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Confidences Moyen-Orient

CONFIDENCE MOYEN ORIENT

 

Les politiciens out!

 

Le Grand ayatollah Ali al-Sistani, considéré comme la plus grande autorité religieuse chez les chiites d’Irak, a pris une décision catégorique: fermer les portes de Najaf devant les politiciens irakiens. Al-Sistani est déçu par les nombreuses promesses non tenues des politiciens irakiens, notamment celles du Premier ministre Nouri al-Maliki, qui, deux ans après les élections législatives, n’a à son actif aucune réalisation importante. Le Grand ayatollah a fait savoir qu’il ne souhaitait plus les recevoir car il n’appréciait guère les menteurs!

Ali al-Sistani ne fait pas de différence entre les blocs parlementaires, considérant qu’ils ont tous échoué à satisfaire les demandes du peuple irakien.

 


 

Erdogan se croit tout permis

 

La visite expresse que le Premier ministre turc a effectuée en Egypte, le mois passé, a été qualifiée de «scandale politico-sécuritaire» par de nombreux milieux arabes. Recep Tayyib Erdogan aurait insulté les organes sécuritaires égyptiens, dès son débarquement sur le tarmac de l’aéroport du Caire, encadré par des dizaines d’éléments des Forces spéciales turques et des chiens policiers, qui ont écarté les forces de sécurité égyptiennes, de la salle principale de l’aéroport. Tout ce branle-bas a provoqué une altercation avec un officier égyptien qui a tenté de faire front à la provocation des turcs. A son arrivée au Caire, le Premier ministre Erdogan a tenu une réunion avec le Cheikh el-Azhar. Il était accompagné par une tapée de journalistes turcs venus couvrir la visite.

Les critiques dans les médias égyptiens se sont mises à pleuvoir, dénonçant le comportement de l’invité, surtout après qu’il s’est recueilli sur les tombes des soldats turcs tombés lors de la Première Guerre mondiale et qu’il a déclaré que, sans leur sacrifice, la Turquie moderne d’aujourd’hui n’existerait pas, alors que les Egyptiens savent très bien que l’armée turque a essuyé une défaite face à l’armée britannique et que cet épisode a abouti à l’occupation de leurs pays par les Britanniques. Le quotidien al-Ahram a comparé l’incident provoqué par les gardes d’Erdogan en Egypte, avec celui qui a eu lieu à New York, lorsque le même scénario a été réédité devant les gardiens en charge de la protection du bâtiment de l’Onu. Les forces onusiennes avaient dû recourir à la fermeté, pour empêcher le service de sécurité turc de pénétrer dans l’immeuble.

 


 

Les rebelles se rebellent!

 

Le mouvement rebelle soudanais Justice et Egalité fait face à de sérieuses dissensions internes. Ce mouvement originaire de la province du Darfour vient de voir son vice-président, Mohammad Bahr Hamdin, annoncer sa démission, et la création d’un nouveau mouvement sous sa présidence. Le docteur Khalil Ibrahim, le leader historique des rebelles du Darfour, n’a pas apprécié cette démarche. Des sources proches d’Ibrahim accusent Doha d’être responsable de ces divisions. Selon elles, les qataris avaient été vexés par le refus d’Ibrahim de signer les accords de paix tenus sous l’égide du ministre d’Etat qatari aux Affaires étrangères, Ahmad Ben Abdallah. Résultat; ils auraient réussi à convaincre son adjoint de le trahir. Entretemps, alors que les responsables à Khartoum se frottent les mains, le peuple du Darfour continue à subir les affres d’une guerre civile qui est loin d’être terminée.

 


 

45 000 est le nombre de personnes qui auraient perdu leur emploi en Syrie, depuis le début des événements dans le pays, au mois de mars dernier. Selon les statistiques officielles, ces personnes auraient été limogées, suite à la faillite des compagnies privées dans lesquelles ils travaillaient. Mais des sources à Damas affirment que le vrai nombre dépasserait les cent mille pertes d’emploi, car l’économie syrienne serait au bord de la faillite. Les secteurs les plus touchés seraient ceux du tourisme et du transport. Pour rendre la situation encore plus difficile, le gouvernement syrien a décidé d’interdire les importations de produits non essentiels. Les voitures, les ordinateurs et même les téléphones portables sont touchés par ces mesures, ce qui rend la vie des Syriens impossible. Les sanctions imposées par l’Europe et les Etats-Unis ont replongé la Syrie dans les années 70 du siècle dernier, quand les Syriens manquaient de tout!

 


 

1,5 milliard de dollars constituent la valeur approximative du dernier contrat d’armement signé entre le gouvernement irakien et les Etats-Unis. L’armée de Nouri al-Maliki devra acheter dix-huit F-16 pour se doter d’une force de frappe aérienne impressionnante. Des analystes assurent que le contrat pourrait dépasser les 3 milliards de dollars, mais Maliki refuse de donner le chiffre exact pour des raisons non précisées. Cet accord, qui aurait dû être conclu en début d’année, avait été repoussé par Bagdad, pour alimenter les caisses de la coopérative d’Etat au bord de la faillite. Des sources proches du Premier ministre notent que ce dernier voulait acquérir, en 2012, dix-huit autres F-16 avec les radars et les systèmes de défense aérienne qui vont avec. Mais les pilotes irakiens ne profiteront pas de ces avions dans un futur proche, car l’entraînement qu’ils devront subir durera de longues années. Entretemps, ce sera sur les forces aériennes américaines que l’Irak devra compter.

Et dire que le parti al-Dawa se présentait comme un mouvement de résistance contre l’influence américaine!

 


 

 

Le Maroc rejette l’invitation du CCG

 

 

Le Maroc a décidé de rejeter l’invitation qui lui a été adressé, au début de l’été, par le Conseil de Coopération du Golfe (CCG), pour rejoindre l’organisation en tant que membre à part entière. Le ministre marocain des Affaires étrangères, Al-Tayeb el-Fessi, a fait observer que «le Maroc appartient à son environnement géographique naturel, le Maghreb».

Ce refus constitue une gifle pour le CCG qui tentait, à travers l’invitation adressée au Maroc et à la Jordanie, de prouver à son puissant voisin iranien qu’il était capable de rivaliser avec lui. Raté! Il faudra faire sans le royaume chérifien qui préfère se tourner vers l’Afrique.

Les pétromonarchies du Golfe devront se contenter d’Amman qui a exprimé un grand enthousiasme à l’égard de cette possibilité, vu les problèmes économiques auxquels le royaume hachémite est confronté. Pour compenser la défection du Maroc, le CCG a adressé une invitation à l’Egypte. Bonne chance!

 


 

Abdallah II serre les vis

 

 

Alors que le Printemps arabe a réussi à faire tomber trois dictateurs, et que plusieurs autres dirigeants sont sur la sellette, le royaume jordanien a décidé de renforcer la mainmise de l’Etat sur la liberté d’expression. Ainsi, alors que tout le monde pensait que le roi Abdallah II permettrait à ses sujets de s’exprimer plus librement, il a opté pour le choix inverse, en imposant des lois staliniennes. Désormais, face au problème de la corruption qui sévit dans le royaume hachémite, la solution proposée par le roi est de tourner les yeux, au lieu de s’attaquer au problème. Une nouvelle loi a donc été adoptée par le Parlement, interdisant à quiconque d’accuser publiquement un officiel de corruption, sauf s’il tient en main les dossiers confirmant ses allégations!

 


 

La télévision algérienne fustige le Maroc

 

 

Les chaînes officielles algériennes ont intensifié leurs attaques contre le Maroc voisin. Cette décision, prise aux plus hauts échelons de l’Etat, s’est illustrée dans tous les bulletins d’information, qui commencent désormais par «les souffrances infligées par les forces marocaines au peuple saharien». Malgré le Printemps arabe et les événements dramatiques en Syrie, au Yémen et, surtout, en Libye voisine, Alger ne trouve rien de plus important que de couvrir les incidents les plus insignifiants au Sahara. Le pouvoir algérien n’est cependant nullement intéressé par les nombreux rapports qui assurent que le Front du Polisario est directement impliqué dans les opérations de trafics d’armes et de drogue. Une source saharienne affirme que le trafic de drogue est désormais devenu la première source de revenue du Front du Polisario. Mais cela, on ne le verra sûrement pas sur les chaînes algériennes publiques!


 


L’insulte de trop

 

 

Le président mauritanien, le général Mohammad Ould Abdel-
Aziz, a été humilié lors de son dernier passage à Abou Dhabi. Alors qu’il effectuait un arrêt technique dans l’émirat du Golfe, il a refusé de quitter son avion quand il a appris que le responsable émirati qui l’attendait sur le tarmac était le ministre des Affaires étrangères, le cheikh Abdallah Ben Zayed. L’avion est donc resté stationné trente minutes sur la piste, avec le président boudeur à l’intérieur. Il est probable que les émiratis aient sciemment souhaité humilier le général devenu président, à cause de ses liens étroits avec leur voisin iranien, sans oublier le fait que la Mauritanie a maintenu son soutien au régime de Kadhafi jusqu’à la dernière minute. Autre gifle adressée par Abou Dhabi, le renvoi de dizaines de citoyens mauritaniens travaillant dans les services de police de l’émirat. Après ces incidents, les relations bilatérales vont sans doute se détériorer davantage.

 


 

 

 

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