Magazine Le Mensuel

Nº 3043 du vendredi 4 mars 2016

Film

A la poursuite de la paix. Et si ce n’était pas une utopie?

Projeté dans les dédales de la vie beyrouthine, à Dawawine, le 28 février, le long métrage documentaire du réalisateur canadien Garry Beitel porte bien son titre: A la poursuite de la paix. Une longue, très longue quête…

Des inconnus, des femmes et des hommes de l’ombre qui mettent leurs vies au service de la paix. Dans l’espoir, non dupe, d’une éventuelle consécration de leurs efforts, qu’ils soient toujours vivants pour en témoigner, ou qu’elle s’accomplisse, loin de leur regard, post mortem, au bout de la génération suivante ou de celle d’après. S’il y a une réalité qui vous saisit avec effroi à la projection du documentaire de Garry Beitel, c’est exactement celle-là: la paix est une perpétuelle quête qui n’est pas près de se réaliser, elle relève plutôt de l’ordre de l’utopie.
 

L’humanité perd son humanité
Une dure constatation à laquelle il a lui-même été confronté, au bout de son voyage, de son périple documentaire, à l’issue de cinq ans de travail durant lesquels il a suivi quatre artisans de la paix, membres d’organisations et d’associations qui militent en faveur de la paix, brandissant leur logo de non-violence à la face des conflits armés et aux côtés des civils et des victimes. De la Turquie au nord de l’Irak en passant par le Congo et le Soudan du Sud, sur les lignes de front internationales de médiation pour la paix, le film rend compte des défis du travail de ces artisans de la paix, en explorant, tour à tour, leurs espoirs, leurs engagements, ainsi que leurs apprentissages sur le terrain.
Un chemin ô combien pavé de difficultés, d’obstacles, de traumatisme, mais aussi de lumière, d’échange, d’amitié, de rencontre. Et d’espoir malgré tout, au-delà de tout. Parce que les grandes politiques ont prouvé leur échec et continuent de s’embourber davantage dans la guerre, les armes et le sang; parce que toutes les donnes ont changé, que la guerre, le mot en lui-même déjà, n’a plus la même approche que l’histoire lui a octroyée, et qu’il n’y a plus de vainqueurs ni de vaincus; parce qu’un conflit armé ne signifie pas simplement la mort, mais l’injustice, le viol, le manque d’éducation, de tolérance…; parce que même si les armes se taisent, les séquelles restent et se ravivent et comme nous le savons tellement bien, nous les Libanais!; parce que l’humanité est en train de perdre son humanité; parce qu’il ne reste plus d’espoir qu’à l’échelle individuelle comme première approche d’un changement, d’une réelle évolution, reprenons les mots d’un réfugié, d’un déplacé, les mots qui signent la fin de ce documentaire et qui prêtent à la réflexion et à l’ultime action, peut-être: «J’ai perdu tous mes rêves. Mais j’ai un autre rêve maintenant, j’essaierai de changer mon pays, ma communauté, mon peuple».

Nayla Rached
 

Cinéma en salles

Zootropolis: animation de Byron Howard et Rich Moore
Circuit Empire – Grand Cinemas.

London has fallen: action de Babak Najafi
Circuit Empire – Grand Cinemas.

Trumbo: biopic de Jay Roach
Circuit Empire – Grand Cinemas.

13 hours: the secret soldiers of Benghazi: action de Michael Bay
Circuit Empire – Grand Cinemas.

Fathers and daughters: drame de Gabriele Muccino
Circuit Empire.

Race: drame de Stephen Hopkins
Circuit Empire.

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