Confidences Moyen-Orient
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Nº 2913 du vendredi 6 septembre 2013

Confidences Moyen-Orient

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Les Jordaniens d’abord
Le roi Abdallah II ne cache plus son désir de voir les citoyens jordaniens bénéficier de l’essor économique du royaume plutôt que de voir les compagnies locales embaucher des travailleurs étrangers. Or, le marché local, saturé par la main-d’œuvre égyptienne, a reçu de nouveaux arrivants syriens capables de rivaliser avec les Jordaniens. Pour contrer cette nouvelle menace, le monarque demande au gouvernement de ne plus accorder de permis de travail, sauf dans des cas exceptionnels, prétextant des raisons sécuritaires. Ces nouvelles directives sont bien accueillies par la rue jordanienne, qui ne supporte plus l’afflux d’étrangers, avec près d’un demi-million de travailleurs égyptiens et plus de 300000 Syriens. Le ministre du Travail a, pour sa part, demandé à la police d’expulser aux frais de l’Etat tous les travailleurs illégaux. 

 

Yémen: le Sud veut de vraies excuses
Le gouvernement yéménite, qui tente de calmer le jeu avec les provinces sécessionnistes du Sud, vient de faire une concession de taille. Pour la première fois depuis 1994, Sanaa s’abstient de célébrer sa victoire contre Aden. Ce jour de victoire est très mal perçu par les Sudistes. Il leur rappelle la perte de leur indépendance. Entre-temps, le régime a présenté des excuses pour les atrocités commises durant la guerre de réunification. Mais c’était sans compter sur l’ancien président Ali Salem el-Baid qui exige, plus que des mots creux, des actes concrets.   

Sadeq el-Mahdi dernier Premier ministre soudanais élu démocratiquement et opposant farouche au président Omar Hassan el-Bachir, a réussi à faire fléchir ce dernier. Le numéro un de l’Etat s’est rendu auprès de Mahdi pour une réunion de plusieurs heures, ce qui a permis la signature d’un accord permettant au pays d’adopter graduellement un système démocratique. Jusqu’aux prochaines élections présidentielles, le régime promet de cesser les arrestations arbitraires et de permettre aux partis d’opposition d’agir normalement sur la scène politique.        

Mahmoud Ahmadinejad l’ancien président iranien, traverse des moments difficiles hors du pouvoir. Il a perdu le soutien des proches du Guide suprême Ali Khamenei. Il n’a donc plus son mot à dire, bien qu’il ait été nommé, par le Guide suprême, membre du Conseil de discernement de l’intérêt du régime, et ses derniers compagnons sont pourchassés comme de vulgaires criminels. Ceci expliquerait la détention de Nematollah Poustindouz, qui tentait de fuir vers l’Arménie voisine, un mandat d’arrêt ayant été émis contre lui par les autorités. L’ancien directeur de la société Saipa d’automobile est soupçonné d’avoir détourné quatre milliards de dollars au profit des proches d’Ahmadinejad, notamment son très controversé gendre Rahim Mashai. Ce dernier est plus que jamais dans le collimateur de la justice iranienne et ne peut pas compter cette fois sur son ancien protecteur qui n’a plus la moindre influence au sein de la République islamique. Les règlements de comptes ont bel et bien commencé à Téhéran.              


Khalfan en veut à Erdogan
Le chef de la police de Dubaï, le général Dahi Khalfan, n’a pas hésité à critiquer ouvertement le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan. Ankara doit, selon lui, prendre ses distances avec les Frères musulmans s’il veut voir relancées ses relations avec les Emirats arabes unis. D’ailleurs, son dernier tweet était très cynique: «Les larmes versées par Erdogan pour l’Egypte sont dignes d’un film turc de bonne facture». Khalfan a également menacé de chasser de son pays tous ceux qui sympathisent avec les Ikhwan, quelle que soit leur nationalité. Une allusion à peine voilée à la communauté turque, raison pour laquelle le Premier ministre Erdogan a préféré ne pas répondre afin de calmer le jeu et de protéger les intérêts des ressortissants turcs.    

 

En pointillé…
Le gouvernement du Hamas, qui contrôle d’une main de fer la bande de Gaza, fait face à une crise économique sans précédent et peine à payer les salaires de ses fonctionnaires. Le Premier ministre Ismaïl Haniyé a lancé un appel aux autres mouvements palestiniens, leur demandant d’intégrer son cabinet jusqu’à ce qu’un nouveau gouvernement d’union nationale soit formé. Les réponses à ces appels ont été sceptiques, le Hamas n’ayant jamais été attentif aux demandes de ses partenaires. Des analystes à Ramallah ont noté que les islamistes craignaient les menaces du Fateh de proclamer Gaza, région rebelle, et tentent à tout prix d’éviter ce scénario. D’ailleurs, même le Front de libération de la Palestine, supposé proche du Hamas, a refusé cette offre, considérant qu’elle était vide de tout contenu.     

Le cheikh d’al-Azhar humilié
Les propos du Premier ministre turc, Recep Tayyip Erdogan, à l’encontre du cheikh d’al-Azhar Ahmad el-Tayyeb, ne sont pas passés inaperçus. Le leader turc a considéré que l’histoire jugerait la plus haute autorité religieuse en Egypte pour son soutien au coup d’Etat militaire mené contre le régime des Frères musulmans. C’est la raison pour laquelle Le Caire a retiré son ambassadeur à Ankara, annulé des exercices militaires avec l’armée turque et décidé de limiter les contacts diplomatiques avec l’allié d’hier. Pour sa part, Chawki Allam, Grand mufti d’Egypte, a condamné cette attitude turque, exigeant du gouvernement égyptien l’adoption d’une ligne très dure envers Ankara qui, dit-il, ne respecte ni l’Egypte ni son peuple. La position d’al-Azhar avait accordé une légitimité inattendue à l’armée, permettant l’arrestation des leaders des Frères musulmans sans peine. Des observateurs au Caire ont remarqué que le cheikh d’al-Azhar avait adopté cette position après une année difficile au cours de laquelle il avait subi plusieurs humiliations publiques émanant de la présidence.  

 

Le roi monte au créneau
Depuis la victoire du Parti de la Justice et du Développement aux élections parlementaires en 2011, le roi du Maroc Mohammad VI avait préféré prendre du recul pour ne pas paraître hostile au choix des urnes. Mais cela est du passé. Désormais, la guerre est ouverte entre le palais et le gouvernement présidé par Abdel-Ilah Benkirane. Le monarque a choisi d’attaquer les islamistes sur un tout nouveau terrain: celui de l’éducation. Il déclare ainsi: «Il n’est pas imaginable de voir chaque nouveau gouvernement adopter un nouveau plan éducatif pour les cinq années à venir, tout en négligeant complètement les programmes mis en place avant son arrivée». Benkirane, qui essaye depuis plusieurs semaines de sauver son alliance gouvernementale, après le retrait du parti Istiqlal, a gardé le silence pour ne pas jeter de l’huile sur le feu.     
          

Non aux étrangers!
Le député bahreïni Ali el-Chamtoot, connu pour ses critiques des autorités de son pays, a haussé le ton exigeant que le gouvernement cesse d’employer des étrangers dans le secteur public. Le député a ainsi noté que des milliers de Pakistanais et d’Indiens étaient recrutés chaque mois dans les secteurs de la police, l’armée et dans les divers ministères, au moment où les taux de chômage au Bahreïn ne cessent de grimper. Il a ajouté: «Chaque jour, tel ou tel ministère publie dans les journaux étrangers des annonces d’embauche, alors que notre pays ne manque pas de gens compétents». En réalité, Manama ne fait pas confiance à la majorité chiite considérée hostile à la monarchie et préfère les travailleurs étrangers peu impliqués dans les affaires politiques. Une approche suivie par la famille Al Khalifa depuis l’indépendance du pays du mandat britannique en 1971.            

Des généraux traînés en justice
Le président du Sud-Soudan, Salva Kiir Mayardit, a clairement gagné le bras de fer qui l’a opposé à son vice-président Riyek Machar, et réussi à se débarrasser de ce dernier sans encombre. Le président, usant de ses pouvoirs, a écarté du Mouvement populaire de libération du Soudan tous ceux qui n’étaient pas d’accord avec sa politique, notamment son secrétaire général Pagan Amum. Pour enfoncer le clou, il a lancé une campagne d’épuration au sein de l’armée, visant ses détracteurs parmi les généraux qui, selon lui, auraient commis des crimes de guerre. Le président a ainsi révélé que plusieurs officiers haut gradés étaient désormais derrière les barreaux «pour leurs crimes dans les provinces est du pays». Un renversement de situation ironique, puisque ces généraux ne faisaient qu’appliquer les ordres de Mayardit.      

20000 Palestiniens vivent dans la province du Sinaï depuis la guerre des six jours menée par Israël, en 1967. Une diaspora très bien intégrée au sein de la population égyptienne et qui, bien qu’impliquée dans des trafics frontaliers, n’avait jamais causé aucun problème politique ou sécuritaire. Mais après la prise du pouvoir par Hamas à Gaza, ces familles palestiniennes se sont radicalisées, se rapprochant ainsi des islamistes qui font face depuis 2006 à un blocus israélien. Ce changement avait attiré l’attention du régime du président Hosni Moubarak qui les suivait de près. Or, une fois le raïs déchu, ces Palestiniens ont repris leurs activités mais avec un élément nouveau: ils se sont procurés d’importants stocks d’armes. Cette situation inquiète, aujourd’hui, les autorités au Caire, l’armée égyptienne fait face à des attaques répétées dans le Sinaï et les Palestiniens sont les premiers suspects car sympathisants des Frères musulmans. D’où la proposition de les renvoyer à Gaza pour résoudre définitivement ce problème.   

9,6 milliards de dinars irakiens est le montant des salaires versés par l’Etat aux députés à la retraite ajoutés à ceux des députés et ministres actuels. Des chiffres qui provoquent la colère de la rue irakienne vu les conditions de vie déplorables et le taux de chômage très élevé. Le salaire moyen d’un Irakien est de 220 dollars par mois, alors que les anciens députés touchent des pensions astronomiques. La société civile s’est ainsi mobilisée, exigeant que les salaires des députés actuels soient aussi diminués. Face à cette grogne populaire, le Premier ministre, Nouri el-Maliki, a promis de proposer une loi visant à réduire de moitié les salaires des hauts fonctionnaires de l’Etat et d’annuler les pensions accordées aux anciens dirigeants. Des promesses qui ne seront probablement pas tenues, puisque les députés doivent ratifier eux-mêmes une loi qui leur retire leurs privilèges.        

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Éditorial
La coupable inconscience

Sommes-nous condamnés à vivre au rythme des humeurs belliqueuses de nos voisins: celui que certains considèrent ami et celui qualifié d’ennemi par tous? Le Liban, terre d’accueil certes, mais dorénavant pour des touristes d’un genre particulier. Nous avons connu, il y a quelques décennies, un flux de Palestiniens, chassés de leurs terres par un envahisseur arrogant et fort de ses alliances occidentales. Ils n’ont pas tardé à prendre conscience de la faiblesse du pouvoir dans le pays hôte. Ils ont vite fait de quitter les tentes, dites provisoires, pour se regrouper dans des logements en béton dans toutes les régions. Conscients de l’absence d’institutions et de véritables autorités, armés par ceux qui espéraient régler leur problème en leur assurant un pays de rechange au Liban, ils se sont posés en pouvoir absolu, allant jusqu’à prendre en charge non seulement leur propre sécurité, mais celle de tous les citoyens et à leur imposer des barrages de contrôle au vu et au su des forces de l’ordre et des dirigeants. Plus récemment, le Liban, toujours sans frontières, après avoir été longtemps dominé par Damas avant que ses troupes ne soient expulsées en 2005, reçoit des réfugiés dont le nombre semble difficile à déterminer. Les chiffres valsent et la misère se creuse un peu plus au fil des mois. Cela dure depuis plus de deux ans. Des familles entières, celles qui ne peuvent pas échapper aux massacres, sont décimées sans pitié. Le nombre de morts ne se décompte plus au milieu d’un assourdissant silence international. Il a fallu parler de l’utilisation d’armes chimiques pour que l’hypocrisie du monde éclate au grand jour. L’horrible spectacle des cadavres gazés a réveillé ceux qui, depuis plus de deux ans avaient assisté, indifférents, à l’exode massif des centaines de milliers de Syriens démunis, à la peur qu’on lit sur les visages d’enfants, aux blessés en mal de soins dont les photos remplissent les écrans de télévision et les «Une» des journaux. Mieux vaut tard que jamais, pourrait-on dire. Mais le résultat n’a fait que prouver la faillite des grandes puissances. Celles-ci victimes, dit-on, de leur démocratie ont affiché leur fragilité. N’auraient-elles pas dû prendre le temps de la concertation et de la réflexion avant de promettre une intervention improvisée et provoquer une panique incontrôlable qui a gagné, non seulement les citoyens syriens, mais tous ceux des pays frontaliers et, à leur tête, le Liban? Qu’entend-on par frappe punitive? Comment peut-on éviter les dégâts collatéraux? Pourquoi a-t-on suscité cette tension qui accompagne l’attente des décisions de ceux qui possèdent le droit de vie et de mort sur des hommes, des femmes et des enfants? Au Liban, pays aux frontières ouvertes à tout vent, l’annonce d’une possible frappe occidentale sur la Syrie, a fait fuir, non seulement les étrangers, mais surtout ceux qui hésitaient encore à quitter leur terre. Le rush sur les avions en direction des Emirats ou d’autres pays lointains, en est la preuve évidente. Les écoles perdent leurs élèves qui occuperont les bancs d’autres écoles sous des climats plus cléments. Les universités ne sont pas mieux loties. La saison touristique a été étouffée dans l’œuf et l’économie s’effondre un peu plus, même si les responsables des institutions financières, dont la Banque du Liban, se veulent convaincants dans leurs prévisions. De tout cela n’en sommes-nous pas responsables? Une frange importante de la population ne s’est-elle pas volontairement impliquée dans une crise qui ne nous concerne en aucune manière? Une démocratie «consensuelle» qui a toujours empêché l’entente sur des sujets plus ou moins cruciaux, une société qui n’a pas la compétence d’élire ses représentants, un gouvernement compliqué, pour ne pas dire impossible, à former, un mandat présidentiel dont certaines voix commencent à mettre en doute une relève. Si le chef de l’Etat multiplie les déclarations toujours plus fermes, il n’en reste pas moins que le pays va à la dérive, qu’il se vide de son sang tandis que, par miracle, la vie continue et avec elle les festivals qui défient la sinistrose ambiante. Les appels au dialogue ont-ils encore un sens?


 Mouna Béchara
   

Santé

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De nombreuses idées reçues ont circulé à propos de l’alimentation. A la suite de maintes études, plusieurs d’entre elles se…

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