Quadra. Des solutions de tri pour les fruits
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Nº 3104 du vendredi 2 août 2019

Quadra. Des solutions de tri pour les fruits

 
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Cette start-up fabrique des machines destinées à faciliter le tri et le calibrage aux entreprises vendant des fruits et légumes, selon les normes du marché international.
 

Le parcours classique des fruits et légumes avant d’arriver dans notre assiette, est d’être cueillis, lavés, triés avant d’être conditionnés et vendus sur les étalages du commerce. Quadra Machinery – officiellement lancée en début d’année 2019 par trois jeunes ingénieurs, Kevin Boutros, Serge al-Khoury et Kristina Farah – propose d’automatiser la troisième étape. Principalement destinées aux négociants et supermarchés, l’initiative base son dispositif selon la taille, le poids, la couleur et la qualité aussi bien visuelle qu’interne des produits. En plus de leur apporter une valeur ajoutée au niveau de la qualité, c’est un gain de temps comparé à la pratique manuelle pour les producteurs et travailleurs du secteur. Le projet développé au sein de l’accélérateur spécialisé en innovations en techniques agricoles de Berytech Agrytech, a déjà remporté plusieurs prix et a fini vainqueur de l’idée innovante Ideas Track du concours Arab Startup où l’équipe a pu bénéficier de précieux conseils.

Des prix concurrentiels
Le problème majeur de ces outils déjà bien implantés dans les pays riches et développés, est leur prix, pouvant atteindre jusqu’à plusieurs millions de dollars pour les plus performants. Dans les pays tel que le Liban, ce coût est un frein énorme, le contraignant à conserver l’ancienne façon de faire, manuelle. Un désavantage handicapant d’une part rentabilité et exportation, et impactant le produit en tant que tel. C’est pour ces raisons diverses que Quadra réfléchit sa technologie en lien aux besoins des régions en croissance, comme le Mena, l’Europe de l’est, l’Afrique ou encore l’Amérique du sud.
Développé à partir des normes internationales, l’appareil, qui est programmé par ordinateur, évolue en fonction des nécessités du client, rythmées par les saisons, selon la nature du fruit et ses défauts spécifiques. Si le coût se veut abordable comparé à la concurrence, la productivité n’est pas remise en cause. Ainsi la capacité de la machine est extensible et peut aller d’une à six tonnes par heure. Le respect des normes mondiales vise dans un futur proche à permettre aux entreprises libanaises d’exporter leurs marchandises.

Service après vente
La relation client de Quadra ne s’arrête pas à la vente de leurs machines. Grâce à une équipe de pointe, un suivi basé sur des conseils personnalisés et sur une maintenance aussi bien technique qu’informatique est proposé avec la mise à jour des logiciels. Derrière ce projet, une volonté d’apporter une pierre à l’édifice de la relance économique du Liban, pour y créer de nouvelles opportunités d’emploi et sensibiliser aux questions sanitaires liées à l’alimentation. Le lancement s’est révélé déjà très prometteur et la jeune start-up a déjà été contactée par de nombreuses entreprises. À court terme, le but de Quadra est d’atteindre la région Mena, l’Europe orientale, et l’Asie pour à plus long terme, percer sur le marché mondial.

NOéMIE DE BELLAIGUE

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Éditorial
La stratégie invisible de Donald Trump

Au-delà du discours populiste, des dérives racistes et des propos inconséquents, le plus inquiétant dans la personnalité de Donald Trump c’est qu’il donne l’impression de faire cavalier seul, dans le sens où certaines des décisions qu’il prend ne semblent pas s’inscrire dans le cadre d’une stratégie mûrement réfléchie, minutieusement élaborée, et convenablement mise en œuvre par les différents départements du processus du «decision-making» aux Etats-Unis. Une stratégie prévoyant les conséquences sur les équilibres mondiaux et prenant en compte les intérêts de ses alliés.Le président américain a ainsi marqué une pause dans sa guerre commerciale contre la Chine après avoir pris des sanctions à l’emporte-pièce, sans en mesurer l’impact sur l’économie américaine. La tentative de mettre à genoux le Chinois Huawei s’est heurtée aux réticences d’un grand nombre d’entreprises américaines, qui ont fait pression sur l’Administration. Sur un plan plus général, Pékin a riposté par des mesures ciblées contre la taxation par Donald Trump de produits chinois d’une valeur de plusieurs centaines de milliards de dollars. Les mesures de rétorsion chinoises ont mis à mal le secteur agricole aux Etats-Unis, pour qui l’Empire du milieu constituait un important marché. Le président Trump s’est donc tiré une balle dans le pied puisque les agriculteurs constituent une pierre angulaire de sa base électorale. C’est principalement pour répondre à leur demande que le locataire de la Maison-Blanche a décrété une trêve avec Pékin.Par ailleurs, les mesures contre Huawei ont poussé le géant chinois à accélérer ses programmes d’autonomisation pour ne plus dépendre exclusivement des logiciels et autres produits fabriqués par les entreprises américaines. Bien que les Etats-Unis aient reculé, Huawei poursuivra sur la voie de l’autonomisation car rien ne garantit que demain, ou un autre jour, Donald Trump ou un autre président, ne décideront pas de revenir à l’option des sanctions.Plus proche du Liban, la confrontation entre les Etats-Unis et l’Iran donne lieu aux mêmes observations. Par vanité ou par ignorance, Donald Trump croyait, à tort, que Téhéran lèverait le drapeau blanc au bout de quelques mois de sanctions, couplées de menaces. Les sanctions sont toujours là mais les menaces, elles, perdent du volume. Au tout début, Trump menaçait la République islamique des pires gémonies si elle osait s’en prendre «aux ressortissants US, aux intérêts américains et aux alliés des Etats-Unis». Puis les «alliés» ont disparu de son discours, suivis des «intérêts», vu qu’il n’a pas riposté à la destruction du drone-espion Triton, qui vaut 220 millions de dollars, par un missile iranien qui a coûté lui quelques dizaines de milliers de dollars.Dans le bras de fer irano-américain, le monde assiste presque en temps réel, aux scènes de ménage entre Donald Trump et certains de ses conseillers, comme John Bolton, un va-t’en-guerre patenté qui cherche à entraîner son patron dans un conflit militaire que ce dernier ne souhaite pas en pleine campagne électorale.Dans ce paysage lamentable et pitoyable, les alliés des Etats-Unis sont les dindons de la farce. Ils constatent, avec effroi, que leur protecteur n’est pas si pressé de les protéger. C’est probablement pour cette raison que les Emirats arabes unis ont commencé les manœuvres pour un atterrissage en douceur en se désengageant de la guerre du Yémen.  


 Paul Khalifeh
   

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