Sarah et Zeina Georges. Une «family success-story»
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Nº 3104 du vendredi 2 août 2019

Sarah et Zeina Georges. Une «family success-story»

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    Sarah et Zeina Georges. Une «family success-story»
    Deux jeunes sœurs franco-libanaises ont quitté leurs carrières respectives pour une reconversion professionnelle impressionnante dans l’hôtellerie. Elles se sont lancées dans une aventure familiale dont le succès leur taille une...
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Deux jeunes sœurs franco-libanaises ont quitté leurs carrières respectives pour une reconversion professionnelle impressionnante dans l’hôtellerie. Elles se sont lancées dans une aventure familiale dont le succès leur taille une place privilégiée dans l’univers parisien.

Sarah et Zeina Georges, ayant reçu la passion hôtelière en héritage, ont décidé de reprendre le flambeau de la saga familiale et de poursuivre le défi de la «family success-story». Elles ont pris la relève de leur père à la tête du San Régis, un établissement mythique de la rue Jean Goujon, dans le 8ème arrondissement de Paris. L’hôtel est situé au cœur du «triangle d’or» de la capitale française, à deux pas du musée du Grand Palais, de la célèbre avenue des Champs-Elysées et des boutiques haute-couture de l’avenue Montaigne. Ses chambres en étage font face à la Tour Eiffel et à ses scintillements... Toute la magie de Paris est au rendez-vous.
Leur père, Elie Georges, a ouvert le chemin. Il appartient à cette génération d’hôteliers passionnés qui vivent leur métier avec enthousiasme. Après des études de gestion, il débute sa carrière à l’Hôtel Beau-Rivage à Beyrouth dont il devient rapidement directeur. Mais la guerre éclate en 1975 et trois ans plus tard, Elie décide de quitter le pays pour s’installer en France. Il délaisse quelques temps l’hôtellerie pour l’architecture et la décoration, avec des projets au Liban et en Arabie saoudite.

Une adresse chargée d’histoire
C’est en 1982 qu’Elie éprouve le besoin de revenir à ses premières amours et de retourner à l’hôtellerie. Après deux ans de recherches, il tombe sur l’hôtel San Régis. C’est un coup de cœur immédiat pour la richesse historique et architecturale de cet établissement et surtout pour son âme.
L’établissement a été construit en 1857 par Edmond Petit. En 1923, Simon André Terrail, propriétaire du restaurant de La Tour d’Argent et également à l’époque du George V, l’achète et le transforme en un splendide hôtel de luxe, placé idéalement au carrefour de la mode, du spectacle et des affaires. Cela explique qu’une partie du mobilier du George V ait été transférée au San Régis lorsque Terrail vendit le palace dans les années 50. Avec sa situation enviée à proximité de la Maison Christian Dior, le San Régis devient le rendez-vous incontournable de la mode. De nombreuses figures de proue du cinéma et de la haute-couture y élisent domicile, et l’on y croise des habitués tels que Lauren Bacall, Romy Schneider, Gene Kelly, Louis Malle ou Jacqueline Bisset…
Après l’avoir acquis en 1984, Elie Georges lance un chantier de rénovation et d’embellissement et fait appel aux services de Pierre-Yves Rochon. Et en 1986, cet hôtel à la majestueuse façade néo-classique devient un 5 étoiles tout en élégance et en charme discret.
Elie fait alors appel à ses deux frères, Maurice et Joseph, pour la gestion de l’hôtel fraîchement rénové et c’est ainsi que se constitue une équipe familiale soudée et dynamique. La réussite ne tarde pas à venir récompenser ce «savoir- faire animé par la passion et la persévérance et basé sur le sens du détail et le perfectionnisme».

Des trois frères aux deux sœurs
Lorsque sonne le temps du «repos», en 2017, Elie se refuse à prendre une vraie «retraite». Il confie à ses deux filles ce qu’il considère comme son «cinquième enfant» et s’éloigne un peu en gardant sur l’entreprise un œil veillant et vaillant.
Sarah et Zeina n’hésitent pas un instant à accepter cette mission. Elles «étaient préparées intérieurement, mais attendaient l’heure adéquate pour affronter ce challenge et relever ce défi». C’est ainsi qu’aux trois frères succèdent les deux sœurs.
Elles ne sont pas jumelles et pourtant elles parlent d’une seule et même voix. Elles jouent à fond ce qu’elles appellent la «complémentarité de leurs potentiels et de leurs caractères» et travaillent «en harmonie et en confiance réciproque» en s’inspirant du «modèle de fratrie qui a uni leur père et leurs deux oncles et qui a fonctionné à merveille entre eux trois».
De leur père Elie, qui leur fait «entièrement confiance et leur laisse la pleine liberté de prendre les décisions opérationnelles», elles ont appris «l’attachement à la rigueur, à l’exigence et au sens du détail comme gage de l’excellence». De leur mère Hoda, elles ont retenu «les valeurs de l’accueil chaleureux et de la générosité à la libanaise avec l’affirmation du côté discret et non ostentatoire».
Venant chacune d’univers différents, avec des parcours divers, elles s’efforcent  d’apporter à leur nouvelle mission leurs propres valeurs ajoutées. Ingénieur spécialiste en production et développement chez L’Oréal, Sarah, devenue Pdg, met à profit son «sens de la rigueur, de l’organisation, des bonnes finances et de l’optimisation des résultats». Quant à  Zeina, avec son profil et son expérience dans le luxe et la haute-couture (Dior, Chanel, Van Cleef & Arpels), elle est Directrice du marketing et de la communication. Elle se charge «du bon accueil et des relations avec les clients, du goût de la décoration et de la gestion raffinée de la restauration gastronomique».
Sarah et Zeina ne manquent pas d’associer aux décisions leur grande sœur Sandra et leur frère Charles, en faisant appel à leurs compétences dans le domaine juridique pour l’une et informatique et technique pour l’autre. De même, elles restent «très entourées» de leurs deux oncles: «Il faut garder à l’esprit que la maison San Régis est une affaire de famille».

Symbiose franco-libanaise
«Le changement dans la continuité» pour les deux sœurs ne se conçoit pas comme une rupture. Il se traduit par «la conservation et l’affirmation de l’identité et de l’âme parisienne du lieu ainsi que son caractère authentique en plus de son cadre convivial». L’objectif premier est de renforcer l’atmosphère familiale et de maintenir le niveau de qualité des services auxquels les clients sont habitués. Le changement et le rajeunissement, c’est la mise en place «de nouveaux outils modernes et l’introduction de plus de technologie, tout en gardant un côté glamour et une touche féminine rénovatrice».
Imprégnées autant de culture française que de tradition libanaise, Sarah et Zeina privilégient dans leur établissement «l’attachement à l’art de vivre à la française» tout en conservant «la chaleur et la générosité à la libanaise». Ce style particulier et harmonieux  fidélise la clientèle et lui vaut d’être sélectionné chaque année parmi les plus beaux hôtels du monde ( Travel+Leisure, Condé Nast Gold List, Andrew Harper’s Hideway Report…).
Les deux sœurs se disent satisfaites de cette nouvelle expérience et d’avoir remporté le challenge. Sarah évoque «une belle affaire et un beau métier ouvert au monde» et Zeina ce «magnifique bijou» et le bilan des deux premières années «globalement positif». Après s’être occupées d’abord de l’hébergement et des partenariats, elles vont à la rentrée se consacrer à la restauration et à la gastronomie, avec l’arrivée d’un nouveau chef et d’une nouvelle carte.
A quand un petit frère pour le San Régis à Paris ou à Beyrouth? «Ce n’est pas dans les tuyaux» répondent-elles, en renvoyant avec un petit sourire à leur père. Les deux sœurs préfèrent se concentrer sur le présent: «Le métier d’hôtelier est compliqué, très prenant et pas facile, même si l’on peut compter sur une équipe solide et motivée».
Confortées par leur bilan plus que satisfaisant et les multiples retours positifs des clients, Sarah et Zeina Georges se projettent dans l’avenir avec la célébration en grande pompe du centenaire du San Régis en 2023.  Et elles assurent que la relève est déjà en marche avec la troisième génération de la famille Georges…

Béchara Bon (à Paris)

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Éditorial
La stratégie invisible de Donald Trump

Au-delà du discours populiste, des dérives racistes et des propos inconséquents, le plus inquiétant dans la personnalité de Donald Trump c’est qu’il donne l’impression de faire cavalier seul, dans le sens où certaines des décisions qu’il prend ne semblent pas s’inscrire dans le cadre d’une stratégie mûrement réfléchie, minutieusement élaborée, et convenablement mise en œuvre par les différents départements du processus du «decision-making» aux Etats-Unis. Une stratégie prévoyant les conséquences sur les équilibres mondiaux et prenant en compte les intérêts de ses alliés.Le président américain a ainsi marqué une pause dans sa guerre commerciale contre la Chine après avoir pris des sanctions à l’emporte-pièce, sans en mesurer l’impact sur l’économie américaine. La tentative de mettre à genoux le Chinois Huawei s’est heurtée aux réticences d’un grand nombre d’entreprises américaines, qui ont fait pression sur l’Administration. Sur un plan plus général, Pékin a riposté par des mesures ciblées contre la taxation par Donald Trump de produits chinois d’une valeur de plusieurs centaines de milliards de dollars. Les mesures de rétorsion chinoises ont mis à mal le secteur agricole aux Etats-Unis, pour qui l’Empire du milieu constituait un important marché. Le président Trump s’est donc tiré une balle dans le pied puisque les agriculteurs constituent une pierre angulaire de sa base électorale. C’est principalement pour répondre à leur demande que le locataire de la Maison-Blanche a décrété une trêve avec Pékin.Par ailleurs, les mesures contre Huawei ont poussé le géant chinois à accélérer ses programmes d’autonomisation pour ne plus dépendre exclusivement des logiciels et autres produits fabriqués par les entreprises américaines. Bien que les Etats-Unis aient reculé, Huawei poursuivra sur la voie de l’autonomisation car rien ne garantit que demain, ou un autre jour, Donald Trump ou un autre président, ne décideront pas de revenir à l’option des sanctions.Plus proche du Liban, la confrontation entre les Etats-Unis et l’Iran donne lieu aux mêmes observations. Par vanité ou par ignorance, Donald Trump croyait, à tort, que Téhéran lèverait le drapeau blanc au bout de quelques mois de sanctions, couplées de menaces. Les sanctions sont toujours là mais les menaces, elles, perdent du volume. Au tout début, Trump menaçait la République islamique des pires gémonies si elle osait s’en prendre «aux ressortissants US, aux intérêts américains et aux alliés des Etats-Unis». Puis les «alliés» ont disparu de son discours, suivis des «intérêts», vu qu’il n’a pas riposté à la destruction du drone-espion Triton, qui vaut 220 millions de dollars, par un missile iranien qui a coûté lui quelques dizaines de milliers de dollars.Dans le bras de fer irano-américain, le monde assiste presque en temps réel, aux scènes de ménage entre Donald Trump et certains de ses conseillers, comme John Bolton, un va-t’en-guerre patenté qui cherche à entraîner son patron dans un conflit militaire que ce dernier ne souhaite pas en pleine campagne électorale.Dans ce paysage lamentable et pitoyable, les alliés des Etats-Unis sont les dindons de la farce. Ils constatent, avec effroi, que leur protecteur n’est pas si pressé de les protéger. C’est probablement pour cette raison que les Emirats arabes unis ont commencé les manœuvres pour un atterrissage en douceur en se désengageant de la guerre du Yémen.  


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