Magazine Le Mensuel

Nº 2890 du vendredi 29 mars 2013

ECONOMIE

Transport maritime. Un secteur dans le vert

A malheur quelque chose est bon, dit le dicton. Les difficultés du transport terrestre des marchandises, tant destinées à l’exportation qu’à l’importation, dues à l’insécurité au point de passage entre le Liban et la Syrie – seul exutoire terrestre pour le Pays du Cèdre vers l’hinterland arabe -, ont eu pour conséquence première de doper le transport maritime, certainement plus sûr, mais plus coûteux pour les agents commerciaux. Sachant qu’en période de normalisation, l’activité commerciale s’articule à 60 % sur l’exportation via le transport terrestre vers les marchés arabes et du Golfe. Ceux-ci, rappelle-t-on, représentent les principaux marchés des produits libanais à l’exportation. En termes d’économie réelle, le tourisme, à côté des mouvements d’exportations industrielles et agricoles, forme le triangle de base de la croissance économique. Contrairement au recul de plus de 20% de l’activité touristique en 2012, le mouvement des exportations industrielles et agricoles a maintenu un taux moyen acceptable. Aux deux premiers mois de l’année en cours, le port de Beyrouth a continué sur sa lancée, enregistrant des progressions au niveau de tous les agrégats du transport maritime.
Entre janvier et février 2013, le nombre des navires qui ont accosté au port de Beyrouth a représenté un total de 336, soit une hausse de 6,3% sur un an, tandis que le nombre de conteneurs a totalisé 107685, soit une croissance en rythme annuel sur la même période de 20,3%. En termes de volume des marchandises, l’amélioration s’est reflétée par un accroissement du tonnage des marchandises traitées de 13,7% sur un an, totalisant 1206 tonnes à fin février 2013, contre une hausse de 7,5% sur la période correspondante de 2012. Concernant l’activité de transbordement, l’indicateur du secteur est également dans le vert avec une amélioration du nombre des conteneurs traités de 7,6% sur un an, atteignant ainsi 65603 unités étalées sur deux mois. En ce qui concerne les revenus du port de Beyrouth, ils ont progressé de 27%, à 32,6 millions de dollars, contre une hausse de seulement 7,4% sur la même période de 2012.
Il est bon de noter que les recettes portuaires sont aujourd’hui à leur niveau le plus élevé, reflétant la bonne santé de l’activité du port de la capitale. Le président de la Chambre internationale de navigation de Beyrouth, Elie Zakhour, a déclaré que «la performance positive du port de la capitale en 2012 a été exemplaire dans un contexte économique morose, et ce notamment vu l’accroissement du mouvement d’importation de conteneurs, de voitures et de marchandises destinés à la consommation locale. Dans le même sillage s’inscrivent les chiffres publiés par l’Autorité du port de Beyrouth relatifs aux forwarders, ou fournisseurs de logistique de transport maritime. Ils ont montré que les opérations d’importation de marchandises vers le Liban des huit premières compagnies de forwarders ont enregistré une hausse de 11,8% en 2012 sur un an par rapport à l’année précédente. Le volume d’affaires des huit forwarders, rappelle-t-on, représente 60,6% du total du marché des marchandises importées des fournisseurs de logistique. Enfin, les travaux d’extension de 500 mètres du nouveau quai N 16 devraient incessamment prendre fin. Toutefois, le projet de l’unification des tarifications relatives aux taxes douanières et portuaires imposées à certaines marchandises pourrait être retardé avec le nouveau statut du gouvernement désormais devenu un gouvernement d’expédition des affaires courantes.

Afrique
Huit banques libanaises depuis l’an 2000
Plusieurs banques libanaises qui avaient suivi leur clientèle en Europe, surtout lors de la guerre du Liban et un peu plus tard, ont, à moyen terme, mis la clé sous le paillasson, le jeu ne valant pas la chandelle du fait que leurs coûts fixes de roulement étaient élevés en comparaison avec leurs bénéfices nets. En effet, les loyers des sièges des banques dans les capitales européennes étaient prohibitifs. Depuis 2000, les banques libanaises ont commencé à lorgner du côté du continent africain. Ainsi depuis cette date, huit établissements libanais se sont installés dans différents pays de ce continent. Ces banques ont pris la forme d’une filiale ou de partenaire. Selon l’Association des banques au Liban (ABL), l’implantation des banques libanaises en Afrique se présente comme suit: huit banques sont présentes dans huit pays. Il s’agit, en Egypte, de Bank Audi et de Blombank qui ont plusieurs agences; au Soudan de Bank Audi et Byblos Bank qui y ont des filiales, en plus de Fransabank qui est partenaire dans un établissement de crédits; en Algérie d’une filiale de Fransabank; au Congo démocratique d’une filiale de Byblos Bank; au Sénégal d’une filiale du Crédit libanais; en Libye d’un bureau représentatif de Fransabank; au Nigeria des bureaux représentatifs de Byblos Bank, Bank of Beirut, Jammal Trust Bank et Banque libano-française; et enfin en Côte-d’Ivoire d’un bureau représentatif de Jammal Trust Bank.  

CNSS
Un nouveau conseil d’administration 10 ans après?

L’expérience libanaise a montré que la règle est que c’est le provisoire qui dure. La Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS) n’a pas dérogé à la règle. Le décret de formation du conseil d’administration actuel de la CNSS a été promulgué en 2003. Son mandat a été prorogé à plusieurs reprises à la suite de la guerre de juillet 2006 jusqu’à ce que le gouvernement ait pris la décision de reconduire son mandat jusqu’à l’élection d’un nouveau conseil d’administration dont la date n’a jamais été fixée. En revanche, le ministre du Travail sortant, Salim Jreïssati, a convoqué à des élections sur base du décret N 2390 daté du 25/4/1992. Pour rappel, le conseil d’administration se compose de six membres désignés par le gouvernement, dix membres représentant la Confédération générale des travailleurs au Liban (CGTL), deux l’Association des industriels, deux l’Association des commerçants, un du Rassemblement des professions libérales, un du secteur de la presse, un de l’Association des banques et un de l’Association des compagnies d’assurances au Liban.  

 

Titres souverains libanais
Pressions à l’étranger

La convergence de plusieurs facteurs macroéconomiques a commencé à peser à partir de la troisième semaine du mois de mars sur la valeur des titres souverains libanais échangés sur les marchés extérieurs. Ces titres auraient perdu entre 1,5% et 2% de leur valeur en raison de la prudence dont ont fait montre les souscripteurs. En plus de l’incertitude qui caractérise l’avenir sur le double plan local et régional sont venues s’ajouter les mesures européennes d’escompte sur les dépôts bancaires à Chypre où opèrent une quinzaine de banques libanaises et où se trouvent des déposants libanais auprès d’établissements de crédit chypriotes. Dans le même sillage s’est inscrite la demande sur le billet vert. Celui-ci a été vendu suivant la valeur supérieure de la marge de flottement de la monnaie américaine, soit entre 1512 et 1514,5 livres pour un dollar. En revanche, cette demande n’a pas nécessité une intervention de la BDL, les banques de la place de Beyrouth ayant suffisamment de liquidité pour pourvoir aux besoins du marché. Par conséquent, le taux interbancaire sur la livre est demeuré stable.

 

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