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Nº 2965 du vendredi 5 septembre 2014

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Samir el-Jisr, député de Tripoli. Tout doit être réglé par la loi

Face à la montée du discours confessionnel et à la multiplication des provocations, le député de Tripoli, Samir el-Jisr, ne cache pas son inquiétude. Le meilleur moyen d’empêcher une détérioration de la situation serait, selon lui, d’appliquer la loi.    
 

Le 5 août dernier, lors d’un sit-in de solidarité avec l’armée, un homme avait tenté, à la place Sassine, de brûler une reproduction du drapeau de l’Etat islamique, dont il avait dessiné, sur un carton, le slogan. L’affaire a fait boule de neige, surtout ces derniers temps, et a eu des échos. A Tripoli, les réactions n’ont pas manqué…
Nous constatons, malheureusement, depuis quelque temps un retour au langage confessionnel. C’est peut-être une réaction et une contre-réaction, mais il faut traiter sans tarder ces cas à travers l’Etat et la loi. Il est très important de ne pas laisser la situation s’envenimer. Si nous laissons les choses aller ainsi sans prendre les mesures qui s’imposent, le danger touchera tous les Libanais. Il ne faut pas permettre de telles réactions, et le moyen le plus efficace de les enrayer serait l’application de la loi.

Les réactions n’ont pas manqué sur les réseaux sociaux où les photos des différents incidents ont été publiées. Moustafa Hojeiry, médiateur pour la libération des militaires, aurait même affirmé que ces photos ont empêché le Front al-Nosra de libérer les soldats chrétiens…
Les réseaux sociaux constituent un vrai défi. Malheureusement, il n’y a aucun contrôle et aucune limite sur ces réseaux. Ils peuvent parfois causer de vrais dégâts. C’est le chaos total sur ce plan. Il faudrait y remédier sans tarder. Il existe une loi au Parlement pour le règlement de la situation des sites Internet et de tout ce qui est relié aux réseaux sociaux. Il faudrait faire adopter une loi qui puisse régir cet état de choses. Mais ce ne sont plus de simples réseaux de communication. Il faut les placer dans leur contexte. Communiquer est un moyen de rapprochement pas un moyen de division. Il faudrait trouver le contexte légal pour ces réseaux, sans pour autant toucher à la liberté d’expression.
 

Face aux excès dont nous sommes témoins à l’heure actuelle, quelles seraient les mesures à prendre?
D’abord et surtout mener une campagne de sensibilisation pour montrer que ces excès sont loin de la culture chrétienne comme de la culture musulmane. Ils s’opposent à l’esprit même des religions chrétienne et musulmane. Il faudrait ensuite demander des comptes à ceux qui font vivre le Liban dans une telle atmosphère confessionnelle, cela en appliquant la loi d’une façon stricte afin d’éviter et d’enrayer ce langage confessionnel nuisible à tout le pays, et surtout empêcher toute tension confessionnelle de s’installer.   

 

La demande du ministre Achraf Rifi aux autorités judiciaires d’engager des poursuites contre des individus ayant brûlé un drapeau de l’EI à Achrafié, a-t-elle eu des conséquences immédiates sur le terrain dans la ville de Tripoli?
Justement, il faut éviter les réactions et les contre-réactions et cela se fait à travers une application stricte de la loi. Il faut extraire cette affaire de la vague de réactions et de contre-réactions et éviter toute discorde sur base confessionnelle. Ces agissements sont inacceptables, et il est important de ne pas nous y laisser entraîner. Il faut empêcher à tout prix de régler une erreur par une autre et que des incidents isolés aient autant de répercussions. Ces agissements ne reflètent pas les vraies valeurs des Libanais.

Les événements de Ersal continuent à avoir des répercussions sur la scène locale, surtout en ce qui concerne l’affaire des soldats qui se trouvent entre les mains des groupes armés…
Malheureusement, les événements de Ersal ont eu leur impact sur la scène locale, mais l’armée s’est conduite de la façon la plus adéquate afin de faire sortir les groupes armés de Ersal. Elle a traité la question avec sagesse.

Qu’en est-il des soldats toujours prisonniers des groupes armés?
Que peut faire l’Etat dans ce domaine? Des canaux de communication ont certainement contribué au relâchement de ceux qui ont été remis à l’armée et qui sont revenus dans leurs familles. J’espère que ces canaux seront aussi efficaces pour clore ce dossier douloureux et permettre à tous les soldats de revenir chez eux. Jusqu’à présent, je crois que le dossier est suivi avec la sagesse nécessaire et d’une façon discrète. J’ai confiance que tout ce qui est possible a été entrepris.

Propos recueillis par Arlette Kassas

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