Langue de Molière… et de Descartes aussi. Le français est une distinction, un atout, une ouverture au monde
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Nº 2941 du vendredi 21 mars 2014

Langue de Molière… et de Descartes aussi. Le français est une distinction, un atout, une ouverture au monde

 
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Les actions menées au Liban pour consolider la francophonie ont été au centre du déjeuner-débat organisé par le Comité national libanais du Forum francophone des affaires, à l’occasion de la Journée internationale de la francophonie. L’événement a eu lieu, le 14 mars, au restaurant Le Maillon.
 

C’est en présence des ambassadeurs des pays de la francophonie, notamment l’ambassadeur de France, Patrice Paoli, du Canada, Hillary Childs-Adams, et de Suisse, Ruth Flint Ledergerber, ainsi que du ministre de la Culture, Rony Araygi, et d’un parterre d’hommes d’affaires francophones, que la professeure Fadia Kiwan a parlé de la francophonie. Représentante du président de la République au conseil permanent de la francophonie et directrice de l’Institut des sciences politiques de l’Université Saint-Joseph, Fadia Kiwan a estimé qu’on se serait attendu à ce qu’elle tienne des propos tournant autour de la stabilité du pays au lieu de parler culture dans une ambiance aussi tendue. Improvisant son discours, qu’elle n’a pas écrit pour donner un caractère plus authentique à ses paroles, elle a évoqué le choix stratégique que le Liban a fait par rapport à la francophonie. «Le Liban considère que le français est l’un de ses biens et il a fait le choix de consolider celui-ci». Placé devant un défi, le Liban était dans un dilemme: celui de mobiliser les moyens pour démocratiser le français en le rendant accessible à tous ou celui d’arabiser les programmes scolaires.
 

Relever les défis
On dit que le français est la langue de Molière, la langue des êtres sociaux. «J’ai connu le français sous la langue de Descartes», a affirmé Fadia Kiwan, expliquant comment elle a été sollicitée par les pays arabes pour que la faculté de droit de l’USJ mette un enseignement du droit en arabe, ce qui montre une structuration logique de la pensée dans la langue française. «Il existe un esprit, une discipline, ainsi qu’un développement de la formation de la pensée dans la langue de Molière et de Descartes». Le français est un atout du Liban dans ce domaine. C’est un choix qu’il faut donner à tous.
Depuis 1991, le choix du Liban pour la francophonie n’a pas été touché. Cela, malgré la présence de ministre d’éducation anglaise au ministère de l’Education et de l’Enseignement supérieur. Dès 1994, un programme de mise à niveau linguistique a été introduit à l’Université libanaise. Toutefois, selon Fadia Kiwan, il existe un manque de coordination entre les différents programmes. «Nous n’avons pas vraiment la dimension ni verticale ni horizontale de ce qui se fait». Elle a relevé que les amis du Liban au sein de la francophonie ne veulent pas qu’il perde son image. Pourtant, rendre le français accessible à tous est une chose difficile. «Il faut ôter de l’esprit des gens qu’il faut envoyer les enfants dans des écoles privées pour qu’ils apprennent le français».
Avec humour, elle a souligné qu’il existe trois manières de se tourner vers le Liban: avec une calculatrice et un carnet de chèques, avec des grenades, une plume et un livre. «C’est à ce dernier groupe que le cœur des Libanais est acquis. C’est avec eux qu’on peut relever les défis pour que le Liban redevienne ce qu’il était dans le cadre de la francophonie».
Prenant la parole, l’ancien ministre Georges Corm souligne que tous les droits de la région sont basés sur le droit français. «En matière économique et financière, on a tendance à être défaitiste, mais le français peut être aussi la langue des affaires». Répondant à une question des présents, le directeur général du ministère de l’Education, Fadi Yarak, précise qu’au Liban, il existe 65% de francophones contre 35% de non-francophones. Face à la mondialisation qui nous saisit à travers les groupes auxquels nous appartenons, les réseaux sociaux, on assiste à une résistan
=ce du français à l’invasion des autres langues. «Le français est une valeur ajoutée et on n’a aucun intérêt à s’en dessaisir. Rendons ce service ouvert à tous pour que cette valeur ajoutée soit accessible à tous les Libanais. Le français est associé à la distinction. C’est un atout et c’est notre première ouverture au monde. Il existe une image idéale du français qui demeure malgré tout et qui nous aide à résister aux autres langues», conclut Fadia Kiwan.

Joëlle Seif

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Éditorial
S.O.S. Liban!

Chaque jour apporte son lot d’explosifs, de morts, de blessés et de dégâts que provoquent les véhicules de la mort. Les Libanais vivent dans l’angoisse de ce qui les attend. Les services de renseignements et les forces de sécurité s’acharnent à intercepter les terroristes avant qu’ils n’agissent. Ils réussissent, parfois, et en paient le prix. L’armée est devenue la cible privilégiée des criminels. Ce fléau qui frappe le Liban ne peut être éradiqué que par une politique, dans le sens le plus juste du mot, menée par des hommes conscients de la responsabilité qui leur incombe, celle d’assurer la sécurité et le bien-être des citoyens. Nous en sommes très loin. A Tripoli, devenue ville fantôme, les combats meurtriers se poursuivent. Les écoles ferment leurs portes, les commerces baissent leurs rideaux et les gens du Nord vivent au rythme des agressions contre Ersal. A cela se greffe la chute de Yabroud, une «victoire» que célèbre bruyamment le Hezbollah ignorant le flux de nouveaux réfugiés qui traversent la frontière gonflant le nombre de ceux qui, désormais, sont sur place avec peu d’espoir de rentrer chez eux, du moins à court terme. On estime, sans crainte d’exagérer, que Syriens et Palestiniens confondus constituent non moins du tiers de la population libanaise encore résidante dans le pays. Arrivés sans ressources, dans leur grande majorité, ils sont accueillis, presque, à bras ouverts, mais sans aucun plan social et surtout sans contrôle. Leur présence, quel que soit le devoir humanitaire qui dicte l’aide qui leur est apportée, pèse lourd dans un pays où l’Etat peine à répondre aux besoins sociaux de ses propres citoyens. Ces derniers sont très souvent remplacés dans nombre de travaux par une main-d’œuvre moins coûteuse. Les Libanais, toutes cultures, toutes classes sociales confondues, s’interrogent sur l’avenir de leur pays où la vie devient de plus en plus dure et où l’espoir d’un redressement radical n’est pas hélas à l’horizon. Sur qui et sur quoi peuvent-ils compter? Est-ce sur des élus qui ont oublié le chemin de l’hémicycle et qui, pour beaucoup, ne le retrouveront probablement plus? Sur des situations où les compromis, indispensables dans l’état actuel des choses, sont la règle? Sur certains leaders, chefs de file de courants ou zaïms d’un autre temps?… On ne sait plus. Même si nous n’avons pas le droit de généraliser et de mettre dans un même panier tous ceux qui sévissent dans les hautes sphères, il nous faut reconnaître que les meilleurs  d’entre eux n’ont plus vraiment leur destin en main et le nôtre encore moins. Dans un pays où l’Etat dans l’Etat affaiblit l’autorité, celle-ci peut difficilement s’imposer. Il ne nous reste, pour toute perspective, que le dialogue. Mais sommes-nous assez naïfs pour croire encore dans la bonne foi de ceux qui ne cessent de renier leurs engagements? Nous entendons sans cesse la chose et son contraire. Peut-on croire que le Hezbollah qui, comme l’a laissé entendre récemment l’un de ses piliers, favoriserait une Armée libanaise renforcée par des équipements que le chef de l’Etat s’acharne à obtenir? Le président Sleiman et l’institution militaire ne sont-ils pas la cible quasi permanente du parti de Dieu? Ce qui nous reste, en guise de consolation, c’est de placer nos espoirs dans ce gouvernement en gestation, souhaitant qu’il ne naisse pas affublé d’un handicap irrémédiable. Déjà, en filigrane des débats parlementaires, se dessine le profil de la présidentielle mais attendant, au cours des deux mois qui leur sont accordés, ces messieurs du Sérail ne devraient pas chômer. Ils ont du pain sur la planche et surtout des services à assurer à tous ceux dont ils ont la charge et qui peinent à trouver les moyens de survivre, d’éduquer leurs enfants et de boucler leurs fins de mois. C’est ce qu’attend le Libanais lambda.


 Mouna Béchara
   

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