Magazine Le Mensuel

Nº 3067 du vendredi 19 août 2016

Confidences Liban

Confidences Liban

Présidentielle: Siniora contre Machnouk
En refusant la candidature de Michel Aoun, Fouad Siniora s’opposerait à Nouhad Machnouk qui, lui, la soutient. Saad Hariri, pour sa part, se dit dégagé de toute pression à ce sujet et refuse d’être mis au pied du mur. Le ministre de l’Intérieur et des Municipalités, au cours d’une réunion du Bloc parlementaire du Courant du futur, a nié promouvoir la candidature de Aoun et préconise de réfléchir à d’autres options. «Que Sleiman Frangié ne soit pas non plus candidat ad vitam æternam». «Le Futur, dit-il, est maître de sa décision. Il nous faut d’autres choix que la candidature du général Aoun». L’optimisme du ministre Machnouk sur le dossier de la présidence n’était pas au programme de la réunion et nul ne l’a interrogé sur la raison de cet optimisme.

Geagea ne lâche pas Aoun
Le chef des Forces libanaises (FL), Samir Geagea, est conscient de l’ampleur de la crise et des difficultés qui bloquent l’élection de Michel Aoun à la présidence, selon un politicien qui ajoute: «Cela ne l’empêche pas de poursuivre son action pour convaincre le général qu’il continuera à le soutenir, qu’il ne s’agit pas d’une manœuvre, même s’il ne réussit à convaincre ni Saad Hariri ni Walid Joumblatt». Ce dernier l’a renvoyé franchement à Nabih Berry, comme pour lui signifier qu’il respecterait la décision de son allié sur le dossier présidentiel.

Pas de document entre le Futur et le CPL
Des membres du Courant du futur (CDF) s’étonnent des bruits que font courir les milieux du Courant patriotique libre (CPL) sur un échange d’un document politique avec les représentants de Saad Hariri, brossant la vision à venir de la solution à la crise, si Aoun accédait à la présidence. Dans les milieux intéressés, la question qui se pose est celle de savoir si, pour le CPL, l’obstacle à l’élection du général vient du seul parti de Hariri et s’il ignore les positions de Nabih Berry et de Walid Joumblatt, ainsi que celles du 8 mars, exception faite du Hezbollah.

Echanges entre le CPL et Riyad?
Les options de Rabié sont inchangées depuis deux ans:
-Un pacte d’alliance, permettant l’élection, par un Parlement légitime, de Michel Aoun, le chrétien le plus représentatif.
-Organiser des élections parlementaires sur la base d’une loi juste (à la proportionnelle), en prévision d’une présidentielle qui, dans ces conditions, ne puisse faire arriver que le président chrétien consensuel fort.
-Organiser un sondage populaire (en deux étapes). Les aounistes répètent qu’ils sont rassurés, «la majorité chrétienne étant avec nous».
En dépit de l’opposition du Moustaqbal à sa candidature, le général Michel Aoun réussit à ouvrir certaines lignes avec l’Arabie saoudite et souhaite laisser le dossier présidentiel loin du conflit irano-saoudien.
Le plus important pour le CPL est que la composante sunnite soit présente et en nombre suffisant, car un mandat fort ne peut se passer de la composante sunnite, et souhaite, surtout, qu’il n’y ait pas de velléités de changement de régime.

Hariri réactive ses contacts
Dès son retour au Liban, Saad Hariri entreprendra ses contacts avec les ténors du pays pour réactiver la sortie de crise car, dit-il, le pays ne peut plus vivre dans cette situation. Il a besoin que s’ouvrent des brèches dans la vacance du pouvoir; la dégradation de la situation économique est due à l’instabilité politique et à la paralysie de l’action parlementaire, gouvernementale et autres institutions. Certaines sources n’écartent pas la possibilité de la rencontre de Saad Hariri, Nabih Berry, Walid Joumblatt, Sleiman Frangié et d’autres, dans une tentative d’accélérer l’élection du président de la République, clé de toutes les solutions.

Samy Gemayel candidat à Achrafié?
Des informations ont récemment filtré sur la possibilité pour le député Samy Gemayel de transférer sa candidature du Metn à Beyrouth, afin de faire revivre l’expérience de son grand-père dans la capitale. Sa sœur Nicole Gemayel se présenterait, quant à elle, au Metn. Mais au Metn, on ne croit pas que Samy Gemayel puisse renoncer à la base qu’il s’est constituée cesdernières années, sans compter les questions qui se poseraient concernant le siège maronite qu’occupe actuellement son cousin, Nadim Gemayel.

Hariri-Frangié: une relation constante
Saad Hariri réaffirme son appui à Sleiman Frangié. Les responsables des Marada travaillent sous le plafond annoncé par Frangié après sa visite à Nabih Berry, à Aïn el-Tiné, d’où il a réaffirmé le maintien de sa candidature à la présidence de la République. L’initiative de Hariri et sa relation avec son candidat sont constantes. Des proches de Frangié considèrent «normal que la longue durée de l’initiative présidentielle provoque de larges débats, notamment au centre du Moustaqbal, comme il est aussi normal que le Courant patriotique libre (CPL) profite de chaque brèche pour amener le général au palais de Baabda». Quoi qu’il en soit, rien n’est encore sûr et les choses peuvent changer.

Entre désignations et prorogations
En sortant ses ministres du gouvernement, le Courant patriotique libre (CPL) lui ôte la couverture chrétienne, le parti Kataëb n’en faisant pas partie et les Forces libanaises (FL) n’y étant pas représentées. Les choses ne sont toutefois pas aussi faciles que certains l’imaginent. Refusant de citer les candidats des plus chanceux pour le poste de commandement de l’armée, afin de ne pas entrer dans le bazar des noms et risquer de perdre la carte du candidat qu’ils soutiennent, le général Michel Aoun n’a pas désigné de candidats aux postes de commandement de l’armée ou du secrétariat du Conseil supérieur de la Défense, selon les informations recueillies dans des milieux politiques et militaires. Il a informé les autorités compétentes que ce qui s’applique au chef de l’état-major vaut aussi pour les deux autres postes: un officier maronite commandant en chef de l’armée et un officier sunnite secrétaire général du Conseil supérieur de la Défense. Walid Joumblatt avait informé le ministre de la Défense, Samir Mokbel, qu’il n’imposerait aucun candidat au poste de chef d’état-major, mais il insiste pour qu’il y soit nommé le plus haut gradé parmi les officiers druzes.
 

Nasrallah-Hariri: la difficile entente
Des sources du Courant du futur ont critiqué avant que «l’encre ne sèche» les propos de sayyed Hassan Nasrallah concernant un éventuel retour de Saad Hariri au Grand sérail. Cette déclaration, selon ces sources, serait-elle voulue par le sayyed pour remettre les débats sur des bases politiques? Ces «allusions» auraient-elles pour seul but celui de couvrir la responsabilité du Hezbollah dans le torpillage des institutions par la ténacité du soutien à la candidature du général Michel Aoun? Elles rappellent «l’accord entre Rabié et Haret-Hreik, qui avait précédé la guerre de juillet, preuve de la force de l’alliance chrétienne-chiite dans les équilibres internes». Les «allusions» de Nasrallah sur le retour de Hariri au Sérail sont-elles une ouverture politique sur une formule de consensus «donnant donnant»? Mais, estiment les sources, le message adressé au président Hariri n’apporte pas de «changements clairs». Cette confusion, selon le Futur, rend Hariri plus réservé vu les échecs essuyés à Doha et de la déclaration de Baabda avant la chute du gouvernement Hariri. Ce dernier n’accepterait pas d’être otage de Haret-Hreik, ont conclu les sources.

Les conseils européens ignorés
La Commission parlementaire chargée d’étudier le projet de loi électorale a reçu, à leur demande, les ambassadeurs d’Etats européens. Ceux-ci ont rappelé à leurs interlocuteurs que leurs pays respectifs avaient adopté le mode de scrutin proportionnel. L’encouragement voilé des diplomates n’a eu aucun écho chez les opposants à la proportionnelle, qui ont ignoré le message européen et n’ont pas essayé, même pour la forme, d’en discuter dans les réunions de leurs blocs parlementaires ou de leurs partis respectifs. Un politicien, qui a rapporté l’information, a ironisé sur la position de ses homologues: «Nous tous attendons le résultat et nous le souhaitons, mais sans aucun effort». Il ajoute: «Le rendez-vous avec la solution n’est pas connu  même si la guerre à Alep ne prenait que quelques mois, selon les partisans du 8 mars, alors que chacun sait que les prévisions les plus récentes parlent d’années». En conclusion, le politicien a appelé au dialogue national qui protège l’Etat des conséquences d’une grande défaite politique qui s’annonce à l’horizon.

La dynamique des Renseignements de l’armée
Un rapport diplomatique non arabe a fait état du déploiement des services de renseignements de l’Armée libanaise à Ersal où ils ont réussi à mener une écrasante campagne sécuritaire contre des groupes terroristes d’al-Qaïda, connus sous le nom de Front d’al-Nosra. Le rapport signale que, dans un temps record de trois ans, un grand nombre d’islamistes ont été liquidés, bien que bénéficiant d’appuis internes et régionaux de certains Etats et de forces partisanes confessionnelles. La journée du 16 août 2013 a été le point de départ de cette campagne, le ministre de la Défense de l’époque, Fayez Ghosn, ayant affiché les noms des terroristes, auteurs des explosions kamikazes dans la banlieue sud de Beyrouth. La capacité des Renseignements de l’Armée qui ont arrêté les coupables: Omar A. el-Attrache, Sami A. el-Attrache, Obeida M. el-Hajeiri, Ahmad Hamid et Sameh el-Barid, ainsi que Naïm Abbas a été appréciée. Il ne reste plus que trois terroristes non jugés: Sirajiddine Zoureikat, Hassan Zahran et Mohammad Omar el-Iali connu sous le nom d’Abou el-Bara’. Des rumeurs ont été rapportées sur une coopération de Moustafa el-Houjeiri (Abou Raki) avec les services de renseignements dans l’arrestation de terroristes hors Ersal afin de blanchir sa page et celle de ses enfants Ibada et Barra’ des crimes contre l’armée et les civils. Le tribunal militaire avait informé, par affichage, Houjeiri et son fils Ibada leur convocation au tribunal pour financement de terroristes et leur transport, le vendredi 20 juin, de Beyrouth à Ersal, avec des explosifs et des missiles.

Révélations israéliennes
Menahem Nahik Nefut, actuel vice-président du service du Mossad, révèle des secrets remontant à l’été 1982 où l’armée israélienne avait prévu un massacre des Palestiniens, après le retrait de l’OLP de Beyrouth. «Mais Menahem Begin avait été convaincu que le Mossad ne connaissait rien au Liban». L’assassinat de Bachir Gemayel avait donné à l’armée israélienne l’occasion d’envahir Beyrouth. Dans une intervention à la télévision israélienne, Nefut révèle qu’«Israël avait préparé l’invasion du Liban plusieurs années avant 1982, mais n’en attendait que le prétexte». Il a prétendu qu’il avait «proposé la première guerre au Liban des années avant 1982, et que le Mossad s’y était opposé. Un analyste libanais versé dans les affaires israéliennes souligne que «la position officielle israélienne cherche à occulter la responsabilité de l’armée israélienne dans l’attentat contre Bachir Gemayel et le rôle des unités dans l’exécution du massacre de Sabra et Chatila».

 

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