Magazine Le Mensuel

Nº 2914 du vendredi 13 septembre 2013

Confidences Moyen-Orient

Confidences Moyen-Orient

Un député armé jusqu’aux dents
L’ancien député koweïtien, le très controversé Walid Tabatabaï, a quitté son pays depuis de longs mois pour rejoindre la rébellion syrienne. Ce salafiste pur et dur participe ainsi aux côtés de combattants du Front al-Nosra aux batailles féroces contre les troupes régulières du régime Assad. Il a publié sur YouTube une vidéo dans laquelle on le voit tirer des roquettes, avant d’appeler les citoyens des pays du Golfe à le rejoindre dans sa guerre sainte. Dans la vidéo de quatre minutes, l’ancien député déclare: «La victoire du peuple syrien contre le régime nosayrite représente une victoire pour tous les peuples du Golfe». Tabatabaï a fait un long chemin depuis sa sortie du Parlement! 

 

Un Parlement en hibernation
La maladie du président algérien, Abdel-Aziz Bouteflika, a eu de graves conséquences sur la vie politique du pays, paralysée du fait que le gouvernement ne peut se réunir officiellement en son absence. Dans ces conditions, les deux chambres du Parlement algérien souffrent du même problème, étant donné que les lois votées ne peuvent être adoptées sans l’accord du président et du gouvernement, lequel ne s’est plus réuni depuis dix mois. Aussi, aucune proposition de loi n’a-t-elle été présentée aux parlementaires par l’Exécutif. Une situation qui durera jusqu’en 2014, date de l’expiration du troisième mandat de Bouteflika.

Mohsen Rafsandjani fils de l’ancien président iranien, actuel chef du Conseil de discernement de l’intérêt supérieur du régime, Hachémi Rafsandjani, a été désigné par le camp réformateur candidat au poste de maire de Téhéran. Une position stratégique qui lui permettrait d’accéder, plus tard, à de plus hautes fonctions, suivant ainsi l’exemple de l’ex-président iranien, Mahmoud Ahmadinejad. Ce choix est le résultat de l’alliance politique qui a vu le jour entre son père et l’actuel président Hassan Rohani. Face à lui, les conservateurs maintiennent leur soutien à l’actuel maire Mohammad Bagher Ghalibaf, qui cherche à tout prix à conserver sa place. Une nouvelle bataille aura lieu ainsi entre les deux camps et pourrait tourner encore une fois en faveur des réformateurs. Apparemment, 2013 n’a pas été une très bonne année pour les conservateurs qui ont perdu toutes les batailles politiques.      

En pointillé…
La fille de Abdallah el-Senoussi, ancien chef des services de renseignements du régime du colonel Mouammar Kadhafi, a été enlevée en plein cœur de Tripoli. Al-Anoud, âgée de 22 ans, venait pourtant d’être libérée. Mais à peine sortie de prison, des miliciens l’ont kidnappée et emmenée vers une destination inconnue. Toutefois, c’était sans compter sur sa tribu, les Magarha, qui a menacé d’enlever à son tour les femmes et filles des membres de la milice suspectée d’être à l’origine du rapt. Pire encore, au cas où la jeune fille n’est pas libérée, sa tribu a promis d’interdire l’approvisionnement de la capitale en eau et électricité. Ce coup de force a porté ses fruits puisque la jeune femme a été libérée en fin de compte. C’est la première fois dans l’histoire des tribus libyennes qu’une femme est utilisée comme monnaie d’échange.

 

Amina Sboui la jeune militante tunisienne condamnée à la prison ferme au mois de mai pour atteinte à la pudeur, a décidé de quitter son mouvement: le Femen. Selon elle, son nom ne devrait pas être associé à une «organisation islamophobe», ajoutant qu’il fallait respecter la religion de chacun. Drôle d’analyse, vu qu’Amina s’était rendue à Kairouan pour exhiber ses seins devant les islamistes qui organisaient une réunion dans la ville. Il est clair que la jeune femme a perdu ses repères.    

L’émir va à la chasse
Depuis son intronisation émir du Qatar, cheikh Tamim Ben Hamad n’a pas vraiment fait parler de lui sur la scène internationale, se voulant plus discret que son père. Et pendant que le monde avait les yeux braqués sur la Syrie, suite aux accusations portées contre le régime à Damas d’avoir utilisé des armes chimiques, l’émir avait d’autres préoccupations. En effet, il s’est rendu en Algérie pour s’adonner à son loisir favori: la chasse. Ce voyage, qui a coûté plusieurs millions de dollars, a duré plusieurs jours et avait pour but de permettre au cheikh de participer à la chasse de l’outarde houbara, un oiseau rare en voie d’extinction. A cette occasion, cheikh Tamim avait demandé la présence d’une jeune femme de nationalité française, spécialisée dans les mouvements de ces oiseaux. C’est ce qu’on appelle un caprice de prince.  

 

Terre d’exil
Depuis l’annonce par l’Administration américaine d’une frappe possible contre la Syrie, les responsables du régime syrien ont demandé à leurs familles de quitter le pays pour Chypre. Des centaines de familles ont ainsi pris la route de Beyrouth pour rejoindre l’île voisine, car le Liban n’est plus considéré comme une destination sûre. De leur côté, les Chypriotes ont reçu à bras ouverts ces familles aisées qui occupent désormais la majorité des chambres d’hôtels de Larnaka et de Nicosie, alors que plusieurs d’entre elles ont pris le choix drastique d’y acheter des propriétés afin de s’y installer définitivement. Ainsi, il n’est plus surprenant de croiser sur la Marina de Larnaka ou dans le centre-ville de Nicosie les femmes et enfants de ministres et de généraux syriens. Ce choix est pourtant surprenant, Téhéran ayant dû être la destination la plus logique. 

    

Un attentat… quel attentat?  
Quelques heures après la tentative d’assassinat du Premier ministre yéménite, Mohammad Salem Basindwa, le président Abd-Rabbo Mansour Hadi a fait une déclaration pour le moins surprenante. Il a considéré l’«incident isolé ne méritant pas tout ce vacarme». L’acte, selon lui, n’était pas dû aux tensions politiques au sein du pays, mais à un problème personnel. Drôle d’analyse vu que la police a indiqué que cet acte avait été mené par plusieurs hommes armés, qui ont ouvert le feu sur la voiture du chef du gouvernement alors qu’il rentrait chez lui. Les quatre assaillants ont réussi à s’enfuir sans être inquiétés, et aucun mouvement n’a revendiqué l’attentat. Le Premier ministre, quant à lui, a préféré garder le silence refusant tout commentaire.

Nouakchott dans l’embarras
Le régime du président Mohammad Ould Abdel-Aziz se trouve dans une position très difficile, suite aux énormes pressions que ses alliés exercent sur lui afin qu’il condamne clairement le coup d’Etat militaire en Egypte. Selon l’Union pour la République, le parti au pouvoir, le coup de force militaire au Caire devrait être violemment condamné. L’opposition mauritanienne, connue pour ses affinités islamistes et ses rapports étroits avec l’organisation internationale des Frères musulmans, voudrait voir les relations avec l’Egypte rompues, jusqu’à ce que les militaires lâchent le pouvoir et réinstallent Mohammad Morsi à la présidence. Demandes ironiques, vu que le général au pouvoir en Mauritanie avait, lui-même, pris le plus haut poste de l’Etat par la force, en renversant son prédécesseur démocratiquement élu. Ould Abdel-Aziz a ainsi ignoré ces pressions, maintenant un silence radio face aux développements au Caire. Entre-temps, le général compte organiser ses propres élections législatives boycottées par l’opposition et critiquées par la communauté internationale pour leur manque de transparence. Vive la démocratie à la mauritanienne.   

Ankara fait marche arrière
Depuis l’effondrement des relations entre le gouvernement du Premier ministre turc, Recep Tayyip Erdogan, et les nouvelles autorités égyptiennes, il semble que les responsables turcs ont pris la décision de faire marche arrière. C’est ce qui explique l’ordre donné à leur ambassadeur au Caire de retourner au Pays des Pharaons après quatre semaines de consultations. Mais cette main tendue a été rejetée par Le Caire qui a assuré que son ambassadeur à Ankara ne rentrerait pas de sitôt. Les accusations et les insultes proférées par Erdogan et ses conseillers ont été très mal perçues par les autorités égyptiennes qui ne comptent pas tourner la page et en veulent au gouvernement islamiste à Ankara d’avoir réagi très violemment à l’incarcération de l’ancien président Mohammad Morsi.

400 Juifs éthiopiens viennent d’atterrir à l’aéroport Ben Gourion pour rejoindre les 20000 Falachas, qui avaient effectué ce même trajet en 1985. Avec ces derniers arrivés, l’Etat hébreu ferme la parenthèse sur cette épopée. Le gouvernement israélien ayant décidé de mettre un terme au flux d’immigrants. Le gouvernement de droite était inquiet de voir des non-Juifs parmi les nouveaux arrivants, tentant de fuir la misère dans leur pays d’origine. Autre problème, la montée du racisme envers ces Africains considérés par la majorité des Israéliens comme des opportunistes venant leur voler leurs emplois. D’ailleurs, les sondages ont montré que les Israéliens se souciaient peu du sort des quelques centaines de Juifs qui demeurent toujours en Ethiopie. Une atmosphère bien différente de celle de 1985, quand l’opération secrète Moïse avait été mise en œuvre par le Mossad pour permettre à quelques milliers de Juifs de rejoindre la Terre promise via le Soudan voisin.

100000 Bidouns vivent au Koweït sans jouir d’aucun droit, le gouvernement en place refusant de leur accorder le statut de citoyens. Ce problème, qui remonte à 1965, a poussé le gouvernement britannique à tenter une ultime médiation. La visite, conduite à la capitale koweïtienne par le ministre d’Etat britannique pour les affaires de migration et de sécurité, Mark Harper, avait pour seul but de convaincre ses hôtes d’adopter une position plus modérée sur le sujet. La principauté fait face à de vives critiques internationales pour son traitement inhumain de cette minorité, accusée d’être en réalité originaire d’Irak, et a proposé de la dédommager financièrement si elle acceptait de retourner dans son pays d’origine. Face à cette position intransigeante, il est difficile d’envisager le succès de la médiation britannique.

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