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Nº 3030 du vendredi 4 décembre 2015

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Le Liban n’est pas prioritaire pour les Russes
En évoquant la situation interne au Liban avec son homologue russe, Sergueï Lavrov, le ministre des Affaires étrangères, Gebran Bassil, a sollicité l’aide active de Moscou pour parvenir à un règlement interne qui réactiverait les institutions et mettrait fin à l’impasse présidentielle, surtout que la Russie est désormais politiquement et militairement présente au cœur de la région. D’après les informations qui circulent, l’offre du ministre libanais a été accueillie avec tiédeur par Lavrov qui n’a manifesté aucun intérêt à sa proposition. Les priorités pour les Russes sont aujourd’hui ailleurs. La guerre antiterroriste en Syrie et la confrontation avec leurs adversaires occidentaux et régionaux sur la scène syrienne ne leur permettent pas d’entamer des pourparlers sur le règlement du dossier libanais. Du moins pour le moment.

Mazloum appuie Frangié
Les déclarations favorables à l’élection du député Sleiman Frangié du vicaire patriarcal, Mgr Samir Mazloum, ont interpellé les observateurs qui se sont demandé si cette position exprime l’avis personnel du prélat ou celui du patriarcat maronite et de l’Eglise.
En insistant sur la nécessité d’organiser l’élection présidentielle au plus vite, Mgr Mazloum a dit: «Nous suivons de près les développements sur la scène libanaise, surtout la rencontre de Paris que nous souhaitons voir aboutir à des résultats» en mettant en relief les qualités du chef des Marada, «un homme franc». «L’élection de Frangié ne provoquera pas de discorde importante dans les rangs chrétiens. Le CPL ne s’opposera pas à cette option si elle bénéficie du soutien de la plupart des forces politiques et les Forces libanaises sont assez pragmatiques et savent bien que le pays a besoin d’un président», a ajouté Mazloum.


Le Hezbollah ne lâche pas Aoun
Si le Moustaqbal, en avançant la candidature de Sleiman Frangié, a définitivement renoncé à celle du Dr Samir Geagea, qu’il avait d’ailleurs pratiquement lâché depuis quelques mois en revendiquant un «président consensuel», le Hezbollah reste attaché à son candidat, le général Michel Aoun. L’émissaire du parti chiite à Rabié, le hajj Wafic Safa, aurait tranquillisé le général en lui assurant: «Nous ne soutiendrons aucun règlement présidentiel qui ne serait pas issu d’une entente. Tant que vous êtes candidat, nous continuerons à vous appuyer». Le Hezbollah œuvre cependant à rétablir la communication entre Aoun et Frangié, mais ses tentatives n’ont pas été couronnées de succès jusqu’à présent.

 

La star du dialogue national
Le député Sleiman Frangié est devenu la «star» du dialogue national. Certains n’hésitent pas à l’interpeller en lui servant du «Votre Excellence», bien que la présidentielle ne figure plus comme une clause du débat autour de la table du dialogue. A la dernière séance, les discussions ont focalisé sur:
- Les mécanismes de fonctionnement du gouvernement. Vu les divergences sur le sujet, celui-ci a été renvoyé à des séances ultérieures, avec insistance sur la nécessité de régler les affaires urgentes.
- La loi électorale. L’ex-Premier ministre, Fouad Siniora, revendique la création d’un Sénat pour rééquilibrer le régime politique et souligne l’importance de la mise sur pied d’une nouvelle loi plus équitable, en réitérant son refus du projet de la loi orthodoxe.
Les participants sont donc restés dans les généralités sans entrer dans le détail du découpage des circonscriptions et autres…

Entre les FL et le Moustaqbal
Les discussions se multiplient après les derniers développements en matière de présidentielle. Samedi, a eu lieu une réunion dans la maison du centre-ville à laquelle ont participé le président Fouad Siniora, le ministre Boutros Harb, les députés Georges Adwan et Ahmad Fatfat et le Dr Farès Souhaid, ainsi que Serge Dagher qui représentait Samy Gemayel juste rentré de Paris.
Les avis étaient loin d’être convergents, d’après les informations qui ont filtré. Les Forces libanaises (FL) semblaient déterminées à empêcher le 14 mars d’adopter la candidature du chef des Marada, insistant sur le fait que l’offre faite à Sleiman Frangié, qui émane du Moustaqbal, du président Nabih Berry et de Walid Joumblatt, n’a pas été formulée par la coalition du 14 mars.
Le conseiller du Dr Samir Geagea, le général à la retraite Wehbé Katicha, a affirmé que «les députés FL, quelles que soient les circonstances, ne cèderont pas leurs voix à l’un des alliés de Bachar el-Assad et du régime iranien…», ajoutant que les FL sont attachées à leurs principes et à leur alliance avec le Moustaqbal. «Si le président Hariri veut soutenir l’ami d’Assad et son allié au Liban, c’est lui qui aura décidé de ne pas respecter notre slogan commun: le Liban d’abord».

Une mauvaise initiative, selon Hout
Le député de la Jamaa islamia, Imad Hout, présume que deux motifs justifient l’adoption de la candidature de Sleiman Frangié par le Moustaqbal. «D’abord, parce que le pays est soumis à de très fortes pressions, mais je ne crois pas que cette élection pourra éliminer ou alléger ces pressions. Deuxièmement, l’absence prolongée du président Saad Hariri. Cet arrangement pourrait servir de prélude à son retour au Liban, c’est le seul bénéfice direct de ce compromis». L’entente est problématique, selon Hout, en ce sens qu’elle octroie six ans de présidence de la République au 8 mars, étant entendu que la présidence de l’Assemblée va de facto au 8 mars. Alors que la présidence du Conseil peut être renversée en 24 heures via des démissions ou des divergences. «Les bénéfices de cette formule pour le Moustaqbal sont utopiques et non garantis».

Gestion intelligente
Plusieurs acteurs politiques pensent que le député Sleiman Frangié gère, jusqu’à présent, sa bataille électorale avec intelligence. Il n’a pas renoncé à l’appui qu’il apporte au candidat du 8 mars, le général Michel Aoun, considérant que le soutien qui lui est octroyé par Saad Hariri a un caractère personnel et non encore officiel. C’est quand les choses atteindront ce stade, qu’il pourra parler au général Aoun pour que celui-ci se retire en sa faveur. Si la proposition du Moustaqbal au député du Nord est sérieuse, cela suffira à convaincre Aoun que ses chances sont nulles et que la majorité parlementaire est favorable à Frangié. C’est alors que le CPL et le Hezbollah se rangeront aux côtés des alliés du 8 mars pour le soutenir.

Voix discordantes au Futur
Le ministre Achraf Rifi et le député Ahmad Fatfat sont les seuls membres du Futur qui ont pris la liberté d’afficher leur opposition à l’accession de Sleiman Frangié à la présidence. Si Fatfat a déclaré qu’il est impossible pour le 14 mars de donner sa bénédiction à un président du 8 mars, Rifi a profité d’un rassemblement populaire à Tripoli pour se positionner: «Nous estimons que celui qui doit accéder à ce poste ne doit appartenir à aucun des deux camps. Tout individu lié à Bachar el-Assad ne peut, en aucun cas, parvenir à la présidence au Liban. Celui qui sait lire les développements internationaux et régionaux comprend très bien que tout ce qui se rattache à l’axe irano-syrien n’atteindra pas cette fonction au Liban».

 

Tripoli: quelle place pour le Moustaqbal
Des réunions régulières ont lieu entre Fayçal Karamé et le conseiller de l’ex-président Saad Hariri, Nader Hariri. Un activiste de Tripoli, proche du Moustaqbal, rapporte que ces rencontres, qui se déroulent loin de tout tapage médiatique, portent sur la constitution d’une alliance électorale qui ferait face au président Najib Mikati. Toutefois, à en croire un dignitaire sunnite tripolitain, ces informations sont contraires à celles véhiculées par les milieux de Karamé. Les rencontres de l’effendi et du conseiller de Hariri s’inscrivent au chapitre de l’amitié personnelle loin de toute intention d’ordre politique et électoral. Karamé, d’après ce cheikh, ne compte pas sceller une alliance avec le Moustaqbal, parce qu’elle ne serait pas viable. L’activiste avoue, quant à lui, que la mauvaise situation financière et la fermeture d’un nombre de bureaux et de dispensaires relevant du Futur dans les régions de Tripoli, Akkar et Minié ont érodé le crédit politique et populaire des cadres haririens. Le dignitaire religieux estime qu’il ne manquait plus au parti de Hariri que la perte des élections des Ordres des avocats et des dentistes à Tripoli pour réaliser que le public n’est plus intéressé par le Futur, qui est largement dépassé par le président Mikati qui s’active au double plan politique et social, en coordination avec l’ex-ministre Mohammad Safadi, et avec la présence consolidée à Tripoli de Fayçal Karamé. Tout cela, conclut-il, mène à un mélange des cartes dans le chef-lieu du Liban-Nord qui s’apprête à vivre à l’ombre d’une puissante alliance politique.

Mrad: les législatives d’abord
L’ex-ministre Abdel-Rahim Mrad se positionne toujours dans les rangs du 8 mars à la suite de sa «visite historique» en Arabie saoudite. Mrad veut cependant continuer à dénoncer la mise à l’écart de ce qu’on appelle «les sunnites du 8 mars» de la table du dialogue national. L’éviction de ces forces sert les intérêts des leaders sunnites traditionnels et, particulièrement, l’ex-président Saad Hariri, pense-t-il. D’après les sources qui rapportent l’information, Abdel-Rahim Mrad souhaite fortement que ce soit la nouvelle loi électorale qui donne le coup d’envoi au compromis interlibanais pour que l’organisation des législatives précède la présidentielle, estimant qu’un parlement auto-reconduit n’est pas habilité à élire un chef d’Etat. Commentant les informations qui font état de l’exposition de Mrad à une sorte de chantage juridique concernant les institutions sociales et pédagogiques qu’il préside, les sources pointent le président Fouad Siniora qui serait derrière le soulèvement de quelques employés au sein de ces institutions contre l’ex-ministre Mrad.

La route du Sud dans le viseur de l’EI
L’Etat islamique (Daech) s’apprête, selon des rapports sécuritaires, à exécuter des attentats suicide dans des régions libanaises, à l’instar des deux explosions de Bourj el-Barajné. Ainsi, poursuivent ces rapports, les cellules dormantes se préparent à mener des opérations terroristes dans des villages situés sur la ligne côtière entre Beyrouth et Saïda, notamment entre Naamé et Rmaylé qui abritent une diversité confessionnelle et communautaire. La route du littoral sud est un passage important pour les soldats de la Finul et aussi pour la Résistance. C’est aussi un lieu qui abrite des niches démographiques palestiniennes et syriennes. En élargissant le champ d’action géographique de ses attentats criminels, l’EI cherche à installer un grand chaos dans le pays. Ces rapports sont publiés alors que les autorités déploient d’énormes efforts, à titre préventif, pour lutter contre le terrorisme. Entre autres, une nouvelle rencontre réunissant le général Abbas Ibrahim et les responsables des mouvements palestiniens au Liban, dans le but de réactiver l’action de la sécurité palestinienne et d’empêcher les takfiristes d’infiltrer les camps pour y implanter des bases à partir desquelles ils ont la latitude de mener leurs attaques.

Rififi chez les druzes
On parle d’une augmentation du taux de divorce et d’immigration dans une grande ville druze du Mont-Liban. Un notable de la Montagne estime que cette mutation démographique résulte de l’hégémonie joumblattiste sur l’économie dans cette région où aucune entreprise ne peut se développer sans la bénédiction du député du Chouf. Des sources informées affirment que la campagne de protestations qui a eu lieu la semaine passée, sous le titre de La récupération des awkafs est un signe de la crise sociale qui ébranle la communauté druze. Un groupe de jeunes avaient manifesté devant la bâtisse qui abrite les bureaux de la communauté druze à Beyrouth, réclamant leur droit à «bénéficier des awkafs». Le communiqué, publié à la suite de ce mouvement, appelle à exploiter les biens des awkafs dans des projets relatifs à l’habitat, à la santé et à l’éducation, afin qu’ils ne soient pas monopolisés par des partisans qui les louent à des prix modiques. Les protestataires ont menacé de recourir à l’escalade si leurs revendications ne sont pas satisfaites.



 

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Éditorial
Frangié ou le chaos

La question de l’élection présidentielle a confirmé que les chrétiens du Liban ne sont plus ces preneurs d’initiatives, ces rassembleurs de la nation, ces dynamiseurs, capables d’innover, d’imaginer, d’entreprendre et de rallier les autres partenaires à leurs idées. On le savait depuis déjà trois décennies, mais on continuait à espérer un changement des mentalités et des habitudes, des actes et des paroles. Dix-sept mois de vacance présidentielle étaient amplement suffisants pour qu’ils tentent de se repositionner sur l’échiquier national, qu’ils se libèrent de leur condition de suiveurs et redeviennent des décideurs, qu’ils recommencent à peser dans la balance. Ils auraient pu facilement y parvenir en s’entendant entre eux sur un candidat unique à la présidentielle et en portant son nom aux autres partis, qui n’auraient eu ni le courage ni la possibilité de le refuser. En vain. Certains leaders sont restés prisonniers de leur ego démesuré, de leur entêtement légendaire et de leur myopie politique. Au lieu de faire l’événement, ils l’ont regardé venir, initié par les autres et, aujourd’hui, ils en subissent les conséquences.Les autres, c’est Walid Joumblatt, qui s’est réservé une place de choix dans l’équation présidentielle dès la première heure, en présentant son propre candidat, Henri Hélou. C’est Saad Hariri, qui a fait mine d’appuyer la candidature de Samir Geagea tout en négociant la présidence avec Michel Aoun, avant de se rétracter et de passer au suivant… C’est aussi Nabih Berry, qui avait en réserve son candidat caché et qui imaginait, pendant tout ce temps, le scénario de sortie de crise et se donnait les moyens de le concrétiser. Entre-temps, les leaders chrétiens se neutralisaient mutuellement et attendaient que leurs alliés respectifs fassent pencher la balance en leur faveur. Ils se sont barricadés derrière des attitudes négatives, si bien qu’ils sont tombés des nues lorsqu’ils ont appris le projet de candidature de Sleiman Frangié. Ils en ont avalé leur langue. Que peuvent-ils dire du leader du Liban-Nord? Qu’il n’est pas représentatif, qu’il est manipulé, inféodé à telle partie locale ou tel pays régional? Ils savent très bien que cela est inexact. Lui reprocher d’avoir été «choisi» par Saad Hariri est encore moins vrai, car Sleiman Frangié, est, avant tout, le choix de l’Eglise maronite, qui l’a placé parmi les «quatre présidentiables forts», avec l’accord des autres «pôles» chrétiens.Berry, Hariri et Joumblatt ont le mérite d’avoir saisi le moment opportun pour lancer, défendre et vendre, au Liban et à l’étranger, l’option Frangié. Les leaders chrétiens, eux, ont semblé complètement déconnectés des réalités régionales et internationales. Ils n’ont pas vu qu’une «window of opportunity» s’était entrouverte, et qu’il fallait s’y engouffrer avant qu’elle ne se referme, pour prendre l’initiative et se replacer, ainsi, au centre de l’échiquier national. Comme, il y a un an et demi, ils auraient dû faire bloc derrière la candidature de Michel Aoun, ils doivent, aujourd’hui, choisir Sleiman Frangié, quitte à appuyer, demain, Samir Geagea ou Amine Gemayel.Sleiman Frangié n’est pas encore président et il se peut qu’il ne le devienne pas, même si les indices plaidant en faveur de sa candidature se multiplient. Mais une chose est sûre, si les leaders chrétiens choisissent la voie de l’autodestruction, le vide pourrait s’éterniser.De là à dire que les Libanais sont confrontés à l’équation Frangié ou le chaos, il n’y a qu’un petit pas à franchir.


 Paul Khalifeh
   

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