Mort de Stéphane Attali: Un grand ami du Liban disparaît
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Nº 3103 du vendredi 5 juillet 2019

Mort de Stéphane Attali: Un grand ami du Liban disparaît

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    Stéphane Attali, directeur général de l’Ecole supérieure des affaires (Esa), est parti mardi 2 juillet 2019 après une longue lutte contre la maladie. Avec sa mort, le Liban perd un...
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Stéphane Attali, directeur général de l’Ecole supérieure des affaires (Esa), est parti mardi 2 juillet 2019 après une longue lutte contre la maladie. Avec sa mort, le Liban perd un précieux ami qui a consacré des années de sa vie à créer l’excellence au pays du Cèdre.

 

Père de huit enfants, dont six nés au Liban, Stéphane Attali a choisi dès 2002 le Liban comme pays de cœur. Il est détaché une première fois au pays du Cèdre de 2002 à 2007 en tant que responsable du développement - adjoint du directeur général de l’Ecole supérieur des Affaires (Esa) et une deuxième fois en 2009 au titre de directeur général.

Dans un communiqué annonçant le décès de Stéphane Attali, l’Esa souligne que «sous l’impulsion d’un directeur visionnaire, entrepreneur et bâtisseur, l’Ecole s’est transformée, s’est renouvelée, dynamisée et rayonnante de ses idées, de sa ténacité, de son optimisme et de sa permanente volonté d’agir et de viser toujours plus haut.» 

«Stéphane Attali a instauré des valeurs que tous, employés, étudiants, alumni, amis, clients, fournisseurs et partenaires ne pouvaient qu’honorer. Le professionnalisme, le respect, la loyauté, l’ouverture et l’innovation faisaient partie intégrante de son quotidien. Nous respecterons à jamais ses valeurs, nous respecterons à jamais ses enseignements, et nous veillerons à faire vivre cet héritage», poursuit le texte de l’Esa. 

 

Officier de réserve de la marine. Diplômé de l’Université Paris Dauphine et de l’Institut d’Études Politiques de Paris (Sciences Po), Stéphane Attali avait commencé sa carrière professionnelle comme consultant au sein d’un cabinet de conseil parisien, avant de rejoindre la direction internationale de la Chambre de Commerce et d’Industrie de Paris (CCIP) en 1999, qui lui proposera ensuite d’intégrer l’Esa au Liban.

Cet élève-officier de réserve, sous-lieutenant dans la marine nationale, est né et a grandi sur l’île de Nouvelle-Calédonie, comme l’écrit notre collaboratrice Joëlle Seif dans un portrait publié dans Magazine en juillet 2014. «Stéphane Attali se définit comme un ‘Français ultramarin’ plutôt qu’un ‘Français d’outre-mer’, lit-on dans le portrait. A 18 ans, il quitte «sa grande île perdue dans le Pacifique Sud» pour étudier à Paris. «C’était pour moi un choc culturel et thermique, mais un événement dont j’attendais beaucoup. J’étais à Paris, au cœur de l’Europe, à une période charnière. C’était la chute du mur de Berlin», se souvient le directeur de l’Esa.

Dans ses souvenirs, Stéphane Attali garde surtout en mémoire sa fabuleuse expérience sur le porte-avions américain JFK, en escale à Cannes. «Ils m’ont proposé de partir naviguer avec eux en tant que jeune officier français. J’ai effectué ainsi tous les exercices marins sur ce bâtiment énorme, aussi grand qu’une ville, dit-il à Magazine. Il rejoint enfin sa base à Toulon où l’attendait sa fiancée, Delphine De Villeneuve, «une pure provençale et une méditerranéenne». A la fin de son service militaire, en 1998, ils se marient et fondent une famille de huit enfants, six garçons et deux filles, dont six sont nés au Liban».

 

Le Liban Silicon Valley. Le directeur de l’Esa avait une foi inébranlable dans le Liban, parfois plus tenace que celle de certains Libanais. «Le Liban est une terre favorable pour l’enseignement et la formation», dit-il à Magazine, relevant que les plus vieilles universités au Moyen-Orient se trouvent au Liban. «Les Libanais se saignent à blanc pour donner la meilleure formation possible à leurs enfants, fait-il remarquer. La mission de l’Esa est d’assurer un apport international pour les Libanais et de créer un modèle de leadership typique qui s’inspire de la culture et de la mentalité du pays. C’est ce qui a permis aux Libanais de réussir à l’étranger, comme aucun autre peuple ne l’a fait comme lui, tout en gardant leurs racines et leurs cultures».

«Pour Stéphane Attali, écrit notre collaboratrice, les Libanais sont, par définition, internationaux. La mission de l’Esa est d’apporter un modèle originel au Liban. «Je suis convaincu que c’est ce dont le Liban a besoin et qu’il est capable de produire. C’est un pays exceptionnel».

Il avait de grandes ambitions pour le Liban, dont celle de retrouver «sa vocation originale, celle d’être la plateforme culturelle de la région». L’avenir du Liban serait dans la mise en place d’un système où on peut créer des emplois et des entreprises. «Il faut que le Liban devienne la Silicon Valley de la région».

Stéphane Attali est parti avant de voir son rêve se concrétiser mais avec la consolation d’avoir semé les graines qui permettront à son projet d’éclore.

 

 

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Éditorial
Le facteur temps est décisif

Les ministres rencontrés ou interviewés par Magazine ces dernières semaines, toutes tendances confondues, soulignent le «sens des responsabilités» des représentants de tous les partis au gouvernement et le «sérieux» avec lequel ils abordent les dossiers économiques, financiers et politiques. Ils jettent un regard plutôt positif sur la qualité des débats en Conseil des ministres, même si certains déplorent le temps parfois excessif passé sur des dossiers qui auraient pu être tranchés plus rapidement.Or le temps est, aujourd’hui, un facteur déterminant dans la dynamique de maîtrise de la crise que le gouvernement se promet d’enclencher. Chaque jour qui passe est un jour de perdu. Chaque jour qui passe éloigne davantage le gouvernement des objectifs qu’il s’est fixés au niveau de la réduction du déficit budgétaire. Chaque jour qui passe voit le service de la dette gonfler et le sauvetage de plus en plus périlleux.Cette constatation n’est pas nouvelle mais on ne la rappellera jamais assez. On ne la martèlera jamais assez. C’est parce qu’ils n’ont pas conscience du facteur temps que les responsables ont mené le pays là où il est aujourd’hui, au bord du gouffre. Le plan de réhabilitation du secteur de l’électricité, adopté en avril dernier, est pratiquement le même que celui qui avait été préparé il y a 9 ans. Les tiraillements et les surenchères politiques avaient empêché sa mise en œuvre. Si ce vaste chantier avait été lancé à l’époque, les milliards de dollars engloutis par l’EDL, qui constituent tous les ans une moyenne de 11% du budget, auraient pu être économisés et le Liban ne serait pas dans la situation délicate qui est la sienne en ce moment. Cet exemple d’incurie des pouvoirs publics peut être multiplié à volonté dans divers secteurs.Le temps n’est plus un luxe que les dirigeants peuvent se payer avec l’argent du contribuable. L’examen du budget par la Commission parlementaire des Finances et du Budget a trop traîné, ce qui est inexplicable, car la composition politique de cette instance est presque similaire à celle du gouvernement, qui a déjà amplement pris son temps pour approuver le projet de loi de Finances au bout de 21 séances marathons. Soit les partis sont atteints de schizophrénie et adoptent une chose en Conseil des ministres puis son contraire en Commission; soit ils sont incapables de tenir leurs troupes et certains députés s’ingénient à défaire ce que leurs camarades ont approuvé au gouvernement; soit les partis tiennent un double langage et, de ce fait, sont moins «responsables» qu’ils n’en donnent l’impression. Cette dernière option nous semble la plus plausible.Pour la démentir, le gouvernement doit montrer son sérieux et sa détermination à aller de l’avant en préparant et en envoyant au Parlement le projet de budget 2020 d’ici la mi-octobre au plus tard, comme le stipule la Constitution. Sinon, le sauvetage relèvera des missions impossibles.     


 Paul Khalifeh
   

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