Pierre Rabbat. L’ingénieur devenu la coqueluche des plateaux
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Nº 3102 du vendredi 7 juin 2019

Pierre Rabbat. L’ingénieur devenu la coqueluche des plateaux

 
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    Pierre Rabbat. L’ingénieur devenu la coqueluche des plateaux
    Depuis quatre ans, il est le présentateur de l’émission phare de la MTV Menna W Jerr. Animateur, producteur, créateur de concept, Pierre Rabbat a plus d’une corde à son arc....
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Depuis quatre ans, il est le présentateur de l’émission phare de la MTV Menna W Jerr. Animateur, producteur, créateur de concept, Pierre Rabbat a plus d’une corde à son arc. Magazine l’a rencontré.
 

Rien ne prédisposait Pierre Rabbat, ingénieur en télécommunications, à devenir l’animateur d’une émission à succès, fermement attendue par le public tous les mardis soirs. Il est encore en première année d’université lorsqu’il travaille au Virgin Mégastore pendant les trois mois d’été. Son travail est si satisfaisant pour ses employeurs que l’année suivante il est contacté par le magasin pour y travailler durant le mois d’août. «J’étais capable de passer 40 minutes avec un client pour lui donner des explications sur un Sound system», confie Pierre Rabbat.
Son premier contact avec le monde de l’audiovisuel remonte à un stage qu’il effectue durant sa formation d’ingénieur à la Maison de la Radio en France portant sur la technologie, l’informatique et le développement technique de la radio. «Comment effectuer la transition des médias conventionnels vers le numérique était mon projet de diplôme», souligne-t-il. En 2003, il rencontre le Pdg de la MTV, Michel Murr, qui lui propose d’animer Rotana Café, une émission adressée aux jeunes et portant sur tout ce qui est relatif au high-tech, sur Rotana TV, lancée à la demande du prince al-Walid bin Talal. «J’étais très cool durant le casting et on m’a demandé de commencer le lendemain.» Pierre Rabbat présente Rotana Café jusqu’en 2006, date à laquelle il obtient son diplôme d’ingénieur en télécommunications. «J’ai décroché un contrat de travail dans mon domaine de spécialisation à Dubaï. Lorsque j’ai fait part à Michel Murr de mon intention de partir pour le Golfe, il m’a fait la même proposition pour rester au Liban.»
 
L’idée vaut de l’argent
Pierre Rabbat fait ses débuts dans le département de Recherche et développement à Studiovision. «J’ai importé toutes les technologies de pointe. J’assistais constamment à des expositions et des foires internationales et je rapportais des innovations au sein de la compagnie, jusqu’en 2009, date de la réouverture de la MTV.» Il se lance alors dans la production et la programmation et présente l’émission Log in pendant un an, suivie par Trending.
«J’ai toujours eu envie de présenter une émission, avec plusieurs chroniqueurs autour d’une table ronde, dans une ambiance décontractée». Pendant 6 mois, sans rien dire à personne, sans aucune autorisation, Pierre Rabbat s’active. Il crée un programme, allant même jusqu’à concevoir un logo. «J’aime présenter un produit fini», dit-il. Il prend contact avec la directrice de production, Katia Bacha, et lui demande de filmer le pilote d’une émission. «Après le montage, j’ai pris rendez-vous avec Michel Murr et lui ai proposé le produit en prime time. Il n’a pas voulu me décourager mais il m’a précisé que j’étais encore jeune et qu’il fallait procéder par étape: écrire l’idée, la développer, présenter un synopsis puis passer à l’étape suivante. Nous étions au mois de juillet, et il demande au directeur de la programmation, Christian Gemayel, de réserver une place pour l’émission dans la grille de septembre». C’est ainsi que Menel ekhir est né. «Pourtant, le premier épisode a été un fiasco total. En plein tournage, il y a eu un clash entre les chroniqueurs. Malgré tout, Michel Murr m’a encouragé à poursuivre et à ne pas baisser les bras.» Finalement, Menel ekhir est lancé en 2010 et Pierre Rabbat présente 4 saisons jusqu’en 2014, ainsi qu’une édition spéciale en été. Face au succès, le concept est acheté par DMTV, une chaîne de télévision à Dubaï et aujourd’hui, le présentateur détient le copyright pour chaque épisode. «Une idée vaut de l’argent. C’est la raison pour laquelle il ne faut jamais voler l’idée ou le concept de quelqu’un d’autre.»

Lorsqu’il présente Menel ekhir, Pierre Rabbat a tout juste 26 ans. «Pour être pris au sérieux, je me suis entouré sur le plateau de personnes plus âgées que moi, ayant de l’expérience, chacune étant connue dans son domaine, comme Rached Bohsali, Sari el-Khazen et d’autres.»

13 émissions pilotes
Au bout de quatre ans, Pierre Rabbat décide de rénover son émission. «Nous avons alors décidé d’acheter le format de l’émission Touche pas à mon poste de Cyril Hanouna. En compagnie de Carl Murr, nous avons proposé l’idée à Hanouna qui en a été ravi.» Le casting commence. «C’est une émission difficile, à double tranchant. Cela nous a pris un an et demi pour lancer Menna w Jerr. J’ai fait 13 épisodes pilotes juste pour m’entraîner. Je voulais que la première fois où je passe à l’antenne soit le 14ème épisode et pas le premier. Je souhaitais être parfaitement à l’aise avec les chroniqueurs.»
Avec Menna w Jerr, qui voit le jour en 2016, Pierre Rabbat innove. «C’était la seule émission qui nommait par leurs noms les autres chaînes et programmes. Ceci a provoqué un choc chez les spectateurs parce que c’était une chose qui ne se faisait pas auparavant. Cette attitude nous a attiré beaucoup d’attaques et de critiques alors que d’autres, au contraire, nous ont appuyés.» L’animateur se défend de faire du bullying et affirme simplement pointer les erreurs. «Comme toute chose au Liban, tout le monde a voulu faire pareil. Il y a eu un phénomène d’imitation de Menna w Jerr par d’autres stations».  
Animateur, présentateur et producteur, Pierre Rabbat s’est également investi dans la programmation. Depuis plus de 10 ans, il assiste régulièrement au MIPCOM (Marché international des programmes de communication) et au MIPTV (Marché international des programmes de télévision), organisés tous les ans à Cannes sur la Côte d’Azur, au cours desquels les plus grandes boîtes de production découvrent et achètent de nouvelles émissions. «En 2014, j’ai été le premier Libanais à présenter une idée à Cannes et j’ai gagné le second prix du Best fresh format.»
Créateur de concept, Pierre Rabbat s’occupe également de tout ce qui concerne les nouveaux formats pour MTV et Studiovision. «Je m’occupe aussi de la vente des formats dans les pays arabes.» A son actif, les émissions Dinner in the Sky, Min Al, Treka ‘Alayna, Khallso el Baroud et d’autres.
Faire des émissions en direct est un défi qu’il n’est pas toujours facile de relever et de réussir. «J’adore le direct. C’est une sorte de match de deux heures qu’il faut à tout prix gagner. C’est dur et c’est la raison pour laquelle il faut être le producteur de sa propre émission. C’est moi qui la gère. C’est certainement plus facile d’enregistrer 6 heures et puis de faire du editing d’une heure et demie.» Pour le présentateur, le plus grand défi est le dynamisme de l’émission, le fait de garder le tempo tout au long du programme sans que celui-ci ne s’essouffle. «Il faut tenir l’audience en haleine, maintenir son intérêt et son attention tout le temps. Cela exige de l’expérience, de la culture et des connaissances en management. J’ai avec moi sur le plateau 6 chroniqueurs, 1 ou 2 invités, 2 intervenants sur le plateau et 15 personnes de l’équipe de production dans mon oreille qui attendent les commandes. Personne au Liban ne fait du Entertainment talk-show en direct, qui n’est pas du one-to-one». Comment arrive-t-il à gérer tout ce monde? «Je suis une personne aimable et je
comprends les gens mais en même temps, il y a une émission qu’il faut réussir. Ce qui m’importe, c’est le produit final à l’antenne. Jamais je ne fais sentir que je suis le directeur. Nous sommes tous à égale distance sur le plateau mais il faut qu’ils reviennent à mes directives car je suis le ‘decision maker’.» 

Un influenceur
Sa présence très active sur les réseaux sociaux fait de lui un important influenceur. Pierre Rabbat vient d’obtenir le prix du Best Public Figure on Social Media décerné par le Middle East Social Media Award.
«Si on n’est pas soi-même sur les réseaux sociaux, les gens ne vous suivent pas. Le public aime les personnes authentiques et cela se ressent immédiatement.» Il est également l’image de marque des voitures Cadillac et le consultant pour le Food & Beverage du restaurant To-Gather. Passionné de cuisine, en collaboration avec le supermarché Spinney’s, il vient tout juste de lancer une marque de produit gourmet sous le label The famous recipe. «J’encourage aussi ma femme à faire des gâteaux qu’elle vend en ligne sur The famous recipe.»

Joëlle Seif
 

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Éditorial
L’inacceptable dictaturedes agences de notation

Le gouvernement avait à peine approuvé le projet de budget 2019 que l’agence de notation internationale Standard & Poor’s (S&P) se fendait d’un commentaire négatif, expédié sous forme de mail. Signé par Zahabia Salim Gupta, analyste chargée du Liban à S&P, le communiqué estime que l’objectif de réduction de déficit public annoncé par le gouvernement libanais pourrait ne pas suffire à redonner confiance aux investisseurs. «Nous estimons que le déficit atteindra environ 10% du PIB en 2019 (…) En l’absence de mesures substantielles pour augmenter les recettes de l’État et réduire ses dépenses, nous tablons sur une augmentation du ratio dette/PIB, qui atteindra un seuil de 160% en 2022», a notamment affirmé Zahabia Salim Gupta.Ce jugement précipité – de l’avis des plus éminents experts économiques libanais – qui donne un mauvais signal à la communauté des affaires, aux investisseurs et aux citoyens libanais, suscite de nombreuses interrogations de par son timing et ses objectifs réels. Pour quelqu’un qui brandit l’argument de la «confiance», Mme Gupta n’a pas l’air très soucieuse d’aider à la rétablir. Sauf si son véritable but est justement de procéder à un travail de sape de ce qu’il reste de confiance dans l’économie libanaise et dans sa capacité à se redresser.En lisant ces lignes, certains nous accuseront de voir des complots partout. Libre à eux de se complaire dans leur naïveté et de continuer à prendre pour parole d’Evangile ce qui est émis par ces sacro-saintes institutions internationales. Libre à eux, aussi, de ne pas douter des compétences de ces experts et de refuser de leur attribuer des intentions douteuses.Pour notre part, nous gardons en mémoire les graves dysfonctionnements des agences de notations qui se sont lourdement trompées à plusieurs reprises ou qui ont failli au rôle de régulateur qui leur a été conféré, sans qu’elles ne le méritent réellement.L’incapacité des grandes agences à anticiper la crise des subprimes aux Etats-Unis, en 2007-2008, a soulevé de nombreuses interrogations non seulement quant à leurs réelles compétences et à leur efficacité mais aussi au sujet de leur code d’éthique et de leur échelle de valeur. Ceux-ci semblent essentiellement guidés par la profitabilité.Concernant Standard & Poor’s, nous rappelons à ceux qui s’émerveillent devant ses jugements, que cette agence, comme toutes les autres d’ailleurs, collectionnent les prestations douteuses. L’agence a été publiquement sanctionnée en juin 2014 par l’Autorité européenne de surveillance des agences de notation pour avoir «par erreur» annoncé une dégradation de la note de la France en 2011.En 2015, la Securities and Exchange Commission (SEC) aux Etats-Unis a décidé de bannir pour un an Standard & Poor’s de l’un des marchés d’émission de dette les plus lucratifs, celui de l’immobilier commercial. Cette sanction, assortie d’une amende de 60 millions de dollars, a été prise car S&P a émis des notes trop complaisantes sur des obligations intégrant des prêts hypothécaires subprimes ayant alimenté la crise financière.Même le Sénat américain avait révélé dans un rapport que Moody’s et Standard & Poor’s avaient eu des comportements éthiques discutables et condamnables.La liste des couacs est longue mais nous en resterons là. Nous préférons accorder la primauté aux experts libanais, reconnus dans le monde entier pour leurs compétences, plutôt qu’à des «analystes» aux sombres desseins. Ce sont les Libanais que nous écouterons. Qui a dit que nul n’est prophète en son pays?  


 Paul Khalifeh
   

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