Magazine Le Mensuel

Nº 3065 du vendredi 5 août 2016

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Ya Achikata el-Wardi. Hommage à Zaki Nassif

Vendredi 29 juillet, le Beiteddine Art Festival a accueilli une soirée spéciale, en hommage à Zaki Nassif, dans un spectacle intitulé Ya Achikata el-Wardi, sous la direction de Guy Manoukian.

Ils sont venus très nombreux ce soir-là, au palais de Beiteddine, «pour Zaki Nassif ou pour moi?», demande au public Guy Manoukian, assis face à son piano. Ya Achikata el-Wardi, une production signée Beiteddine Art Festival, a rassemblé autour de Guy Manoukian et d’un orchestre de plus de 50 musiciens, quatre noms de la chanson arabe libanaise: Soumaya Baalbaki, Joseph Attié, Ziad el-Ahmadié et Ranine Chaar. Tour à tour, chacun d’eux a interprété plusieurs chansons du large répertoire du plus populaire et aimé des compositeurs libanais, Zaki Nassif.
Un début tout en musique avec le morceau Tallou hbabna, à l’image du contenu du texte, de ce refrain tant fredonné, la chorale et l’orchestre donnent le ton: un hommage non seulement à Zaki Nassif, mais au Liban dans sa totalité, dans son indivisibilité, ce tout sans confessions ni couleurs qu’a de tout temps célébré et chanté Zaki Nassif, comme tient à le rappeler Manoukian. Dix-neuf titres, dont Echtaqna ktir ya habayeb, Ahwak, Ya jar el-rida, Echtaqna aa Libnan, Baladi habibi, Daka w daka mchina, Mahma yitjarrah baladna… des morceaux très connus et d’autres beaucoup moins, à la surprise ou à l’envoûtement du public, la soirée se passe au rythme de la voix de chacun des interprètes, tour à tour puissante, lyrique, douce, sereine, passionnée, passionnelle…
Le public applaudit, entonne un refrain, quelques mots, se lance en applaudissements, en manifestation de contentement et de plaisir. Pas de surprise lors de ce concert, mais un rythme soutenu de bout en bout, même quand l’ambiance se fait moins entraînante, plus languissante, à commencer par la sélection des chansons, pour couvrir le plus large éventail possible du répertoire de Zaki Nassif.
Zaki Nassif qui, par moments, apparaît sur les deux écrans géants placés de part et d’autre de la scène, à travers des projections vidéos tirées des archives, où on entend la douceur de sa voix et où on voit son regard posé, serein, comme une bénédiction. Les spectateurs commentent entre eux ce qui se passe, se rappellent le temps d’antan, les souvenirs entourant chaque chanson, la voix des interprètes, connus pour certains, encore méconnus pour d’autres. C’est Soumaya Baalbaki qui «ouvre le bal», avec le titre Ahla bhal talli, voix puissante, voix qui porte au-delà des instruments, le reste est à l’avenant; Joseph Attié, applaudi sans conteste à chacune de ses apparitions, apporte ce souffle de virilité, mais pourquoi donc?, un accent du Golfe à un répertoire local; Ziad el-Ahmadié qui, une fois armé de son oud, pour la chanson Ramchet aynik, enflamme la foule et parvient à la conquérir sans plus aucune réticence; Ranine Chaar qui insuffle à chaque morceau une interprétation personnelle, unique, entre envolées lyriques et souffle puissant.
Le 29 juillet, au palais de Beiteddine, une soirée aux couleurs locales, dans la joie et l’allégresse. Et l’ultime éclatement, quand comme il est presque coutume de le faire, rejaillit le rythme de Rajeh yitammar Libnan, cet autre hymne national, entonné par les quatre interprètes rassemblés sur scène: Soumaya Baalbaki, Joseph Attié, Ziad el-Ahmadié et Ranine Chaar. Cette chanson qui ravive tout un chacun, qu’on attend tous pour applaudir, pour exulter, pour l’entendre encore une fois émaner de la scène, avant de repartir le souvenir de Zaki Nassif et du pays au coin des lèvres.

Nayla Rached
 

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