Etudes en lettres françaises. Du renouveau pour des métiers d’avenir
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Nº 3089 du vendredi 4 mai 2018

Etudes en lettres françaises. Du renouveau pour des métiers d’avenir

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    Etudes en lettres françaises. Du renouveau pour des métiers d’avenir
    A ceux qui pourraient penser que la littérature est désuète, et n’apporte pas vraiment de perspectives professionnelles, Karl Akiki, chef du Département des Lettres françaises de l’USJ, leur lance «Détrompez-vous»....
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A ceux qui pourraient penser que la littérature est désuète, et n’apporte pas vraiment de perspectives professionnelles, Karl Akiki, chef du Département des Lettres françaises de l’USJ, leur lance «Détrompez-vous». Car les études en lettres françaises font aujourd’hui leur entrée sur le marché du travail.
 

En quoi consistent les études en lettres françaises?
Elles portent, d’emblée, sur l’étude des textes issus de la littérature française et francophone. L’étudiant, à la manière d’un chirurgien, dissèque le support dont il a la charge afin d’en faire ressortir tout le caché. Celui-ci peut être d’ordre psychanalytique, philosophique, sociologique, historique etc.: puisque la littérature fait partie des sciences humaines, elle renseigne d’abord sur l’humain par diverses approches. À un autre niveau, ces études s’intéressent également aux arts (peinture, sculpture, cinéma, musique, bandes dessinées…) avec lesquels la littérature entretient des relations étroites. Et, pour finir, ces études permettent à l’étudiant de développer des capacités de création tant à l’oral qu’à l’écrit puisqu’il est appelé à produire des supports divers.

Quelles sont les nouveautés dans ce domaine?
Le monde du XXIème siècle est avant tout numérique. La littérature n’est pas en reste puisqu’elle suit cette mouvance mondiale et s’intéresse à l’univers digital qu’elle commence à appréhender. Cela permet la création de nouveaux genres littéraires, de nouvelles approches, de nouvelles façons d’écrire. On parle donc de littérature numérique, d’humanités digitales ou de e-littératures.
On remarque aussi que la littérature s’empare du visuel. Au siècle dernier, elle flirtait avec le cinéma puisque de nombreux films étaient adaptés de romans. Aujourd’hui, l’inverse se produit puisque les techniques d’écriture littéraires sont réutilisées par la télévision et un rapport très intime se crée entre les lettres et les séries télés.
Contrairement à ce que l’on pourrait penser, il existe aujourd’hui une riche veine de création littéraire: les auteurs se surpassent pour donner naissance à des œuvres novatrices qui renvoient une image du terrain. L’on peut penser, par exemple, à toute cette littérature francophone postcoloniale qui interroge son passé et son présent ainsi que son rapport au français et à la France.

Pourquoi faire des études en lettres françaises? Pourquoi dit-on qu’il s’agit de formation «en voie de disparition»?
Il s’agit d’abord d’une passion: on entre dans les lettres comme on entre dans les ordres, par vocation. Mais si l’on devait être plus pragmatique, plus terre à terre, on pourrait dire par besoin. Le besoin du marché. Ce dernier est saturé de médecins, d’avocats, d’ingénieurs: il est en recherche perpétuelle de personnes ayant suivi un parcours en sciences humaines. Cette formation permet d’avoir une façon de penser non formatée, qui ne peut, en aucun cas, être remplacée par une intelligence artificielle. Cette formation n’est pas en voie de disparition. Elle attire moins cette nouvelle génération qui veut tout tout de suite mais elle ne disparaîtra pas. De nombreux parents pensent à tort que la littérature ne nourrit pas son homme: détrompez-vous!

Quels débouchés aux niveaux local, régional et international?
Il est clair que l’enseignement scolaire est le premier débouché auquel l’on pense. Et, il faut le savoir, aux niveaux local, régional et international, de nombreux établissements sont à la recherche de profs de français et de littérature compétents, devenus une denrée rare. Il en est de même pour l’enseignement universitaire qui propose une plus grande ouverture à l’international puisque le monde académique littéraire est en pleine effervescence. Mais la littérature mène à d’autres horizons également. Les métiers d’éditeurs, de journalistes, de copywriters, de correcteurs, d’attachés de presse font partie des débouchés possibles. Et, d’une manière plus vaste, le monde de l’art s’appuie de plus en plus sur des personnes ayant suivi des études de lettres: critique d’art, scénariste, producteurs télés etc. 
 
Quelles sont les qualités personnelles et professionnelles nécessaires pour intégrer cette formation?
Il faut, d’abord, avoir un amour des mots, des phrases et posséder une bonne maîtrise d’une ou plusieurs langues. Il faut également faire preuve de beaucoup de patience puisque l’analyse des supports littéraires et artistique nécessite une méticulosité sans pareille. Mais, il faut surtout faire montre de curiosité.

Des conseils pour réussir sa formation?
Garder intact le feu intérieur qui a poussé à une inscription en Lettres. S’implanter dans le monde réel au lieu de s’enfermer dans une tour d’ivoire littéraire qui ne s’intéresse qu’aux morts. Ôter ses œillères et se diversifier pour voir que la littérature peut se mêler de tout… même d’économie. 

Que diriez-vous aux parents, inquiets de voir leurs enfants s’engager dans cette voie?
Un message traditionnel et cent fois répété: laissez vos enfants suivre la voie qu’ils souhaitent. C’est en aimant son métier qu’on y excelle. Quant aux élèves: osez vous démarquer!

Natasha Metni Torbey

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Éditorial
La bombe des réfugiés

Un faisceau d’indices montre que la question des réfugiés syriens sera, dans les mois à venir, une source de tensions entre le Liban et la «communauté internationale». Chaque partie a abattu ses cartes et celles dévoilées par les Nations unies, l’Union européenne et autres «organisations internationales», ne sont pas de bon augure pour les Libanais. Le Haut Commissariat aux Réfugiés (HCR) a mal réagi au retour de 500 Syriens réfugiés à Chébaa dans leur village de Beit Jin. D’un autre côté, la conférence de Bruxelles II, organisée le 25 avril, appelle les pays hôtes à accorder aux réfugiés syriens un statut juridique, une résidence légale et un permis de travail au sein des pays d’accueil.Le chef de l’Etat Michel Aoun a dénoncé les résultats de cette rencontre dont les conclusions mettent «en danger le Liban en proposant une naturalisation voilée des réfugiés syriens», selon un communiqué présidentiel. Le Premier ministre Saad Hariri avait déclaré, dans son intervention, à Bruxelles, que le Liban s’était transformé en un immense camp de réfugiés syriens. «Les tensions entre réfugiés syriens et communautés hôtes se sont accrues, notamment en raison d’une compétition pour les ressources et les emplois», a-t-il dit.Le Liban plaide pour un retour «digne et sûr» des réfugiés syriens, alors que l’Onu et l’UE évoquent un retour «digne, sûr et volontaire». Ce dernier mot de trop traduit un différend fondamental dans l’approche des deux parties. En effet, lorsqu’ils auront obtenu des droits juridiques, légaux, sociaux et économiques, y compris un emploi, l’éducation gratuite (comme c’est actuellement le cas) et des soins de santé, il est fort probable qu’une bonne partie des réfugiés, surtout les plus jeunes qui n’ont pas ou plus d’attaches affectives avec la Syrie, n’envisageront pas de retourner «volontairement» dans leur pays. Cela nous amène à dire que l’approche prônée par la «communauté internationale» est soit irresponsable, soit suspecte. Le Liban accueille, selon les sources de la présidence de la République libanaise, 1,8 millions de Syriens, dont un million enregistré en tant que réfugiés. Nous retiendrons ce dernier chiffre. A l’échelle de la France, c’est l’équivalent de 16 millions de réfugiés, à celle des Etats-Unis, on arrive à 80 millions d’individus. De plus, les pays occidentaux connaissent parfaitement la fragilité des équilibres communautaires sur lesquels repose le système politique libanais et combien il est délicat de maintenir dans de telles conditions un minimum de paix sociale et civile.Le Liban n’a vraiment pas de leçons d’hospitalité et de bienséance à recevoir d’une communauté internationale hypocrite, qui n’a versé jusqu’à présent que 11% de l’aide promise pour le soutenir dans l’accueil des réfugiés, selon Saad Hariri. Il n’a pas non plus d’enseignements à tirer de pays censés être riches et développés, prônant les droits de l’homme, et qui font tout un drame parce qu’ils accueillent chez eux, au compte-goutte et après maints filtres, quelques petits milliers de migrants. Le Liban refuse de trouver une source d’inspiration dans ces pays où se développe un discours raciste et xénophobe qui n’a pas trouvé racine chez nous malgré le gigantisme des problèmes engendrés par la présence d’un nombre effrayant de réfugiés. Le plus grave serait de découvrir, un jour, que l’attitude de la «communauté internationale» s’inscrit en fait dans le cadre d’un plan machiavélique, destiné à modifier la démographie du pays dans l’espoir de changer les rapports de force. Qu’elle soit irresponsable ou suspecte, naïve ou réfléchie, la position des pays occidentaux constitue une menace existentielle pour le Liban. Elle n’est pas la bienvenue et ne le sera jamais. Le chantage au racisme ou à l’aide internationale conditionnée n’y changera rien.                                                                                                                                    


 Paul Khalifeh
   

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