Magazine Le Mensuel

Nº 3012 du vendredi 31 juillet 2015

general

Le virus du sida. De nouveaux espoirs

Une jeune Française de 18 ans, née avec le virus du sida, ayant reçu très tôt des antirétroviraux mais qui est restée sans traitement depuis douze ans, ne présente plus de signe détectable de la présence du VIH. C’est actuellement la plus longue durée de rémission connue.
 

Le cas de cette jeune fille, dont le système immunitaire parvient à contrôler le virus depuis 12 ans, ouvre l’espoir de trouver des moyens de lutte plus efficaces contre le VIH. Présenté à l’occasion de la 8e conférence de l’International Aids Society (IAS) par une équipe française, il constitue un argument fort en faveur d’une mise sous traitement de tous les enfants nés de mères séropositives le plus tôt possible après la naissance. La jeune Française est devenue ainsi le symbole d’un grand pas dans la lutte contre le sida à l’heure où, à l’échelle mondiale, la maladie recule. Elle est le premier cas mondial de rémission aussi prolongée chez un enfant. Née en 1996 d’une mère séropositive, elle est placée sous traitement prophylactique pendant six semaines. Malgré cela, elle est contaminée par le virus. Les médecins mettent alors en route un traitement associant quatre antirétroviraux qui sera poursuivi durant six ans. La famille décide alors d’interrompre le protocole et disparaît. L’enfant aurait pu mourir sans traitement.

Rôle des thérapies
Revue un an plus tard par son équipe médicale, l’enfant présente toujours une charge virale au seuil de détection particulièrement bas, sans avoir jamais repris d’antirétroviraux. La jeune fille ne présente aucun des facteurs génétiques connus pour être associés à un contrôle naturel de l’infection. Selon les médecins, c’est le fait d’avoir reçu très tôt après sa contamination une combinaison d’antirétroviraux qui lui permet d’être en rémission virologique depuis aussi longtemps. La prise précoce d’antirétroviraux est bel et bien recommandée, car elle peut, dans certains cas, permettre à l’organisme de se défendre seul face au virus. Cette rémission ne doit pas être pour autant assimilée à une guérison, estiment les médecins. L’arrêt du traitement antirétroviral n’est donc pas recommandé, chez l’adulte comme chez l’enfant, en dehors d’essais cliniques.
A la 8e conférence de la Société internationale de lutte contre le sida, le rôle primordial des thérapies antirétrovirales dans la lutte contre la transmission du virus a été souligné par les experts. Des chercheurs ont annoncé que le risque de transmettre le sida pour les personnes infectées chuterait considérablement lorsqu’un traitement antirétroviral est suivi. Les chercheurs ont testé près de 1 600 couples hétérosexuels, âgés de plus de 18 ans et originaires de différents pays, l’efficacité d’un traitement antirétroviral, associé à des relations sexuelles protégées. Dans chaque couple, l’un des partenaires était sain et l’autre était atteint du sida et a suivi la thérapie. Dix ans après le début des travaux, les résultats montrent que le fait de débuter de manière précoce un traitement antirétroviral réduit de 93% le risque de transmettre le virus. Selon une étude présentée à la conférence sur le sida, les efforts doivent être accentués dans le dépistage du virus du sida et dans les programmes d’accès aux soins pour espérer atteindre l’objectif fixé par l’Onu d’éradiquer la maladie d’ici 2030.

Nada Jureidini

Une découverte prometteuse
A l’occasion du 14e congrès européen du sida, des chercheurs ont présenté les résultats de leurs recherches sur une nouvelle molécule destinée à lutter contre le sida. Et celle-ci donne des résultats très probants. Le dolutégravir combine en effet la puissance et une moindre exposition à la résistance par rapport à d’autres molécules. Cette molécule sera employée pour un patient qui a un taux élevé de virus.

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