Magazine Le Mensuel

Nº 2938 du vendredi 28 février 2014

Semaine politique

Déclaration ministérielle. Donnant-donnant

La déclaration de Baabda contre le triptyque Armée-peuple-Résistance. C’est sur ces bases que le Courant du futur et le Hezbollah ont négocié l’accord sur la déclaration ministérielle.
 

En reportant les discussions sur le programme du gouvernement après sa formation, les partis politiques se sont réservé la possibilité de s’adapter à l’évolution de la situation. Si la mise en place de l’équipe Salam répond à un certain rapport de force local, régional et international, l’accord sur la déclaration ministérielle devra y répondre aussi. Que recherchent les acteurs du dossier? Le président Michel Sleiman voudrait qu’une déclaration ministérielle soit adoptée avant le 5 mars, date à laquelle doit se tenir à Paris une réunion du Groupe international de soutien au Liban. De son côté, le Premier ministre Tammam Salam, qui patiente depuis dix mois, voudrait enfin lancer son mandat. A la rédaction de la déclaration ministérielle suivra le vote de confiance du Parlement qui installera le gouvernement dans ses fonctions. Les deux hommes attendent que les parties prenantes s’accordent sur une formule qui satisferait tout le monde.
Soutenus dans cette voie par les Forces libanaises, les membres de la commission de rédaction proches du 14 mars − Nouhad Machnouk pour le Futur, Sejaan Azzi pour les Kataëb et Boutros Harb − insistent pour que soient mentionnés les principaux points de la déclaration dite de Baabda qui, dans son article 12, prône la distanciation du Liban vis-à-vis du conflit en Syrie. Niet des représentants du Hezbollah et de ses alliés au sein de la commission − Mohammad Fneich pour le parti de Dieu, Gebran Bassil pour le CPL et Ali Hassan Khalil pour le mouvement Amal – qui assimilent l’implication du Hezbollah en Syrie à un devoir de résistance.
C’est à ce titre qu’ils brandissent face la déclaration de Baabda le triptyque Armée-peuple-Résistance, inscrit tel quel dans la déclaration ministérielle du gouvernement de Najib Mikati. Refus du 14 mars de légitimer les choix syriens du Hezbollah.
Les deux extrémités désormais définies, les conciliateurs peuvent passer à l’action. Après avoir refusé la proposition de Tammam Salam qui intégrait les deux points de désaccord, les ministres se sont penchés sur les propositions de Ali Hassan Khalil sur la question de la Résistance et celle de la distanciation. Le camp du Hezbollah serait prêt à accepter de laisser de côté le triptyque pour une simple mention du droit du Liban à la résistance contre Israël, ceci à la condition que le 14 mars lâche du lest sur la déclaration de Baabda. Poursuivant sur cette avancée, Khalil proposerait de remplacer la mention de la déclaration de Baabda par celle, plus circonscrite, de la distanciation.
L’ouverture des deux camps à ces concessions, auxquelles il faut ajouter l’unanimité sur la charte de Bkerké, au menu des discussions à Rome entre Saad Hariri et le patriarche Béchara Raï, pourrait se concrétiser par une proposition de Waël Abou Faour qui ferait consensus. Ceci, évidemment, si les circonstances locales, régionales et internationales restaient inchangées.

Julien Abi Ramia

Israël bombarde une cible du Hezbollah
Le 24 février au soir, une dépêche AFP indiquait que l’aviation israélienne avait bombardé «une cible du 
Hezbollah chiite à la frontière libano-syrienne». 
Interrogé mardi sur la question, le Premier ministre israélien, Benyamin Netanyahu, s’est contenté 
d’expliquer que son pays «faisait le nécessaire pour préserver la sécurité d’Israël».
Après un silence de quarante-huit heures, le 
Hezbollah a confirmé le bombardement par des avions de chasse israéliens d’un site dont il a le contrôle près de la région de Janta, à vingt kilomètres au sud de 
Baalbeck. «La Résistance ripostera à cette 
agression. Elle choisira le bon moment et le lieu, ainsi que les moyens appropriés», a prévenu le parti dans un communiqué mercredi. L’événement rappelle les 
bombardements préventifs de l’aviation israélienne contre des convois de transfert d’armes en Syrie, en mai et en novembre derniers. «Nous suivons de près le transfert d’armes de toutes sortes sur tous les fronts. C’est quelque chose de très mauvais et de très sensible. De temps à autre, en cas de nécessité, quelque chose peut survenir», expliquait cette semaine le chef 
d’état-major de l’armée israélienne, le général Benny Gantz. Un coup d’essai tenté par l’ennemi pour tester la réaction de la communauté internationale?

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