Confidences Moyen-Orient
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Nº 2896 du vendredi 10 mai 2013

Confidences Moyen-Orient

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Un ministre pas en forme
Lors de sa participation au Koweït à une conférence pour célébrer le Printemps arabe, le ministre égyptien de l’Information, Salah Abdul- Maksoud, a encore une fois créé la polémique. Il a souligné dans son discours le large espace de liberté qui existe «aujourd’hui en Egypte grâce aux directives du président Mohammad Morsi. Jamais auparavant notre pays n’a connu une telle liberté d’expression», a-t-il dit. La majorité des journalistes égyptiens présents se sont retirés de la salle en signe de protestation, avant d’être rejoints dans leur mouvement par plusieurs de leurs confrères arabes. Cet épisode a provoqué une vaste campagne sur les réseaux sociaux, exigeant la démission immédiate du ministre connu pour ses propos indécents envers la gent féminine.    

        

Le Hamas intransigeant
A la suite des nouvelles propositions de paix de la Ligue arabe et du Premier ministre qatari, Hamad Ben Jassem Al Thani, les mouvements palestiniens Hamas et le Jihad islamique ont opposé leur veto et refusé tout compromis. Selon les islamistes, il est hors de question d’accepter l’échange de terres comme l’a suggéré cheikh Hamad. Salah el-Bardawil, l’un des faucons du Hamas, a qualifié la position de la Ligue arabe de «faible et inacceptable». Pourtant, le mouvement palestinien est connu pour être un des alliés les plus proches de Doha, son chef Khaled Mechaal y réside depuis plusieurs mois, après avoir déserté la Syrie où il a été accueilli pendant des années quand personne ne voulait entendre parler de lui.

Hachémi Rafsandjani l’ancien président de la République islamique d’Iran, pourrait se présenter aux prochaines élections présidentielles en juin. Cette éventualité risque de compromettre les plans du camp conservateur. Les proches du Guide suprême, Ali Khamenei, ont tout tenté durant les trois dernières années pour tenir à l’écart le camp réformateur. Ceci explique la décision de garder sous résidence surveillée Mir-Hossein Mousavi et Mehdi Karroubi. C’était sans compter sur le vieux Rafsandjani, actuel président du Conseil de discernement, qui a subi au cours des dernières années des pressions énormes du régime qui voulait le mettre hors jeu une fois pour toutes. Mais ni l’emprisonnement de sa fille ni les sentences contre son fils ne l’ont découragé. L’ancien compagnon de l’ayatollah Khomeiny est réputé pour être un vrai battant.       

Reza Pahlavi le fils du dernier chah d’Iran, en exil depuis 1979, vient d’annoncer la formation d’un nouveau conseil d’opposition visant à créer une contre-révolution lui permettant de reprendre le pouvoir. Seul problème, l’annonce faite en grande pompe à Paris n’a rassemblé que quelques nostalgiques de la monarchie absolue. Pahlavi, qui tente depuis quelques années de redorer l’image de son père, n’a pas réussi à convaincre les libéraux et le mouvement de Mujahidee e-Khalq à rejoindre ses rangs. Entre-temps, le grand mouvement de désobéissance populaire qu’il avait promis n’a pas eu lieu dans les rues de Téhéran, où la jeune génération ne connaît même pas son nom.   


En pointillé…
Depuis l’annonce de son hospitalisation à l’hôpital militaire du Val-de- Grâce à Paris, les nouvelles sur l’état de santé du président algérien, Abdel-Aziz Bouteflika, se font très rares. Ceci n’a pas vraiment surpris les Algériens, habitués aux entrées et sorties des hôpitaux de leur président malade sans qu’ils n’en soient informés. Déjà en 2005, ce n’est que grâce au chanteur de raï, Cheb Mami, qu’ils ont pu voir la photo de leur président sur son lit d’hôpital. Depuis, les responsables de la communication à la présidence n’ont pas changé de méthode, l’état de santé de Bouteflika demeurant un secret d’Etat. Ce nouveau développement pourrait cependant compromettre les projets de l’armée qui voyait d’un bon œil la réélection du président actuel pour un quatrième mandat.          


Vive le yaourt
Le Premier ministre turc, Recep Tayyip Erdogan, n’a jamais caché son désir de voir la société de son pays fondamentalement modifiée. Pour arriver à ses fins, il est prêt à déployer tous les moyens. Ainsi, le chef du parti islamiste Justice et Développement a protesté contre «ceux qui prétendent que la bière est notre boisson nationale». Selon lui, le yaourt est la vraie boisson nationale puisque «nos ancêtres le buvaient depuis des milliers d’années». Le Premier ministre a aussi prévenu les parents qui offrent de la bière à leurs enfants que cela nuirait à leur santé. En réalité, Erdogan, ennemi juré du système laïque imposé par Mustafa Kemal Atatürk, veut islamiser le pays à petits pas, espérant un jour bannir l’alcool purement et simplement. Et pourquoi ne pas annuler toutes les lois qui garantissent la laïcité de l’Etat?       

 

Une ville en chaos
Depuis la chute du régime du colonel Mouammar Kadhafi et son assassinat, la Libye fait face à une insécurité très grave, les anciens rebelles n’ayant toujours pas jeté leurs armes, refusant ainsi de rejoindre la nouvelle armée nationale. Le Pays de Omar el-Mokhtar ressemble à une République bananière où règne la loi de la jungle. De toutes les régions du pays, la capitale Tripoli est sans doute la ville la plus touchée, puisque l’aéroport international n’est plus sécurisé et qu’un grand nombre de compagnies aériennes occidentales ont annulé leurs vols pour éviter le pire. Entre-temps, des milices armées assiègent les ministères de la Justice et des Affaires étrangères, exigeant l’éloignement d’un grand nombre d’ambassadeurs et de juges.               

 

La rébellion monte en force
Alors que le régime soudanais pensait avoir fait pencher la balance en sa faveur en libérant un certain nombre d’opposants politiques et en se réconciliant avec le cheikh Hassan el-Turabi, sa stratégie est remise en cause après la percée des rebelles du Sud. Ces derniers ont surpris les généraux de Khartoum en réussissant à occuper une grande partie de la province du Nord Kordofan. Bien organisés et armés jusqu’aux dents, les rebelles ont mis en déroute les soldats de l’armée régulière qui ont fui la région sans aucune résistance. Face à cette nouvelle débâcle, Khartoum a, comme à son habitude, pointé du doigt son voisin du Sud qui aurait orchestré et financé, selon le président Omar Hassan el-Bachir, cette campagne militaire. Dire que quelques jours plus tôt, ce même Bachir assurait que la rébellion du Sud avait été matée une fois pour toutes.           

Takfiristes au Maroc
L’éminent penseur et écrivain marocain, Ahmad Assid, s’est attiré la foudre des mouvements islamistes les plus radicaux du royaume qui l’accusent d’être un infidèle. Son crime: avoir déclaré dans une conférence, donnée par l’Organisation marocaine des droits de l’homme, que certains musulmans avaient sombré dans le terrorisme. Fureur du cheikh Abdel Bari el-Zamzami, l’une des figures les plus radicales du mouvement salafiste, qui a appelé à la lapidation «de cet ignare qui répand le mensonge et le reniement de notre prophète et sa religion». Alors que les organisations des droits de l’homme se sont mobilisées pour le défendre, le gouvernement en place n’a pas réagi. Pire encore, le ministère de l’Intérieur aurait refusé de lui accorder une protection face à ces menaces de mort.        

A la recherche de modérés
Depuis la démission du président de la Coalition nationale syrienne Moaz el-Khatib, le mouvement des Frères musulmans cherche à contrôler cet organisme qui devrait remplacer le régime actuel en cas de victoire. Face à cette tentative, les indépendants et les libéraux de la Coalition font de leur mieux pour éviter ce scénario catastrophe. C’est ce qui expliquerait leur appel à Michel Kilo et Fayez Sarra à rejoindre leurs rangs pour établir un équilibre de force entre les extrémistes et les modérés. Des sources proches de l’opposition affirment que Washington a exigé que Kilo et ses compagnons aient leur mot à dire dans la Coalition au cas où les Américains décident de fournir l’Armée syrienne libre en armes et munitions. Cette condition n’a cependant pas été bien reçue par l’Observateur général des Frères musulmans, Riad el-Shakfa, qui prétend que son organisation ne fléchira pas et ne permettra pas «à ces communistes de s’emparer de notre révolution». Affaire à suivre.                   

10 milliards de dollars c’est le montant du contrat signé par le gouvernement émirati et la compagnie britannique Shell.
L’annonce en a été faite en grande pompe par les gouvernements des deux pays et la signature a eu lieu à l’occasion du passage très remarqué du président Khalifa Ben Zayed Al Nahyan à Londres. Reçu avec tous les honneurs dus à son rang, cheikh Khalifa, qui voyage rarement hors de son émirat à cause de son état de santé, a tenu à être présent pour la signature. Il était accompagné de ses frères et de dignitaires haut placés. Cerise sur le gâteau, il a été reçu par l’héritier du trône, le prince Charles. Au cœur de l’entretien des deux hommes, leur hobby préféré: la chasse. Dans ces conditions, il n’est pas surprenant que les responsables britanniques n’aient pas abordé la question des droits de l’homme avec leur hôte. Même encore, les tabloïds anglais, connus pour leur cynisme et leur cruauté, n’ont pas trouvé nécessaire de pointer du doigt le registre honteux des Emirats sur le plan des libertés.              

258000 est le nombre de Somaliens morts au cours des deux dernières années à cause de la famine. Le pays, membre de la Ligue arabe, qui fait face depuis le début des années 90 à une guerre civile sans merci, est pourtant délaissé par les riches pays du Golfe. Selon les Nations unies, la moitié des victimes seraient des enfants qui ont péri à cause de la sécheresse qui dure depuis plusieurs mois. Si on ajoute à cela ceux qui sont morts dans des affrontements militaires entre armée régulière et groupes islamistes, le nombre des victimes s’élèverait à plus d’un demi-million de personnes. Face à ce drame humanitaire, aucun pays arabe n’a jugé nécessaire de traiter le sujet. Au moment où la Turquie et la Grande- Bretagne inaugurent leurs ambassades à Mogadiscio, la Ligue reste totalement absente du paysage politique et économique.  

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Éditorial
Il ne reste que le rêve… et encore!

Alors que les magouilles gangrènent les institutions du pays, que le chômage bat son plein et que les citoyens, livrés à la loi de la jungle, souffrent d’une absence totale de protection, le Liban perd au fil des ans l’énergie de sa jeunesse. Jamais mieux qu’aujourd’hui, ne s’est appliquée au Liban, la célèbre formule de Georges Clemenceau: «Le pouvoir est tombé si bas qu’il faut se baisser pour le ramasser». Il fut une époque, très courte aux yeux de l’Histoire, où la jeunesse du pays, formée dans les grandes universités, que tous nos voisins nous envient, ne rêvait que de servir et de promouvoir le Liban, modèle de modernité, de démocratie et de liberté, pas seulement dans la région. Qu’en reste-t-il? Un pays qui s’apprête, quelque trente ans après la fin de la guerre civile pour les uns, et la guerre des autres pour certains, à rééditer la dramatique expérience. S’impliquer dans la crise syrienne, et encore plus dans son conflit probable avec Israël, est-ce dans nos cordes? En a-t-on les moyens? Au milieu de ce sombre tableau, nos universitaires, quelle que soit leur formation, privent, à leur corps défendant, le pays de leur savoir-faire et s’exilent vers des horizons plus cléments. Pendant que le Liban se vide de son sang jeune et de ses forces vives, ses dirigeants se disputent un siège place de l’Etoile ou un fauteuil confortable au Sérail. La question que les citoyens, ignorés par leurs représentants tant que les élections ne se dessinent pas à l’horizon, est celle de savoir à quoi sert un gouvernement dont l’inexistence passe pratiquement inaperçue ou ce Parlement, dont les réunions se font extrêmement rares, alors que ses tiroirs craquent sous les liasses de documents, jaunis à force d’attendre et très probablement devenus caducs. Dans cet abîme constitutionnel, où seuls les échos sifflent, les affaires aventureuses se multiplient. La dernière en date est celle du bateau promis à grands coups de déclarations outrageusement optimistes, après quelques décennies de rationnement électrique et même d’obscurité totale dans certaines régions oubliées. Lancée officiellement, par une publicité tapageuse et des panneaux prometteurs, la «barque turque», Fatmagül Sultan, nous promettait, «immense performance», deux heures de courant de plus dans tout le pays. Mais elle vécut ce que vivent les roses laissant derrière elle des relents sulfureux de négligence ou de scandale… l’avenir le dira peut-être. Plus de vingt ans se sont écoulés depuis que les armes se sont tues dans le pays, mais la lumière des bougies, qui n’ont rien des romantiques chandelles, n’a toujours pas disparu dans de très nombreux foyers. En parallèle, les tours luxueuses jalonnent les rues et montent toujours plus haut, les boutiques offrant les collections les plus huppées remplissent les quartiers et les restaurants aux menus gastronomiques par excellence, pullulent pour le plaisir d’une minorité nantie. Mais tout cela paraît factice et, pour une affaire qui connaît le succès, combien ne sont-elles pas forcées de baisser leur rideau aussitôt levé. Le chaos que connaît le Liban, depuis si longtemps, fait la richesse d’autres pays de la région. La Syrie, elle, avait connu ses beaux jours et son développement dès les premières années de notre guerre. Elle n’a pas su, elle non plus, sauvegarder ses acquis. Il n’en reste pas moins que le Libanais, optimiste invétéré, retrouve son rêve au moindre signe de détente. Ainsi, nous avons assisté aux retrouvailles des «cousins ennemis»: Sleiman Frangié à Bikfaya à l’invitation de Sami Gemayel, le Courant patriotique libre, représenté par le ministre démissionnaire Gebran Bassil, prendre la route de Maarab et les émissaires de Walid Joumblatt chez Nabih Berry, comme l’ancien vice-président de la Chambre à Aïn el Tiné. Le tout ponctué de quelques informations, diffusées sans, peut-être, beaucoup de conviction, annonçant un gouvernement dans les prochains jours… Et voilà que l’espoir renaît, que la vie s’annonce plus belle, à la lueur de la détermination affirmée du Premier ministre désigné et du président de la République. Il n’en reste pas moins que les jeunes exilés, partis vers d’autres horizons donner la preuve de leurs capacités et de leurs compétences, ne sont pas encore près de rentrer au bercail.


 Mouna Béchara
   

Santé

La tendance à la paresse. Ecrite dans les gènes?
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