Une avancée pour les amputés. Un bras artificiel guidé par la pensée
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Nº 2883 du vendredi 8 février 2013

Une avancée pour les amputés. Un bras artificiel guidé par la pensée

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    Des chercheurs suédois dirigés par Max Ortiz Catalan ont développé la première prothèse de bras robotique contrôlée par la pensée pour des personnes amputées. Les premiers patients seront opérés cet...
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Des chercheurs suédois dirigés par Max Ortiz Catalan ont développé la première prothèse de bras robotique contrôlée par la pensée pour des personnes amputées. Les premiers patients seront opérés cet hiver. Explications.

Implantée selon la méthode d’ostéointégration, la prothèse de titane est directement attachée au squelette comme pour les implants dentaires. Elle a pour vocation d’être directement connectée aux nerfs et aux muscles persistants plutôt qu’à des électrodes posées à la surface de la peau.
Des travaux préliminaires avaient démontré l’intérêt des électrodes implantées à long terme sur les muscles ou les nerfs. Le contrôle de la prothèse est naturel et intuitif.
Ce type de prothèses se commande de façon plus intuitive et permet un contrôle du membre artificiel qui est proche du membre biologique. Il peut faire remonter les informations directement au cerveau.
Il s’agit du premier groupe de recherche à faire des prothèses d’avant-bras contrôlées par la pensée, une réalité que les patients pourront utiliser dans leur vie quotidienne et pas seulement dans un laboratoire. L’implantation de longue durée d’électrodes sur des personnes amputées n’a, semble-t-il, jamais été réalisée. L’utilisateur est libre de faire toutes sortes de gestes, mais ceux-ci doivent d’abord être appris par l’algorithme au moins une fois. Le système doit savoir qu’un certain type d’activité neuronale correspond à un certain mouvement. Les avantages pour le patient sont énormes. La prothèse est plus maniable, mieux ajustée et peut être portée à longueur de journée.
Cette technique, utilisée auparavant en chirurgie dentaire avant d’être appliquée à des membres amputés, a évolué. L’équipe suédoise a réussi à ajouter des électrodes directement reliées aux nerfs et aux muscles restants du membre amputé et connectés à l’implant en titane. La main artificielle est très habile. Les moteurs de chaque doigt peuvent être contrôlés individuellement et simultanément, ce qui permet une plus grande liberté de mouvement que cela n’était possible jusqu’à présent.

Une innovation prometteuse
Des chercheurs américains avaient permis auparavant à une patiente de 52 ans, totalement paralysée, de commander un bras robotisé de manière plus intuitive. Dans cette expérimentation, deux microélectrodes ont été implantées dans le cortex de la patiente qui a pu ainsi réaliser des mouvements complexes avec son bras robotisé au bout de deux jours d’exercice uniquement. En cherchant à bouger le bras, le cerveau de la patiente génère une activité électrique dans le cortex moteur, région qui contrôle le mouvement. Des électrodes captent cet influx et l’envoient à un ordinateur, capable de traduire le signal et d’envoyer des informations à un bras robotisé qui va alors se mouvoir. Grâce à cette prothèse, la patiente est parvenue à manger toute seule. Outre le fait d’offrir un contrôle beaucoup plus intuitif, cette innovation apporte également un retour à la personne, qui perçoit les stimulus des électrodes. Cela lui permet de mieux sentir la prothèse et de savoir la force qui s’applique lorsqu’elle effectue un geste. Il s’agit du membre artificiel le plus sophistiqué au monde. Il peut effectuer les mêmes mouvements avec la même précision et la même souplesse qu’un membre naturel. Il reste à espérer qu’un nombre important de personnes paralysées puisse bénéficier de ces neuroprothèses très proches des membres naturels.

NADA JUREIDINI
 

Une première utilisation
Une première démonstration de l’utilisation du bras bionique a montré que l’utilisateur a pu rapprocher ses doigts, lever son avant-bras et faire pivoter légèrement son poignet. Cette prothèse capte des impulsions électro musculaires traduisant l’intention de mouvement de la personne amputée pour les transcrire en commandes mécaniques. Les scientifiques étudient toutefois la possibilité de redonner aux amputés une certaine sensibilité à l’aide de cette prothèse, pour distinguer par exemple le chaud du froid.

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Éditorial
La leçon de Ersal

L’incident survenu à Ersal rappelle combien les Libanais font preuve de légèreté en s’impliquant dans le conflit syrien. Quelles que soient les erreurs que la troupe ait pu commettre, et c’est encore à prouver, elle ne peut être empêchée de la sorte de remplir sa mission: l’arrestation d’un terroriste. L’armée n’est pas une machine à tuer, les salafistes-jihadistes le sont. Pour être efficace, l’armée doit être techniquement capable et soutenue politiquement. A Nahr el-Bared, elle a montré une grande capacité d’adaptation à ses faibles moyens et une combativité remarquable. Les obstacles politiques sont dressés tant par certains leaders sunnites que par le Hezbollah. Les premiers voient un complot contre leur communauté chaque fois que l’armée s’en prend à un de leurs coreligionnaires. Si, les cheikhs Salem el-Rifaï, Bilal Dokmak, Omar Bakri et consorts devenaient les principales figures sunnites, les actuels représentants de la communauté devront renoncer aux costumes- cravates, aux barbes bien taillées, aux sièges parlementaires, renoncer tout court à la République au profit d’émirats islamistes qui ne leur pardonneront pas leurs compromissions passées avec les «apostats». Le Hezbollah dresse, quant à lui, deux obstacles. Le premier dit qu’un Etat moderne efficient ne peut s’accommoder d’un dédoublement des forces armées, ou déléguer à un parti son droit souverain à déclarer la guerre. Le second obstacle est motivé par la peur du Hezbollah et des chiites d’être la cible d’une guerre menée par ces mêmes jihadistes. Cette peur s’est amplifiée depuis le 11 septembre, l’invasion américaine de l’Irak et la guerre en Syrie, où l’on entend crier, avec passage à l’acte, la haine des chiites. Cette peur est légitime, tout autant pour les chrétiens que pour les druzes. Mais ce ne sont pas les missiles Zalzal, capables d’atteindre Tel-Aviv qui les protégeront. Les salafistes-jihadistes appartiennent à deux écoles. D’abord, les internationaux, les universels, ceux qui pensent que le monde leur appartient comme un don de Dieu. Il ne leur importe pas de contrôler impérativement un territoire. L’invasion physique n’est qu’un des multiples moyens d’imposer - ce qui est essentiel à leurs yeux - la loi de Dieu comme ils l’ont pervertie. On a vu comment ils se sont évaporés au Mali face à l’armée française sans avoir, ou si peu, combattu. Ils reviendront secrètement, pour appliquer leurs lois, cette fois par la terreur, leur moyen le plus efficace. Bref, le scénario du XIIIe siècle où les mamelouks envahissaient et vidaient le Kesrouan, sabrant, indistinctement, chiites, druzes et chrétiens, n’est plus d’actualité.  Contre cet ennemi mobile et caché, seule une armée et ses services de renseignements, détentrice unique des armes létales, acceptée et aidée par toute la population, peut arrêter ceux qu’elle juge suspects. L’expérience américaine en est la démonstration. Occupant le territoire afghan, l’Amérique, malgré ses moyens, n’a pu venir à bout des taliban. Par contre, sur son territoire, la force américaine a, depuis 2001, déjoué tous les attentas en gestation. L’autre genre de jihadistes est celui des nationaux. Pour les combattre, les mêmes arguments concernant l’armée peuvent être répétés. Mais de plus, ces jihadistes attachés à un territoire ne peuvent survivre que s’ils parviennent à se fondre dans une population qui leur est favorable. Or, le Hezbollah aide à rendre le milieu sunnite favorable aux jihadistes. En plus d’être accusé de concurrencer l’armée, des affaires crapuleuses touchent des proches de ses dirigeants. L’opération du 7 mai baptisée «Journée glorieuse» et l’épisode des «chemises noires» étaient humiliants pour la communauté sunnite. Sa participation aux combats en Syrie aux côtés d’un régime accusé de despotisme à l’égard des sunnites, la met mal à l’aise. Il suffit pour s’en convaincre de lire les communiqués laconiques qui annoncent la mort de l’un de ses combattants, sans préciser sa mission ou le lieu de son décès. Les héros de 2006 du Hezbollah doivent se retourner dans leurs tombes. Enfin, son implication supposée dans l’attentat contre des Israéliens en Bulgarie le dessert dans son différend avec l’Occident. Pour toutes ces raisons, pour faire face tant aux menaces physiques que politiques, le Hezbollah ne pourra se défendre que s’il s’accorde à la normalité institutionnelle de tout parti politique; s’il cesse de prétendre à un particularisme, quelles qu’en soient les motivations. Il se sauvera et le Liban avec, permettant une meilleure action contre le terrorisme et la lente désintégration de la République. Pourquoi insister sur le Hezbollah? C’est parce qu’il est le seul à pouvoir beaucoup donner, faire la différence, tout en gardant les acquis d’une communauté longtemps négligée.


 Amine Issa
   

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