Etudes en ingénierie numérique. De nouveaux horizons
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Nº 3089 du vendredi 4 mai 2018

Etudes en ingénierie numérique. De nouveaux horizons

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    Etudes en ingénierie numérique. De nouveaux horizons
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L’avènement de l’ingénierie numérique transforme la construction et l’infrastructure du XXIe siècle. C’est une compétence essentielle qui réduit les coûts et accélère la livraison. Explications sur ce domaine de formation encore peu répandu au Liban.

L’ingénierie numérique ou «Digital Engineering» est une « approche intégrée qui utilise des sources de systèmes de données et de modèles pluridisciplinaires pour soutenir les différentes étapes du cycle de vie d’un produit, allant du concept jusqu’à la production», explique Chady Abou Jaoudé, Doyen de la faculté d’ingénierie à l’université Antonine. Cette approche met, d’après lui, l’accent sur l’exploitation du vrai potentiel de l’industrie de la construction. C’est donc en concevant une plateforme qui intègre de multiples applications informatiques que l’on parvient à développer les méthodes de livraison les plus efficaces. Dans le cadre d’une telle formation, vous êtes capables de représenter le processus d’intégration des données d’un bâtiment ou d’une infrastructure dans un monde d’imagerie numérique. Celui-ci combine les données d’ingénierie d’une part et l’art du design d’autre part. Un tel processus facilite la création et la gestion efficace des bâtiments et de l’infrastructure en regroupant les données nécessaires pour créer un ensemble d’images 3D annotées qui permettent aux clients d’interagir avec leurs propres plans. «L’ingénierie et le design ont déjà atteint un stade où nous sommes passés de la conception sur carton à la modélisation 3D assistée par ordinateur. De ce fait, le modèle 3D évolue d’un simple modèle à l’intégration réelle de tous les services», affirme M. Abou Jaoudé. Cependant, concevoir les services numériquement signifie qu’il est plus facile et plus rapide d’échanger des informations entre les nombreuses parties impliquées dans tout projet de construction. Pour le doyen, cela facilite et accélère la collaboration entre les ingénieurs vu que l’information, souvent en 3D, est précise. Elle montre clairement le progrès et la modification des projets en temps réel. Ainsi, les ingénieurs peuvent-ils, désormais, identifier plus facilement les conflits entre les différents collaborateurs du projet. Pour être plus pratique, des exemples comprennent l’utilisation de visualisations 3D pour visualiser, voire prédire le progrès de la construction d’un bâtiment. Un autre objectif serait d’identifier de meilleurs emplacements pour placer des supports temporaires. Une telle initiative laisserait suffisamment d’espace pour que d’autres installations et équipements puissent fonctionner. Plus encore, les clients peuvent percevoir les produits et les services en 3D pour mieux connaître leur fonctionnement. Cela nécessite inéluctablement l’intégration de différentes technologies comme la réalité virtuelle, la réalité augmentée, l’Internet des objets (IOT), l’intelligence artificielle, le «machine learning», le design 3D, etc.

Quelle formation?
Le programme de Master en ingénierie numérique présente une formation récente et originale mondialement. «Ce programme vise à développer chez les étudiants des compétences techniques, organisationnelles et managériales, juridiques, règlementaires et informatiques orientées vers les métiers et liées au secteur de la construction», certifie M. Abou Jaoudé. Ces compétences sont soutenues en collaboration avec des professionnels de la construction afin de former des cadres possédant les compétences pour concevoir, développer, exploiter, gérer et faire évoluer la maquette numérique durant l’ensemble du cycle de vie d’un bâtiment ou d’un ensemble urbain. Les compétences techniques sont donc liées à la conception, la réalisation et l’exploitation d’un bâtiment pour la maîtrise de l’efficacité énergétique en prenant en compte les enjeux de performances, de confort, de gestion des ambiances, de sécurité. Les compétences en informatique permettent de maîtriser les méthodes et les outils de conception et de gestion de la maquette numérique comme les logiciels CAD, le 3D printing, le scanner 3D, les réseaux informatiques, le GIS (Geographic information system), les réalités augmentées et virtuelles, les bases de données et les outils de gestion de travail collaboratif.   
Les compétences organisationnelles et managériales disposent des connaissances transversales relatives au déroulement et au management d’un projet, au développement durable, à la qualité et à la sécurité.
Les compétences en ingénierie du bâtiment contribuent à la conception, la réalisation et l’exploitation des installations techniques d’un bâtiment pour la maîtrise de l’efficacité énergétique. Les compétences liées au secteur de la construction qui décrivent l’ensemble des aspects des métiers liés à la programmation des opérations, l’ingénierie urbaine, la gestion et le suivi de chantier.
Les débouchés professionnels peuvent être trouvés dans le développement, la conception et l’exploitation de produits comme les systèmes actuellement utilisés dans la technologie de la construction, la production, l’industrie automobile ou dans la recherche universitaire liée à l’industrie. «Nous devons comprendre et adopter la révolution numérique dans tous les domaines. Notre société aura toujours besoin d’ingénieurs innovants qui nous préparent par le numérique le monde de demain», conclut M. Abou Jaoudé.

Natasha Metni

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Éditorial
La bombe des réfugiés

Un faisceau d’indices montre que la question des réfugiés syriens sera, dans les mois à venir, une source de tensions entre le Liban et la «communauté internationale». Chaque partie a abattu ses cartes et celles dévoilées par les Nations unies, l’Union européenne et autres «organisations internationales», ne sont pas de bon augure pour les Libanais. Le Haut Commissariat aux Réfugiés (HCR) a mal réagi au retour de 500 Syriens réfugiés à Chébaa dans leur village de Beit Jin. D’un autre côté, la conférence de Bruxelles II, organisée le 25 avril, appelle les pays hôtes à accorder aux réfugiés syriens un statut juridique, une résidence légale et un permis de travail au sein des pays d’accueil.Le chef de l’Etat Michel Aoun a dénoncé les résultats de cette rencontre dont les conclusions mettent «en danger le Liban en proposant une naturalisation voilée des réfugiés syriens», selon un communiqué présidentiel. Le Premier ministre Saad Hariri avait déclaré, dans son intervention, à Bruxelles, que le Liban s’était transformé en un immense camp de réfugiés syriens. «Les tensions entre réfugiés syriens et communautés hôtes se sont accrues, notamment en raison d’une compétition pour les ressources et les emplois», a-t-il dit.Le Liban plaide pour un retour «digne et sûr» des réfugiés syriens, alors que l’Onu et l’UE évoquent un retour «digne, sûr et volontaire». Ce dernier mot de trop traduit un différend fondamental dans l’approche des deux parties. En effet, lorsqu’ils auront obtenu des droits juridiques, légaux, sociaux et économiques, y compris un emploi, l’éducation gratuite (comme c’est actuellement le cas) et des soins de santé, il est fort probable qu’une bonne partie des réfugiés, surtout les plus jeunes qui n’ont pas ou plus d’attaches affectives avec la Syrie, n’envisageront pas de retourner «volontairement» dans leur pays. Cela nous amène à dire que l’approche prônée par la «communauté internationale» est soit irresponsable, soit suspecte. Le Liban accueille, selon les sources de la présidence de la République libanaise, 1,8 millions de Syriens, dont un million enregistré en tant que réfugiés. Nous retiendrons ce dernier chiffre. A l’échelle de la France, c’est l’équivalent de 16 millions de réfugiés, à celle des Etats-Unis, on arrive à 80 millions d’individus. De plus, les pays occidentaux connaissent parfaitement la fragilité des équilibres communautaires sur lesquels repose le système politique libanais et combien il est délicat de maintenir dans de telles conditions un minimum de paix sociale et civile.Le Liban n’a vraiment pas de leçons d’hospitalité et de bienséance à recevoir d’une communauté internationale hypocrite, qui n’a versé jusqu’à présent que 11% de l’aide promise pour le soutenir dans l’accueil des réfugiés, selon Saad Hariri. Il n’a pas non plus d’enseignements à tirer de pays censés être riches et développés, prônant les droits de l’homme, et qui font tout un drame parce qu’ils accueillent chez eux, au compte-goutte et après maints filtres, quelques petits milliers de migrants. Le Liban refuse de trouver une source d’inspiration dans ces pays où se développe un discours raciste et xénophobe qui n’a pas trouvé racine chez nous malgré le gigantisme des problèmes engendrés par la présence d’un nombre effrayant de réfugiés. Le plus grave serait de découvrir, un jour, que l’attitude de la «communauté internationale» s’inscrit en fait dans le cadre d’un plan machiavélique, destiné à modifier la démographie du pays dans l’espoir de changer les rapports de force. Qu’elle soit irresponsable ou suspecte, naïve ou réfléchie, la position des pays occidentaux constitue une menace existentielle pour le Liban. Elle n’est pas la bienvenue et ne le sera jamais. Le chantage au racisme ou à l’aide internationale conditionnée n’y changera rien.                                                                                                                                    


 Paul Khalifeh
   

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