Magazine Le Mensuel

Nº 3108 du vendredi 6 décembre 2019

Banque

Une gestion appropriée aux moments difficiles

L’économie libanaise stagne depuis 2016 et le secteur financier, notamment bancaire, en subit les conséquences. En 2017, on a commencé à parler carrément d’une éventuelle crise économique et aujourd’hui, nous sommes au cœur de la récession.
Quant au secteur de l’assurance, l’un des piliers de notre économie, sa croissance n’a pas dépassé les 4% pour les quatre dernières années, étant due en grande partie à l’inflation et à l’augmentation des primes médicales, en particulier. Les assureurs ont désormais un défi à relever face à des difficultés financières affectant le pouvoir d’achat des gens. Les assurés, quant à eux, ajournent leurs paiements ou les échelonnent, bien que d’autres préfèrent modifier les conditions de couverture afin de réduire les primes annuelles.
Sur cette base, pour les mois à venir, les assureurs dirigeront leurs efforts vers l’encaissement des primes, afin de garantir un flux de trésorerie stable, et vers la conservation des clients existants, et le renouvellement des polices pour l’année 2020. Sans doute, un ralentissement est inévitable pour cette année, et une éventuelle stagnation pour l’année prochaine sont parmi nos expectatives.
De plus, l’arrêt presque total des prêts bancaires se reflètera sur la vente des assurances auto, habitation, crédit et même commerciales, comme les assurances de transports de marchandises.
Notre priorité en cette période de fin d’année est le renouvellement des traités d’assurance avec nos réassureurs européens et mondiaux qui nous procurent constamment le support technique, surtout durant les circonstances difficiles. En effet, jusqu’à fin 2019, notre but est d’achever les renouvellements dans les meilleures conditions et de transférer les virements de fonds à nos réassureurs comme prévu.
Le secteur de l’assurance a subi des guerres et a pu rebondir, et nous sommes confiants que notre secteur s’en sortira avec le moins de pertes.
Pareillement au secteur bancaire, notre secteur pourrait également envisager une vague de fusion et d’acquisition, sachant que ce sujet n’est pas récent mais devient de plus en plus nécessaire, vu les circonstances pressantes. L’ICC l’avait déjà signalé dans les dernières réformes recommandées pour le secteur tout en soulignant l’importance de cette opération qui protègerait le marché et les assurés d’une part, et améliorerait la solvabilité des compagnies d’assurance de l’autre, afin qu’elles puissent continuer à couvrir les indemnités.
Enfin, notre mission est de garantir aux assurés la protection et la sécurité contre les risques imprévisibles. En temps de crise et de récession, on a tendance à conserver ses couvertures d’assurance par peur d’une aggravation de la situation. Notre rôle reste primordial, comme celui des banques, et nous sommes optimistes que la phase de relance économique dévoilera de nouvelles opportunités surtout dans le domaine du cyber et du pétrole.

FATEH BEKDACHE
PDG AROPE INSURANCE SAL

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