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Nº 3100 du vendredi 5 avril 2019

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Initiative (12)

L’Union pour la Méditerranée (UpM) souhaite donner un nouvel élan à sa stratégie de développement et de coopération régionale. Elle se prépare à une participation active au Sommet des deux rives qui doit se tenir à Marseille en juin prochain et prend l’initiative de parrainer un événement régional important que le Liban accueillera en avril: la 6ème Semaine forestière méditerranéenne.
 

Nasser Kamel, le nouveau Secrétaire général  de l’Union pour la Méditerranée (UpM)  installé depuis huit mois, brosse un tableau optimiste de cette organisation multilatérale et régionale qui regroupe 43 membres (28 pays  de l’Union européenne et 15 pays du Sud et de l’Est de la Méditerranée).
De passage à Paris, cet ancien ambassadeur d’origine égyptienne, diplomate expérimenté à la longue carrière, se réjouit que l’UpM connaisse actuellement une dynamique et un souffle nouveaux. Le regain d’intérêt pour cette organisation s’explique, selon lui, par le fait que la Méditerranée redevienne une priorité politique pour l’Europe. Le cadre régional étant plus propice à développer des projets de coopération et de développement.
Chiffres à l’appui, il annonce la mise en œuvre de plus de 50 projets de coopération régionale amorcés par le secrétariat, dont 54% concernant le développement humain (enseignement supérieur, recherche, emploi, développement entreprises, affaires civiles…) et 46% le développement durable (énergie, eau, environnement, transport...). L’ensemble est évalué à plus de 5 milliards d’euros. Le nombre de bénéficiaires ciblés par la première génération de projets s’élève à 200 000 (dont 100 000 jeunes et 50 000 femmes).
Par le passé, depuis 2012, le secrétariat a organisé plus de 300 forums régionaux d’experts et impliqué un réseau de plus de 25 000 parties prenantes, dont des représentants d’institutions gouvernementales, des organisations régionales et internationales, des autorités locales, des institutions financières, le secteur privé et la société civile.

Projets pour le Liban
Dans l’agenda des projets de coopération labellisés UpM, le Liban est présent aussi bien en tant que pays promoteur que pays bénéficiaire. Il s’agit de plusieurs secteurs dont notamment les affaires civiles et sociales (égalité des genres, femmes et jeunesse), le développement des entreprises et de l’emploi, l’environnement (programmes relatifs à l’eau), l’enseignement supérieur et la recherche, le transport et le développement urbain.
Par ailleurs et de façon nettement engagée, l’UpM va parrainer un événement régional important que le Liban doit accueillir début avril à Broumana: la 6ème Semaine forestière méditerranéenne.
A cette occasion l’UpM lancera son projet pour «renforcer la restauration des forêts et des paysages, restaurer la biodiversité et promouvoir des approches communes d’atténuation et d’adaptation en Méditerranée».                                                                                          
C’est en collaboration avec l’Organisation des Nations unies pour l’ alimentation et l’agriculture (FAO), que le secrétariat de l’UpM  lance ce projet,  censé se dérouler sur une période de quatre ans, tant au niveau régional que national. Au niveau national, des actions seront menées dans des sites présélectionnés au Liban et au Maroc. Il s’agira de restaurer les forêts, les terres et les écosystèmes, de les adapter au changement climatique et de préserver la biodiversité. Ces actions auront en outre un impact direct sur la population locale, en particulier dans les zones rurales bénéficiant d’écosystèmes plus riches.

la politique en veilleuse
Toutes ces actions, assure Nasser Kamel, ont permis à l’UpM de gagner beaucoup en crédibilité. Il reconnait que le  terme «Union» pour cette organisation est mal choisi et propose d’écarter le sens «projet d’Union» pour lui préférer l’«Union de projets». Il semble donc que le volet politique soit mis en veilleuse pour privilégier et renforcer la stratégie de coopération multilatérale sur des projets concrets de développement national et régional. Le secrétaire général salue enfin l’action du président français Emmanuel Macron pour renforcer l’UpM et exprime le souhait que le futur «Sommet des deux rives» à Marseille, le 24 juin prochain, soit une occasion supplémentaire de consolider et de développer la coopération régionale autour de la Méditerranée. Elle en a tellement besoin!

Par Béchara Bon (Paris)

Éditorial
Ces mafias qui nous gouvernent

La situation économique et financière a atteint un tel bas-fond que l’édifice risque de s’écrouler sur tout le monde. Le cercle vicieux déficit/dette/hausse des taux d’intérêt/baisse de la consommation/chômage risque de se refermer durablement si des mesures d’urgence ne sont pas adoptées. Pour ne prendre que l’exemple de l’électricité, chaque mois qui s’écoule coûte au Trésor 160 millions de dollars. Le temps est compté, et pourtant, les dirigeants ne semblent pas pressés. Le gouvernement a été formé il y a maintenant plus de deux mois et il n’a encore pris aucune décision sérieuse susceptible de freiner la chute. Celle-ci sera tellement brutale que le pays aura du mal à s’en remettre. Ce n’est plus de l’incurie mais carrément de l’irresponsabilité qui s’apparente à une haute trahison. Tous savent que le pays n’a jamais traversé une situation économique et financière aussi mauvaise, même du temps de la guerre civile. Malgré cela, ils continuent à palabrer, à polémiquer, à se livrer à leur jeu favori de la surenchère stérile et destructrice. Ce n’est plus de l’insouciance mais une perverse complicité avec ces mafias sectorielles qui contrôlent des pans entiers de l’économie et du commerce, et qui font des milliards, dans l’illégalité et l’impunité les plus totales, au détriment du portefeuille et de la santé de centaines de milliers d’honnêtes citoyens, qui, malgré leur dur labeur, ne parviennent plus à boucler leurs fins de mois. Sinon comment expliquer les tergiversations, les lenteurs, le laxisme et autres travers qui rythment l’action (ou faut-il dire l’inaction!) de ceux qui nous gouvernent? Pour ne parler que des générateurs privés, ceux-ci génèrent (en plus des particules hautement polluantes) entre un milliard et un milliard et demi de dollars par an. Cette manne providentielle est appelée à tarir progressivement puis à disparaître définitivement si le plan de réhabilitation du secteur de l’électricité est mis en œuvre comme prévu. Les propriétaires sans scrupules de ces générateurs, qui n’ont pas hésité, il y a quelques mois, à plonger 4 millions de Libanais dans l’obscurité pour faire pression sur l’Etat, accepteront-ils candidement de fermer boutique? Certains d’entre eux n’ont-ils pas comme partenaires, ou comme complices ou protecteurs, des hommes politiques hauts placés? N’utiliseront-ils pas leur influence, achetée à coups de pots-de-vin et autres cadeaux pernicieux, pour saboter le plan de réhabilitation de l’électricité? Ce cas de figure, il faut le multiplier par cent, par mille peut-être, pour d’autres secteurs de l’économie, du commerce et des finances. Tant que les passerelles ne sont pas coupées entre les mafias et les dirigeants, tant que le tri n’est pas fait entre les affairistes et les hommes d’Etat, l’espoir de voir un véritable changement s’amorcer dans le pays reste mince.


 Paul Khalifeh
   
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