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Nº 3105 du vendredi 6 septembre 2019

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Nightlife. Le clubbing de la jeunesse beyrouthine revisité

La vie nocturne au Liban évolue vers de nouveaux standards de qualité. Le clubbing doit saisir la tendance et les goûts des jeunes générations qui rêvent de toucher les étoiles du crépuscule. Sinon, c’est l’échec annoncé.

Cette génération est vraiment «picky», dit le spécialiste de la restauration Omar Aoun. Elle est d’autant plus difficile à satisfaire qu’elle représente la génération d’Instagram, de facebook et de l’internet, celle du web.2.0. Elle est au courant de toutes les nouveautés sur le marché international de la nightlife, elle est sélective et sait bien choisir ce qui lui fait plaisir. Le profil de nos jeunes présente certes de nombreux avantages. Il incite les maestros de la nuit à être innovateur tant au niveau de la qualité de l’offre que de sa présentation. Le commentaire déplaisant d’un client sur Zomato, ou sur un des réseaux sociaux est susceptible de détruire la réputation d’un resto, d’un bar ou d’un resto-bar. Ce commentaire est lu par les followers du client, il est partagé et reposté. Suffisamment de fois pour que la nouvelle fasse le tour du pays pour ne mentionner que le marché local. D’un autre côté, le premier réflexe d’un jeune noctambule est de prendre en photo le plat commandé et servi s’il correspond à son goût et de le poster. Ce qui donne un sérieux coup de pouce promotionnel à l’endroit choisi pour passer agréablement la soirée jusqu’aux premières lueurs de l’aube.
La nightlife traditionnelle. Selon Omar Aoun, le jeune noctambule est à la recherche d’un package qui bouscule le concept de la nightlife traditionnelle des années 2000, où le client se contentait de danser et de boire. Pour ses nuits folles, la jeunesse d’aujourd’hui exige «un package» qui inclut une nourriture de qualité, un bon service et un programme de divertissement dans la plupart des cas «live entertainment». Mis à part B018, dont la création remonte au temps de la guerre au Liban, Omar Aoun ne voit pas dans son registre une boîte de nuit traditionnelle. Exigeante, la jeunesse vise haut et du coup les standards requis passent au niveau supérieur. Et, les propriétaires et gérants de boîte de nuit se sont mis aux goûts du jour.
 
Clubbing à Beyrouth
Le clubbing beyroutin n’est aucunement synonyme de jeunesse qui sort la nuit pour danser et s’enivrer. Dans les boîtes de nuit, on peut rencontrer une promiscuité de profils de noctambules à la base incompatibles tels que des intellectuels, des jeunes de droite, d’autres de gauche et des hippies. L’atmosphère festive n’est pas pour autant compromise. Le clubbing beyroutin prend du galon. Les propriétaires et les gérants des restos bars, des lounges et des Music House se livrent une concurrence serrée pour embaucher les meilleurs barmen libanais et étrangers, artistes de la mixologie. Selon des témoignages recueillis par Magazine, certains d’entre eux auraient la dextérité, la connaissance et la capacité de créer des cocktails alcoolisés sur mesure à la tête du client. Quant à l’atmosphère festive, les shows les mieux cotés à l’international se produisent sur nos planches. Les musiques concoctées par les DJ continuent d’attirer du monde. Néanmoins, il s’agit de DJ dont les performances ont été récompensées par des prix sur le double plan local et international. Les jeunes noctambules se sont déhanchés sur les musiques de DJ Roger, Caline et Miguel du groupe des Gypsy King, Dixon & Magda, Jeff Mills….        

Création de hubs
«L’idée de l’organisation de soirées hip-hop et R&B à Beyrouth ne m’a jamais effleuré l’esprit», souligne Omar Aoun. Pourtant, de telles soirées sont devenues courantes dans le pays. Des hubs de clubbing se sont créés au fil des années. On peut citer le Waterfront ou la nouvelle corniche de Beyrouth comme certains se plaisent à le désigner, Hamra, Badaro, Mar Mikhaël, Gemmayzé. Ces hubs sont prisés parce qu’ils procurent le confort et l’atmosphère festive que la jeunesse recherche. La promiscuité des endroits des boîtes de nuit leur offre un éventail d’options et les réservations au préalable ne sont plus obligatoires. Des parkings sont aménagés dans ses lieux et les voituriers sont bien rodés à leur métier. Ceci dit, il y a eu, à un certain moment, une bulle dans le domaine de la gastronomie, les restos-pub gérés par des non-professionnels ont rapidement mis la clé sous le paillasson. «La gestion d’un resto-pub ne se résume pas à la location d’un endroit et le recrutement d’un chef. C’est une aventure bien plus compliquée», dit Omar Aoun.
Par ailleurs, dans le domaine du clubbing beyroutin, les Power Music House ont été confirmés sur le marché. Il s’agit à titre indicatif Iris, SkyBar, Gärten uberhaus, AHM, Music Hall… Ces Music House sont là depuis plus d’une décade et ils ont fait leur preuve. Néanmoins, ils essaient de contrôler leur coût de gestion et se montrent plus flexibles, veillant au confort de leur clientèle. Ainsi les videurs, appelés physionomistes aux côtés desquels se trouvent dans la majorité des cas une personne spécialisée dans les relations publiques, postés aux entrées des grandes boîtes de nuit, deviennent plus flexibles en termes de filtrage de la clientèle, du moins au niveau des tenues vestimentaires. Le client est roi et doit se sentir bien dans sa peau pour faire la fête. Ceci dit, même dans ces endroits huppés devenus légendaires, les flambeurs se font de plus en plus rares. Les factures de 50 000$ par table ne sont plus une monnaie courante.

Liliane Mokbel

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