Usek. Le nouveau Centre Asher
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Nº 3089 du vendredi 4 mai 2018

Usek. Le nouveau Centre Asher

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    Usek. Le nouveau Centre Asher
    Un nouveau Centre d’innovation et d’entrepreneuriat (le Centre Asher) voit le jour à l’Université Saint-Esprit de Kaslik (USEK). Cette institution, qui assure 140 programmes dans ses 12 facultés répandues sur...
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Un nouveau Centre d’innovation et d’entrepreneuriat (le Centre Asher) voit le jour à l’Université Saint-Esprit de Kaslik (USEK). Cette institution, qui assure 140 programmes dans ses 12 facultés répandues sur les campus de Kaslik, Chekka, Zahlé et Rmeich, accorde une grande importance au développement d’initiatives adaptées à la demande du marché et de la société. Rencontre avec M. Elias Abou-Fadel, Directeur du Centre Asher.  


Pouvez-vous nous parler du Centre Asher?
Le centre est une initiative de l’Usek et de Tony Asher, son fondateur américain qui est d’origine libanaise. L’importance de promouvoir cette culture à la communauté de l’université a été soulignée, au fil des années. Nous cherchons donc à former des entrepreneurs pourvus d’idées innovatrices, afin de trouver plus facilement du travail et de rendre au secteur économique libanais son effervescence. Nous avons recruté une équipe capable de mener à bien la mission du Centre et avons mis en place un comité académique comportant des représentants de chacune des douze facultés, tout en développant notre réseau de consultants et de mentors externes.

Quels sont les objectifs de ce centre?
Les objectifs clés du centre consistent en la création d’opportunités de travail au Liban, à encourager la communauté de l’USEK et à l’initier à la créativité, à l’innovation, à la prise de risques, à l’entrepreneuriat et, finalement, à la promotion de ce domaine dans les différentes facultés qui forment l’université. Notre vision est de devenir un centre de référence à l’Usek, ce qu’on pourrait qualifier de «go-to place», pour le développement d’idées innovatrices allant jusqu’à la commercialisation des produits conçus. La mission du Centre Asher consiste à promouvoir l’esprit d’innovation et d’entrepreneuriat et à soutenir les start-up et les petites et moyennes entreprises à travers des ateliers de travail, tels l’«innovation lab», le mentoring, le financement direct et indirect, etc.

Qui peut intégrer cette structure?
Ceux qui pourront bénéficier des services du centre seraient les étudiants, les anciens de l’Usek, les enseignants ainsi que les employés de l’université. Pour les groupes composés de futurs entrepreneurs et les start-up, il leur suffit d’avoir au moins une personne qui est membre de la communauté de l’Usek pour être éligible aux services du centre.

Comment percevez-vous l’avenir de ce secteur au Liban?
Ce secteur est en effet prometteur et en très forte croissance vu le progrès constaté durant les 5 dernières années. En revanche, au niveau régional, le progrès se fait à moindre vitesse, en raison des problèmes culturels et structurels.
Un dernier mot aux jeunes entrepreneurs potentiels: n’hésitez pas à vous engager dans cette voie et à saisir cette opportunité sans vous soucier du résultat final. Travaillez sérieusement, avec assiduité et rigueur. Consacrez le temps qu’il faut pour réussir vos projets et concrétiser vos idées. Aux parties prenantes dans l’écosystème et aux universités, nous rappelons que notre responsabilité envers nos jeunes futurs entrepreneurs est immense. Il faut être à la hauteur de ce défi afin d’assurer le support nécessaire tant au niveau des outils, qu’au niveau de l’enseignement, de la recherche, de l’expertise, du coaching, du networking, du financement, etc… Au gouvernement, nous affirmons qu’il est temps de travailler sur la modernisation des lois relatives à la taxation, à la formation et à la dissolution des start-up.

Natasha Metni

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Éditorial
La bombe des réfugiés

Un faisceau d’indices montre que la question des réfugiés syriens sera, dans les mois à venir, une source de tensions entre le Liban et la «communauté internationale». Chaque partie a abattu ses cartes et celles dévoilées par les Nations unies, l’Union européenne et autres «organisations internationales», ne sont pas de bon augure pour les Libanais. Le Haut Commissariat aux Réfugiés (HCR) a mal réagi au retour de 500 Syriens réfugiés à Chébaa dans leur village de Beit Jin. D’un autre côté, la conférence de Bruxelles II, organisée le 25 avril, appelle les pays hôtes à accorder aux réfugiés syriens un statut juridique, une résidence légale et un permis de travail au sein des pays d’accueil.Le chef de l’Etat Michel Aoun a dénoncé les résultats de cette rencontre dont les conclusions mettent «en danger le Liban en proposant une naturalisation voilée des réfugiés syriens», selon un communiqué présidentiel. Le Premier ministre Saad Hariri avait déclaré, dans son intervention, à Bruxelles, que le Liban s’était transformé en un immense camp de réfugiés syriens. «Les tensions entre réfugiés syriens et communautés hôtes se sont accrues, notamment en raison d’une compétition pour les ressources et les emplois», a-t-il dit.Le Liban plaide pour un retour «digne et sûr» des réfugiés syriens, alors que l’Onu et l’UE évoquent un retour «digne, sûr et volontaire». Ce dernier mot de trop traduit un différend fondamental dans l’approche des deux parties. En effet, lorsqu’ils auront obtenu des droits juridiques, légaux, sociaux et économiques, y compris un emploi, l’éducation gratuite (comme c’est actuellement le cas) et des soins de santé, il est fort probable qu’une bonne partie des réfugiés, surtout les plus jeunes qui n’ont pas ou plus d’attaches affectives avec la Syrie, n’envisageront pas de retourner «volontairement» dans leur pays. Cela nous amène à dire que l’approche prônée par la «communauté internationale» est soit irresponsable, soit suspecte. Le Liban accueille, selon les sources de la présidence de la République libanaise, 1,8 millions de Syriens, dont un million enregistré en tant que réfugiés. Nous retiendrons ce dernier chiffre. A l’échelle de la France, c’est l’équivalent de 16 millions de réfugiés, à celle des Etats-Unis, on arrive à 80 millions d’individus. De plus, les pays occidentaux connaissent parfaitement la fragilité des équilibres communautaires sur lesquels repose le système politique libanais et combien il est délicat de maintenir dans de telles conditions un minimum de paix sociale et civile.Le Liban n’a vraiment pas de leçons d’hospitalité et de bienséance à recevoir d’une communauté internationale hypocrite, qui n’a versé jusqu’à présent que 11% de l’aide promise pour le soutenir dans l’accueil des réfugiés, selon Saad Hariri. Il n’a pas non plus d’enseignements à tirer de pays censés être riches et développés, prônant les droits de l’homme, et qui font tout un drame parce qu’ils accueillent chez eux, au compte-goutte et après maints filtres, quelques petits milliers de migrants. Le Liban refuse de trouver une source d’inspiration dans ces pays où se développe un discours raciste et xénophobe qui n’a pas trouvé racine chez nous malgré le gigantisme des problèmes engendrés par la présence d’un nombre effrayant de réfugiés. Le plus grave serait de découvrir, un jour, que l’attitude de la «communauté internationale» s’inscrit en fait dans le cadre d’un plan machiavélique, destiné à modifier la démographie du pays dans l’espoir de changer les rapports de force. Qu’elle soit irresponsable ou suspecte, naïve ou réfléchie, la position des pays occidentaux constitue une menace existentielle pour le Liban. Elle n’est pas la bienvenue et ne le sera jamais. Le chantage au racisme ou à l’aide internationale conditionnée n’y changera rien.                                                                                                                                    


 Paul Khalifeh
   

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