Confidences Moyen-Orient
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Nº 2951 du vendredi 30 mai 2014

Confidences Moyen-Orient

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Erdogan: la gifle de trop
Depuis son accession au pouvoir, les crises de colère du Premier ministre turc, Recep Tayyip Erdogan, font la une des journaux. Mais cette fois, la gifle qu’il vient d’asséner à un protestataire a choqué même les amis les plus proches du chef du gouvernement. Résultat, ils lui demandent en toute discrétion de calmer le jeu en attendant que la tempête qui a suivi la catastrophe minière de Soma s’apaise. Quant à ses adversaires, ils l’appellent purement et simplement à abandonner la politique et à consulter un psychiatre. Même le très respecté écrivain et Prix Nobel de littérature, Orhan Pamuk, a sévèrement critiqué l’attitude d’Erdogan. «La gifle, dit-il, qu’il a assénée au mineur est ressentie par tous les citoyens turcs». Entre-temps, Erdogan continue d’ignorer toutes ces critiques, s’en prenant à nouveau au président de la Cour constitutionnelle et au président de l’Ordre des avocats.  

   

Kurdes: un arrangement entre amis
Les mouvements kurdes irakiens auraient trouvé un compromis après de longs mois de tractations entre les deux principaux partis, celui du président irakien, Jalal Talabani, et de son homologue de la province du Kurdistan, Massoud Barzani. C’est ainsi que Qubad Talabani, fils du président, a été nommé vice-Premier ministre. Coup dur pour le Mouvement pour le Changement qui s’opposait à cette nomination et qui convoitait ce poste pour l’un des siens. Les observateurs à Erbil ont assuré que les différents partis kurdes, comme à leur habitude, ont fini par s’accorder afin de préserver les acquis dont ils bénéficient depuis la chute de Saddam Hussein.
           

En pointillé…
L’Appel de la Tunisie vient de présenter son candidat aux élections présidentielles qui devraient avoir lieu en fin d’année. A la surprise générale, le choix s’est porté sur le chef du parti, l’ancien Premier ministre Béji Caïd Essebsi, âgé de 87 ans et qui, selon plusieurs analystes à Tunis, souffre d’un état de santé déplorable. Compagnon de la première heure du président Habib Bourguiba, il avait été nommé à la tête du premier gouvernement formé après la chute du dictateur Zein el-Abidine Ben Ali. Largement respecté par la population pour avoir supervisé les premières élections libres de l’histoire du pays, il a dû toutefois prendre un peu de recul à cause de son âge, cela pour le plus grand plaisir du mouvement islamiste Ennahda, qui n’apprécie guère ses principes laïques.     

 

Mahmoud Abbas le président de l’Autorité palestinienne, vient de franchir un pas important en annulant les lois sur les crimes d’honneur. Quatorze crimes ont été perpétrés cette année dans les territoires palestiniens contre des femmes accusées d’adultère, incitant Abou Mazen à prendre une décision très courageuse, car une grande partie de la population soutient encore ces lois moyenâgeuses. Les associations palestiniennes, qui défendent les droits des femmes, ont salué le président et l’ont appelé à appuyer une nouvelle loi qui protègerait les femmes contre les violences conjugales.

Dahlan condamné par la justice
Les juges palestiniens viennent de condamner, à deux ans de prison ferme, l’ancien leader du mouvement Fateh, Mohammad Dahlan, pour avoir insulté les institutions palestiniennes. Une décision pour le moins surprenante, puisque chaque jour, des dizaines de politiciens critiquent l’Autorité et ses institutions sans être inquiétés. Dahlan, exilé aux Emirats arabes unis, a commenté ce jugement en considérant qu’il était avant tout politique. Pour le président Mahmoud Abbas, ce verdict était nécessaire, en vue de la réconciliation avec le Hamas, pour couper court à toute tentative de Dahlan de rentrer au pays. Le procès s’est déroulé à huis clos, sans que l’accusé n’ait le droit d’être défendu par un avocat.  

 

Joseph Biden le vice-président américain, est chargé par Barack Obama de résoudre plusieurs dossiers sensibles, dont la partition de Chypre. Cependant, sa visite à l’île, une première pour un haut responsable américain, depuis celle du président Lyndon Johnson en 1962, n’a servi à rien. A la suite de ses rencontres avec les responsables des deux parties nord et sud, et son passage par la capitale Nicosie, divisée depuis 1974 après l’invasion turque, le ministre des Affaires étrangères d’Ankara a réaffirmé que la partie nord devait être reconnue par la communauté internationale. Des déclarations qui prouvent que la visite de l’Oncle Joe n’a pas débloqué la situation. Il faut noter également que Londres, principal allié économique des Grecs chypriotes, n’a pas apprécié cette visite, qui survient en parallèle aux négociations liées au dossier du gaz.     


Syrie: un candidat critique
Hassan el-Nouri, candidat à la présidence syrienne, a surpris en annonçant que le régime n’a pas su agir en mars 2011, quand les premiers protestataires avaient occupé les rues de la ville de Deraa. Pire encore, il a considéré que le président Bachar el-Assad aurait dû visiter la région en personne et répondre «aux demandes légitimes du peuple syrien». L’ancien ministre d’Etat pour le Développement administratif, entre 2000 et 2002, a cependant estimé que son pays faisait l’objet d’une «guerre universelle». Il a accusé les opposants d’être des pions entre les mains de puissances étrangères. Chef de l’Initiative nationale pour la volonté et le changement, Nouri se présente comme un membre de l’«opposition patriotique», qui n’a rien à voir, selon lui, avec les «terroristes en exil».  

 

Riyad-Doha: la crise persiste
Malgré les nombreuses tentatives de réconciliation entre Doha et Riyad, le chemin semble rester pénible avant de voir les deux voisins sur une même longueur d’onde. La dernière réunion qui a eu lieu dans la capitale saoudienne entre les ministres des Affaires étrangères des Emirats arabes unis, du Bahreïn, du Koweït, du Qatar et du pays hôte, n’a pas abouti à grand-chose. Pourtant, les Koweïtiens avaient déployé des efforts énormes pour convaincre le clan anti-Qatar de ramener ses ambassadeurs à Doha. Un geste qui aurait dû permettre la normalisation des relations, mais qui n’est pas d’actualité, les Saoudiens considérant que le cheikh Tamim n’a pas respecté ses promesses en continuant de soutenir la Confrérie des Frères musulmans et en maintenant sa campagne médiatique contre le leader égyptien Abdel-Fattah el-Sissi. Selon des analystes, le nouvel émir est toujours sous l’emprise du très médiatisé le cheikh Youssef el-Qaradaoui, éminence grise à Doha, dit-on, et qui insiste à inciter les Egyptiens à renverser «le régime des militaires».       


Rabat nie pratiquer la torture
Le gouvernement du Premier ministre marocain, Abdel-Ilah Benkirane, déplore les déclarations des responsables de l’organisation Human Rights Watch, qui accusent le Maroc de pratiquer la torture à grande échelle, notamment contre les activistes sahraouis. Selon le gouvernement islamiste et son ministre de la Justice, Moustafa Ramid, cette pratique n’a plus lieu depuis sa prise de fonction, et le fait que quelques cas isolés aient été pris comme exemple par l’organisation internationale démontre, dit-il, l’existence de préjugés. Benkirane, quant à lui, s’est étonné du fait que Human Rights Watch ait publié ces informations sans avoir mené des enquêtes sur le terrain. Drôle de défense, étant donné que le gouvernement actuel interdit l’accès aux prisons à toutes les organisations internationales. Et dire que les islamistes se plaignaient pendant de longues décennies de ces mêmes pratiques!

Washington tacle Netanyahu
Les déclarations du Premier ministre israélien, Benyamin Netanyahu, et sa menace de prendre désormais des décisions unilatérales, n’ont pas été bien accueillies à Washington. Selon Bibi, l’échec des négociations de paix et l’absence d’un partenaire palestinien avec qui discuter, lui donnait le droit d’adopter cette voie. Or, l’Administration du président Barack Obama n’est pas de cet avis et l’a fait savoir en affirmant que de telles actions compliqueraient les efforts de paix et empêcheraient toute reprise des négociations à l’avenir. Netanyahu a même été contredit dans son propre camp, puisque sa ministre Tzipi Livni a assuré que tant qu’elle serait en charge du dossier des pourparlers avec les Palestiniens, elle ne tolèrerait pas que des décisions unilatérales soient prises de part et d’autre. Et cerise sur le gâteau, elle a assuré qu’elle rencontrerait Mahmoud Abbas si nécessaire.   

600 millions de dollars est le montant de l’aide internationale promise au Soudan du Sud, que guette le danger imminent d’une famine. C’est la décision prise à la suite de la conférence des Etats donateurs tenue dans la capitale norvégienne Oslo. Une somme qui devrait être assurée, en grande partie, grâce aux 300 millions de dollars promis par Washington et les 100 millions promis par la Grande-Bretagne. Cependant, pour que cette aide soit acheminée, il faudrait que la paix soit instaurée dans un pays divisé par une guerre civile sans merci entre deux camps farouchement opposés. Malgré la signature d’un accord de cessez-le-feu conclu entre le gouvernement de Juba et les rebelles, des accrochages se poursuivent quotidiennement entre les belligérants, ce qui complique la situation. Ceci explique la déclaration du chef d’état-major de l’armée ougandaise, qui affirme que la seule solution consisterait à déployer des forces de paix africaines. Comme si cela avait servi en Somalie voisine!     

8 milliards de dollars est la valeur des pertes subies par l’économie égyptienne du fait de la fuite des touristes étrangers depuis la chute du régime de Hosni Moubarak. Selon des analystes, la région de Charm al-Cheikh serait la plus touchée par cette crise, les hôtels accusant une baisse de 80% des réservations. Les investisseurs dans le secteur du tourisme espèrent que l’élection de Abdel Fattah el-Sissi leur permettra de surmonter cette phase très difficile et de ranimer un secteur vital pour le Pays des Pharaons. D’ailleurs, leur préférence pour Sissi n’est un secret pour personne, tous les principaux 5-étoiles de la région ont étalé d’énormes portraits du général en tenue civile. Selon eux, il est le seul capable de ramener la paix et la sécurité dans la Péninsule du Sinaï où les groupes jihadistes sont très actifs.     

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Éditorial
La contagion du vide

Depuis la fin de la guerre, en 1990, aucun mandat présidentiel ne s’est achevé normalement. Ceux d’Elias Hraoui et d’Emile Lahoud ont été prorogés de trois ans. Après la fin du mandat de ce dernier, le Parlement a été incapable d’élire un successeur et le siège de la présidence est resté vacant, de septembre 2007 à mai 2008. Six ans plus tard, la Chambre se retrouve encore dans l’impossibilité d’élire un président dans les délais constitutionnels et le vide s’est, une nouvelle fois, installé au palais de Baabda. La première observation que l’on peut faire de ces événements est que les Libanais sont incapables de s’entendre, de leur propre chef, sur un candidat accepté de tous. Ils ont soit besoin d’un tuteur, le Syrien en l’occurrence, soit de l’aide directe de puissances régionales et internationales, comme ce fut le cas à la conférence de Doha, qui a permis d’élire Michel Sleiman à la magistrature suprême. Les deux camps s’accusent réciproquement du blocage actuel. En réalité, ils se partagent tous la responsabilité, aux côtés du système politique bancal, déficient et défaillant, mis en place à la conférence de Taëf, à laquelle il faut reconnaître quand même le mérite d’avoir mis un terme à la guerre. Pendant la tutelle syrienne, le Liban était gouverné d’une manière extraconstitutionnelle. Le pays était, en quelque sorte, cogéré par les Syriens et la classe politique libanaise (toutes tendances confondues) et tout le monde y trouvait son compte. Avec le départ du tuteur, les Libanais ont été contraints de s’en remettre aux lois pour diriger leur pays et gérer leurs divergences. C’est alors que sont apparues les gigantesques failles, lacunes et autres insuffisances dans la Constitution. L’expérience et la pratique ont prouvé que le pays ne peut pas fonctionner normalement sans une réforme constitutionnelle et électorale. Le jour de son départ, Michel Sleiman en a proposé quelques-unes, susceptibles de donner un peu de contenu à la phrase sans cesse serinée: «Le président est le garant de la Constitution». Rendre au président de la République la prérogative de dissoudre le Parlement en cas de crise majeure ou de blocage politique est la plus pertinente. Mais elle est insuffisante. Il faudrait aussi autoriser deux mandats présidentiels consécutifs, comme dans tous les pays du monde, après avoir ramené à cinq années la durée du mandat; il faudrait réfléchir à accorder un délai au Premier ministre pour la formation de son cabinet. Il est, en effet, inconcevable qu’un chef de gouvernement désigné puisse bénéficier d’un délai illimité pour former son équipe. La réforme la plus fondamentale reste l’adoption d’une loi électorale basée sur le mode de scrutin proportionnel et l’instauration d’un sénat communautaire, afin de pouvoir élire, enfin, le premier Parlement non confessionnel. Sans une réforme en profondeur, les blocages politiques apparaîtront à chaque échéance importante. Aujourd’hui, le vide risque de se propager à toutes les institutions. Le Parlement est paralysé et la menace de blocage plane au-dessus du gouvernement. Le grippage de toutes les institutions est une invitation, on ne peut plus claire, à un arbitrage étranger. Celui-ci est toujours intervenu après une explosion de la situation. Les conférences de Taëf et de Doha n’ont-elles pas fait suite à une guerre civile de quinze ans et aux événements sanglants du 7 mai 2008? Pour une fois, les Libanais pourraient faire preuve de prévoyance et de perspicacité, en prouvant que l’Histoire ne se répète pas toujours nécessairement.


 Paul Khalifeh
   

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