Etudes de Mode. Des métiers qui baignent dans la créativité
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Nº 3089 du vendredi 4 mai 2018

Etudes de Mode. Des métiers qui baignent dans la créativité

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Lequel d’entre nous, homme ou femme, néglige encore sa tenue vestimentaire? Se perdre dans les méandres d’une telle formation peut équivaloir à se lancer dans un monde de liberté et d’opportunités sans fin. Rencontre avec Nicole Massoud, Directrice de ESMOD Beyrouth.

Comment a évolué la mode après les années 2000?
Nous vivons une époque très intéressante de liberté et d’opportunités créatives inédites sans aucun interdit. On a l’impression qu’il y a une remise en cause de la définition du beau, en partie liée aux nouveaux moyens de communication. En effet, par le biais des réseaux sociaux, de nouvelles voix s’imposent et mettent en avant leur singularité, leurs codes parfois très personnels pour définir le beau. C’est le cas des blogueurs et influenceurs. L’approche n’est plus verticale (des autorités supérieures édictant des règles) mais horizontale, permettant à chacun de s’autoproclamer «juge de la mode». En effet, le consommateur d’aujourd’hui fait sa propre recherche et veut être libre de s’habiller comme il le souhaite, de mélanger les pièces comme il l’aime, quitte à être surpris par certaines associations entre matières, styles et couleurs.

Quel est l’impact des réseaux sociaux sur l’industrie de la mode?
Les réseaux sociaux ont changé la façon de penser, de concevoir et de vendre des marques. Ils sont devenus incontournables dans le quotidien des professionnels de la mode. Ils sont peu coûteux, faciles à mettre en œuvre et à utiliser, et sont d’une portée internationale immédiate. Pour nos jeunes diplômés, c’est un passage obligé pour se faire connaître du grand public et des professionnels. Pour d’autres, anciens, plus établis dans la profession, c’est l’outil principal de vente. En effet, malgré l’importance de la rencontre physique avec un créateur, avec un style, avec un produit, un travail en amont doit être effectué pour mieux comprendre le parcours de la marque sur les réseaux sociaux.

L’intelligence artificielle va-t-elle contribuer à révolutionner l’industrie de la mode?
Il est clair que l’intelligence artificielle nourrit l’inspiration des stylistes en leur donnant accès à des sources intarissables de créativité. Par exemple, avec le lancement de la fonctionnalité Style Ideas dans Google Images, il suffit de taper quelques mots séparés du signe + pour disposer de toutes les occurrences du web contenant exclusivement les critères sélectionnés. Une autre application toute récente de l’analyse des données Google par l’intelligence artificielle: WeWearCulture. Il s’agit d’un projet à but non lucratif de Google Arts & Culture. Plus de 180 partenaires à travers le monde (principalement des musées de la mode et fondations) ont participé à la mise en ligne de contenus et d’archives de la mode. Grâce à cette application, il est possible de faire des recherches par couleur ou trouver toutes les œuvres d’art du catalogue autour d’un thème. Tout ceci est extraordinaire (sans compter les avancées dans le domaine de la production et de la distribution) mais le souci que nous avons sur le plan académique est le risque pour l’étudiant de se perdre dans toutes ses recherches et inspirations au détriment de sa créativité personnelle et de son identité. L’idéal serait d’intégrer toutes ces données, les nouvelles technologies (impression 3D, «lazer cutting», vêtements connectés etc.) et d’ajouter son grain de folie, ses émotions, ses sentiments… 

Quelles sont les qualités à avoir pour intégrer cette profession?
Il faut être motivé, curieux, patient, très patient et travailleur. Le talent aide mais n’est absolument pas suffisant. Pour se distinguer des autres, il faut développer sa créativité, son imagination et son identité personnelle. En fait, nous pensons qu’être créatif n’est pas le plus dur dans notre métier. Ce qui l’est, c’est d’être en accord avec sa personnalité, de concevoir un produit techniquement faisable et de le proposer au bon moment. Ceci fait l’objet de tout un processus de collection qui consiste à faire mûrir les idées. Cette partie est décrite dans un de nos manuels: Étapes de mode N°4, Processus de collection. Nous estimons que la créativité est une discipline et qu’elle s’enseigne par des techniques. Notre principal moteur de création est la technique ou plutôt les techniques telles que le modélisme créatif et le travail sur ordinateur. Il peut aussi s’agir de techniques artisanales.

Quels sont les débouchés après la formation?
Les débouchés dans l’industrie de la mode sont très variés, permettant ainsi à chaque étudiant de trouver un métier qui corresponde à ses talents. Les diplômés peuvent aspirer à être directeur artistique ou de style; directeur de collection; chef de groupe/responsable développement; chef de produit; acheteur/de produits finis; styliste; modéliste; styliste photo; infographiste; coordinateur de collection; responsable de production; responsable du merchandising visuel; attaché(e) de presse etc. En fonction du métier souhaité, il est recommandé de poursuivre des études et de faire un Master pour se spécialiser et acquérir une connaissance plus approfondie dans ce domaine précis.Dans l’industrie de la mode, les processus sont longs mais les échéances bien courtes, donc une bonne gestion du temps est cruciale.

Natasha Metni Torbey

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Éditorial
La bombe des réfugiés

Un faisceau d’indices montre que la question des réfugiés syriens sera, dans les mois à venir, une source de tensions entre le Liban et la «communauté internationale». Chaque partie a abattu ses cartes et celles dévoilées par les Nations unies, l’Union européenne et autres «organisations internationales», ne sont pas de bon augure pour les Libanais. Le Haut Commissariat aux Réfugiés (HCR) a mal réagi au retour de 500 Syriens réfugiés à Chébaa dans leur village de Beit Jin. D’un autre côté, la conférence de Bruxelles II, organisée le 25 avril, appelle les pays hôtes à accorder aux réfugiés syriens un statut juridique, une résidence légale et un permis de travail au sein des pays d’accueil.Le chef de l’Etat Michel Aoun a dénoncé les résultats de cette rencontre dont les conclusions mettent «en danger le Liban en proposant une naturalisation voilée des réfugiés syriens», selon un communiqué présidentiel. Le Premier ministre Saad Hariri avait déclaré, dans son intervention, à Bruxelles, que le Liban s’était transformé en un immense camp de réfugiés syriens. «Les tensions entre réfugiés syriens et communautés hôtes se sont accrues, notamment en raison d’une compétition pour les ressources et les emplois», a-t-il dit.Le Liban plaide pour un retour «digne et sûr» des réfugiés syriens, alors que l’Onu et l’UE évoquent un retour «digne, sûr et volontaire». Ce dernier mot de trop traduit un différend fondamental dans l’approche des deux parties. En effet, lorsqu’ils auront obtenu des droits juridiques, légaux, sociaux et économiques, y compris un emploi, l’éducation gratuite (comme c’est actuellement le cas) et des soins de santé, il est fort probable qu’une bonne partie des réfugiés, surtout les plus jeunes qui n’ont pas ou plus d’attaches affectives avec la Syrie, n’envisageront pas de retourner «volontairement» dans leur pays. Cela nous amène à dire que l’approche prônée par la «communauté internationale» est soit irresponsable, soit suspecte. Le Liban accueille, selon les sources de la présidence de la République libanaise, 1,8 millions de Syriens, dont un million enregistré en tant que réfugiés. Nous retiendrons ce dernier chiffre. A l’échelle de la France, c’est l’équivalent de 16 millions de réfugiés, à celle des Etats-Unis, on arrive à 80 millions d’individus. De plus, les pays occidentaux connaissent parfaitement la fragilité des équilibres communautaires sur lesquels repose le système politique libanais et combien il est délicat de maintenir dans de telles conditions un minimum de paix sociale et civile.Le Liban n’a vraiment pas de leçons d’hospitalité et de bienséance à recevoir d’une communauté internationale hypocrite, qui n’a versé jusqu’à présent que 11% de l’aide promise pour le soutenir dans l’accueil des réfugiés, selon Saad Hariri. Il n’a pas non plus d’enseignements à tirer de pays censés être riches et développés, prônant les droits de l’homme, et qui font tout un drame parce qu’ils accueillent chez eux, au compte-goutte et après maints filtres, quelques petits milliers de migrants. Le Liban refuse de trouver une source d’inspiration dans ces pays où se développe un discours raciste et xénophobe qui n’a pas trouvé racine chez nous malgré le gigantisme des problèmes engendrés par la présence d’un nombre effrayant de réfugiés. Le plus grave serait de découvrir, un jour, que l’attitude de la «communauté internationale» s’inscrit en fait dans le cadre d’un plan machiavélique, destiné à modifier la démographie du pays dans l’espoir de changer les rapports de force. Qu’elle soit irresponsable ou suspecte, naïve ou réfléchie, la position des pays occidentaux constitue une menace existentielle pour le Liban. Elle n’est pas la bienvenue et ne le sera jamais. Le chantage au racisme ou à l’aide internationale conditionnée n’y changera rien.                                                                                                                                    


 Paul Khalifeh
   

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