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Nº 2951 du vendredi 30 mai 2014

Confidences Liban

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    Ibrahim surveille Aïn el-Heloué. Le général Abbas Ibrahim a l’œil sur Aïn el-Heloué et redoute que certains veuillent transformer le camp en nouveau «Nahr el-Bared» pour torpiller la réconciliation interpalestinienne et renverser...
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Ibrahim surveille Aïn el-Heloué.
Le général Abbas Ibrahim a l’œil sur Aïn el-Heloué et redoute que certains veuillent transformer le camp en nouveau «Nahr el-Bared» pour torpiller la réconciliation
interpalestinienne et renverser les nouvelles données régionales et locales. Le général a invité les Palestiniens à tirer profit de l’ambiance qui a prévalu, après la formation du gouvernement libanais, pour assurer la protection politique de ce camp, ainsi que d’autres, en appliquant le plan de sécurité approuvé et qui attend d’être concrétisé.

 

Oui, à la parité
Le dernier round du dialogue national était l’un des plus importants, estime le président Michel Sleiman, comme le rapportent ses visiteurs. Au cours de cette séance, le président Nabih Berry, s’adressant au chef de l’Etat, a fait une déclaration, en réponse au discours prononcé par ce dernier dans le cadre d’un événement à Jbeil où il avait mis en garde contre l’organisation d’un congrès institutionnel visant à amender les accords de Taëf basés sur la parité entre chrétiens et musulmans. «Non, M. le président, a dit le chef de l’Assemblée, nous n’avons aucune intention de tenir un congrès institutionnel et permettez-moi d’annoncer au nom des chiites, et de nos frères sunnites et druzes présents - s’ils me permettent de parler en leur nom - que nous resterons attachés à Taëf et à la formule paritaire, même si les chrétiens veulent y renoncer». Cette prise de position a été inscrite dans les résolutions prises par l’instance du dialogue national dans le communiqué final.



Situation sous contrôle à Tripoli
Les accrochages qui se sont déroulés à Bab el-Tebbané et l’agression armée contre les soldats de la troupe dont sept ont été blessés, ainsi qu’un officier, sont graves. La situation reste cependant contrôlée à l’ombre du plan sécuritaire et d’une volonté politique d’application de ce plan. Mais cette violation révèle qu’il existe encore des prévenus en liberté qui osent braver le pouvoir de l’armée, sans que l’on sache s’il s’agit de leaders islamistes qui refusent de se livrer à la justice, ou de petits combattants de la deuxième catégorie, impliqués dans des crimes que les ententes conclues n’ont pas englobés.
Des milieux gouvernementaux estiment qu’on ne peut pas minimiser ces failles sécuritaires, mais il ne faut pas non plus leur donner une dimension politique démesurée en les prenant pour signe d’une possible reprise des combats à Tripoli, qui retrouverait son rôle de boîte aux lettres, profitant de la vacance de la première présidence.


Présidentielle: aucun veto haririen
Le patriarche maronite Mar Béchara Boutros Raï aurait demandé au président Saad Hariri, qu’il a rencontré à Paris, d’informer le général Michel Aoun que sa candidature à la présidence n’est soutenue ni par l’Arabie saoudite, ni par les Etats-Unis, ni par la France… et que le Moustaqbal ne l’appuiera pas. L’ex-Premier ministre a décliné la proposition, affirmant qu’il ne met aucun veto préalable sur qui que ce soit et qu’il est disposé à soutenir le candidat qui fera consensus sur la scène chrétienne, sachant qu’il partage l’avis du patriarche sur les caractéristiques dont doit jouir le futur locataire de Baabda. Hariri a ajouté: «Ce n’est pas à moi de prendre l’initiative de ce climat d’ouverture sur le Moustaqbal». L’ex-président du Conseil a déclaré, par ailleurs, qu’il ne tombera pas dans le piège visant à lui faire assumer la responsabilité de la non-candidature du chef du CPL, alors que ce sont les alliés de ce dernier qui souhaitent torpiller sa candidature.

Package-deal pour une sortie de crise
Avec le règne du vide depuis l’échec de l’organisation de la présidentielle dans les délais, des ténors du 14 et du 8 mars proposent des conciliabules autour d’une table ronde pour conclure un accord global portant sur le futur président de la République, ainsi que le chef du gouvernement et ses ministres, sur la nouvelle loi électorale pour l’organisation du scrutin législatif et l’élection d’un nouveau président de l’Assemblée… cela en plus des nominations administratives. La coalition du 14 mars s’est opposée à cette proposition qui combine tous les dossiers de l’heure, préférant donner la priorité à l’élection présidentielle, de crainte qu’un package tout compris ne retarde encore le scrutin et mène à un nouveau Doha. Les proches de Aïn el-Tiné révèlent que c’est par ce chemin que passe le règlement de la crise, à travers un pacte interlibanais qui va dans le sens de la modernisation du Pacte national.


Un 7 mai bis?
Certains milieux du 14 mars redoutent la reproduction du scénario du 7 mai, par le Hezbollah, dans une version corrigée et politique, accompagné d’un éventuel mouvement de protestation populaire sous couvert revendicatif. Ceci pour instaurer un climat de confusion et d’instabilité qui mènera à la convocation d’un nouveau congrès de Doha et d’une invitation à la révision de Taëf à la lumière des nouvelles données. Ces mêmes milieux estiment que l’organisation d’un nouveau 7 mai inciterait le président Nabih Berry à convoquer une table du dialogue II. Des voix s’élèveront alors pour réclamer une restructuration du pouvoir et du régime, Taëf ayant prouvé sa non-viabilité. Toutes ces appréhensions peuvent aboutir à l’intensification des contacts pour réduire autant que possible la période du vide, comme le rapporte un diplomate occidental.


Les législatives guettent…
Contrairement aux infos véhiculées par des sources diplomatiques, selon lesquelles le vide ne durera pas plus d’un mois, des observateurs pensent que la vacance à la tête du pouvoir pourrait se prolonger. Au cas où cette période «transitoire» dépasse le délai de quelques mois, ils redoutent l’émergence d’une nouvelle crise politique et constitutionnelle, lorsque l’échéance des législatives viendra se greffer à l’impasse présidentielle. Les députés devront alors procéder à la reconduction de leur mandat en l’absence d’un chef d’Etat et en présence d’un gouvernement paralysé, cela en dépit des assurances avancées par le président Nabih Berry à l’occasion du dialogue national sur l’impossibilité pour le Parlement de renouveler son mandat une deuxième fois. Il n’est cependant pas exclu que le vide touche toutes les institutions, incluant l’Assemblée, si son chef ne soumet pas un projet dans ce sens, même par des moyens tortueux du point de vue constitutionnel, parce qu’il sera difficile d’obtenir le feu vert de tous les ministres pour la prolongation du mandat parlementaire, probablement pour une période de deux ans.


Réfugiés syriens: projet suspendu
Le Premier ministre, Tammam Salam, a évoqué le cas des réfugiés syriens au Liban avec les autorités saoudiennes, en se basant sur le dossier préparé par le ministre des Affaires sociales, Rachid Derbas. D’après les informations qui circulent, le Conseil des ministres, dans le cadre de sa dernière réunion, n’a pas réussi à s’accorder sur un communiqué concocté par la commission ministérielle chargée du dossier des réfugiés, comportant les clauses suivantes: contrôle des frontières, définition du terme «déplacé», installation de camps à l’intérieur du territoire syrien ou dans le no man’s land à la frontière et négociations avec l’Onu afin d’appliquer ces recommandations. Les réserves formulées par le Hezbollah et le Front de lutte nationale de Walid Joumblatt ont abouti au report du sujet afin que le communiqué puisse être révisé.

 

La surprise est venue du bey
Le village druze de Bayssour - qui avait été en juillet passé, le théâtre de l’émasculation de Rabih el-Ahmad par les frères de Roudaïna Malaeb, qu’il avait épousée après l’avoir enlevée - est à nouveau sur la sellette.
Des sources du village révèlent que les contacts se poursuivent avec les membres de la famille Malaeb pour les convaincre de renoncer à démissionner du Parti progressiste. Le député Walid Joumblatt ayant torpillé le mouvement qu’ils avaient initié contre le courant de «la société civile résistante», pour l’empêcher d’organiser une cérémonie à l’occasion de la fête de la Libération. Le problème avec ce courant, qui regroupe des druzes favorables à la Résistance, avait débuté à Aley où le député Akram Chéhayeb a encouragé une association locale à s’abstenir de louer une salle à cette «société». Celle-ci a alors eu recours au député de Bayssour, Ghazi Aridi, qui a accueilli favorablement l’invitation à la cérémonie et donné la permission de la tenir à Bayssour, au siège d’une association locale. Il a même, en présence de ses hôtes, convié par téléphone le ministre de l’Industrie, Hussein Hajj Hassan, à dîner chez lui afin qu’ils se rendent ensemble à l’événement. Cet épisode a été suivi d’une extrême tension dans le village où les opposants à cette cérémonie sont anti-Hezbollah depuis le fameux 7 mai 2008. Mais la surprise est venue de Walid Joumblatt qui a participé à la cérémonie aux côtés de Aridi et prononcé un mot à l’occasion de la libération.

La présidentielle arabisée
L’échec de la «libanisation» de l’échéance présidentielle replace le Liban dans le giron de «l’arabisation», telle est l’analyse faite dans des cercles liés aux partis de gauche. Si le mandat Sleiman a expiré, sans consensus sur son successeur, cela n’est pas dû, disent-ils, aux négociations irano-américaines inachevées, mais au manque de courage des forces locales qui n’osent pas défier «l’arabisation» de cette échéance nationale. Washington n’aurait pas pu trouver mieux que le général Michel Aoun comme candidat rassembleur, capable de réécrire le contrat de «cohabitation» entre les deux composantes du pouvoir, malgré le poids porté par chacune d’elle au double plan régional et international. Ce sont les manœuvres diplomatiques des capitales arabes concernées qui ont mis les bâtons dans les roues de l’accession du général Aoun à la première magistrature. «La malédiction» de l’arabisation de ce dossier pourrait poursuivre le Liban longtemps et remettre le sort du système libanais sur le tapis, parce que ces acteurs régionaux pensent que la vacance de la première magistrature constitue une occasion pour eux de retrouver un certain équilibre régional dont ils ont bien besoin.

Réfugiés ou combattants?
Les organes concernés ont appréhendé des déplacés syriens arrivés au Liban via le village de Aïn Ata. Ils s’étaient infiltrés à travers la frontière pour atteindre la région syrienne de Beit Jinn avoisinante de Chebaa et sous la domination de l’Armée syrienne libre (ASL). Ce sont les Renseignements israéliens, comme le rapporte un responsable sur place, qui supervisent le regroupement de ces gens-là qui sont réacheminés vers la zone syrienne située sur le triangle frontalier libano-syro-palestinien. D’après les informations disponibles, les groupes armés qui arrivent à Aïn Ata viennent de différents points de la Syrie, les éléments qui les composent sont sélectionnés par un bureau de coordination mixte installé en Jordanie et composé de représentants de l’Armée de Syrie libre, des Renseignements israéliens et d’un délégué d’un pays arabe… Le transfert des combattants vers le village de Chebaa et ses alentours se fait par petits groupes de «déplacés». Ce même responsable croit savoir que si l’armée israélienne a choisi le village de Jib Jinn et ses fermes, c’est pour entamer, à partir de là, la création de la bande frontalière israélienne à l’intérieur du territoire syrien. Les Israéliens cherchent ainsi à intensifier la présence de l’ASL dans cette région pour créer un équilibre stratégique avec les éléments du Front al-Nosra et les autres branches d’al-Qaïda présents et actifs à cet endroit.


Nouhad Machnouk: le ministre qui monte
La visite du ministre de l’Intérieur, Nouhad Machnouk, dans les pays du Golfe, à la tête d’une délégation sécuritaire, donne un indice supplémentaire sur la place privilégiée qu’il occupe au niveau sunnite, et aussi au sein de son bloc parlementaire et de son camp politique. Il existe des thèses selon lesquelles Machnouk franchit les échelons à grande vitesse, alors que la position du président Saad Hariri en Arabie saoudite n’est plus aussi confortable que par le passé après que les rênes du pouvoir soient passées aux mains du courant réformateur représenté par le roi Abdallah et ses fils, et avec le recul de l’influence des émirs Soudayri qui avaient appuyé Hariri. Loin de ces thèses, une source explique que la visite de Machnouk dans les pays du Golfe était particulièrement réussie. Preuve en est les personnalités présentes au déjeuner donné en son honneur par l’ambassadeur du Liban à Abou Dhabi, Hassan Saad, parmi lesquelles les ambassadeurs du Conseil de coopération du Golfe et l’ambassadeur des Etats-Unis aux Emirats. Machnouk avait fait des déclarations courageuses à la revue américaine Foreign Policy en considérant que l’intervention du Hezbollah dans la région syrienne du Qalamoun a permis de «réduire le nombre de voitures piégées». Il a aussi ajouté que sa rencontre avec le responsable du Hezb, Wafic Safa, en avril passé, avait remplacé «la coopération avec le gouvernement syrien».





 

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Éditorial
La contagion du vide

Depuis la fin de la guerre, en 1990, aucun mandat présidentiel ne s’est achevé normalement. Ceux d’Elias Hraoui et d’Emile Lahoud ont été prorogés de trois ans. Après la fin du mandat de ce dernier, le Parlement a été incapable d’élire un successeur et le siège de la présidence est resté vacant, de septembre 2007 à mai 2008. Six ans plus tard, la Chambre se retrouve encore dans l’impossibilité d’élire un président dans les délais constitutionnels et le vide s’est, une nouvelle fois, installé au palais de Baabda. La première observation que l’on peut faire de ces événements est que les Libanais sont incapables de s’entendre, de leur propre chef, sur un candidat accepté de tous. Ils ont soit besoin d’un tuteur, le Syrien en l’occurrence, soit de l’aide directe de puissances régionales et internationales, comme ce fut le cas à la conférence de Doha, qui a permis d’élire Michel Sleiman à la magistrature suprême. Les deux camps s’accusent réciproquement du blocage actuel. En réalité, ils se partagent tous la responsabilité, aux côtés du système politique bancal, déficient et défaillant, mis en place à la conférence de Taëf, à laquelle il faut reconnaître quand même le mérite d’avoir mis un terme à la guerre. Pendant la tutelle syrienne, le Liban était gouverné d’une manière extraconstitutionnelle. Le pays était, en quelque sorte, cogéré par les Syriens et la classe politique libanaise (toutes tendances confondues) et tout le monde y trouvait son compte. Avec le départ du tuteur, les Libanais ont été contraints de s’en remettre aux lois pour diriger leur pays et gérer leurs divergences. C’est alors que sont apparues les gigantesques failles, lacunes et autres insuffisances dans la Constitution. L’expérience et la pratique ont prouvé que le pays ne peut pas fonctionner normalement sans une réforme constitutionnelle et électorale. Le jour de son départ, Michel Sleiman en a proposé quelques-unes, susceptibles de donner un peu de contenu à la phrase sans cesse serinée: «Le président est le garant de la Constitution». Rendre au président de la République la prérogative de dissoudre le Parlement en cas de crise majeure ou de blocage politique est la plus pertinente. Mais elle est insuffisante. Il faudrait aussi autoriser deux mandats présidentiels consécutifs, comme dans tous les pays du monde, après avoir ramené à cinq années la durée du mandat; il faudrait réfléchir à accorder un délai au Premier ministre pour la formation de son cabinet. Il est, en effet, inconcevable qu’un chef de gouvernement désigné puisse bénéficier d’un délai illimité pour former son équipe. La réforme la plus fondamentale reste l’adoption d’une loi électorale basée sur le mode de scrutin proportionnel et l’instauration d’un sénat communautaire, afin de pouvoir élire, enfin, le premier Parlement non confessionnel. Sans une réforme en profondeur, les blocages politiques apparaîtront à chaque échéance importante. Aujourd’hui, le vide risque de se propager à toutes les institutions. Le Parlement est paralysé et la menace de blocage plane au-dessus du gouvernement. Le grippage de toutes les institutions est une invitation, on ne peut plus claire, à un arbitrage étranger. Celui-ci est toujours intervenu après une explosion de la situation. Les conférences de Taëf et de Doha n’ont-elles pas fait suite à une guerre civile de quinze ans et aux événements sanglants du 7 mai 2008? Pour une fois, les Libanais pourraient faire preuve de prévoyance et de perspicacité, en prouvant que l’Histoire ne se répète pas toujours nécessairement.


 Paul Khalifeh
   

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