Magazine Le Mensuel

Nº 2943 du vendredi 4 avril 2014

à la Une

Le bikeathon de Tripoli. Quand la paix prend le dessus…

Dimanche dernier, le cœur de Tripoli a battu au rythme des vélos. Ils étaient tous là pour prendre part au bikeathon de Tripoli ou sa course à vélo. Un événement qui avait pour mission, comme le clament les organisateurs, de montrer «le vrai visage de Tripoli, une ville de la paix qui refuse les actes de violence et les affrontements entre ses habitants». Cette course était un véritable message de paix, un moment où l’on a oublié les rounds et les francs-tireurs pour les remplacer par des branches d’oliviers.
 

Quelque 1 500 personnes, venues de plusieurs régions du Liban, ont répondu présentes, dimanche dernier, à l’appel lancé par les associations Social Way et Green Mind pour participer au bikeathon de Tripoli. La course à vélo partait et arrivait à la place Rachid Karamé où un concert a été donné à la fin de la manifestation. Tout un chacun suivait le parcours à vélo dans une ambiance décontractée et bon enfant. Politiciens, responsables, Tripolitains et Beyrouthins pédalaient dans les rues de la ville. Exit les conflits et les armes! Un seul slogan, Tripoli ville de paix. Le point de mire de cette manifestation, deux fillettes, représentant les deux quartiers de Tripoli en perpétuel conflit, Bab el-Tebbané (sunnite) et Jabal Mohsen (alaouite), ont pédalé sur une même bicyclette à deux sièges et ont offert aux responsables et leaders politiques prenant part au bikeathon des rameaux d’olivier, symbole de la paix. Pourvu que cela porte ses fruits et ne se limite pas à une seule journée!
 

Réussir le plan sécuritaire
La course était placée sous l’égide du chef de l’Etat, Michel Sleiman, représenté par le ministre de la Jeunesse et des Sports, Abdel-Mouttaleb Hennaoui. Ziad Mikati, représentant l’ancien Premier ministre, Najib Mikati, les ministres Mohammad Machnouk, Achraf Rifi, Rachid Derbas, les députés Mohammad Abdelatif Kabbara, Ghassan Moukheiber et Robert Fadel, l’ancien ministre Fayçal Karamé, l’ancien député Moustafa Allouche, les représentants de Mohammad Safadi (ancien ministre) et le député Samir el-Jisr et des notables de la région ont participé à cet événement. Dans une allocution, Hennaoui a insisté sur le fait que toutes les parties doivent appuyer l’Etat pour faire réussir le plan de sécurité qui a été mis en place dans la ville. «Nous sommes appelés à relever les défis politiques, économiques et sociaux par la logique et avec un esprit d’équité et de modération en vue de construire un avenir stable et décent à l’écart des menaces, de la violence, du chômage et de l’émigration. L’unité nationale doit être consacrée et ancrée sur notre territoire», a-t-il dit au nom du président Sleiman. Il a poursuivi en précisant que les promesses faites à Tripoli commencent à être réalisées. «Le gouvernement tient au développement de cette région», a-t-il répété. Hennaoui a demandé aux «jeunes Tripolitains, et Libanais, de recourir aux institutions de l’Etat», et de ne pas «se laisser entraîner vers une orientation qui s’oppose à la nature du Liban», qui est «la tolérance, la modération et la coexistence». Il a assuré qu’à travers ses fonctions au ministère de la Jeunesse et des Sports, il accordera l’intérêt nécessaire à cette ville et soutiendra ses activités sportives.
Le ministre des Affaires sociales, Rachid Derbas, s’est, pour sa part, dit optimiste en ce qui concerne la réussite du plan sécuritaire concocté pour Tripoli. Il a précisé que ce plan se distingue de ceux qui l’ont précédé parce qu’il «revêt une dimension stratégique et non pas tactique et est accompagné d’un plan de développement pour la ville». Toujours selon lui, il existe «une volonté politique» pour contrôler la situation à Tripoli. Le ministre de la Justice, Achraf Rifi a, quant à lui, annoncé, avant le début de la course, que le plan sécuritaire a été mis en place la veille. «Les habitants de Bab el-Tebbané ont le droit de vivre normalement et ceux de Jabal Mohsen sont appelés à mettre fin immédiatement aux combats et à l’apparition des éléments armés». Enfin, le ministre de l’Environnement, Mohammad Machnouk a, à son tour, déclaré: «Cet événement exprime la volonté des habitants de Tripoli et du Nord d’instaurer la paix. Cette cause nous est primordiale». De belles paroles, pourvu qu’elles soient mises en œuvre sur le terrain. Tripoli a le droit de vivre en paix. Ses enfants ont le droit de grandir à l’abri des rounds et des francs-tireurs. Il est grand temps d’agir pour cette ville qui se meurt des suites d’une guerre absurde.

Christiane Tager Deslandes

Green Mind
C’est une organisation non gouvernementale formée par un groupe de professionnels libanais ayant pour mission de créer et de promouvoir des pratiques de développement durable dans l’ensemble de ses politiques économiques et sociales au Moyen-Orient et Afrique du Nord. Elle a lancé le Prix de l’esprit vert, un événement annuel qui vise à 
récompenser les réalisations dans le domaine de l’environnement dans la région Mena.

Related

Samy Gemayel, président des Kataëb. Si le gouvernement part avant la présidentielle c’est le chaos

admin@mews

Cible d’attentats manqués. Raymond Eddé s’exile en France

admin@mews

Tirs iraniens contre les Américains en Irak: pas de déflagration mais les craintes sont vives

Magazine Le Mensuel

Laisser un commentaire