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Nº 2933 du vendredi 24 janvier 2014

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Santé

L’implant cochléaire. Un espoir pour les malentendants

Les patients atteints de surdité sévère ou profonde peuvent retrouver l’ouïe grâce à l’implant cochléaire. Cette intervention chirurgicale donne cependant de meilleurs résultats lorsqu’elle est pratiquée sur des enfants en bas âge ou ceux ayant déjà acquis le langage. Le point avec le Dr Simon Rassi, oto-rhino-laryngologiste (ORL pédiatre) et spécialiste 
en chirurgie de la face et du cou.

Qu’est-ce que l’implant cochléaire?
L’implant cochléaire est une prothèse qu’on implante à l’intérieur de l’oreille interne dans le cas d’une surdité neurosensorielle sévère à profonde qui atteint les deux oreilles. Il faut savoir que l’oreille possède trois éléments principaux: l’oreille externe, l’oreille moyenne et l’oreille interne. Dans le cas d’une surdité profonde, les cellules de l’oreille interne ne fonctionnent pas. L’implant cochléaire est donc un dispositif médical électronique qui permet aux personnes malentendantes de percevoir des sons.

Qui peut en bénéficier?
Toutes les personnes nées avec une surdité sévère ou profonde peuvent en bénéficier. L’implant est également indiqué chez les personnes qui entendaient au départ, mais qui ont développé une surdité tardive par la suite. Ce sont surtout des enfants qui développent une surdité post-linguale à cause d’un facteur héréditaire ou à la suite d’un traumatisme ou même à cause de certains médicaments. La surdité tardive peut aussi apparaître après une méningite. Cela peut arriver dans 15% des cas. Il faut dans ce cas implanter les enfants en urgence. Les personnes âgées peuvent également bénéficier de l’implant cochléaire à cause d’une surdité liée à l’âge ou causée par d’autres maladies. Ces personnes ne peuvent pas profiter des aides auditives conventionnelles car leur surdité est profonde et touche l’oreille interne. Il ne suffit pas à ces personnes d’entendre des sons, il faut également comprendre ce qu’ils entendent. L’implant cochléaire va ainsi leur permettre d’entendre et de mieux comprendre.

A quel âge peut-on bénéficier de l’implant?
Plus on met l’implant tôt, plus les bénéfices sont importants. Au Liban, mon plus petit patient ayant reçu l’implant était âgé de dix mois. Mais à partir de six mois, on peut déjà en être candidat. Durant cette période, il faut s’assurer que l’enfant n’entend pas. Des tests objectifs permettent de nous assurer de cette surdité. Idéalement, il faut mettre un implant vers l’âge de 10 à 12 mois lorsqu’on est sûr que l’enfant n’entend pas. Car si l’enfant est né malentendant et reçoit l’implant vers l’âge de 3 ans, il va moins bénéficier de cet implant que celui ayant reçu un implant à l’âge de 12 mois. L’implantation chez le jeune enfant est vivement recommandée car l’audition est essentielle au développement du langage.

Y a-t-il des risques liés à la chirurgie?
La chirurgie de l’oreille est très délicate. Pour la pratiquer, il faut que l’ORL soit un spécialiste dans le domaine. Celui qui ne possède pas l’expérience nécessaire n’aura pas les compétences pour poser l’implant. Cela dit, les risques sont généralement minimes. Il s’agit du risque de paralysie faciale. Car pour mettre un implant, on travaille à côté du nerf responsable de la face. Mais le risque de toucher ce nerf est de 1% seulement. Il arrive également que l’on ne réussisse pas à introduire la prothèse dans la cochlée. Pour cela, il faut faire des examens préalables pour s’assurer que la cochlée est toujours perméable afin de poser l’implant. En l’absence du nerf ou de la cochlée, la chirurgie est impossible.

Qu’en est-il des résultats de la chirurgie?
Lorsque l’implant cochléaire est posé à un âge précoce, les résultats sont nettement meilleurs. Les bénéfices d’un implant sont très bons dans le cas d’un enfant né avec une surdité profonde et opéré avant l’âge de 2 ans. S’il est bien pris en charge par la rééducation orthophonique, cet enfant peut intégrer une école normale à l’âge de 3 ou 4 ans. Il va grâce à la prothèse entendre, comprendre et parler. Toutefois, les bénéfices seront moindres si l’enfant reçoit un implant tardivement soit vers l’âge de 7 ou 8 ans, ou après une longue période de surdité profonde. Mais les enfants ou les adultes, ayant déjà acquis le langage, peuvent avoir de meilleurs résultats avec les implants cochléaires.

Propos recueillis par Nada Jureidini

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