Magazine Le Mensuel

Nº 3061 du vendredi 8 juillet 2016

general

Hariri et Geagea. Ensemble, contre le compromis global

Un shour a réuni Samir Geagea et Saad Hariri dans la Maison du centre la semaine dernière, auquel ont assisté Ghattas Khoury et Melhem Riachi. Une occasion pour discuter des dossiers en suspens, dont notamment la loi électorale, la vacance présidentielle et la série d’attentats terroristes qui a secoué Qaa.
 

A l’issue de cette rencontre, Saad Hariri et Samir Geagea ont assuré qu’ils étaient prêts à se rendre au Parlement pour élire un président de la République et ont maintenu leur appui à la loi électorale mixte qu’ils ont présentée avec le Parti socialiste progressiste (PSP).
Ils ont également indiqué qu’ils étaient disposés à se concerter avec les autres parties en vue d’un accord sur une nouvelle loi électorale et à réactiver la coordination, notamment au niveau des élections syndicales et estudiantines.
Face à tous les projets de lois électorales présentés, Hariri et Geagea, en collaboration avec le PSP, ont confirmé leur appui à une loi mixte, qui unit la majorité et la proportionnelle avec quelques modifications assurant une juste représentation. Ils ont également estimé qu’il était possible de parvenir à une vision proche du projet mixte présenté par le président Nabih Berry. Ils n’ont pas écarté l’idée d’une entente sur une loi réunissant les deux projets et se sont mis d’accord pour poursuivre les contacts, d’une part Samir Geagea avec Michel Aoun et, d’autre part, Saad Hariri avec Nabih Berry.
La vacance présidentielle n’a pas été absente des concertations de Hariri et Geagea. Ils ont échangé des points de vue sur la manière d’y mettre un terme et établi une nouvelle approche se basant sur la priorité d’élire un président de la République. Le leader des Forces libanaises (FL) a affirmé que l’élection du général Michel Aoun mettrait fin à la vacance, alors que l’ancien chef du gouvernement l’a interrogé sur les garanties concernant le futur gouvernement, la répartition des portefeuilles et la loi électorale. Geagea aurait répondu qu’il ne garantissait rien et aurait dit à son interlocuteur: «Essayons de voir ensemble s’il est possible de fournir quelques garanties». Ce à quoi lui aurait répondu Saad Hariri: «Sleiman Frangié avait affirmé publiquement qu’il est engagé par l’accord de Taëf et qu’il n’accepterait pas une nouvelle loi électorale dont le but serait d’éliminer une partie au profit d’une autre». Geagea aurait affirmé à Hariri que le général Aoun était le plus fort sur le plan chrétien et qu’il possède une large assise populaire que Sleiman Frangié n’a pas. «Après trente ans de guerres et de différends avec Aoun, nous avons finalement réussi à nous réconcilier et je tiens à préserver cette réconciliation», a affirmé Samir Geagea.
De son côté, Hariri n’a pas nié le poids de Aoun dans la rue chrétienne, mais il a estimé que «notre combat politique avec lui sera beaucoup plus difficile qu’avec Frangié». Il fut appuyé sur ce point par Geagea.
Des sources proches de cette rencontre indiquent que le maintien de l’appui de Saad Hariri à la candidature de Frangié, d’une part, et le soutien du Dr Geagea au général Aoun, d’autre part, ne pousseront pas les deux hommes à rompre les liens qui existent entre eux. Ils se sont entendus à ne pas transformer cette différence, dont ils sont tous deux tout à fait conscients, en un différend. Ainsi, ils pourront trouver des dénominateurs communs pour fortifier leur relation et renforcer leurs liens, tels que la présidentielle qu’ils estiment tous les deux une priorité. Ceci signifie qu’ils rejettent le principe du «compromis global» proposé par le président de la Chambre, Nabih Berry.

Joëlle Seif

Rejet de l’autoprotection
Saad Hariri et Samir Geagea ont évoqué les réactions qui ont suivi les attentats de Qaa qui ont provoqué la mort de cinq personnes et rejeté toute forme d’autoprotection. Le chef des Forces libanaises a estimé que la visite du député Antoine Zahra à Qaa, à la suite des attentats terroristes, n’était pas dans le but de promouvoir cette idée. C’est un soutien et s’inscrit dans le cadre d’une tentative pour contenir la colère manifestée par les habitants de la localité. L’intention du député Antoine Zahra était de couper court à ce que cette fureur ne soit exploitée en dehors de Qaa, par ceux qui voudraient se présenter comme les protecteurs de la localité et fournir des armes aux habitants. Ils se sont mis d’accord pour distinguer entre les déplacés syriens et les terroristes syriens et ne pas les traiter de la même manière. Geagea a promis de ne pas se contenter de calmer les esprits uniquement, mais de mettre un terme à toute incitation contre les déplacés.

Related

Décembre 1970. Un prince saoudien poignarde un étudiant à Hamra.

admin@mews

On l’attend toujours depuis trente ans. L’improbable décentralisation administrative

admin@mews

Pension-retraite. La CNSS possède les fonds nécessaires

admin@mews

Laisser un commentaire