En saison chaude. Mettez du zen au boulot
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Nº 2853 du vendredi 13 juillet 2012

En saison chaude. Mettez du zen au boulot

 
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En été, à cause de la chaleur et de ce je ne sais quoi qui flotte dans l’air, les contraintes professionnelles prennent de l’ampleur et il arrive parfois, voire souvent, que nous nous réveillons le matin avec des envies de paresse et un sentiment de mal-être qui nous étreint le cœur. Des conseils pour aller au bureau le cœur léger et les sens en fête.

Les solutions prônées par les sociétés et compagnies concernent plutôt l’horaire qui souvent devient plus souple. On rentre plus tôt chez soi. Mais la balle est aussi dans votre camp. Au lieu de considérer ce mal-être saisonnier comme une fatalité, voyez comment vous pouvez trouver les formules qui vous conviennent pour mieux supporter de rester enfermé alors que dehors le soleil brille.

 

Avouez votre mal-être sans peur ni honte
Certes, dans nos sociétés qui prônent l’épanouissement, le travail est envisagé comme l’une des clés de la réalisation personnelle. Avouer donc qu’en été, il devient particulièrement source d’ennui ou pire, de souffrance, va à l’encontre de ce discours dominant. On essaie alors de garder le sourire et de faire comme si tout allait pour le mieux dans le meilleur des mondes. Mauvaise idée, disent les spécialistes de la psychologie, puisqu’une émotion négative contrainte et non exprimée est forcément dangereuse. Tôt ou tard, elle trouvera un moyen de se manifester, souvent en entraînant des troubles de l’humeur, ce qui engendrera des réactions exacerbées et inadaptées ou des troubles et des douleurs physiques. On devient d’humeur massacrante. Il suffit d’un petit rien pour se mettre hors de soi. Au bureau, on accumule inconsciemment les bévues, question de se venger de ce patron qui force la main de son subordonné alors qu’on n’a que des envies de sieste ou de farniente. Osez donc vous exprimer. Osez avouer que vous avez du mal avec votre job et laissez tomber le masque que vous vous forcez à porter. «Les employés qui expriment leurs véritables sentiments, affirme Ursula Hess, psychologue canadienne, jouissent d’une meilleure santé, ont un sentiment de réalisation personnelle plus fort, et, au final, sont plus attachés à leur travail».

Ne vous isolez pas, vos collègues sont là
Bouder dans son coin ne sert strictement à rien. Se plaindre à soi-même risque de nous conduire à ruminer en boucle nos pensées négatives, sans parvenir à trouver une solution appropriée. Puisque les collègues sont embarqués dans la même galère et ressentent, pour la plupart, du moins les mêmes «symptômes», confrontez votre point de vue au leur et essayez ensemble de voir comment appréhender la situation et comment convaincre votre patron de vous accorder, pendant ces deux mois d’été, des privilèges qui se répercuteront sur votre rendement. Des cadences de travail infernales par exemple, quand l’organisme est plus lent du fait de la chaleur et de l’air estival qui contribuent à vous rendre encore plus nerveux, encore plus stressé et, de ce fait, moins productif. Trouvez donc des alliés sur qui vous appuyer pour tenter d’améliorer votre sort collectif et déléguez l’un des vôtres qui synthétisera toutes les doléances au «big boss» en lui proposant une solution qui conviendra à tous.

 

Les divers moyens de relaxation
Les pauses de relaxation ont prouvé leur efficacité au travail. Cette technique, une fois bien maîtrisée, vous permet de neutraliser le stress. Elle entraîne, par ailleurs, une cascade de réactions bénéfiques à tout le système nerveux. Comment procéder? On s’installe dans son bureau. On ferme la porte pour ne pas être dérangé. Il est important d’être dans une position confortable, bien calé dans son fauteuil. On se fixe un objectif de plaisir en se concentrant sur une vision agréable. La respiration devient alors le point de départ de la relaxation. Inspirez profondément du nez au maximum de vos possibilités en gonflant bien le ventre, puis laissez sortir l’air par la bouche comme si vous vouliez éteindre une bougie. Votre rythme respiratoire doit être stable. Focalisez-vous dessus comme si rien d’autre n’existait. A faire une dizaine de fois de suite très vite. Un bien-être vous envahira. Pour gérer les montées de stress, les spécialistes recommandent d’avoir recours à des stratégies d’ajustement, comme malaxer une balle en caoutchouc, froisser vivement un papier, faire d’amples mouvements avec les bras, donner des coups de pied dans une boîte vide… Egalement conseillé, une petite pause sieste sur son fauteuil, question de renouveler son énergie. Une petite tablette de chocolat à garder à portée de main est aussi recommandée. Rien de tel pour booster votre humeur et faire remonter votre moral.

 

Trouvez votre plaisir dans d’autres secteurs
En profitant des vacances d’été pour nous offrir de petits plaisirs, nous faisons inévitablement baisser la tension que le travail impose à notre existence. Un coach privé pendant deux mois, question de redessiner sa silhouette.  N’importe quelle activité sportive est bénéfique du fait que le système nerveux se met au service de l’activité physique et non intellectuelle. Un week-end à la mer ou à la montagne, question de se ressourcer et de se renouveler. Découvrez par exemple la route du vin et dégustez les meilleurs crus libanais. Partez à la découverte de ces centres de loisirs disséminés aux quatre coins du pays, des petits restaurants de charme, des régions que vous n’avez jamais eu l’idée de visiter… Et puis, il n’y a rien de tel qu’un bon massage pour chasser les tensions et libérer le corps de ses énergies négatives. Une journée passée dans un SPA est source de détente aussi. Le rire comme antidote est conseillé. Selon les spécialistes, non seulement il chasse les idées noires, mais il entraîne la sécrétion de morphines naturelles qui ont des vertus antistress indiscutables et durables. Avoir des relations sexuelles régulières contribuerait aussi au bien-être et à la détente, à condition d’apprendre à se décontracter et à chasser les idées parasites qui empêchent la détente nécessaire.

Danièle Gergès

 

 

Des méfaits du stress
Il est impératif de lutter contre les effets du stress généré par trop de pression au bureau, surtout en été, quand l’organisme est plutôt lent, alors que le travail ne fait que s’accumuler. Sachez que le stress provoque:
-Des troubles nocifs à la santé et au bien-être en général, comme la boulimie: certaines personnes ont tendance à manger pour calmer leurs angoisses.
-Des maladies cardiovasculaires: le stress pousse le corps à sécréter une matière qui entraîne une vasoconstriction et, par conséquent, un possible infarctus ou des accidents vasculaires.
-Des ulcères de l’estomac, des maux de tête, de l’insomnie, des douleurs dorsales…
Le stress diminue la combativité de notre organisme face aux microbes ou à la multiplication anarchique des cellules d’où risque de cancers… Il peut aussi perturber le sexe. En effet, la femme prise dans un engrenage de fatigue permanente et d’énervement dus au surmenage fait un blocage total à toute sollicitation. L’homme stressé sécrète de l’adrénaline en grande quantité, ce qui agit comme un frein. Muré dans son anxiété, il ne répondra à aucune stimulation.

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Éditorial
Faites taire le cheikh Ahmad el-Assir

Le cheikh Ahmad el-Assir est aujourd’hui le salafiste le plus médiatisé. Son côté folklorique et son discours peuvent plaire. Il appelle à la primauté des institutions étatiques. Sur les armes du Hezbollah, il hausse le ton pour satisfaire les ultras qui reprochent au 14 mars un manque de courage à ce sujet. Il ne demande pas qu’on protège les chrétiens, il sollicite leur protection! Mais le discours est une chose et la réalité en est une autre. Le cheikh Assir se réclame de la tendance salafiste et de son plus grand théoricien Ibn Taymiya. Comment celui-ci s’adresse-t-il aux trois grandes communautés libanaises, les sunnites, les chrétiens et les chiites? Dans son ouvrage al-Wassatia, il prête au Prophète un rôle de législateur dont les travaux ont été complétés par les écoles juridiques. Il demande une application à la lettre de la Charia et une contrainte des mauvais musulmans, sunnites inclus, à appliquer rigoureusement une vision austère de l’islam, sous peine de coercition et même d’élimination physique. Les salafistes extrémistes irakiens ont tué, sans distinction, autant de sunnites que de chiites. Les chiites, eux, n’ont eu droit à aucune considération. Je rappelle qu’au XIIIe siècle, quand les mamelouks déferlèrent sur le Kesrouan pour y massacrer et chasser les chiites, c’est sous l’autorité d’une fatwa d’Ibn Taymiya. Selon sa théorie d’al-Wala’wal-Barra’, il demande de couper tout lien avec les chrétiens et d’être intransigeant à leur égard. Il va à l’encontre de la tradition de tolérance de l’islam qui avait vu, à l’époque des conquêtes arabes, les chrétiens en conflit avec Constantinople, soulagés d’être débarrassés de son joug et trouver leur compte sous le règne des musulmans. On a même vu, lors de la recon-quête de l’Espagne par Isabelle la Catholique, les juifs se réfugier en terre d’islam pour fuir les persécutions. Mais si cette forme de tolérance du Moyen Age n’est plus acceptable aujourd’hui, que serait-ce alors de la position d’Ibn Taymiya. Or, le cheikh Ahmad el-Assir n’a jamais, à ce jour, renié son mentor. Il ne faut pas se méprendre sur l’ampleur de ce phénomène. Quel que soit son pouvoir de nuisance, il restera limité, tant les extrémistes salafistes sont incapables de se regrouper sous une même autorité. Dans leur interprétation rigoureuse du texte, ils sont réfractaires à toute organisation cléricale hiérarchisée. Ils ne reconnaissent que l’autorité d’un calife dont le rôle principal est de permettre aux musulmans de pratiquer leurs devoirs cultuels. Ce calife doit être élu par l’ensemble de la Umma et reste sous la surveillance rigoureuse des hommes de religion. C’est dire combien cette forme de pouvoir est utopique et combien resteront nombreux et divisés les émirs salafistes. Mais le pouvoir de nuisance du cheikh Ahmad el-Assir n’en reste pas moins une réalité. Il suffit de l’écouter s’adresser aux chefs du tandem chiite. Il les insulte et traite de «cochon» un officier de l’armée qui ne lui est pas favorable. Ce n’est pas tant l’insulte qui est préjudiciable que son intention de «déshumaniser» ses adversaires. On se donne bonne conscience pour les éliminer. C’est ainsi qu’ont été traités les juifs avant le génocide et que les Israéliens se comportent avec les Palestiniens pour justifier la colonisation de leur terre; que les Hutus ont qualifié d’animaux à travers la radio des «mille collines» les Tutsi avant de les massacrer. C’est ainsi que le cheikh Ahmad el-Assir dédouane dès maintenant tout acte violent à l’égard de ceux à qui il s’adresse avec haine. Son public étant ce qu’il est, il ne faudra pas s’étonner de le voir un jour passer à l’acte. Phénomène spontané ou monté de toutes pièces, le cheikh Ahmad el-Assir n’en reste pas moins le révélateur d’un profond malaise. C’est à ce jour, l’expression la plus radicale face à la menace, au mépris et au doigt menaçant que brandit le Hezbollah, dès qu’il s’agit de ses armes. Chaque fois qu’on lui rappelle que ces armes doivent être entre les mains de l’Etat, condition indispensable pour bâtir un Etat moderne, il répond au mieux par l’indifférence, au pire il accuse ceux qui s’adressent à lui de traîtrise. Cela ne peut plus durer, nous sommes au bord de la rupture. Que le Hezbollah fasse un choix, sinon Ahmad el-Assir deviendra bientôt un héros, ou plutôt un antihéros, tant lui et ses clones au Liban-Nord provoqueront la violence.


 Amine Issa
   

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