De l’ombre naît la lumière. Fantine Samaha: la «force tranquille» des toiles
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Nº 2958 du vendredi 18 juillet 2014

De l’ombre naît la lumière. Fantine Samaha: la «force tranquille» des toiles

 
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    De l’ombre naît la lumière. Fantine Samaha: la «force tranquille» des toiles
    Tout peintre a son univers. Celui de Fantine est infiniment explorable. C’est dans les Jardins de la Villa Iskandar à Aïn Aar que l’artiste a choisi d’exposer le dimanche 13...
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Tout peintre a son univers. Celui de Fantine est infiniment explorable. C’est dans les Jardins de la Villa Iskandar à Aïn Aar que l’artiste a choisi d’exposer le dimanche 13 juillet ses tableaux pour bâtir dans l’esprit des «voyeurs» de nouvelles conceptions du monde.

Un lion qui jaillit du noir. Un taureau qui se meut dans les méandres de l’obscurité. Un cheval qui accomplit sa «danse folle» dans un éther densément obscur. Une femme dont les yeux versent des larmes de sang. Un homme qui crie l’inquiétude de l’âme. Des profondeurs abyssales qui aspirent le souffle. L’atmosphère qui ressurgit des toiles de Fantine, même si l’effet d’ombre et de lumière n’est pas très rassurant, est toutefois porteuse d’un univers onirique, fantastique où les bêtes sauvages nous invitent à entrer dans leur «Je-u-», où les personnages sont des miroirs qui ravissent nos esprits et où la nature est un cadre silencieux où le temps n’a pas vraiment prise.
 

Une peinture intimiste
Que ce soit dans le règne animal ou humain de Fantine, le plus fascinant réside en la lente pénétration du regard tranquille mais mouvementé de ses personnages. Comme une longue promenade le long du Styx, où dans l’obscurité, nous pouvons apprécier le peu de lumière porteur d’espoir, tout en mesurant les forces qui avancent et qui reculent dans le fond. Fantine peint à l’image d’une forge qui creuse l’espace, pour nous faire comprendre qu’on ne peut avancer qu’à tâtons.
Le pinceau de Fantine peint la présence mystérieuse, l’intelligence poétique, les fenêtres de l’humanité, l’apaisement de l’âme contrariée. Ses toiles nous convient à voir ce qu’elle seule peut voir dans les coulisses de mondes harmonieux mais aussi troublants. Les visions du peintre sont des dédales dans lesquels on se perd avec délice. Les éléments qui composent son univers singulier nous sont familiers. Ils baignent cependant dans une sorte d’étrangeté douce. Fantine réinvente le fantastique, l’intemporel, la douleur, l’inquiétude. La neutralité est inexistante dans ses toiles. Elle peint le possible même si tout paraît impossible. Sa palette est celle des «particules élémentaires» chères à Michel Houellebecq: nuancée, variée, traductrice des forces créatrices qui circulent en elle et qui parfois, par un effet de l’art porteur, s’opposent. C’est le regard de ses personnages qui intrigue. Des yeux qui regardent, recensent, sans juger. Les toiles de Fantine: une vision contemplative, basée sur l’attention, où tout est à inventer. 


Natasha Metni

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Éditorial
Le Liban: déversoir des conflits

Qu’y a-t-il de plus désolant et même d’exaspérant que d’entendre des vétérans de la politique, députés, médias et ministres, anciens et nouveaux, claironner sans vergogne que les choses «ont toujours été ainsi». Histoire de dire qu’il n’y a aucune raison de s’en faire ou encore «la corruption, l’immobilisme, le laxisme sont notre lot», font partie de notre patrimoine culturel et social, et qu’il ne faut pas en faire un drame. Nous avons pourtant donné au monde, et nous continuons à le faire, des philosophes, des écrivains de grand talent, des historiens, des vedettes dans tous les domaines de l’art et dans l’entreprise…  Hélas, nous sommes devenus, de toute évidence, incapables de gérer notre destin et de diriger nos affaires. Les exemples sont multiples dans divers secteurs de notre vie publique où nous nous en sommes remis si souvent à des étrangers, certains amis et d’autres profiteurs ou jaloux de notre manière de vivre. Frères ou alliés, toujours occupants ou tuteurs. Nous ne pouvons nous en prendre qu’à nous-mêmes de les avoir laissés devenir envahisseurs. Si nous n’avons pas su et nous ne savons toujours pas où sont nos intérêts, les autres y trouvent les leurs. C’est ainsi qu’entre l’Arabie saoudite, l’Iran, l’Irak et la Syrie, le Liban est pris au piège de ses faiblesses. Qu’il fasse gris et sombre dans le ciel de l’un de nos voisins proches ou plus éloignés, l’orage éclate chez nous. Le Liban est devenu le déversoir des conflits qui explosent dans n’importe quel pays de notre environnement. Nos frontières sont généreusement ouvertes à tous vents et toutes les mesures annoncées ou mises en place peinent à nous protéger. Nous avons si bien œuvré que nous nous trouvons aujourd’hui, non plus au bord du gouffre, mais touchant quasiment le fond. Les fauteurs de troubles au Sud, nous dit-on, ne sont pas libanais. Ils ont tout simplement pris l’initiative d’aller au secours de leurs frères à Gaza dont le sort est certes tragique. Mais sommes-nous destinés à sauver la veuve et l’orphelin au détriment de notre sécurité? L’armée, il est vrai, agit mais dans la mesure de ses faibles moyens. Que peut-elle faire, sinon dénoncer les actes de ceux qui, au Sud ou au Nord, mettent en danger leur pays d’accueil? Ils en arrêtent quelques-uns, vite remplacés par d’autres. Ceux-là ont-ils pris la mesure des répercussions de leurs actes sur le pays qui les héberge depuis si longtemps? Sont-ils conscients de leurs retombées sur le Liban, qui n’a pas fini de payer les dégâts humains et matériels qu’il a subis du fait de sa guerre et de celle de juillet 2006? Les Libanais, qui se sont tant vantés de leur statut démocratique, unique dans la région, n’y ont-ils pas renoncé pour s’en remettre aux ingérences étrangères? Elire un chef d’Etat tient de la gageure. Les pays qui ont vécu des situations autrement plus critiques que la nôtre ont réussi à garder, au moins, un semblant d’autonomie dans le choix de leurs dirigeants. Ceux qui, à l’instar du patriarche maronite, appellent désespérément au dialogue le font sans beaucoup de chance d’être entendus. Ils savent pertinemment qu’aucun dialogue ne peut s’instaurer entre gens aux intérêts si opposés et si personnels. Tenter de réunir des individus à l’ego exacerbé, inconscients de leurs responsabilités, c’est chercher à mélanger l’huile et l’eau. Une alchimie qui nous dépasse. Plus souvent en quête d’un soutien hors frontières que d’une entente entre membres censés appartenir à une même famille, les antagonistes n’ont qu’un souci, celui d’arracher le plus de faveurs possible pour leurs proches et leurs partisans. Quel qu’en soit le prix. Clientèle électorale oblige. Nous ne sommes pas près d’oublier les incidents fratricides de mai 2008, leur cause et leurs conséquences. N’oublions pas le passé et tirons-en les leçons. Dans une quinzaine de jours, le pays fêtera le soixante-neuvième anniversaire de l’Armée libanaise. A la tribune officielle, un siège apparaîtra désespérément vide. L’Etat sera absent à travers sa composante essentielle, son chef. Au premier rang de la tribune, siègeront peut-être un chef du Législatif qui ne légifère pas et un chef de gouvernement dont les membres, oubliant l’urgence de la situation, cherchent chacun à tirer à lui une couverture médiatique, pourtant si impopulaire. Une fois de plus, les Libanais, toutes communautés, classes sociales et courants politiques confondus, prouvent par leur immaturité, leur individualisme et leurs egos poussés à l’extrême, qu’ils ne méritent pas le Liban. Jusqu’où irons-nous dans nos échecs avant de prendre conscience qu’il revient au peuple d’initier le changement dans les urnes?


 Mouna Béchara
   

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