Le Sky Bar part en fumée. L’incendie est accidentel, soutient Chafic Khazen
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Nº 3004 du vendredi 5 juin 2015

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Prévue pour le 12 juin, l’ouverture du célèbre Sky Bar n’aura pas lieu. Un énorme incendie a ravagé les lieux à quelques jours de la réouverture de la boîte de nuit, devenue chaque été un rendez-vous incontournable de la jet-set libanaise, mais aussi arabe et pour les touristes étrangers de passage au Liban. Le Sky Bar n’ouvrira pas ses portes cet été, au grand dam de ses nombreux fans et habitués.

«Vu l’importance des dégâts qui nécessitent des mois de réparation, la saison est perdue», affirme à Magazine le propriétaire du Sky Bar, Chafic el-Khazen. «Les dégâts sont énormes. L’incendie a ravagé le site et les équipements sont quasiment hors service. Le feu s’est déclaré dans l’entrepôt, avant de se propager au reste. Avertis par les services de sécurité du Biel, qui ont constaté que de la fumée sortait de la bâtisse, une cinquantaine de pompiers sont accourus sur-le-champ pour tenter d’éteindre les flammes. Mais à leur arrivée, 60% de la structure de métal était déjà détruite», a-t-il ajouté.
Des moyens spéciaux ont été utilisés pour refroidir le métal. Il a fallu intervenir durant près de quatre heures pour éteindre le feu. Il n’y a pas eu de victimes, mais les dégâts matériels sont importants. «Les cuisines, le bar, le VIP Lounge, les écrans LED… tout a brûlé. Il nous faut près de six mois pour reconstituer les lieux», constate Khazen.
L’origine de l’incendie, qui s’est déclaré vers 3h du matin, est toujours inconnue, l’enquête n’étant pas encore terminée. «Il s’agirait probablement d’un contact électrique», pense Khazen.
Doutez-vous d’un acte de sabotage, d’autant plus que l’incendie s’est déclenché à quelques jours de l’ouverture? «Le Sky Bar se trouve à 17 mètres d’altitude, ce qui rend presque impossible que le sinistre soit un acte de sabotage, répond le propriétaire. Mais certaines rumeurs malveillantes qui ont fusé et insinuent que l’incendie a été intentionnellement provoqué par la direction sont totalement infondées. La saison était si prometteuse», regrette Khazen.
En effet, depuis son ouverture en 2003 sur le roof de l’hôtel Palm Beach, le Sky Bar affiche littéralement complet tous les soirs. En 2007, il déménage sur le front de mer de Beyrouth sur le top roof du Biel et est littéralement pris d’assaut par les noctambules. Il s’impose comme une adresse incontournable dans les nuits beyrouthines attirant aussi bien une clientèle libanaise que les touristes arabes et étrangers, sa réputation dépassant les frontières libanaises. En 2009, il est nommé meilleur bar du monde dans le New York Times et fait la Une de plusieurs magazines internationaux. Le Sky Bar pouvait accueillir jusqu’à 2 500 personnes. Son bar de 60 mètres de long pouvait recevoir près de 150 invités. 170 employés le géraient et 100 valets parking s’occupaient des voitures. C’est donc près de 300 personnes qui sont lésées par ce terrible accident, sans parler de la déception des noctambules qui attendaient impatiemment son ouverture et qui ont fait part de leur déception sur les réseaux sociaux, certains allant jusqu’à dire que de nombreux touristes ont décidé de changer de destination et ne viendront plus au Liban puisque le Sky Bar n’est plus en mesure de les recevoir. D’autres commentaires plus sarcastiques ont également fait le tour des murs sur Facebook et Twitter, disant que le nombre de victimes de guerres et de tremblements de terre n’a pas déclenché autant d’effroi et de tristesse que l’incendie du Sky Bar, ce haut lieu du Beyrouth nocturne parti en fumée et suscitant toutes les passions.

Danièle Gergès

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Éditorial
Idées berceuses

La réunion entre Michel Aoun et Samir Geagea était prévisible, après six mois de discussions entre leurs représentants respectifs et, surtout, en raison des conseils prodigués par le Vatican. Elle casse l’angoissante routine dans laquelle se complaisait la vie politique libanaise. Sur un plan strictement chrétien, la rencontre Aoun-Geagea peut contribuer à solder un passif vieux de 25 ans entre les deux hommes, et, par conséquent, à apaiser les tensions latentes au sein de la communauté. A condition, bien entendu, que cette démarche ne reste pas orpheline et fasse l’objet d’un suivi assidu, à travers des initiatives au niveau de la base populaire des deux grands partis chrétiens. Les sceptiques dans les deux camps sont nombreux et ne croient pas au sérieux de cette réconciliation. Pour la renforcer, il faut prouver qu’ils ont tort.La réconciliation personnelle entre Michel Aoun et Samir Geagea est certes importante mais elle n’est pas suffisante, car les deux hommes ne représentent pas uniquement leur auguste personne, mais deux projets politiques, qui s’opposent sur plusieurs points. Pour qu’elle soit solide et durable, l’entente doit donc comporter un volet politique. Le fait d’avoir signé une déclaration d’intentions est la preuve d’une volonté commune d’aller au-delà de la dimension personnelle de la relation. L’accord conclu entre les deux partis comporte des principes généraux, qui expriment effectivement les appréhensions des chrétiens. Mais ils ne dépassent pas le cadre d’idées, qu’il faut maintenant essayer de traduire en mesures concrètes afin d’initier un réel changement. Or, c’est là que le bât blesse. Car pour transformer en actes certaines des idées formulées, des réformes importantes sont nécessaires, ce qui déplaît fortement aux alliés respectifs des deux leaders chrétiens. Prenons par exemple l’accord sur la nécessité d’élire un président «fort» et «représentatif» au sein de sa communauté. En évoquant la question de l’élection présidentielle au Liban devant la délégation libanaise conduite par Tammam Salam, le roi Salmane d’Arabie saoudite a énuméré des critères qui s’appliquent plus à un président consensuel que représentatif. Les deux candidats «forts», à savoir Michel Aoun et Samir Geagea, sont donc exclus d’emblée de la course.L’attitude des deux partis chrétiens vis-à-vis de la bataille des jurds de Ersal pourrait être une autre source de problème entre eux s’ils ne parviennent pas à gérer la question avec doigté. Michel Aoun estime prioritaire l’éradication des groupes terroristes, qui occupent quelque 400 kilomètres carrés du territoire national dans cette région. Il appuie le Hezbollah dans sa stratégie, y compris la décision du parti de mener lui-même la bataille si l’Armée libanaise n’obtient pas le feu vert du gouvernement. Samir Geagea, quant à lui, refuse d’accorder une quelconque couverture au Hezbollah et estime que seule l’armée est habilitée à défendre les frontières du pays. Toutefois, le Courant du futur, avec derrière l’Arabie saoudite, ne semble pas pressé d’enlever cette épine «jihadiste» du pied du Hezbollah et du gouvernement syrien.On peut égrener comme cela, pendant des heures, les sujets qui séparent Michel Aoun et Samir Geagea, pour des raisons de politique locale ou à cause de leur positionnement régional.Il en ressort que la rencontre entre les deux hommes est un développement nouveau, sans pour autant être un événement exceptionnel, susceptible d’initier des dynamiques inattendues. Sauf si les deux partis sont prêts à tourner le dos à leurs alliés… ce qui est fort improbable dans cette vie, comme dans l’au-delà.


 Paul Khalifeh
   
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