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Nº 3094 du vendredi 5 octobre 2018

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Événement (119)

La boîte d’événementiel O de Rose a ravivé le sourire des Libanais venus par centaines prendre part à la Randonnée musicale organisée le 25 août dans la Réserve naturelle des Cèdres du Chouf. Quand la musique s’accorde aux murmures de la nature…
 

Le dimanche 25 août: une journée placée en dehors du temps, une journée inédite pour les Beyrouthins assermentés que nous sommes. Une journée de découverte en musique du pays, d’une des régions du pays, le village de Maasser el-Chouf, et ce qu’il recèle de plus précieux, ses cèdres millénaires, son authenticité humaine. Une sortie dominicale qui marquera les esprits.
C’est grâce à l’initiative de Lara Kanso, créatrice de la boîte d’événementiel O de Rose, et Raja Abdallah, organisateur partenaire à l’origine du concept de la Randonnée musicale inspirée d’un grand festival en Suisse, que cette journée a été rendue possible. Une manière, selon eux, de «condamner fermement la violence qui déchire notre pays». Mais aussi de mettre «la musique et la nature au service de la bonne cause», puisque cet événement culturel est une levée de fonds en soutien aux ONG Chance (Children against cancer) et OffreJoie.
Ils sont venus nombreux les Libanais pour prendre part à cet événement; il y a ceux qui veulent soutenir les ONG, ceux qui désirent découvrir la Réserve des cèdres, ceux qui cherchent un brin de musique au détour de la nature, ceux qui continuent à vivre malgré tout et ceux qui réaffirment à leur manière l’attachement au pays. Ils sont venus nombreux pour toutes ces raisons, en famille, entre amis, comme un cri du cœur, lancé à l’unisson. Bien avant 11h, l’heure fixée pour le début des activités, les visiteurs commencent à arriver par vagues successives à la place du village de Maasser el-Chouf, avant de s’installer dans les bus-navettes devant les transporter à l’entrée de la réserve.
L’itinéraire commence. Sept stations émaillent le parcours auquel ont pris part une quinzaine de groupes musicaux, artistes et poètes libanais: Lebam, Marc Nader, Camille et Lory, Adel Harb, Oak, Joy Fayad, Al Kamandjati, Nachaz, Jebebara, Beirut Vocal Point, Barock Ensemble, ainsi que Ghassan Alameddine, Tina Fish, Edouard Abbas, Walad et Ciqu’enciel. On marche, on discute, on se presse, on s’émerveille. On s’arrête quelques instants, le temps d’écarquiller les yeux face à ce majestueux cèdre de trois mille ans, son tronc imposant, ses racines gigantesques. Une pause photo. Et une autre encore, un peu plus loin, pour immortaliser sur image l’ambiance musicale que les groupes et artistes libanais ont merveilleusement réussi à instaurer. Des ambiances musicales plutôt, entre musique orientale, traditionnelle, populaire, classique, entre folk, pop, flamenco, blues, rock et même de l’a capella. Michèle Paulikivetich, la coordinatrice du programme artistique, a réussi à rassembler, à l’ombre des cèdres, un merveilleux bouquet éclectique de talents diversifiés, à l’image de l’effervescence de la scène locale. Tour à tour, se succédant jusqu’à 16h, ils ont intensifié la féerie des lieux, par leurs sons et sonorités, par l’interaction avec leur public de randonneurs. A mesure que ces derniers continuent d’arriver, ils sont toujours accompagnés de guides, ça et là, veillant à la sécurité des arbres et des visiteurs, donnant indications et conseils, le sourire toujours aux lèvres, aussi bien organisés qu’à l’intérieur d’une ruche.
En navettes, retour vers le village. Le paysage ne cesse de défiler au travers des vitres, entre ses arbres, sa verdure, ses maisons anciennes. Le temps d’apercevoir un homme au seuil de sa porte, habillé du costume traditionnel, esquisser entre ses lèvres souriantes ces célèbres mots de la convivialité libanaise, ces émouvants «Ahla wa sahla». La place du village ne cesse de se remplir, de se désemplir au rythme des bus-navettes oscillant entre l’aller et le retour, tant l’affluence est grande. Là, tout est déjà prêt pour assurer aux visiteurs bien-être et confort, café turc et boissons rafraîchissantes, plats et douceurs traditionnels, savoir-faire des femmes du village, la foire culinaire s’accompagne également d’une visite de la brocante, émaillée de curiosités antiques de tous genres.
La journée se termine encore en musique par le concert de la chanteuse libano-canadienne Randa Ghossoub, à l’auberge Saint-Michel-Arcenciel, au village. Accompagnée de son pianiste italien Giovanni Ceccarelli, elle interprète des classiques de jazz et des chansons françaises et espagnoles.
Ambiance vivifiante, agréable, bon enfant, la deuxième édition de la Randonnée musicale, la première s’étant déroulée également à la réserve du Chouf en 2011, s’est avérée être un véritable succès. En attendant la prochaine édition. Gardons les doigts croisés!

Nayla Rached

Les cèdres du Chouf
Créée en vertu de la loi no 532 du 29 juillet 1996, la réserve est gérée par le comité de la Réserve naturelle des cèdres du Chouf en coopération avec l’Association des cèdres du Chouf et sous la supervision du ministère de l’Environnement. La réserve et les villages environnants ont été déclarés par l’Unesco en 2005 «Réserve de Biosphère - Chouf».
La réserve est surtout admirée pour son époustouflante forêt de cèdres située sur le versant ouest: Maasser el-Chouf, Barouk et Aïn Zhalta-Bmohray. Ces forêts de cèdres constituent le quart de ce qui reste de la forêt des cèdres au Liban dont certains sont âgés de près de 2 000 ans. La Réserve de Biosphère - Chouf vise à remplir trois objectifs: la 
conservation de la faune et de la flore à 
l’intérieur de la réserve, le développement économique et social des communautés situées autour de la réserve et l’amélioration de la recherche, de l’éducation et de l’information ayant rapport au domaine des ressources naturelles. Il est possible de visiter la réserve tout au long de l’année en fonction des 
activités auxquelles s’y prêtent les visiteurs.

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Éditorial
Gouvernement: le dernier sprint

Le processus de formation du gouvernement devrait être redynamisé à partir de cette semaine après un gel consécutif aux voyages du président Michel Aoun à Strasbourg et à New York, début et fin septembre. Les démarches en étaient restées, officiellement, à la mouture présentée le lundi 3 septembre par le Premier ministre désigné, Saad Hariri, et que le chef de l’Etat avait poliment déclinée. Mais les discussions s’étaient poursuivies loin des projecteurs entre MM. Aoun et Hariri, qui se seraient rencontrés à plusieurs reprises, discrètement, à la demande du chef du gouvernement sortant, afin de se soustraire aux pressions politiques et médiatiques. Aucun accord n’a été finalisé mais ces tête-à-tête ont montré une volonté des deux hommes de maintenir leur partenariat et d’essayer de surmonter les écueils qui ont retardé la naissance du Cabinet. Le plus sérieux obstacle est la répartition des quotas et des portefeuilles entre les deux principales formations chrétiennes: le Courant patriotique libre (CPL) et les Forces libanaises (FL). Cette question a été examinée lors de la rencontre à la Maison du centre, le 27 septembre, entre M. Hariri et le chef des FL, Samir Geagea. Des sources politiques informées affirment que des progrès ont été réalisés lors de cette réunion. Après le refus du camp présidentiel d’accorder quatre maroquins aux FL, comme le proposait M. Hariri, M. Geagea aurait accepté un compromis avancé par le Premier ministre désigné: quatre sièges ministériels dont la vice-présidence du Conseil (sans portefeuille) et les portefeuilles de l’Education, des Affaires sociales et de la Culture.   Lorsque la formule lui a été présentée avant son départ pour New York, le président Aoun ne s’est pas prononcé. Mais des milieux proches de la présidence ont laissé filtrer que la vice-présidence du Conseil pourrait être accordée aux FL, bien que le chef  de l’Etat considérait ce poste comme faisant partie de son quota, ainsi que trois autres ministères: la Culture, les Affaires sociales et un ministère d’Etat.Pour une bonne partie de l’opinion publique, toutes ces formules s’apparentent à des calculs de boutiquiers et à des querelles de puissants, qui se partagent le pouvoir entre eux. Quoi qu’il en soit, ces informations, confirmées par des sources diverses, dénotent une volonté de déblocage chez les principaux protagonistes, dont les revendications et les contre-revendications empêchent la formation d’un gouvernement depuis le mois de mai. Ce sursaut de conscience est surtout motivé par la crainte d’une détérioration irréversible de la situation économique et financière et par la conviction apparue chez les FL et le Parti socialiste progressiste (PSP) que le président Aoun ne cèdera pas aux revendications maximalistes de ces deux formations. Une fois l’écueil chrétien surmonté, les autres obstacles moins épineux de la représentation druze et des sunnites du 8-Mars seront rapidement réglés. C’est dans ces dispositions plutôt positives que les démarches pour la formation vont reprendre et s’accélérer dans les jours qui viennent.


 Paul Khalifeh
   

Santé

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