L’Institut Charles de Gaulle-Liban. Pour former les leaders de demain
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Nº 3088 du vendredi 6 avril 2018

L’Institut Charles de Gaulle-Liban. Pour former les leaders de demain

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    L’Institut Charles de Gaulle-Liban. Pour former les leaders de demain
    L’ESA accueille le premier centre consacré à la mémoire et à l’enseignement du généralde Gaulle à l’étranger. Des formations seront déclinées sur les plans scolaire, universitaire, managérial et l’Institut doté...
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L’ESA accueille le premier centre consacré à la mémoire et à l’enseignement du généralde Gaulle à l’étranger. Des formations seront déclinées sur les plans scolaire, universitaire, managérial et l’Institut doté d’un espace muséal.


L’héritage du général de Gaulle n’a pas fini de livrer ses fruits. 62 ans après sa disparition, c’est au Liban, pays cher au chef de la France libre, qui y résida de 1929 à 1932, que le premier Institut Charles de Gaulle à l’étranger doit voir le jour. Le projet sera hébergé sur le campus de l’Ecole supérieure des affaires (ESA), dans un bâtiment situé en face de l’hôtel Gefinor. L’édifice nécessitant quelques travaux de rénovation, le chantier ne débutera qu’une fois la levée de fonds terminée. Mais les activités, elles, ont déjà commencé. Une première série de séminaires ont été animés ces derniers mois par le professeur Frédéric Fogacci, directeur des études et de la recherche à la Fondation Charles de Gaulle. Ces cessions ont été dispensées dans le cadre du Bachelor in Business Administration (BBA) de l’ESA. Au programme : définition du leadership, gestion de crise ou encore construction du processus de décision.

«Formation au leadership»
L’Institut est voué à devenir «un laboratoire de formation en leadership basé sur le modèle gaullien», a affirmé le directeur général de l’ESA Stéphane Attali le 27 février dernier lors de la signature sur le campus de la convention quadripartite entre l’Ecole de management, la Fondation Charles de Gaulle, l’Association pour la sauvegarde du patrimoine de Charles de Gaulle au Liban et l’Ambassade de France – les quatre institutions partenaires du projet. Destinées aux futurs cadres du public et du privé, ces formations puisent notamment leur contenu dans les écrits militaires du général. En plus «d’être un chef de guerre et un homme d’Etat, le général était aussi un penseur et un professeur, notamment dans sa période de jeune officier après la Première Guerre mondiale », rappelle Marc Fosseux, secrétaire général de la Fondation Charles de Gaulle. Dans ces réflexions, le fondateur de la Ve République livre ainsi «des règles de commandement simples: développer une vision auprès de ses hommes, être bienveillant mais capable de mobiliser toutes les énergies, faire en sorte que chacun ait compris son rôle et sa place dans un dispositif», détaille quant à lui l’amiral Jean-Claude Barrère, directeur de la Fondation CDG.

Espace muséal
L’axe «formation au leadership» constitue un des trois volets de la mission du futur Institut Charles de Gaulle-Liban. Un second chapitre consacré à la mémoire du Général doit être développé sur l’espace muséal qu’accueillera le futur bâtiment. Il s’inspirera des mémoriaux existants en France – la maison natale du général à Lille, sa demeure de Colombey-les-Deux-Eglises ou encore l’Historial Charles de Gaulle aux Invalides. Le centre comprend enfin une visée pédagogique à destination des 63 000 élèves du réseau des écoles francophones au Liban. «L’objectif est de développer des actions citoyennes, de nourrir les programmes avec des exemples tirés de la vie et de l’œuvre du général de Gaulle», a déclaré le directeur général de l’ESA Stéphane Attali.
De la maison à l’Institut. La genèse du projet remonte à 2012. A l’époque, il est question de ressusciter l’ancienne demeure du général au Liban, une maison située dans le Caracole druze, dans le quartier de Mar Elias à Beyrouth. «Le chantier est vite apparu comme lourd et onéreux car il fallait acheter et rénover la bâtisse. Après de nombreuses discussions entre nous, nous avons décidé de le développer sur le campus de l’ESA. Cette option rassemblait de nombreux avantages: avoir une emprise française au niveau du foncier, dans un endroit sécurisé et facilement accessible et dans un environnement où le général avait vécu», raconte Christian Besse, président de l’Association pour la préservation
du patrimoine de Charles de Gaulle au Liban. L’actuel bâtiment principal de l’ESA n’est autre que l’ancien hôpital militaire Maurice Rottier où le commandant De Gaulle venait souvent visiter les blessés.

Politique d’influence
Ardemment soutenu par l’Ambassade de France, cette initiative s’inscrit également dans une volonté de renforcement des liens franco-libanais. «Rien ne demeure plus constant que l’amitié qui nous unit», avait signifié Charles de Gaulle au président Charles Hélou venu en visite officielle le 5 mai 1965 à l’Elysée», a rappelé à l’ESA Bruno Foucher, l’ambassadeur de France au Liban. «J’espère que cet institut participera à développer la diplomatie d’influence française et la francophonie au Liban où la France a un rôle essentiel à jouer», a pour sa part lancé Christian Besse lors de la signature. A l’instar de la chaire qui doit voir le jour dans une grande université de Shanghai, et d’autres projets similaires impulsés par la fondation qui pourraient ouvrir en Afrique du nord,l’Institut Charles de Gaulle-Liban ambitionne de devenir un «lieu couru de rencontres, de débats, de conférences et d’échanges ouverts à un public beaucoup plus large que lesétudiants de l’ESA», a pour sa part souhaité Jacques Godfrain, président de la Fondation CDG. «C’est très bien qu’on soit ici au cœur de la ville dans une ambiance moderne, décontractée et estudiantine», remarque l’ancien ministre français Hervé Gaymard, administrateur de la Fondation CDG et auteur de la préface de la réédition de L’Histoire des troupes du Levant de Charles de Gaulle. «C’est aussi cela la force du message gaulliste qui n’est pas figé dans la mémoire et dans l’Histoire».

PHILIPPINE DE CLERMONT-TONNERRE

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Éditorial
Déficit de confiance

Les Libanais n’attendaient pas la mise en garde du président Michel Aoun sur le danger de la faillite de l’Etat pour se rendre compte de la gravité de la situation. Un vent de panique, encore contenu, bruisse dans le pays. Des rumeurs mais aussi des informations vraies sur la fragilité des finances publiques foisonnent. On chuchote au sujet de la fuite de capitaux; d’un infléchissement de la politique monétaire de la Banque du Liban, suffisamment important pour provoquer l’effondrement du cours de la monnaie nationale d’ici la fin de l’année; on murmure que la banque centrale cherche, désespérément et difficilement, à acquérir des dollars pour renforcer ses réserves. Les analyses prévoyant un conflit régional d’envergure, dont une attaque israélienne contre le Liban ne serait que l’une des facettes, n’arrangent pas les choses. Les menaces israéliennes d’une «guerre destructrice» contre le Hezbollah, proférées lundi, les confirment. Les craintes sont tellement tenaces que même la «positive attitude» des plus optimistes ne parvient plus à les atténuer… ni les «bonnes nouvelles» attendues de la conférence Cèdre I.      Un déficit de confiance fondamental semble s’être installé dans le pays. Tous les jours, la méfiance grandit et enfouit ses racines plus profondément. Le plus grave, c’est que lesdites «mesures d’austérité» adoptées par le gouvernement dans le cadre du projet de budget 2018 ne sont perçues, par une majorité de Libanais, que comme de la poudre aux yeux. Ce n’est pas en réduisant de 20% les dépenses des ministères que l’on règlera le problème. Un telle démarche est non seulement insuffisante mais aussi contre-productive, car les coupes touchent indistinctement tous les ministères, y compris, par exemple, celui des Affaires sociales, qui apporte une aide modeste mais salutaire à des milliers de familles qui peinent à remplir leur panier de la ménagère.Une fois de plus, le gouvernement ne regarde que la partie visible de l’iceberg. Il ignore le vrai problème, celui de la corruption institutionnalisée, de ces minces mais intarissables filets de gaspillage, qui pompent des milliards tous les jours. Une fois de plus, l’Etat ponctionne le portefeuille déjà vide des classes les plus démunies, et ferme les yeux face aux abus des plus puissants. Qu’en est-il des biens maritimes exploités illégalement? Des évasions fiscales? Des catégories de privilégiés ou de protégés qui inondent le marché de biens manufacturés importés sans payer un sou à la douane? Des milliards dépensés par les officiels en voyages, aux frais du contribuable? Des commissions payées et perçues dans le cadre de contrats de gré à gré? La liste est interminable…Le déficit des finances est, désormais, couplé à un défaut de confiance. Les soins palliatifs ne sont plus utiles. Un traitement lourd est nécessaire. Y a-t-il un médecin dans la salle?    


 Paul Khalifeh
   

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Un passeport biométrique?
Le passeport biométrique est disponible au Liban depuis le 1er août 2016. Toutefois, la remise de titres de voyage relevant de l’ancien «régime» a toujours été permise pour les Libanais…

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