L’Université pour tous. Vingt ans de démocratisation du savoir
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Nº 3091 du vendredi 6 juillet 2018

L’Université pour tous. Vingt ans de démocratisation du savoir

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    L’Université pour tous. Vingt ans de démocratisation du savoir
    Vingt ans déjà depuis que l’Université pour tous (UPT) promeut le savoir, la culture et la connaissance. Rencontre avec Gérard Bejjani, directeur de l’UPT. L’UPT fête aujourd’hui ses 20 ans....
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Vingt ans déjà depuis que l’Université pour tous (UPT) promeut le savoir, la culture et la connaissance. Rencontre avec Gérard Bejjani, directeur de l’UPT.

L’UPT fête aujourd’hui ses 20 ans. Comment l’évolution de cette université pour tous s’est-elle manifestée? A quels niveaux?
Les 20 ans de L’UPT sont une fête à laquelle nous tenons beaucoup parce qu’elle vient couronner plusieurs années au service de la pensée, de l’Homme et de la société. Elle rend hommage à son fondateur, le professeur Mounir Chamoun, à la mission de l’université Saint-Joseph, aux enseignants et aux auditeurs sans lesquels cette mission académique, culturelle et sociale n’aurait pas abouti. Depuis sa fondation en 1997-1998, la vie de l’UPT a avancé à pas de géant sur tous les plans:
● sur le plan du nombre de cours, de la pluridisciplinarité et de la variété des matières proposées: nous sommes passés de 8 à 10 matières proposées les premières années à plus de 60 matières en 2018-2019, embrassant tous les arts, les langues, les ateliers d’écriture, les sciences humaines, sociales.
● ce qui a été maintenu, c’est la qualité académique des cours proposés, la qualité de notre enseignement, le sérieux des intervenants, le niveau de compétences, la cohérence des programmes, la ponctualité des cours.
● ce qui a disparu, ce sont les conditions requises: au départ il fallait une bonne maîtrise de la langue française, parfois même une interview pour jauger le niveau de l’auditeur intéressé, puis j’ai considéré que si l’université devait vraiment porter son nom de «pour tous», elle devrait s’ouvrir pour tous, sans aucune condition préalable, d’autant que nous pouvons avoir des cours en arabe, en anglais, même si la majorité de nos cours se donnent en français. Enfin, j’ai introduit des matières visant le bien-être et la détente comme le théâtre, le chant, la danse, le yoga, l’aromathérapie pour les personnes désireuses aussi de prendre soin de leur santé non seulement mentale mais physique, ou les deux.
● Le plus grand changement se situe au niveau de la démocratisation de la culture qui n’est plus l’affaire d’une classe privilégiée ou d’une élite francophone intellectuelle, mais de tous.

L’UPT a ouvert ses portes à Dubaï et à Jbeil
Oui l’UPT a ouvert une filière à Dubaï en 2015, à la demande de Hala Riachi qui s’occupait à l’époque du Centre d’études universitaires de l’USJ de Dubaï. L’année d’après, un noyau s’est formé et les missions se sont succédée les unes après les autres autour de cours phares comme le cinéma, la psychologie, la mythologie, la musique, l’histoire. Un an après, en 2016, Guitta Germanos, présidente de la YWCA, m’a demandé de créer une filière à Jbeil. Les locaux de la YWCA de Jbeil ont accueilli les cours et les auditeurs, et un groupe de fidèles de toute la région de Byblos et même du nord, s’est constitué. C’est enfin en 2018 que l’UPT démarre aussi au centre de l’USJ au Liban sud, grâce au dynamisme de Dina Sidani, sa directrice et de Christiane Audi qui met à notre disposition son magnifique diwan à la savonnerie Audi de Saida.

Quels objectifs l’UPT espère-t-elle atteindre?
Les objectifs de l’UPT sont principalement de s’inscrire dans la mission et la vocation de la charte de l’Université Saint-Joseph: «se mettre au service de l’homme et de son unité » et non au service exclusif d’une classe sociale ou d’une communauté. L’UPT vise également la démocratisation de la culture pour tous, l’épanouissement de la part supérieure de l’homme, ce qui l’élève au-dessus de sa condition, sa dimension de «roseau pensant», sa volonté de devenir «meilleur»: le bon, le bien, le beau, la convivialité, l’échange et le dialogue entre des personnes différentes, venues d’horizons différents, et qui se mettront au service de la cité et de la société en développant des qualités d’ouverture, de tolérance, de bienveillance, de respect, de relation à l’autre et au monde.

Une université pour tous se veut, généralement, accessible à toutes les catégories de la population. Or, avec des prix relativement élevés, comment expliquez-vous l’appellation d’«UPT»? Les personnes défavorisées ont-elles accès aux formations?
Nous aurions tellement voulu que les cours soient gratuits ou aient des prix moins élevés. Ceci dit, ils ne sont pas onéreux : 550$ toute l’année, c’est deux fois moins cher qu’une inscription à un club de gym. Or, nous sommes une université privée et l’Etat n’offre pas ce genre de formation. Et comme toute université privée, nos seules rentrées pour payer les locaux, les employés et les professeurs sont les inscriptions des auditeurs. Si une personne n’a pas les moyens de s’inscrire à un cours et qu’elle en manifeste le souhait, on lui demande de payer une somme symbolique (50$ ou 100$/an) juste pour qu’elle s’engage dans son inscription et l’UPT assure le reste grâce à ses activités. L’an prochain, nous allons ouvrir, en collaboration avec l’association Include, un programme de formation inclusive pour les jeunes à besoins spécifiques qui n’ont pas eu la chance d’avoir leur place jusqu’ici à l’université. Le projet est novateur et prometteur, nous sommes heureux et fiers de le soutenir à 100% afin que tous les jeunes, quels que soient leur difficulté ou leurs besoins, aient droit à une formation professionnelle qui leur permette d’avoir une vie active et sociale, et surtout, qui leur rende leur dignité. Je remercie Michelle Asmar et Claire Zablit de s’être adressés à l’UPT au sein de l’USJ pour ce beau projet.

A ceux qui souhaitent participer aux cours assurés par l’UPT mais qui «manquent de temps», que leur conseillerez-vous?
A tous ceux qui disent «on aimerait bien, mais on n’a pas le temps, on travaille» ou «on sait, on connaît, on a déjà fait tout ça, on n’a plus besoin de cours», je les renverrais à L’Émile de Rousseau pour qui «la plus grande, la plus importante, la plus utile règle de toute l’éducation n’est pas de gagner du temps, mais d’en perdre», ou à cette magnifique parole d’humilité d’André Gide: «L’appétit de savoir naît du doute. Cesse de croire et instruis-toi».

Natasha Metni Torbey
 

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Éditorial
La paix de Trump

Donald Trump a donné un coup d’accélérateur aux démarches visant à faire avancer son mystérieux «plan de paix» au Proche-Orient. Le président américain dépêche ses émissaires à droite et à gauche pour essayer de mettre sur les rails le fameux «accord du siècle», dont on ne connaît presque rien à part qu’il évoque un «Etat» palestinien avec comme capitale, Abou Dis, une banlieue de Jérusalem, selon les rumeurs. Jared Kushner, l’envoyé spécial de Trump, a pris son bâton de pèlerin à la mi-juin et a rencontré plusieurs dirigeants de la région, dans le cadre d’une tournée effectuée en compagnie de l’émissaire spécial du président américain pour le Moyen-Orient, Jason Greenblatt. Il a organisé à Amman une rencontre entre le roi Abdallah II et le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahu, à laquelle aurait participé le prince héritier saoudien Mohammad ben Salman. Le site français Intelligenceonline a rapporté que des chefs d’agence de renseignements d’Israël, d’Arabie saoudite, d’Egypte, de Jordanie et de l’Autorité palestinienne se seraient rencontrés, après ce sommet, toujours à Amman, pour discuter des moyens pratiques de «faire avancer le processus de paix». C’est aussi dans ce cadre que certains observateurs placent la rencontre à Moscou entre le président Vladimir Poutine et le conseiller à la sécurité nationale de Trump, John Bolton, venu préparer le sommet du 16 juillet à Helsinki, entre les chefs d’Etats américain et russe. Des sources citées par la presse croient savoir que Trump a proposé de reconnaître la primauté de l’influence russe en Syrie en contrepartie d’une aide de Moscou pour faire avancer «l’accord du siècle». La médiation de la Russie est souhaitée pour convaincre l’Autorité palestinienne, qui refuse de recevoir des représentants américains depuis que Trump a reconnu Jérusalem comme capitale d’Israël, à s’engager sérieusement dans le processus de paix. Ces sources croient voir dans l’invitation adressée par Vladimir Poutine à Mahmoud Abbas et Benyamin Netanyahu pour assister à la cérémonie de clôture du Mondial 2018, les prémices de ce rôle d’intermédiaire. Bien qu’il nous semble peu vraisemblable que les ambitions de Moscou se limitent au rôle de go between adoubé par Washington, surtout que la Russie a arraché son influence en Syrie grâce à ses Sukhoï et aux ressources qu’elle a investies pour réorganiser et rééquiper l’armée syrienne.   Il est possible que les Etats-Unis pensent que le moment est propice pour un forcing au niveau du processus de paix. Les sanctions contre l’Iran commencent à donner des résultats, avec la dépréciation du rial et les troubles politiques et sociaux sporadiques qui ont lieu dans le pays. Si cette analyse est vraie, alors il ne faut plus s’étonner que la formation du gouvernement libanais ait pris tellement de temps, car la constitution du pouvoir exécutif au Liban est aussi un champ où des pressions pourraient être éventuellement exercées dans le but d’affaiblir les alliés de l’Iran et de renforcer la position des amis de Washington et de Riyad.


 Paul Khalifeh
   

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