Le bon et le moins bon. Parole aux étudiants
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Nº 3089 du vendredi 4 mai 2018

Le bon et le moins bon. Parole aux étudiants

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Qui mieux que les étudiants pour évoquer les difficultés qu’ils rencontrent, ou exprimer leurs bonnes impressions. Quel cursus suivent-ils et pourquoi ont-ils fait ce choix? A quelles difficultés ont-ils été confrontés lors de leur parcours? Regrettent-ils leur choix? Qwuels conseils prodigueraient-ils aux jeunes qui comptent faire leur entrée à l’université? Parole aux étudiants!

Michel Sarkis Lettres françaises
«J’ai choisi les Lettres françaises parce que c’est dans ce domaine que je me retrouve le plus. Il s’agit d’un parcours complètement différent des autres, qui se caractérisent souvent par une platitude sans fin.
J’ai rencontré des difficultés d’ordre académique, puisqu’il s’agissait d’un monde nouveau mais qui me fascinait… Non, je n’ai aucun regret…
Faites vos propres choix. Suivez votre cœur et engagez-vous dans ce que vous aimez, indépendamment de ce que peuvent penser les autres. Peu importe votre domaine d’études, vous aurez toujours votre place sur le marché si vous travaillez suffisamment et avec passion».

Johnny Matta Architecture d’intérieur
«Etant donné ma passion pour le design et la construction, j’ai décidé de suivre des cours en architecture d’intérieur.
Les principales difficultés proviennent des délais très courts pour rendre certains projets. Une véritable source de stress. Mais après tout rendu, nous sommes fiers de notre accomplissement.
Choisissez la formation que vous seuls voulez, et non celle que vos parents souhaitent pour vous».

Yasmina Malek Droit
«Je me suis spécialisée en Droit. Ce domaine m’intéresse depuis mon jeune âge et, vu que mon père est dans ce domaine, j’ai donc décidé de suivre cette voie.Les études de droit nécessitent beaucoup de souffle. Il fallait constamment étudier et faire des recherches. Non, je n’ai aucun regret. Pensez au long terme, à quoi servent les études que vous poursuivez, si vous préférez un domaine où vous pouvez être en contact avec les gens ou, au contraire, les éviter. Il ne suffit pas d’avoir de bonnes notes à l’école, vu qu’éventuellement, vous serez presque toujours acceptés dans la majorité des domaines. Projetez-vous dans le futur. Enfin, si vous comptez travailler au Liban, mais que vous tenez à entreprendre vos études à l’étranger, n’optez pas pour des spécialités qui n’ont pas de débouchés dans votre pays d’origine».

Sissi El Baba Lettres françaises et Traduction
«J’ai suivi une double formation à l’USJ: traduction et lettres françaises. J’ai fait les lettres car j’aime tout ce qui relève de l’art et de la culture. Au départ, je pensais qu’une telle discipline universitaire formait les futurs enseignants de langue française en leur offrant des cours de linguistique et de pédagogie, mais je me trompais. J’ai trouvé au département de lettres françaises une belle synthèse de presque tous les arts réunis: littérature, peinture, cinéma, mythologie et théâtre. De plus, on étudiait la critique littéraire, et la formation ne manquait pas de cours de philosophie et de langue approfondie (grammaire, linguistique, même un cours d’initiation au latin que je trouve utile jusqu’à aujourd’hui!). Quant à la traduction, je pense que c’est une formation par nature subordonnée. On ne peut pas l’étudier indépendamment d’un autre domaine. Bien qu’on y enseigne des cours de traduction (rédactrice, assermentée, simultanée, etc.), l’essentiel demeure absent: le domaine, non pas la langue! (économie, biologie, droit, etc.). Rien ne me passionne autant que la culture, voilà pourquoi je trouve que l’alliance de ces deux formations m’était nécessaire. Deux conseils concernant les langues: elles ne sont pas synonyme de traduction ou l’inverse. Si vous aimez les langues et la traduction à la fois, n’étudiez pas une langue étrangère anodine juste parce qu’on vous a conseillé de le faire. Je suis la seule à étudier l’allemand et le russe. Rappelez-vous que le marché cherche le rare et l’original. Deuxièmement, apprenez la langue étrangère au centre culturel non à l’université, c’est moins cher, plus intensif, donc plus utile et les cours sont toujours en marche.
Le seul défi auquel j’ai fait face est celui de la surcharge : un semestre à l’USJ correspond à 30 crédits, un an, 60. Par semestre j’en prenais 50 ce qui rendait la période des examens inimaginable. Si j’avais un conseil, c’est de remettre en question tout le système auquel vous appartenez, cherchez, ouvrez-vous, lisez. N’ayez pas peur des formations non-académiques (art, cuisine, etc.) ; on souffre de chômage au Liban car tout le monde fait partie désormais du monde académique alors que celui de la recherche n’est pas fait pour tout le monde.


Michèle Bejjani Biologie
«Titulaire d’une licence en Sciences de la vie et de la terre option biochimie, je suis actuellement un Master en enseignement et coordination. J’ai voulu que le cursus de base soit scientifique vu la richesse des programmes donnés et la culture immense que nous offre cette licence.
La difficulté des matières dispensées et les exigences des profs, surtout avec les horaires de cours surchargés, étaient les principales difficultés que j’ai rencontrées durant mon parcours. Le seul regret est d’avoir raté des cours, vu le travail énorme à fournir pour se rattraper et l’importance de la présence en classe pour une meilleure assimilation.
Un conseil que je compte suivre aussi: aller jusqu’au bout. Ne pas s’arrêter à une licence mais continuer vers le master et avoir toujours l’ambition de connaître plus et de dormir moins bête chaque nuit!».

Fayçal Makdessi Génie civil
«J’entreprends actuellement des études en Génie civil. Depuis mon enfance, j’ai toujours été fasciné par tout ce qui se rapporte aux immeubles et à la construction.
J’ai toujours eu du mal à m’intéresser aux cours qui ne sont pas directement liés à mon domaine de spécialisation, mais je n’ai jamais eu aucun regret. Faites toujours ce que vous aimez».

Hani Makdessi Physique
«Je me suis lancé dans le monde de la physique, puisque l’avenir est florissant pour tout ce qui se rapporte à ce domaine. Je n’arrive pas toujours à consacrer assez de temps à mes études. Détrompez-vous, l’université n’est pas forcément plus facile que l’école».

Rémy Akiki  Littérature arabe
«J’ai choisi la littérature arabe parce que cette spécialisation n’est pas très commune ou répandue. Plus encore, l’offre du marché du travail est plus élevée que la demande. Maints horizons se présentent à vous, si un tel domaine vous passionne: enseignement, journalisme, etc.
Nous sommes souvent face à des matières auxquelles on ne s’attend pas au moment de l’inscription. Plus encore, de telles études nécessitent énormément de travail de recherche et d’analyse, d’où des efforts personnels à fournir. Réfléchissez à votre domaine de spécialisation, aux débouchés qui s’ouvrent à vous. Veillez à ce qu’il ne s’agisse pas d’une formation vers laquelle tout le monde se rue. Vous devez aimer ce que vous faites!».

Héléna Saadé Traductologie et Sciences de l’éducation
«Je suis inscrite au programme doctoral en traductologie et en sciences de l’éducation. J’ai choisi de poursuivre mes études doctorales dans deux domaines complémentaires poussée par l’intérêt que j’ai pour les enjeux que représente le souci d’harmonisation du lexique en langue arabe en matière d’éducation.
Le manque de ressources dans le domaine de la recherche à l’échelle du monde arabe constitue un défi majeur à relever de manière constante. Je conseille aux étudiants de ne pas choisir des filières traditionnelles vu que le marché du travail est assez saturé mais de se lancer à la recherche de nouvelles thématiques de spécialisations innovantes».

Natash Metni Torbey

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Éditorial
La bombe des réfugiés

Un faisceau d’indices montre que la question des réfugiés syriens sera, dans les mois à venir, une source de tensions entre le Liban et la «communauté internationale». Chaque partie a abattu ses cartes et celles dévoilées par les Nations unies, l’Union européenne et autres «organisations internationales», ne sont pas de bon augure pour les Libanais. Le Haut Commissariat aux Réfugiés (HCR) a mal réagi au retour de 500 Syriens réfugiés à Chébaa dans leur village de Beit Jin. D’un autre côté, la conférence de Bruxelles II, organisée le 25 avril, appelle les pays hôtes à accorder aux réfugiés syriens un statut juridique, une résidence légale et un permis de travail au sein des pays d’accueil.Le chef de l’Etat Michel Aoun a dénoncé les résultats de cette rencontre dont les conclusions mettent «en danger le Liban en proposant une naturalisation voilée des réfugiés syriens», selon un communiqué présidentiel. Le Premier ministre Saad Hariri avait déclaré, dans son intervention, à Bruxelles, que le Liban s’était transformé en un immense camp de réfugiés syriens. «Les tensions entre réfugiés syriens et communautés hôtes se sont accrues, notamment en raison d’une compétition pour les ressources et les emplois», a-t-il dit.Le Liban plaide pour un retour «digne et sûr» des réfugiés syriens, alors que l’Onu et l’UE évoquent un retour «digne, sûr et volontaire». Ce dernier mot de trop traduit un différend fondamental dans l’approche des deux parties. En effet, lorsqu’ils auront obtenu des droits juridiques, légaux, sociaux et économiques, y compris un emploi, l’éducation gratuite (comme c’est actuellement le cas) et des soins de santé, il est fort probable qu’une bonne partie des réfugiés, surtout les plus jeunes qui n’ont pas ou plus d’attaches affectives avec la Syrie, n’envisageront pas de retourner «volontairement» dans leur pays. Cela nous amène à dire que l’approche prônée par la «communauté internationale» est soit irresponsable, soit suspecte. Le Liban accueille, selon les sources de la présidence de la République libanaise, 1,8 millions de Syriens, dont un million enregistré en tant que réfugiés. Nous retiendrons ce dernier chiffre. A l’échelle de la France, c’est l’équivalent de 16 millions de réfugiés, à celle des Etats-Unis, on arrive à 80 millions d’individus. De plus, les pays occidentaux connaissent parfaitement la fragilité des équilibres communautaires sur lesquels repose le système politique libanais et combien il est délicat de maintenir dans de telles conditions un minimum de paix sociale et civile.Le Liban n’a vraiment pas de leçons d’hospitalité et de bienséance à recevoir d’une communauté internationale hypocrite, qui n’a versé jusqu’à présent que 11% de l’aide promise pour le soutenir dans l’accueil des réfugiés, selon Saad Hariri. Il n’a pas non plus d’enseignements à tirer de pays censés être riches et développés, prônant les droits de l’homme, et qui font tout un drame parce qu’ils accueillent chez eux, au compte-goutte et après maints filtres, quelques petits milliers de migrants. Le Liban refuse de trouver une source d’inspiration dans ces pays où se développe un discours raciste et xénophobe qui n’a pas trouvé racine chez nous malgré le gigantisme des problèmes engendrés par la présence d’un nombre effrayant de réfugiés. Le plus grave serait de découvrir, un jour, que l’attitude de la «communauté internationale» s’inscrit en fait dans le cadre d’un plan machiavélique, destiné à modifier la démographie du pays dans l’espoir de changer les rapports de force. Qu’elle soit irresponsable ou suspecte, naïve ou réfléchie, la position des pays occidentaux constitue une menace existentielle pour le Liban. Elle n’est pas la bienvenue et ne le sera jamais. Le chantage au racisme ou à l’aide internationale conditionnée n’y changera rien.                                                                                                                                    


 Paul Khalifeh
   

Santé

La migraine. Bientôt un nouveau traitement
Définie comme étant un état de sensibilité excessive du corps aux stimulations ou aux changements d’environnement intérieurs ou extérieurs, la…

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