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Nº 3103 du vendredi 5 juillet 2019

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Le gouvernement a pris plusieurs mesures afin de réduire le déficit public et présenter un budget digne de confiance. Le projet du ministre des Finances prévoyait la diminution de 30% des «dépenses secrètes». Que signifie cette clause mystérieuse? A combien se chiffrent ces dépenses et qui en dispose? Eléments de réponse.
 

En 2016, le député Walid Joumblatt avait appelé dans un tweet à vérifier les «dépenses secrètes» de certains ministères et à en connaître le montant parce qu’elles sont parfois utilisées à des fins différentes de celles pour lesquelles elles ont été prévues initialement.
On a alors fait état de quelque 20 milliards de L.L. allouées au service de renseignement de l’armée libanaise et à 13 milliards de L.L. consacrées aux autres services de sécurité. Ces montants étaient inscrits dans les budgets respectifs des ministères de la Défense et de l’Intérieur.
La question ne se limite pas à ces «dépenses secrètes» prévues dans le budget. Il y aurait aussi plusieurs caisses noires qui assurent des sommes supplémentaires pour combler le manque de financement de certaines activités que les responsables souhaitent accomplir dans la discrétion. Les Libanais ont de tout temps entendu parler de ces fameuses sources d’argent occultes, censées assurer des moyens subsidiaires. Les financements se trouveraient essentiellement dans ce qu’on appelle les caisses noires de certaines d’administrations: le Casino du Liban, les centres d’art et d’amusement (cabarets), le Bingo, les sociétés d’investissement comme les compagnies de téléphone cellulaire, la banque al-Madina, les centraux de communications internationales, les douanes, le port, l’aéroport, le fuel, les affaires conclues au sein du Conseil du développement et de la reconstruction (CDR), de la Caisse des déplacés, etc... Ces caisses sont alimentées par des sommes exorbitantes dépensées dans des travaux considérablement surévalués, provenant de la concession de projets à des prix qui dépassent leur coût réel. Ces caisses noires permettaient au système sécuritaire de tourner à plein régime.

Les machines à sous
Pendant longtemps, la présence d’une caisse noire au Casino du Liban a été sujette à spéculation, surtout que les machines à sous sont ouvertes au public et engrangent la majorité des bénéfices du Casino, sans qu’il soit possible d’en déterminer le montant et la destination exacts. Certains parlent d’une sorte de caisse noire qui engloutit des sommes énormes.
Conformément à la loi du 4/8/l954, le Casino du Liban jouit du monopole de l’investissement des jeux de hasard sur tout le territoire libanais. Un monopole qui est confirmé par la loi 417 en 1995 pour une période de 30 ans, à échéance 2026. L’État est propriétaire, par l’intermédiaire de la Banque du Liban et de la banque Intra, de 51% des titres du Casino. Il perçoit une part des bénéfices réalisés, déterminée par la décision 58 du Conseil des ministres du 2 août 2001, et qui devait passer de 30 à 40% durant la première décennie, de 40 à 50% durant la deuxième, et de 50 à 60% durant la dernière décennie.
En 2004, des figures de l’opposition, dont le député Walid Joumblatt, dénonçaient la présence d’une caisse noire au Casino du Liban qui servait à financer certaines campagnes politiques du pouvoir. Le directeur général de la présidence de la République a alors envoyé une note d’information au procureur afin d’ouvrir une enquête à ce sujet.
En décembre 2004, le procureur général auprès de la Cour de Cassation, Rabiha Kaddoura, a tranché dans le sens de la non existence d’une caisse noire au Casino du Liban, après avoir entendu son Pdg, Élie Ghorayeb, ainsi que le président de la société privée chargée de l’audit au Casino, et plusieurs employés. Elle a estimé que l’argent qui circulait dans le Casino était contrôlé en présence des inspecteurs du ministère des Finances et, par conséquent, qu’il n’y a ni caisse noire, ni argent occulte. Elle a alors estimé qu’avec le système adopté depuis que M. Ghorayeb est devenu Pdg, il est pratiquement impossible qu’un seul sou échappe au contrôle du ministère, et a décidé de classer le dossier, faute d’éléments à charge.

Un pactole partagé?
En 2006, un article paru dans le quotidien koweitien al-Siyassa évoquait les scandales de la caisse noire au Casino du Liban, soulignant que 27% des bénéfices, dont le montant s’élevait alors à 80 millions de dollars annuellement, ne sont pas soumis à la taxe (dans le budget de 2018, les recettes du Casino du Liban s’élevaient à 118 milliards L.L) et vont dans la caisse noire. Des responsables profiteraient de cette source d’argent occulte, dont le palais présidentiel, certains députés et ministres, ainsi que la direction de la Sûreté générale, les services de renseignement libanais et syriens, et certaines organisations et partis politiques.
En novembre 2006, le quotidien al-Akhbar publie un article soulevant de nouveau la question de l’argent occulte au Casino, soulignant que la Justice a ouvert de nouveau ce dossier d’une façon secrète, enquêtant avec les responsables du site, et que les questions ont surtout porté sur la procédure mise en œuvre lors du décompte des sommes recueillies chaque soir au Casino. Toujours selon le quotidien, beaucoup de secrets sur des vols commis à ce niveau ont été découverts.
Pour ce qui était du cellulaire, on parlait d’un taux des bénéfices annuels, dépassant plusieurs dizaines de millions de dollars, qui alimenteraient des caisses noires. Il en serait de même pour une partie des profits réalisés à travers les communications internationales.
Quant au secteur de l’électricité, il aurait lui aussi servi à alimenter les vrais centres du pouvoir. Des sommes exorbitantes auraient été dépensées, sans trouver des solutions aux défaillances majeures dont souffre ce secteur, qui aurait englouti 33 milliards de dollars depuis la fin de la guerre civile.
La Caisse des déplacés n’a pas échappé à ce processus. Des indemnités et autres dédommagements étaient versés à des personnes souvent inexistantes, dont le montant allait dans la caisse noire.

Financer les informateurs
L’affaire de la banque al-Madina qui a occupé l’opinion publique pendant des mois au milieu des années 2000, a entretenu les rumeurs sur des sommes parties en fumée. On a parlé de 1,2 milliard de dollars, dont 600 millions seraient sortis en cash. Une partie de ces montants aurait atterri dans la fameuse caisse noire par virements successifs.
Ces sommes colossales étaient utilisées pour financer une armée d’informateurs présents à tous les échelons de la société. Elles servaient aussi à entretenir des groupuscules politiques, ainsi qu’un réseau de plusieurs dizaines d’associations, souvent fictives.  
Ces caisses noires étaient ouvertes aux responsables qui pouvaient y puiser presque à gogo et contribuaient de façon directe à gaspiller les fonds publics et à entretenir un clientélisme dont il a été difficile de se défaire depuis des années.
En 2010, le dossier de la MEA (propriété de la Banque du Liban) est ouvert. La question de la présence d’une caisse noire y est soulevée. Elle l’est d’une façon plus poussée en 2018. Cette caisse noire servirait à financer quelques politiciens et leurs sbires dans les administrations publiques et certains médias. Cependant, selon les experts, il n’est pas aisé de détourner des sommes importantes pour le compte de la caisse noire à la MEA. Même si elles sont toujours de rigueur, les caisses noires restent des réserves subsidiaires. D’autres sources de financement sont aujourd’hui plus rapides et autrement plus pratiques.

Des réserves illicites
Une caisse noire est une réserve d’argent, le plus fréquemment illicite, permettant de financer des actions fréquemment illicites comme le versement de pots-de-vin, par exemple pour la conclusion d’une vente.
L’expression apparaît au XIXe siècle dans les chemins de fer. Les employés qui voulaient aider les familles des ouvriers frappés par la maladie se virent interdits de collecter de l’argent. L’argent était donc collecté dans la clandestinité. La caisse était faite de bois blanc, mais à la fin de la collecte, elle était noire à cause des mains des ouvriers pleines de suie, de cambouis et de charbon.

Arlette Kassas

Camille Abousleiman est parfaitement conscient de la gravité de la situation économique et financière et des difficultés qui empêchent ou retardent les réformes nécessaires. Malgré cela, «il y a une lueur d’espoir». «Il faut régler les problèmes en profondeur et ça va être difficile.»

En ces moments difficiles, beaucoup de Libanais ne rêvent que de partir vers des cieux plus cléments. D’autres, comme Camille Abousleiman, font le chemin inverse, sur des routes peu encombrées. Qu’est-ce qui pousse un homme installé dans la City, dont les compétences dans son domaine sont internationalement reconnues, à venir mettre ses mains dans le cambouis libanais? L’ambition? L’envie du changement? La curiosité? Ou tout simplement le sens des responsabilités?  
«J’ai reçu une proposition à laquelle je ne m’attendais pas de la part des Forces libanaises (FL), raconte le ministre du Travail. Ma première réaction a été négative. Puis plusieurs facteurs m’ont convaincu de la prendre en considération, le premier étant que cette proposition émanait d’un parti dont les options stratégiques convergent avec les miennes. Je n’aurais pas accepté de travailler avec une formation dont les idées ne correspondent pas à ma vision. J’ai toujours été un fervent partisan des principes du 14-mars et j’appréciais la façon avec laquelle les FL ont géré la chose publique depuis qu’elles sont au pouvoir.»
D’autres facteurs ont poussé M. Abousleiman à accepter l’offre des FL comme «l’historique de (son) père», mais surtout le fait de saisir l’occasion de servir son pays. «C’est vrai que j’aime ce que je fais, je le fais bien et cela génère beaucoup d’argent, explique cet avocat, expert financier aux nombreuses distinctions. Mais à un certain moment, on se dit que si on a l’opportunité de servir son pays dans des moments difficiles, il ne faut pas hésiter. Beaucoup de Libanaises et de Libanais ont réussi dans leurs domaines respectifs à l’étranger. J’espère que cela les incitera à revenir au pays, qui a besoin de leurs talents et de leurs capacités.»  
S’il est encore trop tôt pour dresser un bilan de l’action gouvernementale, les cinq mois passés au gouvernement dégagent chez lui une impression partagée, plutôt positive. «Je suis agréablement surpris par ce que j’ai trouvé au ministère du Travail et quelque peu déçu par la façon dont le Conseil des ministres est géré. Je m’attendais à l’inverse, dit-il. Je trouve que les discussions au gouvernement sont longues et désorganisées. Le débat sur le budget n’avait pas besoin de 21 sessions».

Plus de courage et de fermeté
Selon lui, les ministres sont conscients des difficultés financières que traverse le pays mais il déplore le «manque de courage pour prendre des décisions difficiles». «Chaque fois qu’il y a une mesure douloureuse à prendre, ils cherchent des excuses pour l’éviter, déclare-t-il. Or, par définition, toute décision visant à réduire les dépenses et à augmenter les recettes est difficile. Ils sont bons dans la rhétorique mais lorsqu’il y a un prix politique ou populaire à payer, ou donner un crédit à quelqu’un d’autre, ils se rétractent. J’aurais souhaité voir un peu plus de courage et de fermeté. Mais dans l’ensemble, les prestations ne sont pas mauvaises, c’est juste qu’elles peuvent être meilleures.»
Au ministère du Travail, Camille Abousleiman a lancé de vastes chantiers et d’autres sont en perspective. «Ma priorité est l’organisation de la main-d’œuvre étrangère, explique-t-il. J’ai découvert que dans le sillage du problème des déplacés syriens, les employeurs et les employés n’appliquaient pas la loi. J’ai pensé qu’il fallait prendre un grand problème, en l’occurrence celui de la présence des déplacés, et essayer de le diviser en partie gérable. Mon plan est à la fois ferme quant à l’application de la loi et du code du Travail, mais aussi humain, dans le sens qu’il ne faut pas traiter les employés comme des criminels mais comme des personnes qui cherchent du travail. Il faut en finir avec l’argument facile selon lequel les Libanais ne veulent pas travailler.»
Selon lui, la règlementation de l’emploi des étrangers va permettre de dégager de nouvelles opportunités pour la main-d’œuvre libanaise. «Par exemple, on entendait dire que les Libanais ne souhaitent pas travailler dans le secteur de la restauration, soutient-il. J’ai évoqué la question avec le syndicat des employés du secteur de la restauration et nous avons reçu, à ce jour, 20 000 demandes d’emploi.»
L’autre priorité est la réforme du système de la kafala et l’amélioration des conditions de travail des domestiques au Liban. «Nous sommes en pleines discussions à ce sujet, je recueille les avis des ONG et de l’Organisation mondiale du Travail (OMT) pour essayer de changer ce système qui ne donne pas une image reluisante du Liban. C’est une sorte d’esclavage moderne. Il faut prendre en compte l’aspect sécuritaire et protéger l’employeur mais la protection principale va aux domestiques qui sont loin de chez elles et n’ont pas de capacités de négociations car on leur fait signer des contrats dans une langue qu’elles ne comprennent pas.» Autres projets, l’informatisation et la digitalisation des formalités au ministère du Travail et la modernisation du Code du Travail qui date de 1946, qui contient toujours des clauses discriminatoires, surtout envers les femmes.» «Enfin, je compte m’attaquer au dossier de la sécurité sociale, bien que cette institution ne dépende pas entièrement de mon ministère qui en a la tutelle, conclut M. Abousleiman. Il faudrait augmenter les effectifs de la CNSS qui sont insuffisants, ce qui prolonge l’attente des gens. Nous voulons aussi récupérer l’argent que l’Etat doit à la sécurité sociale, qui puise dans la Caisse des indemnités pour financer la branche santé déficitaire, ce qui est totalement illégal. Il faut également changer le conseil d’administration. Le but ultime est de réformer tout le système mais en attendant, je souhaiterais appliquer les mesures que je viens d’énumérer. Je suis également en train d’étudier un projet de retraites pour les Libanais mais il est coûteux et l’Etat n’a pas les moyens de le mettre en œuvre à ce stade. Rien n’empêche de le préparer quitte à ce qu’il soit appliqué lorsque les moyens seront disponibles.»           

Il faut aller vite
Bien que concentré sur les dossiers relatifs à son ministère, M. Abousleiman souhaite aussi contribuer aux grandes décisions nationales. Il précise à ce sujet: «Vu mon expérience en tant que représentant de sept pays en plus du Liban pour les émissions de titres souverains et ma connaissance dans les dettes souveraines et les questions financières, je vais essayer d’aider au maximum pour résoudre le problème fiscal, financier et économique grave que traverse le pays. Je m’exprime souvent à ce sujet en Conseil des ministres et j’estime qu’il y a un manque de rigueur. L’approche devrait être plus technique et moins politique. Le Liban est certes confronté à un grave problème mais il existe un chemin qui peut nous mener vers le sauvetage. Il est très étroit et il faut que l’on aille vite. Je pense que nous prenons beaucoup de retard. C’est ma première priorité, celle qui chapeaute toutes les autres. Mon second objectif est d’essayer de changer l’approche par rapport au secteur public, comme les télécoms, le port… Nous étions un des pays phares du Moyen-Orient quand nous avons commencé avec les télécoms il y 25 ans. Aujourd’hui, nous sommes à la traîne et nous faisons partie des trois pays du monde où le secteur et les prix sont contrôlés à 100% par l’Etat, avec la Corée du nord et Cuba. Il faut combattre l’approche sclérosée qui s’est développée et avec les années, nous avons pris beaucoup de retard. Ce sont des domaines où j’ai une expérience que je souhaite mettre au service de mon pays.»
La lutte contre la corruption revêt également une grande importance aux yeux de cet avocat défenseur de la transparence. Mais pour l’instant «nous n’en sommes qu’aux slogans». «Les soupçons de corruption touchent les personnalités les plus hauts placées, dit-il. La lutte contre ce fléau nécessite un plan détaillé, avec des juges indépendants et crédibles, pas des politiciens brandissant des slogans.»
Enfin, il y a les nominations administratives, qui doivent répondre, selon lui, aux critères de la compétence, pas du partage du gâteau, qui constitue une forme avancée de corruption, «parce que la personne nommée par un zaïm se sent redevable et perd son indépendance». «De plus, il n’y a aucune raison d’interdire à tous les Libanais et Libanaises le droit et l’ambition d’accéder aux postes de premier plan, ajoute-t-il. Il existe dans les secteurs privé et public de grandes compétences à qui il faut avoir recours. En tant que Forces libanaises, nous n’avons pas de candidats. Nous souhaitons que la compétence et l’égalité des chances soient les normes retenues dans les nominations.»

Des solutions difficiles
Camille Abousleiman est parfaitement conscient de la gravité de la situation économique et financière et des difficultés qui empêchent ou retardent les réformes nécessaires. Malgré cela, «il y a une lueur d’espoir». «Il existe des capacités extraordinaires dans ce pays mais elles sont mal utilisées et de mauvaises habitudes se sont développées, déplore-t-il. Les gens pensent que les choses seront comme avant. Toutefois, avec la taille de la dette, il n’y a pas de solution magique. Il faut régler les problèmes en profondeur et ça va être difficile. Il n’y aura pas de solution de l’extérieur car l’effet de contagion de la crise libanaise est très faible. Les gens pensent que la (communauté internationale) ne permettra pas que le Liban fasse défaut car cela aura un impact sur la question des déplacés… Je n'adhère pas à cette théorie. Il faut que l’on fasse les choses nous-mêmes et rapidement. Je vais me battre pour cela et je pense que c’est possible mais le temps joue contre nous. Nous avons une dette de 90 milliards de dollars, ce qui est énorme par rapport à la taille de l’économie nationale. Il faut inverser la tendance.»   
Aux difficultés économiques s’ajoutent des périls géopolitiques qui constituent des dangers existentiels pour le Liban. «Il y a un parti (le Hezbollah, ndlr) qui représente une large frange de la population, qui possède son propre agenda extérieur aux ordres d’un pays étranger, souligne-t-il. Ses priorités ne correspondent pas à celles du reste du pays et cela est extrêmement grave. Ce parti dit que s’il y a une guerre entre l’Iran et les Etats-Unis, dans laquelle nous n’avons rien à faire, le Liban doit y prendre part. Quand je vois ce même parti attaquer les pays arabes dont dépendent plus de 400 000 familles libanaises, c’est assez incroyable.»
Malgré le regard sévère qu’il porte sur le Hezbollah, Camille Abousleiman se rend tous les jours à son bureau, à Moucharrafiyé, dans la banlieue sud de Beyrouth. Aucune région ne doit être fermée aux autres Libanais et un ministre se doit de donner l’exemple à ses subordonnés en venant tous les jours à son bureau.  
En dépit des divergences stratégiques avec le parti chiite, un esprit de «camaraderie avec tout le monde» est apparu en Conseil des ministres. «Mon approche est de gérer dossier par dossier, indépendamment de la partie qui en a la charge, dit-il. Souvent, il y a des convergences avec le CPL ou le Hezbollah. Je juge les affaires au cas par cas. Les différences stratégiques n’empêchent pas une approche scientifique et rigoureuse des dossiers.»

La Russie dans la région
Autre danger existentiel, la présence des déplacés syriens qui génère des difficultés économiques, sociales, démographiques «énormes». «Mais au moins, sur ce dossier-là, il y a une unanimité nationale, se réjouit-il. Je suis optimiste sur la volonté de tous les Libanais de voir les déplacés rentrer chez eux mais je reste pessimiste quant aux intentions du régime syrien de les accueillir. Dans ce contexte, j’appelle les partis qui ont de bonnes relations avec Damas à utiliser leur influence pour accélérer le règlement de ce problème.»  
Le ministre des FL affirme soutenir les efforts du président Michel Aoun pour accélérer le retour des déplacés avant la solution politique en Syrie. En revanche, il refuse que la présence des déplacés soit utilisée pour normaliser les relations avec le «régime syrien».
Pour le ministre du Travail, la Russie est devenue un acteur important, comme elle l’a montré en Syrie, où elle a inversé les rapports de force alors que le régime était au bord de l’effondrement. «Elle a réussi à un prix financier et humain relativement faible. La Russie a remporté une bataille stratégique», conclut-il.

 

«Pas un sou de l’État»
La loi en vigueur complique énormément toute action en justice contre des responsables soupçonnés d’enrichissement illicite. Si le procureur ne lance pas une procédure judiciaire, le plaignant doit débourser 200 millions de livres pour actionner la justice. «De par mon comportement, j’essaie de changer les normes, explique Camille Abousleiman. J’ai nommé un cabinet d’audit international pour vérifier toutes mes rentrées pendant la période de mon mandat pour s’assurer que chaque sou gagné est bien mérité. Si un jour quelqu’un veut déposer une plainte contre moi, tous mes comptes sont vérifiés et audités.»
M. Abousleiman reverse l’intégralité de son salaire de ministre à ses conseillers et paye de sa poche ses voyages et les séjours dans les hôtels, même lorsqu’il représente l’Etat libanais. «Je ne touche pas un sou de l’Etat libanais», dit-il. 

Paul Khalifeh
Photos Milad Ayoub

 

Il y a des réponses à la crise dans tous ses aspects, la situation n’est pas catastrophique. Rencontre avec Mansour Bteish, optimiste mais réaliste ministre de l’Economie.
 

Mansour Bteish a passé une longue carrière dans le secteur bancaire mais il ne semble pas atteint de cette déformation professionnelle qui fait passer les chiffres avant les hommes. Son approche de l’économie est résolument humaine, à l’image de ses convictions politiques, incarnées par le président Michel Aoun. Celui-ci représente, selon lui, un phénomène laïc et national. «Nous ne pouvons pas avoir de rôle au Liban si nous restons renfermés sur nous-mêmes», dit-il lors d’un rencontre à bâtons rompus avec Magazine.   
Les Libanais sont inquiets, ils craignent le pire mais Mansour Bteish est confiant dans la possibilité du gouvernement à surmonter la crise économique et financière. «Beaucoup de travail nous attend parce que nous avons des réformes structurelles à entreprendre sur les plans financier et économique, explique-il. Nous sommes devenus non seulement une économie de rente mais aussi improductive, au niveau de la production de biens et de services. Ce n’est pas vrai que le Liban n’est pas en mesure de produire. Il peut produire des biens et des services à haute valeur ajoutée.»
Le ministre est porteur d’un projet global pour le redressement de l’économie qui part d’un diagnostic selon lequel le problème de base est le déficit commercial, qui s’élève à 16 milliards de dollars par an. «Nous importons de biens pour 20 milliards, voire plus avec la contrebande, et nos exportations n’atteignent pas quatre milliards, dit-il. Ajoutons à ce constat la situation de nos services, qui étaient très rentables. Le tourisme, par exemple, représentait 17,5% du PIB, aujourd’hui cette proportion a dramatiquement chuté. Non seulement on ne voit plus de touristes étrangers au Liban mais les touristes libanais sortent du pays avec leurs dollars pour les dépenser ailleurs. Nous devons donc encourager les touristes étrangers à venir mais aussi développer le tourisme interne. Certes, il y a de nombreuses difficultés qui se dressent devant cette entreprise, comme la circulation qui est un problème de base, qui affecte de 3 à 4% le PIB. Il faut aussi travailler sur les dépenses d’investissement, qui ont été grandement négligées ces dernières années. L’économie du pays souffre de problèmes structurels, c’est pour cela que les conférences Paris et Paris II ont été organisées en 2001 et 2002. Mais ces problèmes structurels ont été ‘cachés’ entre 2007 et 2010, par l’afflux de capitaux en provenance de l’étranger, fuyant la crise financière internationale.»

Pénurie de capitaux
A partir de 2011, les problèmes dissimulés ont refait surface, avec une pénurie de capitaux dans le monde et dans la région, à laquelle s’est greffée la crise syrienne, qui a aggravé la situation économique et sociale dans notre pays. «Le recul des prestations du secteur des services a fait perdre au Liban 3 à 4 milliards de dollars annuellement, précise le ministre. Ce manque à gagner est pour moi une perte de fonds qui aurait pu résorber une partie du déficit de la balance commerciale. Il y a aussi les fonds envoyés par les Libanais qui travaillent dans le Golfe, en Afrique, en Europe et ailleurs, et qui s’élèvent à un peu moins que 8 milliards de dollars par an. Ces flux permettent de résoudre une partie du problème du déficit de la balance des paiements. Cependant, 70 à 75% de ces montants sont en train de reprendre le chemin inverse, de quitter le Liban, pour payer la main-d’œuvre étrangère, qui n’est pas de haute valeur ajoutée. En net, ces capitaux ne sont plus de l’ordre de 8 milliards de dollars mais entre 2,1 et 2,3 milliards.»
Selon M. Bteish, il existe une autre question à soulever, celle des capitaux en provenance de l’étranger, qui représentent quelque 20% des dépôts bancaires, soit 35 milliards de dollars sur 180 milliards. «Des intérêts sont servis sur ces fonds et avec la hausse des taux d’intérêt, les montants que nous payons pour ces capitaux ont presque doublé, déplore-t-il. Il y a enfin les intérêts payés pour la dette externe, qui s’élève à 42 ou 43 milliards de dollars, pour lesquels on a doublé le coût avec la hausse du taux d’intérêt. Imaginez des intérêts moyens de 8% sur 43 milliards de dollars, cela fait 3,5 milliards, puisés dans l’économie libanaise pour être versés aux non-résidents. Je ne suis pas contre l’apport de capitaux étrangers au Liban mais je suis quelque peu sceptique vis-à-vis des coûts des taux d’intérêt élevés. En net aujourd’hui, les comptes courants étrangers du pays sont de 12,5 milliards de dollars. En parallèle, il y avait l’année dernière un déficit fiscal  de 6,5 milliards de dollars. C’est ce qu’on appelle, techniquement, des déficits jumeaux, et ce phénomène fait que la situation est délicate.»
L’autre question très importante est la consommation nationale par rapport à la production nationale. «Notre pays consomme, en ménages (environ un million de familles) 91,9% du PIB, souligne-t-il. Si nous y ajoutons les dépenses du gouvernement, soit 13,1%, nous arrivons à 105% du PIB. Il n’existe aucun autre pays où la consommation est supérieure à la production. Cela signifie que nous avons un déficit de 5% du PIB à combler, c’est pour cela que nous nous démenons pour essayer d’attirer des capitaux de l’étranger.»
Mansour Bteish met le doigt sur la plaie: «Nous sommes une économie qui n’a pas d’épargne. L’épargne, c’est la différence entre la production et la consommation. Si nous produisons 100 et que nous consommons 90, les 10 restants représentent l’épargne qui est réinvestie directement ou indirectement dans l’économie. C’est pour cela que nous devons nous concentrer sur la production et nous sommes un pays capable de produire des biens à valeur ajoutée, pas seulement dans l’industrie, mais aussi dans le cinéma, les secteurs artistiques, le tourisme. Il faut produire, des biens ou des services, et c’est sur cette base qu’il peut y avoir un redressement de la situation.»

Des slogans?
Relancer la production est un objectif louable mais il ressemble plus à un slogan. Le budget contient peu de mesures allant dans ce sens. La taxe de 3% sur les importations qu’il a proposée n’est-elle pas à double tranchant? D’un côté, elle est susceptible de relancer la production locale dans certains secteurs, de l’autre elle pourrait provoquer une montée des prix.
«C’est l’affirmation de la hausse des prix qui est un slogan, se défend le ministre de l’Economie. J’ai proposé un plan en 14 points. L’un d’eux est de taxer provisoirement une vingtaine de produits importés qui font une concurrence déloyale et illégale à la production nationale. Un autre consiste à imposer une taxe de 3% sur les importations à l’exception des médicaments et des équipements destinés aux secteurs productifs de l’économie libanaise. Ça concerne une quinzaine de milliards de dollars d’importations par an, soit 450 millions de dollars de revenus supplémentaires. Mon idée est d’utiliser 35% de ce montant pour subventionner et aider les secteurs productifs libanais pour une durée de trois ans et demi leur permettant de retrouver une dynamique et d’être plus compétitifs, aussi bien sur le marché local qu’à l’étranger. Ces mesures inciteront les Libanais à consommer des produits locaux. D’ailleurs, la classe moyenne et les catégories à revenus limités consomment du ‘made in Lebanon’. La taxe sur les produits importés ne les touche pas. Ceux qui veulent consommer des fromages français ou acheter des cravates griffés devront supporter cette mesure.»      
L’Etat a-t-il les moyens d’honorer ses engagements à court et moyen termes, qui représentent, entre le service de la dette et les salaires du secteur public, quelque 70% du budget? «Notre objectif est justement de réduire les coûts, répond M. Bteish. Par exemple, il y avait 650 généraux dans l’armée. Aujourd’hui, leur nombre est tombé à 350. Certes, cela a été coûteux mais le but du président de la République et du commandant en chef de l’armée est de réduire le nombre de généraux à 150. Il y a aussi des allocations sociales et autres prestations qui sont exagérées. Nous avons mis des plafonds pour réduire les coûts que l’on ne voit pas toujours mais qui sont importants.»

Evasion fiscale
«En parallèle, il faut améliorer les revenus de l’Etat, qui représentent seulement 21,7% du PIB, poursuit le ministre. En France, ils sont à hauteur de 45%. Notre problème est que les recettes de l’Etat ne sont pas assez élevées par rapport à la production nationale et au PIB. Notre modèle fiscal est archaïque et a besoin d’être révisé et modernisé. Il faut aussi que tous les imposables fassent des déclarations correctes. Or la plupart des bilans des entreprises présentés au fisc ne reflètent pas la réalité. Je viens d’un secteur où j’ai bien vu la différence entre les bilans audités et officiels et les bilans non officiels présentés aux banques pour les demandes de crédits. Nous avons demandé à la BDL d’exiger des banques qu’elles n’acceptent que les bilans officiels. Je suis allé plus loin en proposant une mesure en vigueur en France qui est le Fiben, le fichier bancaire des entreprises. Pourquoi faut-il que les entreprises aient deux comptabilités? Que ceux qui génèrent des profits payent! C’est 17% alors qu’en France c’est 38%. La dernière étude établie par la Commission d’études auprès de l’Association des banques, que je présidais, datée du 23 janvier 2019, montre que l’évasion fiscale au Liban est de l’ordre de 1,7 milliards de dollars. Il y a 1,1 milliards d’impôts sur le revenu, dont près d’un milliard d’impôt des sociétés et des entreprises, et 100 à 150 millions de dollars qui constitue un impôt sur le revenu des salariés du secteur privé. Il y a une bonne partie des entreprises libanaises qui ne déclarent pas les vrais salaires de leurs employés. En deuxième position des évasions fiscales viennent les trois catégories des taxes foncières, récurrentes et non récurrentes, et les droits de succession. Je les estime à 200 millions de dollars. Il y a enfin la TVA et les douanes. Concernant la TVA, nous avons réduit l’année dernière le minimum à déclarer de 150 millions à 100 millions de livres. Cette année, j’ai proposé que cela soit ramené à 25 millions de L.L., puis à 50 millions à partir de janvier 2020, pour permettre au ministère des Finances de se préparer. Car j’ai appris que 84 000 personnes physiques et morales sont en dessous de 100 millions de livres, donc ne paient pas la TVA. Malheureusement, lors des discussions au Parlement, le montant a été ramené à 100 millions. C’est dommage, car c’est une réforme qui devait passer. Nous avons donc essayé, dans le budget, de relier les aspects économiques et financiers. Nous avons partiellement réussi. Nous allons insister pour que cette mesure de rabaissement du montant déclaré de la TVA soit adoptée lors du budget de 2020.»
Autre point très important: le montant des prêts subventionnés dans ce pays qui est de 19 milliards de dollars, pour un PIB de 56,5 milliards l’année dernière, et pour un total de crédits à l’économie de près de 55,5 milliards de dollars. «Les crédits représentent donc 100% du PIB, dit-il. Mais 19 milliards sont subventionnés par l’Etat, dont 12 milliards à l’habitat et 7 milliards alloués, soi-disant, aux secteurs productifs. Ces secteurs productifs de l’économie ne parviennent pas à produire 8 milliards de dollars et ils bénéficient de prêts subventionnés de l’ordre de 7 milliards. Personne ne sait à qui sont destinés ces prêts subventionnés et j’ai haussé le ton lors d’une conférence de presse, le 4 avril, et en Conseil des ministres ensuite, et je continuerais à le faire parce que je sais qu’une bonne partie des crédits ne sont pas dépensés pour le but pour lequel ils ont été initialement alloués.»
Autre mesure, la réduction du déficit budgétaire de 11,47% en 2018 à 7,59% cette année. «Cet objectif pourra être atteint si nous assumons tous nos responsabilités et les hommes politiques sont de plus en plus conscients de la gravité de cette situation très délicate mais que nous pouvons surmonter.»

Pas de scénario chypriote
Sommes-nous au bord de l’effondrement? Les Libanais seront-ils surpris un beau matin d’apprendre qu’ils ne peuvent plus retirer leurs dépôts des banques, comme cela s’est produit à Chypre? Mansour Bteish est catégorique: «Ce n’est pas vrai que nous sommes au bord de l’effondrement. La première différence avec Chypre c’est que dans ce pays les crédits étaient supérieurs aux dépôts bancaires, ce qui est loin d’être le cas au Liban, où ils constituent le tiers des dépôts. Il y a quand même 50 milliards de dollars placés à l’étranger via la Banque du Liban ou directement par les banques auprès de leurs correspondants. Donc nous sommes loin d’une situation similaire au scénario chypriote. Certes, la situation est délicate et nous devons tous travailler main dans la main et immédiatement. Il ne faut pas oublier non plus la première mesure qui est l’adoption du plan de l’électricité, qui n’est autre que celui de 2010. Nous avons perdu 9 ans à cause des tiraillements politiques. Si nous résolvons le problème de l’électricité, nous aurons réduit le déficit fiscal au tiers, sur une période de trois ans. Si nous gérons convenablement nos recettes et nos dépenses en tant que gouvernement, nous aurons aussi fait un grand progrès.»
Y a-t-il un phénomène de fuite de capitaux et de tarissement des flux entrants? «Si aujourd’hui, 3 à 4 milliards sur 180 milliards ont quitté le pays, ce n’est vraiment pas une catastrophe, tempère le ministre. Les gens ont confiance dans le pays. 80% des dépôts appartiennent à des résidents et 20% seulement à des non-résidents et, parmi ces derniers, une bonne proportion appartient à des Libanais qui placent leur argent à l’étranger puis qui les replacent ici dans des dépôts fiduciaires… Vous connaissez le jeu. Donc pratiquement, pas plus de 12% des dépôts bancaires appartiennent à des non-résidents.»

Paul Khalifeh
Photos Milad Ayoub

La carte bancaire est devenue à l’insu du client un de ses plus importants référents pour choisir sa banque ou même en changer. Dès lors, il n’est pas surprenant que le flux de la publicité provenant des banques porte en grande partie sur celle-ci.

Qu'elle soit une carte accréditive ou privative, le marketing concernant les cartes est agressif dans un marché où les occasions sont à créer. Pour le client, qu’il soit patron d’entreprise ou agent individuel, c’est la possibilité de bénéficier notamment d’un paiement garanti et sécurisé de ses produits ou prestations de service, lui évitant les risques de rejet de chèque, de faux billets ou de vol de son argent liquide. Il y a également le bénéfice d’un encaissement rapide qui lui évite le décalage temps pour le crédit en compte d’un dépôt d’espèces ou d’une remise de chèques à la banque.
A priori, il faut que le client fasse le choix d’un contrat adapté à ses besoins, la mise à disposition d’une carte bancaire pour un client en son nom signifie qu’il adhère à un contrat-cadre de services de paiement qui définissent les conditions de son utilisation. La plus simple et la plus efficace des options pour connaître tous les détails afin de ne pas avoir de mauvaises surprises par la suite est de se déplacer vers son établissement de crédit et de prendre rendez-vous avec son chargé de clientèle. Cette rencontre sera l’occasion de faire le point sur sa situation et d’étudier concrètement ses besoins. Vu sous cet angle, le choix d’une carte bancaire suscite de moult questionnements de la part du candidat car les réponses ne sont pas simples. Mon banquier peut-il refuser de me délivrer une carte bancaire ou me demander de lui rendre ma carte actuelle? Que se passe-t-il en cas d’opération frauduleuse, sachant que le client doit «immédiatement» signaler ce vol dès qu’il en a connaissance? Dans quelle mesure le degré d’authentification forte ou moins forte fait-il peser la responsabilité du dommage financier occasionné au banquier ou au détenteur de la carte? Pour recadrer la réalité des préoccupations prioritaires du citoyen libanais lambda, il est bon de savoir qu’il existe un risque de change lié à l’écart de cours (devise contre L.L. ou $) entre le jour du paiement et celui du débit du compte. Et qu’en règle générale, l’information sur la balance de paiement de la carte est mensuelle. Les régulations de la BDL sur le stockage des données des cartes de crédit par les fournisseurs de services ne sont pas consistantes. La Banque centrale avait publié la circulaire de base 146 obligeant les institutions financières à se conformer au règlement général sur la protection des données. Par ailleurs, la loi 81 récemment votée par le Parlement sur «les transactions électroniques et la confidentialité des données» précise que les institutions financières doivent se conformer aux recommandations de la Banque centrale en ce qui concerne les services bancaires et financiers électroniques. Dans tous les cas de figure, le client doit être confiant quant aux risques de captation d’informations. Ni le code confidentiel ni le cryptogramme visuel (les 3 chiffres figurant au verso de la carte), ni le nom et prénom ni l’historique des opérations ne pourront être interceptés via «l’interface sans contact» de la carte ou du téléphone. Par ailleurs, il faut signaler que l’Union européenne impose de nouvelles obligations aux banques et aux autres prestataires de services de paiement afin d’améliorer la sécurité des paiements en ligne et l’accès aux informations sur le compte. L’obligation d’authentification forte des paiements, ou «Strong Customer Authentication» (SCA) entrera en vigueur le 14 septembre prochain.

Bank Audi et ses cartes avec Flavors
Bank Audi innove en permanence en matière de cartes et des services de banque électronique. Les cartes de crédit proposées par Bank Audi assurent à leurs porteurs des facilités financières et des avantages qui diffèrent d’une carte à une autre, donnant ainsi la possibilité au client de choisir la carte la mieux adaptée à ses besoins et à ses capacités de remboursement.
La carte CEDAR MILES, qui est le fruit d’un partenariat exclusif avec la Middle East Airlines (MEA), s’adresse aux amateurs de voyages. Cette dernière permet à ses détenteurs d’accumuler des miles qu’ils échangeront contre des billets d’avion. Elle leur accorde également une série d’avantages dont une assurance vie et une assurance achats, ainsi que l’accès gratuit aux salons VIP des aéroports internationaux. Ces clients pourront aussi profiter d’offres spéciales à l’étranger, telles que des escomptes dans les plus grands centres commerciaux d’Europe et auprès de la compagnie de transports Careem qui leur assurera des déplacements sûrs, ainsi que bien d’autres privilèges. Bank Audi tient à récompenser les clients friands de voyages, les détenteurs de cartes CEDAR MILES obtiennent donc un bonus de bienvenue qui varie entre 3 000 et 5 000 miles en fonction de la catégorie de la carte. Bank Audi a récemment ajouté un éventail de nouveaux avantages liés à la carte, à savoir:
1- Le surclassement à la classe CEDAR SILVER de la MEA pour les dépenses annuelles qui dépassent 35000 $ sur la carte CEDAR MILES  PLATINUM.
2- Un mile supplémentaire pour chaque 1$ dépensé pour l’achat de billets d’avion en ligne, sur le site ou l’application de la MEA (nouvelle fonction appliquée à toutes les cartes «Cedar Miles» émises par Bank Audi – promotion valable jusqu’à fin 2019).
● Bank Audi a récemment entrepris une mise à niveau des privilèges liés aux cartes avec FLAVORS, son programme de bénéfices exclusifs qui permet aux détenteurs de cartes Visa émises par Bank Audi de profiter d’escomptes et de privilèges dans la plupart de leurs restaurants préférés, simplement en utilisant leur carte de débit ou de crédit Visa. Ce programme, conçu par Bank Audi en partenariat avec Visa International et le Syndicat des propriétaires de restaurants et cafés, night-clubs et pâtisseries au Liban, offre de nombreux avantages, escomptes et privilèges dans plus de 65 de ces lieux, tous membres du syndicat. La banque a lancé un site propre à FLAVORS – flavors.com.lb – qui permet aux clients de se renseigner sur les offres en question, une liste qui est constamment mise à jour en fonction des nouveaux établissements qui adhèrent au programme.
   
Blom Bank et le Big Data
Blom Bank a développé des partenariats stratégiques fructueux au fil des années, parmi lesquels les partenariats avec les deux opérateurs de télécommunications au Liban, Alfa et touch, fournissant TOUCH VISA CARD et ALFA BLOM CARD aux usagers des lignes postpayées et prépayées. Ces cartes offrent aux utilisateurs un temps de conversation instantané gratuit sur leurs lignes mobiles dès qu’ils utilisent leur carte, ainsi que les avantages d’une carte de crédit.
Blom Bank est également fière de sa collaboration avec le Lebanese Mine Action Center (LMAC), une unité de l’armée libanaise, en proposant BLOM MASTERCARD GIVING CARD, une des cartes les plus novatrices au Liban, un programme unique en son genre au monde. Le programme propose une carte Platinum Mastercard, qui combine les avantages d’une carte de crédit et la possibilité de faire un don au LMAC, chargé du déminage du territoire libanais. Les dons sont faits chaque fois que les titulaires de cartes BLOM Mastercard paient la cotisation annuelle de la carte et chaque fois qu’ils utilisent leurs cartes pour faire des achats ou retirer de l’argent. Ces dons aident à éliminer les mines et les bombes à fragmentation des territoires libanais.
Blom Bank a également collaboré avec plusieurs partenaires stratégiques pour introduire de nouvelles cartes co-brandées, telles que la carte BTA en collaboration avec la Beirut Traders Association, la carte prépayée UBERBLOM en collaboration avec Uber et de nombreux autres partenaires.
En plus de ce qui précède, la gamme des cartes BLOM propose des cartes Infinite, Platinum, Gold, Corporate, Classic, Basic et Prepaid. Une des valeurs ajoutées des cartes Blom est la possibilité d’accumuler des points de fidélité grâce au programme Blom Golden Points and Miles; les points et les miles accumulés n'expirent jamais et peuvent être échangés dans des magasins marchands partenaires au Liban ou sur n'importe quel site web du monde entier.
Abordant le paiement sans contact, Jocelyne Chahwan, directeur général adjoint et cheffe du département de la banque de détail, indique que Blom Bank a déjà appliqué la technologie sans contact sur plusieurs cartes. En 2017, la banque a lancé le service BLOMPay, intégré à l'application eBLOM, qui permet aux clients d'effectuer des paiements sans contact via un téléphone mobile Android rapidement, en toute sécurité et facilement. Par ailleurs, conformément aux réglementations de la BDL et aux réglementations relatives aux systèmes de cartes publiées par VISA et Mastercard, à compter d’avril 2019, toutes les cartes de paiement émises par Blom Bank sont équipées de la puce EMV pour un niveau de sécurité supérieur et de la technologie NFC.
 
Protection des clients
Selon Mme Chahwan, Blom Bank consacre une part importante de ses efforts à la protection de la sécurité numérique de ses clients. Elle utilise un système de surveillance de la fraude de haute qualité s’appuyant sur le «Big Data» surveillant les transactions effectuées par les utilisateurs des cartes de débit et de crédit. Enfin ? concernant les sites marchands, Blom Bank propose aux commerçants une passerelle de paiement en ligne sécurisée (solutions de commerce électronique) hébergée par CyberSource, la première société de gestion de paiements au monde (intégrée à VISA). La passerelle de paiement de Blom Bank nécessite une intégration simple et les commerçants disposeront d’un site web de commerce électronique de bout en bout offrant une acceptation sécurisée des paiements. En termes de sécurité, la technologie 3D secure assure la sécurité des transactions via différentes méthodes d'authentification. De plus, la passerelle de paiement de Blom Bank  utilise des modèles de risque avancés pour détecter la fraude en temps réel et renforcer ainsi la sécurité du site web du commerçant. Par ailleurs, Blom Bank propose des services de commerce électronique supplémentaires, notamment la tokenization et les paiements récurrents. Pour les paiements récurrents, comme les abonnements et les paiements de factures, la technologie de tokenization consiste à remplacer le numéro de carte par un token. Cette solution est considérée comme la solution la plus sécurisée.

Fransabank et ses cartes Elites
«Les cartes de crédit les plus performantes commercialisées par Fransabank sont en général les cartes ELITES du fait qu’elles sont dotées d’avantages et de services répondant aux besoins des clients à fort pouvoir d’achat et grands consommateurs», souligne Lama Dick, directrice des services liés aux cartes bancaires. Elle ajoute que «les services offerts et la valeur ajoutée sur ces cartes ELITES sont nombreux, cependant certains restent bien plus appréciés par les clients que d’autres. Parmi ces privilèges figurent notamment:
● L’accès aux salons VIP dans les aéroports, qui est généralement gratuit pour 2 personnes.
● L’assurance voyage allant jusqu’à 1 million $ de couverture, couvrant le détenteur de la carte et les membres de sa famille pour différents types d’accidents, ainsi que d’autres couvertures telles que l’annulation du voyage, la perte de bagage, etc.                                                                                                         
● Le service de conciergerie.                                                                                                         
● Les offres et prix réduits dans les hôtels les plus prestigieux autour du monde.
● Le programme de fidélité «cash back» qui est plus élevé sur les cartes World Elite que sur les autres types de cartes, 1,5% au lieu de 1%. Depuis le 17 Juin 2019 et pendant 3 mois, une campagne a été lancée pour encourager les détenteurs de carte de crédit Mastercard Fransabank à utiliser leurs cartes lors de leurs déplacements à l’étranger. 20 billets d’avion en Classe Affaire seront offerts à 10 gagnants + 10 accompagnants pour une destination européenne de leur choix. Trois gagnants seront annoncés le 18 juillet prochain; 3 gagnants seront annoncés le 18 août et 4 gagnants seront annoncés le 18 septembre. Par ailleurs, Fransabank a introduit la technologie carte sans contact depuis 2006, celle-ci étant disponible sur les cartes de crédit et de débit. Lama Dick insiste sur le fait que les deux paramètres du coût et de la fraude intéressent particulièrement le client lorsqu’il s’agit de cartes bancaires. Fransabank l'a offert souvent gratuitement, et à vie pour les clients ayant domicilié leurs salaires auprès de son établissement ou ayant opté pour une offre spécifique proposée par la banque. «En termes de fraude, les cartes de Fransabank sont dotées de puces et requièrent l’insertion d’un code PIN à chaque transaction. La banque décline l’offre de la carte avec technologie d’identification biométrique, et le service d’alerte via SMS», dit-elle. Récemment, Fransabank a introduit le service 3D Secure sur toutes ses cartes afin de valider tout paiement en ligne: le client recevra sur son portable un «secure code» à six chiffres. Sur un autre plan, Fransabank propose au site marchand la plateforme électronique Netcommerce qui permet à leurs clients  d’acheter en ligne et en toute sécurité.

La Banque libano-française
La carte co-brandée avec Visa Air France KLM «La demande sur notre produit phare, la carte Visa Air France KLM - Banque libano-française, fruit du partenariat exclusif avec Air France KLM, reste très forte. Cette carte co-brandée a permis d’offrir plus d’un milliard de miles à nos clients depuis son lancement en 2013», déclare Mirna Wehbé, directrice de la Monétique à la BLF, ajoutant «que cette carte permet de cumuler des miles Flying Blue qui n’expirent jamais tant que la carte est utilisée». Le client reçoit jusqu’à 1,5 mile pour chaque dollar dépensé avec sa carte. Il peut ensuite les échanger contre des billets d’avion, des suppléments de bagages, des surclassements et des services auprès des partenaires Flying Blue. Priée de s’exprimer sur le paiement par carte sans contact, elle souligne que cette technologie a été rapidement adoptée par la clientèle de la BLF, mettant l’accent par ailleurs sur le fait que «plus de 13% des transactions sur nos cartes sont désormais effectuées en mode sans contact». Le paiement sans contact est devenu un moyen rapide et surtout sécurisé de régler les petits montants inférieurs à 100 000 L.L., une raison de plus d’éviter de s’encombrer avec de la monnaie. Pour ce qui est du prix de la carte, Mme Wehbé explique que «le prix est un des éléments les plus délicats à déterminer lors du lancement d’un nouveau produit étant donné qu’il influence directement la décision d’achat du client». C’est la raison pour laquelle BLF effectue une étude de marché, en prenant en considération plusieurs facteurs tels que le coût de la mise en circulation de la carte, de son type, des frais de Visa ou de Mastercard, des services associés, des frais d’opérations, ainsi que d’autres charges indirectes. Ceci dit, la carte est souvent offerte gratuitement. Quant à la lutte contre la fraude, et vu que la sécurité est un facteur primordial pour la BLF, cette dernière adopte les dernières technologies et innovations en la matière. Les cartes de la BLF sont à puce (EMV), et, pour valider une transaction POS ou ATM, le client doit introduire un code PIN. Pour ses opérations en ligne, il est aujourd’hui tenu de saisir un code supplémentaire (One-Time Password) qu’il reçoit par un SMS pour compléter ses transactions en toute sécurité dans le cadre du nouveau service 3D Secure. La BLF a mis en place un système d’analyse des habitudes de paiement de chaque client qui alerte les cadres concernés en cas d’activité inhabituelle. Concernant les sites marchands, la BLF met à la disposition de ses clients une solution de paiement en ligne «Point e-com» de standard international (MIGS et MPGS) fournie par Mastercard. Elle permet à ses clients de s’ouvrir aux marchés internationaux tout en leur assurant une sécurité optimale grâce à la « tokenisation » de leurs transactions, à travers des systèmes d’authentification à distance tels que le 3D Secure de Mastercard ou le VbyV (Verified by Visa).

Le Crédit libanais et sa carte métallique
Le Crédit libanais a annoncé récemment le lancement de sa carte, baptisée THE METALLIC. Cette nouvelle carte en métal, qui est unique au Liban, est une affirmation de préexcellence. Elle est destinée essentiellement à des clients d’élite et offre moult services et privilèges correspondant à leur train de vie luxueux. Cette carte métallique est offerte seulement sur invitation et elle est acceptée partout dans le monde. Inspiré du matériau dont elle est composée, le nom de cette carte unique THE METALLIC est finement gravé dessus telle une signature de marque. Avec son design minimaliste, son look épuré, sa touche raffinée, elle a tout pour plaire aux plus sélectifs des clients. Outre son poids inhabituel, cette carte est dotée de la fonction de paiement sans contact, conférant ainsi à des clients triés sur le volet un agréable sentiment de puissance.
Conçue avec soin afin de repenser le statut de son détenteur, cette carte lui offre une large gamme d’avantages à savoir:
● Un service de conciergerie de luxe disponible à toute heure, à longueur d’année. 
● Des services d’un banquier privé.                                                                                                                         
● Des locations de jets privés en donnant un accès aux hôtels et voyages de luxe, aux offres proposées par des partenaires sélectionnés ainsi qu’à «Spectrum», le programme de fidélité qui offre dès l’adhésion du client un bonus de bienvenue de 5 000 points.     
● Des programmes d’assurance incomparables: une assurance voyage et médicale jusqu’à 2 000 000$.                                                                                                                      
● Une assurance pour les voitures de location allant jusqu'à 100 000$.                               
● Une assurance achats jusqu'à 75 000$, sans oublier un accès complémentaire illimité aux salons VIP d’aéroports internationaux. Répondant à une question de Magazine, Randa Bdeir, directrice générale adjointe et responsable des technologies des paiements électroniques et des cartes au Crédit libanais,  considère que «le paiement sans contact permet d'effectuer des transactions rapides et sécurisées presque deux fois plus rapides que les méthodes classiques de paiement en espèces ou par carte. En même temps, le paiement sans contact permet au client de relier ses cartes à son téléphone portable et de payer encore plus rapidement. Enfin, le paiement sans contact est parfait pour les transactions de faible valeur, éliminant ainsi le fardeau de l'argent en espèce ou des pièces de monnaies.»
Au sujet de la sécurisation des transactions en ligne, Mme Bdeir déclare: «Le Crédit libanais a amélioré son service d’authentification 3D Secure contre les transactions frauduleuses d'un code secret statique à un seul mot de passe dynamique (OTP) nécessaire pour compléter une transaction en ligne.» Ce service est offert gratuitement et disponible sur les cartes de débit et de crédit Mastercard et Visa. A une question de Magazine concernant les défis à relever dans le domaine des cartes bancaires, Mme Bdeir déclare: «La transition vers l'ère d’une société sans argent liquide. Le chemin vers un monde fonctionnant sans espèces est encore long. Même si la tendance est bien engagée dans les pays développés, il reste beaucoup de progrès à faire pour que des pays comme le Liban. L’inclusion financière est l'une des solutions à suivre et les cartes prépayées sont le support à utiliser pour réduire le recours à l’argent liquide même si ces instruments électroniques ne sont pas bien perçus au Liban pour les problèmes de transparence et de conformité.»

Liliane Mokbel
 

Stéphane Attali, directeur général de l’Ecole supérieure des affaires (Esa), est parti mardi 2 juillet 2019 après une longue lutte contre la maladie. Avec sa mort, le Liban perd un précieux ami qui a consacré des années de sa vie à créer l’excellence au pays du Cèdre.

 

Père de huit enfants, dont six nés au Liban, Stéphane Attali a choisi dès 2002 le Liban comme pays de cœur. Il est détaché une première fois au pays du Cèdre de 2002 à 2007 en tant que responsable du développement - adjoint du directeur général de l’Ecole supérieur des Affaires (Esa) et une deuxième fois en 2009 au titre de directeur général.

Dans un communiqué annonçant le décès de Stéphane Attali, l’Esa souligne que «sous l’impulsion d’un directeur visionnaire, entrepreneur et bâtisseur, l’Ecole s’est transformée, s’est renouvelée, dynamisée et rayonnante de ses idées, de sa ténacité, de son optimisme et de sa permanente volonté d’agir et de viser toujours plus haut.» 

«Stéphane Attali a instauré des valeurs que tous, employés, étudiants, alumni, amis, clients, fournisseurs et partenaires ne pouvaient qu’honorer. Le professionnalisme, le respect, la loyauté, l’ouverture et l’innovation faisaient partie intégrante de son quotidien. Nous respecterons à jamais ses valeurs, nous respecterons à jamais ses enseignements, et nous veillerons à faire vivre cet héritage», poursuit le texte de l’Esa. 

 

Officier de réserve de la marine. Diplômé de l’Université Paris Dauphine et de l’Institut d’Études Politiques de Paris (Sciences Po), Stéphane Attali avait commencé sa carrière professionnelle comme consultant au sein d’un cabinet de conseil parisien, avant de rejoindre la direction internationale de la Chambre de Commerce et d’Industrie de Paris (CCIP) en 1999, qui lui proposera ensuite d’intégrer l’Esa au Liban.

Cet élève-officier de réserve, sous-lieutenant dans la marine nationale, est né et a grandi sur l’île de Nouvelle-Calédonie, comme l’écrit notre collaboratrice Joëlle Seif dans un portrait publié dans Magazine en juillet 2014. «Stéphane Attali se définit comme un ‘Français ultramarin’ plutôt qu’un ‘Français d’outre-mer’, lit-on dans le portrait. A 18 ans, il quitte «sa grande île perdue dans le Pacifique Sud» pour étudier à Paris. «C’était pour moi un choc culturel et thermique, mais un événement dont j’attendais beaucoup. J’étais à Paris, au cœur de l’Europe, à une période charnière. C’était la chute du mur de Berlin», se souvient le directeur de l’Esa.

Dans ses souvenirs, Stéphane Attali garde surtout en mémoire sa fabuleuse expérience sur le porte-avions américain JFK, en escale à Cannes. «Ils m’ont proposé de partir naviguer avec eux en tant que jeune officier français. J’ai effectué ainsi tous les exercices marins sur ce bâtiment énorme, aussi grand qu’une ville, dit-il à Magazine. Il rejoint enfin sa base à Toulon où l’attendait sa fiancée, Delphine De Villeneuve, «une pure provençale et une méditerranéenne». A la fin de son service militaire, en 1998, ils se marient et fondent une famille de huit enfants, six garçons et deux filles, dont six sont nés au Liban».

 

Le Liban Silicon Valley. Le directeur de l’Esa avait une foi inébranlable dans le Liban, parfois plus tenace que celle de certains Libanais. «Le Liban est une terre favorable pour l’enseignement et la formation», dit-il à Magazine, relevant que les plus vieilles universités au Moyen-Orient se trouvent au Liban. «Les Libanais se saignent à blanc pour donner la meilleure formation possible à leurs enfants, fait-il remarquer. La mission de l’Esa est d’assurer un apport international pour les Libanais et de créer un modèle de leadership typique qui s’inspire de la culture et de la mentalité du pays. C’est ce qui a permis aux Libanais de réussir à l’étranger, comme aucun autre peuple ne l’a fait comme lui, tout en gardant leurs racines et leurs cultures».

«Pour Stéphane Attali, écrit notre collaboratrice, les Libanais sont, par définition, internationaux. La mission de l’Esa est d’apporter un modèle originel au Liban. «Je suis convaincu que c’est ce dont le Liban a besoin et qu’il est capable de produire. C’est un pays exceptionnel».

Il avait de grandes ambitions pour le Liban, dont celle de retrouver «sa vocation originale, celle d’être la plateforme culturelle de la région». L’avenir du Liban serait dans la mise en place d’un système où on peut créer des emplois et des entreprises. «Il faut que le Liban devienne la Silicon Valley de la région».

Stéphane Attali est parti avant de voir son rêve se concrétiser mais avec la consolation d’avoir semé les graines qui permettront à son projet d’éclore.

 

 

Les cellules souches représentent un grand espoir pour la médecine. Elles sont capables de renouveler des organes et des tissus âgés ou endommagés, comme dans le cas des maladies neurologiques ou métaboliques. La greffe de cellules souches est surtout envisagée lorsque d’autres traitements échouent. Qu’est-ce que les cellules souches? Quels sont les avantages de cette médecine? Magazine enquête.
 

Les cellules souches sont celles à partir desquelles toutes les autres cellules sanguines se développent. Elles font l’objet de nombreuses recherches dans l’espoir de guérir des maladies aujourd’hui incurables. L’objectif est de soigner durablement le patient grâce à une injection unique de cellules thérapeutiques. Ces cellules sont obtenues à partir de cellules souches  pouvant donner tous types de cellules ou un nombre limité de types de cellules provenant du patient lui-même ou du donneur. La thérapie cellulaire permet ainsi de soigner un organe défaillant par la transplantation de cellules saines dans le but de remplacer les cellules malades de l’organe en question. Ces cellules sont capables de se transformer afin de donner d’autres nécessaires à la guérison de l’organe. Les cellules souches hématopoïétiques sont les plus connues. Elles ont un rôle capital dans la formation des cellules du sang et sont présentes au niveau de la moelle osseuse.
Selon le Dr Albert Azar, spécialiste en thérapie cellulaire au centre de médecine régénérative au Middle East Institute of Health (MEIH), «la médecine régénérative est une stratégie thérapeutique visant à réparer un organe malade grâce à des cellules souches qui vont se différencier pour remplacer les cellules lésées ou malades». Le Dr Azar explique également que le sang du cordon ombilical contient des cellules souches hématopoïétiques qui sont bien tolérées en cas de greffe. Ce sang est utilisé pour traiter les leucémies ou les lymphomes ou encore des maladies génétiques. Le Centre de médecine régénérative Reviva encourage d’ailleurs les futures mères à donner ce produit sanguin à la naissance de leurs enfants pour assurer la survie de ces derniers ou de leur entourage en cas de maladies. «Je me suis bien informée sur le sujet, confie une jeune future mère. La préservation des cellules souches se fait en toute sécurité. Cela me réconforte et me permet d’assurer la vie de mon enfant en cas de problème de santé grave».

Traiter les maladies
Le prélèvement a lieu dans les minutes qui suivent l’accouchement lorsque le cordon ombilical vient d’être coupé et que le placenta est encore dans l’utérus. Le sang de cordon, riche en cellules souches, est ensuite congelé et conservé dans une banque en vue de son utilisation ultérieure. Le prélèvement des cellules souches utilisées en thérapie cellulaire peut être réalisé sur le patient lui-même et les cellules thérapeutiques seront parfaitement tolérées par celui-ci sur le plan immunitaire. «Après la naissance d’un enfant, le sang de cordon, contenu dans le cordon ombilical et le placenta, est facile à collecter, et cela sans aucun risque pour la mère ou l’enfant. Le sang du cordon ombilical est désormais connu pour être une source utile de cellules souches de sang. Il est surtout utilisé pour traiter les enfants atteints de certaines maladies du sang», note par ailleurs le Dr Azar, en précisant que la greffe des cellules souches permet d’améliorer la qualité de vie du patient de 30 à 40%. «Le concept de préservation des cellules souches est nouveau au Liban, affirme-t-il. Nous essayons de sensibiliser les Libanais et, particulièrement, les femmes à ce concept».
Depuis des dizaines d’années, les cellules souches ont bouleversé la vie de plusieurs patients à la suite de leur utilisation avec grand succès dans le traitement de leucémies, de myélomes ou de lymphomes, et dans certaines autres maladies et lésions. Vu leur potentiel d’auto-renouvellement et de différenciation, les cellules souches représentent, actuellement, une innovation dans le domaine de la recherche clinique visant à établir une thérapie cellulaire contre une variété de maladies, comme la sclérose latérale amyotrophique, la maladie d’Alzheimer, l’arthrose, l’autisme, le diabète, l’infarctus du myocarde, la sclérose en plaques, la maladie de Parkinson, les lésions de la moelle épinière, l’infertilité ou d’autres maladies. L’indication d’une thérapie cellulaire définit le plus souvent le choix des cellules souches à utiliser. Ainsi, les cellules souches embryonnaires se différencient spontanément en cellules de la rétine et sont donc particulièrement adaptées à la mise au point de traitements de maladies affectant cet organe. Pour traiter l’arthrose, le choix se porte plus spontanément vers les cellules mésenchymateuses, capables de donner des cellules de cartilage. «Les cellules souches ont particulièrement la capacité de remplacer les cellules endommagées et de traiter des maladies. Cette propriété est déjà utilisée dans le traitement des brûlures graves et le rétablissement du système sanguin chez les patients atteints de leucémie et d’autres maladies du sang», précise le Dr Azar. Parmi les thérapies les plus avancées sur le plan des essais cliniques, celles visant à traiter certaines maladies ou lésions des os, de la peau ou de la cornée à l’aide de greffes de cellules souches prélevées à partir de ces organes. On peut, par exemple, reconstruire une cornée à partir de cellules souches de l’œil pour traiter certaines lésions oculaires. La greffe de cornée a déjà démontré son innocuité et son efficacité dans le cadre d’essais cliniques précoces. Des greffes de cellules souches dans le pénis ont permis, par ailleurs, de soigner des troubles érectiles après une opération de la prostate. Les chercheurs ont injecté dans le pénis des cellules souches prélevées de la moelle osseuse qui contient plusieurs types de cellules souches capables de se transformer spontanément en cellules de même type que celles endommagées dans le pénis.

NADA JUREIDINI
 

Reviva
Reviva est un centre de médecine régénérative et reconstructive. Il est le seul centre au Liban et au Moyen-Orient où les cellules souches sont collectées, manipulées et conservées. Il dispose d’une banque de cellules souches dérivées, en particulier du sang du cordon ombilical et des tissus et offre des services liés à la thérapie cellulaire comme la transplantation autologue de cellules souches adultes pour traiter diverses maladies. Concernant la médecine reconstructive, les cellules souches sont appliquées sans acte chirurgical dans des cas de brûlures, de vergetures ou de cicatrices. Les innovations médicales associées à l’excellence scientifique sont adoptées conformément aux directives internationales élaborées. De plus, Reviva détient des affiliations universitaires en particulier avec l’Université libanaise (UL).

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Éditorial
Le facteur temps est décisif

Les ministres rencontrés ou interviewés par Magazine ces dernières semaines, toutes tendances confondues, soulignent le «sens des responsabilités» des représentants de tous les partis au gouvernement et le «sérieux» avec lequel ils abordent les dossiers économiques, financiers et politiques. Ils jettent un regard plutôt positif sur la qualité des débats en Conseil des ministres, même si certains déplorent le temps parfois excessif passé sur des dossiers qui auraient pu être tranchés plus rapidement.Or le temps est, aujourd’hui, un facteur déterminant dans la dynamique de maîtrise de la crise que le gouvernement se promet d’enclencher. Chaque jour qui passe est un jour de perdu. Chaque jour qui passe éloigne davantage le gouvernement des objectifs qu’il s’est fixés au niveau de la réduction du déficit budgétaire. Chaque jour qui passe voit le service de la dette gonfler et le sauvetage de plus en plus périlleux.Cette constatation n’est pas nouvelle mais on ne la rappellera jamais assez. On ne la martèlera jamais assez. C’est parce qu’ils n’ont pas conscience du facteur temps que les responsables ont mené le pays là où il est aujourd’hui, au bord du gouffre. Le plan de réhabilitation du secteur de l’électricité, adopté en avril dernier, est pratiquement le même que celui qui avait été préparé il y a 9 ans. Les tiraillements et les surenchères politiques avaient empêché sa mise en œuvre. Si ce vaste chantier avait été lancé à l’époque, les milliards de dollars engloutis par l’EDL, qui constituent tous les ans une moyenne de 11% du budget, auraient pu être économisés et le Liban ne serait pas dans la situation délicate qui est la sienne en ce moment. Cet exemple d’incurie des pouvoirs publics peut être multiplié à volonté dans divers secteurs.Le temps n’est plus un luxe que les dirigeants peuvent se payer avec l’argent du contribuable. L’examen du budget par la Commission parlementaire des Finances et du Budget a trop traîné, ce qui est inexplicable, car la composition politique de cette instance est presque similaire à celle du gouvernement, qui a déjà amplement pris son temps pour approuver le projet de loi de Finances au bout de 21 séances marathons. Soit les partis sont atteints de schizophrénie et adoptent une chose en Conseil des ministres puis son contraire en Commission; soit ils sont incapables de tenir leurs troupes et certains députés s’ingénient à défaire ce que leurs camarades ont approuvé au gouvernement; soit les partis tiennent un double langage et, de ce fait, sont moins «responsables» qu’ils n’en donnent l’impression. Cette dernière option nous semble la plus plausible.Pour la démentir, le gouvernement doit montrer son sérieux et sa détermination à aller de l’avant en préparant et en envoyant au Parlement le projet de budget 2020 d’ici la mi-octobre au plus tard, comme le stipule la Constitution. Sinon, le sauvetage relèvera des missions impossibles.     


 Paul Khalifeh
   

Combien ça coûte

Les implants dentaires
Qu’il figure à l’avant ou à l’arrière de la cavité buccale, le vide causé par la perte de certaines dents est toujours désagréable. La pratique des implants dentaires constitue une…

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