du village de Maasser el-Chouf, avant de s’installer dans les bus-navettes devant les transporter à l’entrée de la réserve.
L’itinéraire commence. Sept stations émaillent le parcours auquel ont pris part une quinzaine de groupes musicaux, artistes et poètes libanais: Lebam, Marc Nader, Camille et Lory, Adel Harb, Oak, Joy Fayad, Al Kamandjati, Nachaz, Jebebara, Beirut Vocal Point, Barock Ensemble, ainsi que Ghassan Alameddine, Tina Fish, Edouard Abbas, Walad et Ciqu’enciel. On marche, on discute, on se presse, on s’émerveille. On s’arrête quelques instants, le temps d’écarquiller les yeux face à ce majestueux cèdre de trois mille ans, son tronc imposant, ses racines gigantesques. Une pause photo. Et une autre encore, un peu plus loin, pour immortaliser sur image l’ambiance musicale que les groupes et artistes libanais ont merveilleusement réussi à instaurer. Des ambiances musicales plutôt, entre musique orientale, traditionnelle, populaire, classique, entre folk, pop, flamenco, blues, rock et même de l’a capella. Michèle Paulikivetich, la coordinatrice du programme artistique, a réussi à rassembler, à l’ombre des cèdres, un merveilleux bouquet éclectique de talents diversifiés, à l’image de l’effervescence de la scène locale. Tour à tour, se succédant jusqu’à 16h, ils ont intensifié la féerie des lieux, par leurs sons et sonorités, par l’interaction avec leur public de randonneurs. A mesure que ces derniers continuent d’arriver, ils sont toujours accompagnés de guides, ça et là, veillant à la sécurité des arbres et des visiteurs, donnant indications et conseils, le sourire toujours aux lèvres, aussi bien organisés qu’à l’intérieur d’une ruche.
En navettes, retour vers le village. Le paysage ne cesse de défiler au travers des vitres, entre ses arbres, sa verdure, ses maisons anciennes. Le temps d’apercevoir un homme au seuil de sa porte, habillé du costume traditionnel, esquisser entre ses lèvres souriantes ces célèbres mots de la convivialité libanaise, ces émouvants «Ahla wa sahla». La place du village ne cesse de se remplir, de se désemplir au rythme des bus-navettes oscillant entre l’aller et le retour, tant l’affluence est grande. Là, tout est déjà prêt pour assurer aux visiteurs bien-être et confort, café turc et boissons rafraîchissantes, plats et douceurs traditionnels, savoir-faire des femmes du village, la foire culinaire s’accompagne également d’une visite de la brocante, émaillée de curiosités antiques de tous genres.
La journée se termine encore en musique par le concert de la chanteuse libano-canadienne Randa Ghossoub, à l’auberge Saint-Michel-Arcenciel, au village. Accompagnée de son pianiste italien Giovanni Ceccarelli, elle interprète des classiques de jazz et des chansons françaises et espagnoles.
Ambiance vivifiante, agréable, bon enfant, la deuxième édition de la Randonnée musicale, la première s’étant déroulée également à la réserve du Chouf en 2011, s’est avérée être un véritable succès. En attendant la prochaine édition. Gardons les doigts croisés!

Nayla Rached

Les cèdres du Chouf
Créée en vertu de la loi no 532 du 29 juillet 1996, la réserve est gérée par le comité de la Réserve naturelle des cèdres du Chouf en coopération avec l’Association des cèdres du Chouf et sous la supervision du ministère de l’Environnement. La réserve et les villages environnants ont été déclarés par l’Unesco en 2005 «Réserve de Biosphère - Chouf».
La réserve est surtout admirée pour son époustouflante forêt de cèdres située sur le versant ouest: Maasser el-Chouf, Barouk et Aïn Zhalta-Bmohray. Ces forêts de cèdres constituent le quart de ce qui reste de la forêt des cèdres au Liban dont certains sont âgés de près de 2 000 ans. La Réserve de Biosphère - Chouf vise à remplir trois objectifs: la 
conservation de la faune et de la flore à 
l’intérieur de la réserve, le développement économique et social des communautés situées autour de la réserve et l’amélioration de la recherche, de l’éducation et de l’information ayant rapport au domaine des ressources naturelles. Il est possible de visiter la réserve tout au long de l’année en fonction des 
activités auxquelles s’y prêtent les visiteurs.

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Éditorial
Deux priorités en 2018

L'heure n’est pas aux bilans mais aux perspectives d’avenir. 2018 est une année charnière pour la stabilité politique du Liban et le sauvetage de son économie. La réanimation des institutions, fin 2016, après deux ans et demi de coma, avec l’élection d’un président de la République, la désignation d’un Premier ministre et la formation d’un gouvernement, reste incomplète. Elle ne sera menée à terme qu’avec le renouvellement du Parlement, dont le mandat aurait dû s’achever en juin 2013, mais qui s’est maintenu en vie en auto-prorogeant sa législature à trois reprises. Les élections parlementaires de mai 2018 sont donc une étape cruciale dans le processus de normalisation de la vie politique nationale. Ces élections sont d’autant plus importantes que la prochaine Chambre promet d’être un brin plus représentative que les précédentes, grâce notamment au mode de scrutin proportionnel, appliqué au Liban pour la première fois. Certes, la classe politique a trouvé le moyen de transformer cette avancée de géant en modeste petit pas. Elle a, par exemple, introduit le concept du vote préférentiel restrictif – dans les grandes circonscriptions les électeurs sont ainsi contraints de «préférer» un candidat uniquement originaire de leur caza, ce qui limite leur choix. Malgré cela, la nouvelle loi électorale devrait permettre de briser, partiellement sans doute, les monopoles et autres exclusivités communautaires, exercées par les mêmes partis ou figures depuis des décennies. De gros investisseurs privés ou institutionnels attendent cette échéance capitale pour arrêter leurs plans et faire connaître leurs intentions à moyen et long termes.  Les investisseurs observent aussi avec un intérêt marqué l’avancement du processus d’exploitation, par le Liban, de ses ressources en hydrocarbures. Il s’agit, là, de la seconde priorité nationale en 2018, dont dépendra, peut-être, la stabilité de la livre libanaise, et, par conséquent, la préservation de l’ordre social. Avec une dette et un service de la dette qui atteindront des sommets inégalés cette année et un ratio dette/PIB qui va encore augmenter, l’Etat aura besoin soit de recettes supplémentaires soit d’un miracle. Certes, si les forages commencent en 2019, le Liban devra attendre cinq ans avant de toucher des dividendes. Mais le seul fait que le processus soit solidement mis sur les rails est susceptible de déclencher un cercle vertueux qui permettrait, par exemple, à l’Etat libanais d’emprunter sur les marchés financiers internationaux à des taux préférentiels. Le Liban doit relever ces deux défis dans un contexte régional pas très avantageux, il est vrai, mais moins dangereux que les années précédentes, surtout en Syrie, où la guerre semble toucher à sa fin. Quoi qu’il en soit, les Libanais peuvent capitaliser sur les réalisations accomplies l’année dernière. Car, quoi qu’en disent les plus sceptiques et les gens de mauvaise foi, 2017 a été plutôt positive: une stabilité politique qui s’est manifestée dans l’affaire Hariri, une stabilité sécuritaire qui s’est concrétisée dans la victoire contre les takfiristes, et une résilience économique qui a fait ses preuves également lors de la crise de la démission du Premier ministre.


 Paul Khalifeh
   

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