Confidences sécurité
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Nº 3102 du vendredi 7 juin 2019

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    Réunification familiale à daech Le récit de trois Libanaises Le 5 mars 2019, un avion de la Middle East Airlines (MEA) en provenance de Bagdad a atterri à l'aéroport de Beyrouth avec,...
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Réunification familiale à daech
Le récit de trois Libanaises

Le 5 mars 2019, un avion de la Middle East Airlines (MEA) en provenance de Bagdad a atterri à l'aéroport de Beyrouth avec, à son bord, trois femmes accompagnées de huit enfants. Il s'agit de trois Libanaises, Israa Ziad Kasan, Mouna Ali Darwich et Noor Bakhach, des femmes de combattants libanais du groupe extrémiste Etat islamique, expulsées d'Irak avec leurs enfants. Dès sa descente d'avion, le groupe a été accueilli par des agents de sécurité. Les trois femmes ont été emmenées au ministère de la Défense, où elles ont été interrogées. Elle ont reconnu avoir rejoint, en 2017, leurs époux respectifs en Syrie à l'issue d'un long et périlleux périple qui les a menées dans le désert syrien, puis dans le camp de Rokban, pas loin d'Irak et de Jordanie, avant d'atterrir dans la province de Hama, dont une partie était encore aux mains de Daech avant d'être reprise par l'armée syrienne. Les enquêteurs ont retrouvé sur leurs téléphones des photos de leurs époux, les armes à la main, mais n'ont pas noté des appels passés par les jeunes femmes à des suspects recherchés par les services de sécurité au Liban. C'est à travers Telegram que les jeunes femmes sont entrées en contact avec un responsable de l'Etat islamique chargé de la «réunification des familles». Moustapha Ali Youssef, l'époux de Israa Kasan, son frère Abdel Rahman Youssef, l'époux de Mona Darwiche, et Naji Kamareddine, le mari de Noor Bakhach, seraient tous les trois morts au combat à des dates et des endroits différents, selon les trois jeunes femmes.

Le Hezbollah évacue 500 appartements
La crise financière que traverse le Hezbollah à cause des sanctions américaines qui le touchent ainsi que l'Iran, son principal bailleur de fonds, n'est plus un secret pour personne. Même des membres du parti utilisent le mot «austérité» pour décrire la situation que vit leur parti en ce moment. Cependant, des sources du Hezbollah démentent catégoriquement les informations publiées par le Washington Post selon lesquelles la fermeture de la chaîne de télévision al-Manar est envisagée dans le cadre de la réduction des dépenses. Des mesures d'austérité ont bel et bien été prises pour surmonter la crise actuelle mais elles ne concernent pas la structure militaire du parti, ses services de sécurité et ses principaux médias. Elles touchent essentiellement des prestations sociales et autres aides fournies aux partisans et à leurs familles. Dans le cadre de la réduction des dépenses, le Hezbollah a par ailleurs évacué quelque 500 appartements qu'il louait dans différentes régions du pays.  



Profil bas
«Où est Abbas Ibrahim?» C'est la question que l'on entend dans certains milieux qui s'étonnent de «l'effacement du directeur de la Sûreté générale (SG) alors que de grandes manœuvres politiques et sécuritaires se déroulent dans le pays dans le but non avoué de modifier les rapports de force internes». Ces milieux notent un changement dans l'attitude du patron de la SG, qui a joué les deux premières années du mandat un rôle de médiation politique entre les hauts dirigeants, souvent à la demande du président Aoun. «Abbas Ibrahim se tient à l'écart car il a été échaudé par l'échec de sa médiation lors de la formation du gouvernement», croit savoir une source informée.

119
documents d'identité falsifiés ont été découverts par les agents de la Sûreté générale (SG) aux différents points de passage frontaliers du pays au mois de mars dernier. La Syrie reste en tête des pays dont les papiers d'identité sont contrefaits avec 34 documents saisis, soit 29% du total. Elle est suivie par la Bulgarie, avec 20 documents (17%) puis l'Allemagne (10 documents soit 8%). Parmi les 119 documents falsifiés découverts en mars figurent 50 passeports et
24 cartes d'identité.     


Lutte renforcée
Après la dernière réunion du Conseil supérieur de défense au palais de Baabda, le 15 avril,  les observateurs ont noté un renforcement de la lutte des services de sécurité, notamment les renseignements militaires, contre les ressortissants syriens entrés illégalement au Liban. Les personnes qui profitent de leur statut de réfugié tout en travaillant au Liban et celles qui n'ont pas renouvelé leur permis de séjour sont plus particulièrement dans le ligne de mire des services.


Budget d'austérité
L'armée libanaise affectée Les coupes budgétaires et les restrictions imposées par le ministère des Finances aux dépenses publiques pourraient avoir des répercussions sérieuses sur l'armée libanaise, selon des sources informées. Le projet de budget 2019 ne prévoit presque pas de montants pour l'achat de nouveaux équipements militaires, sachant que la plus grande partie du matériel est offerte par les Etats-Unis. C'est surtout l'achat de pièces de rechange qui pourrait être affecté par la politique d'austérité qui touche l'institution militaire. De plus, le ministère des Finances a cessé, depuis près de six mois, de débloquer des fonds au profit de l'armée dans le cadre du douzième provisoire. Ce manque d'argent affecte principalement les travaux de maintenance des véhicules militaires, notamment ceux qui sont déployés sur le terrain au Liban-sud et à la frontière orientale. Un certain nombre de véhicules sont désormais hors service.     

 



Les services de sécurité recrutent
Les divers services de sécurité ont été les moins touchés par les coupes budgétaires même si des réductions ont eu lieu dans les différents ministères desquels ils relèvent. Aucun effort n'a été demandé à ces services, notamment la réduction du nombre d'informateurs, vu l'importance de la sécurité pour la stabilité politique et économique du pays. Dans ce contexte, le service de renseignement des Forces de sécurité intérieure (FSI), qui dispose déjà de 40 appartements banalisés à Beyrouth, projette de poursuivre l'expansion de ses réseaux et de ses infrastructures dans la capitale et dans d'autres régions du pays. La Sûreté générale (SG), elle, veut continuer à recruter des informateurs, notamment parmi les réfugiés syriens.     

Beyrouth, chasse gardée des FSI
Des divergences sont apparues au sein du conseil municipal de Beyrouth au sujet du second centre de gestion des embouteillages  qui vient d'être achevé dans la région de la Quarantaine. Ce centre est relié à des dizaines de caméras installées à l'intérieur et aux entrées de la capitale. A la demande du Premier ministre Saad Hariri, le conseil municipal a voté à la majorité pour que la gestion de ce centre soit confiée aux Forces de sécurité intérieure (FSI). Seuls les deux membres aounistes du conseil ont préféré que cette structure soit mise à la disposition de l'armée libanaise. Ce projet, d'un coût de 36 millions de dollars, permet de surveiller presque toutes les rues de la capitale.


Les Américains insatisfaits de Aoun
Contrairement à certaines analyses qui circulent selon lesquelles le général Joseph Aoun, serait la «carte cachée» des Etats-Unis au Liban, des informations sûres affirment que les Américains ne seraient pas satisfaits du degré de «coopération politique» du commandant en chef de l'armée. Sur le plan de la coopération militaire, les relations sont excellentes, surtout que le général Aoun a résolument fait le choix américain en termes d'armes, d'équipements, de formation et d'entraînement. Mais le commandant en chef campe sur ses positions lorsque les Etats-Unis lui demandent d'être plus regardant, plus exigeant concernant le Hezbollah. Le général Aoun oppose toujours à ses interlocuteurs qui essaient de le convaincre de changer d'attitude envers le Hezbollah que cette décision revient exclusivement aux autorités politiques.


Le Qalamoun, fief du HEzbollah
Avec l'accord du gouvernement syrien, le Hezbollah a transformé la région du Qalamoun occidental, à la frontière avec le Liban, en place forte militaire. Dans ce massif montagneux de plusieurs centaines de kilomètres carrés, le parti chiite a concentré d'importantes troupes et de grandes quantités d'armes et d'équipements. Cette région escarpée présente des avantages pour le camouflage et les grottes naturelles ou creusées dans la roche offrent une protection efficace contre les bombardements aériens. Selon certaines sources, c'est dans le Qalamoun que le Hezbollah aurait installé une partie de ses missiles de longue portée et de haute précision. Le parti aurait également aménagé des pistes de décollage pour sa flotte de drones armés. L'aviation israélienne multiplie les vols de reconnaissance dans le Qalamoun pour établir une «banque de cibles».

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Éditorial
L’inacceptable dictaturedes agences de notation

Le gouvernement avait à peine approuvé le projet de budget 2019 que l’agence de notation internationale Standard & Poor’s (S&P) se fendait d’un commentaire négatif, expédié sous forme de mail. Signé par Zahabia Salim Gupta, analyste chargée du Liban à S&P, le communiqué estime que l’objectif de réduction de déficit public annoncé par le gouvernement libanais pourrait ne pas suffire à redonner confiance aux investisseurs. «Nous estimons que le déficit atteindra environ 10% du PIB en 2019 (…) En l’absence de mesures substantielles pour augmenter les recettes de l’État et réduire ses dépenses, nous tablons sur une augmentation du ratio dette/PIB, qui atteindra un seuil de 160% en 2022», a notamment affirmé Zahabia Salim Gupta.Ce jugement précipité – de l’avis des plus éminents experts économiques libanais – qui donne un mauvais signal à la communauté des affaires, aux investisseurs et aux citoyens libanais, suscite de nombreuses interrogations de par son timing et ses objectifs réels. Pour quelqu’un qui brandit l’argument de la «confiance», Mme Gupta n’a pas l’air très soucieuse d’aider à la rétablir. Sauf si son véritable but est justement de procéder à un travail de sape de ce qu’il reste de confiance dans l’économie libanaise et dans sa capacité à se redresser.En lisant ces lignes, certains nous accuseront de voir des complots partout. Libre à eux de se complaire dans leur naïveté et de continuer à prendre pour parole d’Evangile ce qui est émis par ces sacro-saintes institutions internationales. Libre à eux, aussi, de ne pas douter des compétences de ces experts et de refuser de leur attribuer des intentions douteuses.Pour notre part, nous gardons en mémoire les graves dysfonctionnements des agences de notations qui se sont lourdement trompées à plusieurs reprises ou qui ont failli au rôle de régulateur qui leur a été conféré, sans qu’elles ne le méritent réellement.L’incapacité des grandes agences à anticiper la crise des subprimes aux Etats-Unis, en 2007-2008, a soulevé de nombreuses interrogations non seulement quant à leurs réelles compétences et à leur efficacité mais aussi au sujet de leur code d’éthique et de leur échelle de valeur. Ceux-ci semblent essentiellement guidés par la profitabilité.Concernant Standard & Poor’s, nous rappelons à ceux qui s’émerveillent devant ses jugements, que cette agence, comme toutes les autres d’ailleurs, collectionnent les prestations douteuses. L’agence a été publiquement sanctionnée en juin 2014 par l’Autorité européenne de surveillance des agences de notation pour avoir «par erreur» annoncé une dégradation de la note de la France en 2011.En 2015, la Securities and Exchange Commission (SEC) aux Etats-Unis a décidé de bannir pour un an Standard & Poor’s de l’un des marchés d’émission de dette les plus lucratifs, celui de l’immobilier commercial. Cette sanction, assortie d’une amende de 60 millions de dollars, a été prise car S&P a émis des notes trop complaisantes sur des obligations intégrant des prêts hypothécaires subprimes ayant alimenté la crise financière.Même le Sénat américain avait révélé dans un rapport que Moody’s et Standard & Poor’s avaient eu des comportements éthiques discutables et condamnables.La liste des couacs est longue mais nous en resterons là. Nous préférons accorder la primauté aux experts libanais, reconnus dans le monde entier pour leurs compétences, plutôt qu’à des «analystes» aux sombres desseins. Ce sont les Libanais que nous écouterons. Qui a dit que nul n’est prophète en son pays?  


 Paul Khalifeh
   

Santé

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