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Nº 3061 du vendredi 8 juillet 2016

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Entrepreneuriat social. Un Boot Camp pour jeunes programmeurs sans emploi

Il n’est pas toujours nécessaire de quitter le pays pour décrocher de belles opportunités professionnelles. SE Factory s’est donné pour mission de rendre employables les jeunes diplômés en informatique issus de milieux modestes grâce à un programme en trois mois. Explications.

Rendre les jeunes diplômés en informatique employables, telle est la mission de SE Factory, le premier Boot Camp pour jeunes codeurs sans emploi au Liban. L’idée est née à la suite de la rencontre entre Zeina Saab, fondatrice du réseau Nawaya, et Fadi Bizri, directeur général du programme Bader pour jeunes entrepreneurs.
«Nous avons constaté que les entreprises libanaises recherchent désespérément des codeurs et programmeurs et ne trouvent pas de candidats qui soient effectifs à la sortie de l’université», explique Fadi Bizri. De son côté, Zeina Saab souligne pourtant que chaque année, des centaines de jeunes diplômés en informatique sortent des universités libanaises.
Face à ce déséquilibre, Fadi et Zeina décident de remédier au problème en créant une académie qui, en trois mois seulement, a pour mission de rendre employables les jeunes diplômés en informatique à la sortie du programme.
«Il s’agit de métiers extrêmement demandés au Liban, mais aussi dans la région et dans le monde, ajoute Bizri. Il est important de capitaliser sur cette tendance».
Ainsi, outre les compétences techniques, les candidats sélectionnés pour participer au programme de SE Factory se verront dispenser des ateliers pour apprendre à rédiger des C.V., à se comporter lors d’un entretien d’embauche, à communiquer…
En principe, ce type de programme devrait coûter plusieurs centaines de dollars pour les candidats, mais SE Factory se donne pour mission de rendre ce tremplin accessible à tous. «Si les entreprises ont autant de mal à trouver des codeurs effectifs rapidement, ce n’est pas par manque de compétences, souligne Zeina Saab. Les diplômés en informatique qui viennent d’un niveau social modeste ont tendance à sortir d’universités qui ne les préparent pas suffisamment au monde de l’entreprise. Ils ont les connaissances techniques, mais pas de quoi s’adapter rapidement à la réalité du marché du travail, ajoute la fondatrice du réseau Nawaya. Ainsi, ils se retrouvent souvent à occuper des postes sous-payés ou pas vraiment en adéquation avec leurs qualifications».
C’est là où SE Factory intervient avec des programmes intensifs de trois mois. De 10h du matin à 7h le soir, les étudiants sélectionnés peuvent, pour une centaine de dollars symboliques, se préparer à se frotter au monde du travail.
Pour le reste du financement, SE Factory compte, pour le moment, sur des subventions et sponsors qui ont bien compris l’intérêt pour l’écosystème entrepreneurial libanais de miser sur la formation des jeunes talents en informatique.
Pour Fadi et Zeina, l’objectif est de former et rendre employables entre 30 et 40 programmeurs avant la fin de l’année. Pour 2017, ils espèrent bien doubler ce chiffre et même dispenser des sessions à l’extérieur de Beyrouth. «Nous voulons rendre accessible notre programme aux Libanais qui vivent dans tout le pays, insiste Zeina, car il s’agit bien d’une mission sociale qui profitera à la fois aux entreprises qui disposeront d’une main-d’œuvre qualifiée et aux jeunes talents dont la vie pourrait bien se trouver complètement bouleversée». «A la sortie du programme de SE Factory, les codeurs peuvent décrocher un emploi très rapidement et voir leurs salaires doubler en quelques mois».
Pour le premier batch pilote lancé par SE Factory, le Boot Camp a ainsi reçu des financements de la fondation Asfari, la Bank Audi et de la banque al-Mawarid en partenariat avec Berytech.

Soraya Hamdan

C’est parti pour le second
SE Factory est actuellement à la recherche de quinze à vingt nouveaux étudiants pour participer à sa seconde session qui débutera mi-juillet. C’est un programme intensif qui nécessite disponibilité et investissement du matin au soir, mais le jeu en vaut la chandelle pour un emploi qualifié par la suite.

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