Culture
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Nº 3103 du vendredi 5 juillet 2019

Culture

«Je viens du monde de l’économie et je n’ai jamais prétendu être un journaliste». C’est ce qu’affirme Maurice Matta, responsable de la page économique du quotidien an-Nahar, producteur et présentateur de la section économique du journal télévisé de la MTV ainsi que de l’émission The Start. Magazine l’a rencontré.
 

Le jeune homme souriant, en jeans et polo, qui nous accueille au siège du quotidien an-Nahar ne ressemble pas au journaliste sérieux et professionnel que l’on voit sur les plateaux de télévision ou dans les congrès et forums économiques. A 31 ans, Maurice Matta a déjà derrière lui 10 années de carrière, lui qui n’a jamais eu en tête l’idée de faire un jour de la télévision. «C’est vrai qu’à 21 ans, il est difficile de parler de bourse, de marchés financiers et de gagner la confiance des investisseurs et des hommes d’affaires, mais heureusement j’ai réussi à convaincre les gens et j’ai brisé ce tabou». Depuis qu’il a 15 ans, Maurice Matta lit quotidiennement le Nahar. «J’aimais lire les analyses et écouter les personnes plus âgées que moi». Attiré par la médecine, il finit par opter pour les sciences économiques qu’il étudie à l’Université Saint-Joseph.
Son expérience avec les médias remonte à 2005 alors qu’il est membre fondateur de Kunhadi et s’occupe de la communication de l’association. «Entre 2006 et 2009, je passais souvent à la télévision pour parler de l’association mais ce n’est qu’en 2009 que j’ai fait mon entrée à la MTV où je suis devenu le responsable du bulletin économique». Pour le jeune homme, la télévision est un défi permanent. «Chaque jour à l’antenne est comme le premier jour. Sans la confiance que m’a témoigné le Pdg de la MTV, Michel Murr, je n’aurai pas réussi».

Ghost advisor
En 2011, il est responsable de la page économique du quotidien al-Balad et anime un programme sur la radio qui porte le même nom. Il est conseiller auprès de l’Union des banques arabes et de l’Union des banquiers arabes. Maurice Matta est également le «ghost advisor», de nombreux ministres, députés et chefs d’entreprise. Il a même été approché pour se présenter aux élections législatives. «Mes journées devenaient de plus en plus remplies». Il y a six ans, il est contacté par le quotidien an-Nahar pour occuper le poste de responsable de la page économique. «A 25 ans j’étais le plus jeune chargé de cette rubrique de toute l’histoire du quotidien. C’était une grande responsabilité pour moi. Je me suis adapté aux personnes qui sont plus âgées que moi».
Maurice Matta crée ce qu’on appelle l’économie médiatique, qui n’existait pas au Liban. Workaholic, il travaille entre 16 et 17 heures par jour tous les jours de la semaine. «J’ai le sentiment d’avoir grandi avant l’âge. Entre la télé et le journal, j’ai été privé de beaucoup de choses: les voyages, les soirées entre amis, les événements avec la famille». Petit à petit, il s’est construit une crédibilité et la responsabilité qu’il assume est devenue un grand poids pour lui. «Avec les invités que je reçois, c’est plus une discussion qu’une interview. Il est difficile de poser des questions alors que je connais déjà les réponses». Maurice Matta a rencontré les plus grandes personnalités économiques et financières dans le monde. Sa grande peur et la question qui le taraude continuellement c’est de savoir ce qui vient ensuite, «What’s next for me?».

De belles histoires
Avec le bulletin économique, Michel Murr lui confie la rubrique Reghem kell chi (Malgré tout) qui passe au début du journal télévisé. «C’est une note d’optimisme et de positivité que nous essayons d’introduire dans le quotidien des téléspectateurs. Nous rapportons de belles histoires concernant des Libanais ou le Liban. D’ailleurs le titre que je préfère est celui d’ambassadeur de l’optimisme». La publication par la Banque du Liban de la circulaire 331, encourageant les banques à soutenir les entreprises, décide Maurice Matta à offrir aux jeunes entrepreneurs une plateforme leur permettant de s’exprimer et d’exposer leurs idées. C’est ainsi que le programme The Start voit le jour. «C’est un nouveau mind set. J’ai voulu en quelque sorte devenir l’ambassadeur des entrepreneurs, leur apporter mon soutien, en leur ouvrant l’antenne de la MTV. The Start est devenue une plateforme pour appuyer les jeunes et les entrepreneurs».
Sa participation en tant qu’expert économique dans l’émission de Marcel Ghanem est une nouvelle étape dans son parcours de jeune économiste. «Ma présence aux côtés de Marcel Ghanem, qui est devenu un frère et duquel j’ai beaucoup appris, est une plus-value pour moi. Je suis convaincu qu’il faut monter pas à pas l’escalier. De cette manière, lorsqu’on tombe, la chute ne peut pas être de haut. En 11 ans de carrière, je ne suis pas tombé. J’ai reçu des gifles mais je suis resté debout». Très professionnel, positif de nature, il essaie de communiquer constamment son enthousiasme. Il est sollicité par Joe Maalouf pour animer une émission matinale sur Jaras Scoop, trois fois par semaine de 9 à 10 heures.
Toutes ces activités n’ont fait qu’augmenter le sentiment de responsabilité que ressent Maurice Matta. «Je n’ai pas droit à l’erreur». Pour le jeune homme, son succès se définit par le time management, la communication, la diplomatie, le fait de ne pas regarder en arrière et surtout l’honnêteté. «Je dois beaucoup à Michel Murr et Nayla Tueni pour leur confiance aveugle en moi, à mes parents qui supportent mes absences continuelles et surtout à mes amis proches à qui je dis très souvent à quel point je les aime». Pour lui, être fatigué quand on rentre chez soi le soir et dormir dans cet état est une véritable bénédiction. Il a la phobie de l’heure, du temps qui passe et surtout des maladies. Dans tout ce qu’il entreprend, il a le souci d’aider les autres. «Il faut toujours se rappeler de redonner ce que l’on reçoit». Il se voit comme un «decision maker», non pas un «follower» et ne renonce à ses principes pour rien au monde.
Pour cet inconditionnel optimiste, le pays est en bonne santé. «A un malade qui a des métastases, on ne dit pas qu’il va mourir. On le traite. Nous sommes un pays malade mais nous n’allons pas mourir. On peut être guéri». D’après Maurice Matta, il y a de bonnes intentions aujourd’hui et il existe de nombreux indicateurs positifs: la correction financière a commencé, le budget est en train d’être voté, le tourisme, la stabilité sécuritaire, le potentiel des jeunes. «Le Liban a connu dans son histoire beaucoup d’envahisseurs et d’occupants. Nous avons vécu des événements tragiques, des assassinats, des guerres, des manifestations. Nous sommes restés plus de deux ans sans président de la République, sans gouvernement, mais le pays est resté. C’est vrai la situation économique et financière est mauvaise mais les banques se portent bien. La situation dans le Golfe et dans l’Union européenne n’est pas meilleure. Nous avons commencé des réformes, nous avons du gaz et du pétrole et surtout un trésor inestimable qui est le capital humain, le Libanais lui-même, plein de ressources. Tant qu’il y a des gens qui se lèvent tous les matins pour aller au travail nous sommes bien». Sa devise? «Je préfère mourir en me battant plutôt que de baisser les bras».

Joëlle Seif
 

Retour aux sources pour Gabriel Yared qui habille de sa musique les mots teintés d’émotion de Yasmina Joumblatt. Le compositeur et arrangeur franco-libanais au parcours parsemé de prix internationaux sera, le 18 juillet, sur la scène du Festival de Beiteddine avec la jeune chanteuse qui interprétera neuf chansons de sa signature et rendra hommage à son arrière-grand-mère, Asmahan.
 

Derrière ce récital qui est une première mondiale, se profile une rencontre étonnante entre deux talents libanais aux cheminements semblables en plusieurs points. Lui, Gabriel Yared, le compositeur, arrangeur, collectionneur de récompenses internationales (Oscar, Golden Globe, César, Bafta, European Film Award, Grammy...) qui a quitté le Liban à 17 ans et n’a cessé d’accumuler les succès au fil des ans. Elle, Yasmina Joumblatt, partie en Suisse à l’âge de 13 ans, psychanalyste, homéopathe, dont la passion pour le chant lyrique l’amène à suivre des cours pour travailler cette voix d’exception reçue en héritage de son aïeule Asmahan. Une voix juste, mais aussi et surtout qui véhicule des émotions tout en délicatesse. «Le hasard, confie le musicien, a voulu que nous nous retrouvions, à un moment où tous les deux nous faisions la paix avec ces racines que nous avions arrachées malgré nous. Je ne savais pas qu’on avait à peu près la même histoire».
Quand on se dit surpris de le retrouver dans un registre de musique orientale, Gabriel Yared rappelle qu’il avait commencé, dès ses débuts, par mélanger sa musique personnelle avec des instruments orientaux. «Ce n’est pas étonnant! J’ai commencé avec le film de Maroun Bagdadi, Les Petites Guerres. Il y avait des synthétiseurs, des échantillonneurs, et aussi un oud, un kamanja, un kanoun et un nay. Puis il y a eu Hanna K de Costa Gavras avec un orchestre symphonique et des instruments orientaux, sans oublier Adieu Bonaparte de Youssef Chahine, et Azur et Asmar de Michel Ocelot. Ce qui est surprenant dans ma rencontre avec Yasmina, ce n’est pas simplement cette superposition d’instruments orientaux sur un orchestre classique ou sur des sonorités classiques, c’est la composition de chansons. Yasmina écrit des textes en arabe!».

L’inspiration d’Asmahan
Lors d’une première rencontre en 2003, la jeune blonde solaire au look européen émet le désir de reprendre les chansons d’Asmahan que Gabriel Yared ne connaissait pas. «J’avais écouté Oum Koulthoum, et j’avais transcrit en notations occidentales pour comprendre un peu comment la musique orientale était faite. Yasmina m’a dit qu’elle aimerait reprendre Ya Habibi Taala, on en a un peu parlé et je lui ai répondu que je ne pensais pas être la personne adéquate pour cela! Je n’avais pas envie de reprendre des chansons qui ne sont pas originales et j’étais occupé à composer la musique de Cold Mountain. On s’est donc séparé amicalement mais on a continué à se voir lorsqu’elle venait à Paris. On n’a plus parlé de ce sujet. Il y a trois ans, je ne sais pas pourquoi je lui ai demandé où elle en était avec ce projet. Elle m’a raconté qu’elle avait juste enregistré Ya Habibi avec un compositeur libanais, Ghazi Abdelbaki. Je lui ai proposé d’enregistrer sa voix en studio seule, sans instruments, juste avec un métronome. Sa voix étonnante m’a vraiment fait réfléchir, je me suis dit, ça vaut la peine d’essayer. J’ai demandé à mes assistants de couper les couplets et je me suis mis à travailler autour de la voix et j’ai fait quelque chose qui était comme un ovni pour moi! C’était un mélange de préludes de Bach avec des ouds et un grand orchestre symphonique. Cette chanson est devenue quelque chose de complètement différent. C’était intéressant pour moi de poursuivre dans ce sens là, mais pas de faire des reprises d’Asmahan».
«L’idée était de faire cette chanson que j’adore. Je la trouve très avant-gardiste, elle représente bien Asmahan», explique Yasmina Joumblatt. Les deux artistes, emballés, décident de continuer l’aventure. «La langue arabe s’est imposée à moi presque malgré moi, confie la chanteuse, je ne me voyais pas écrire dans une langue autre que ma langue maternelle. J’ai dû replonger dedans, la redécouvrir en réécoutant tous les classiques de la langue. Et puis les mots me sont revenus comme un flot. C’était comme si tout cela était enfoui en moi et que ça se libérait. Je n’écris pas en arabe littéraire, ce sont presque les mots d’une fille de 13 ans, presque ceux de mon enfance, de mes souvenirs d’enfance... Je suis partie du Liban à l’âge de 13 ans et pendant très longtemps, je n’ai plus parlé l’arabe. Y revenir, c’était presque thérapeutique! J’ai redécouvert la musique orientale, la langue, et l’histoire de ma famille à travers Asmahan. C’est vraiment un retour aux sources». Mais il faut dire que la Libano-Helvète voue, dès sa tendre jeunesse, un culte spécial au chant lyrique qu’elle a découvert en écoutant Freddie Mercury chanter Barcelona en duo avec Montserrat Caballé. «J’avais 10 ou 11 ans à l’époque et je l’écoutais en boucle. C’était presque une expérience mystique que d’écouter cette femme! C’était cela mon univers musical au départ, et le jazz aussi, tout le répertoire nord-américain, Nina Simone, Sarah Bowman, Aretha Franklin...».

Quid de l’après Beiteddine? Le grand compositeur a envie de continuer et de faire des tournées dans de belles salles en Europe et dans le monde arabe, mais, évidemment «tout dépend des disponibilités de Yasmina, parce qu’elle a sa vie, sa famille... elle a son métier aussi. Elle est homéopathe. Mais je me dis qu’on n’a pas traversé tout ce chemin pour s’arrêter là. Ce n’est pas possible! Ce que nous avons réalisé ne ressemble à rien qui existe déjà».
Elle, reconnaît adorer l’idée de créer à partir de rien. «Il y a des mots, puis il y a la musique, je continue à écrire, mais la scène je ne sais pas! Je suis au départ quelqu’un d’introverti, je suis très sélective dans ce que je montre. Quand on chante, on dévoile ses émotions sinon le public ne sent rien. Me montrer comme ça devant des milliers de personnes, ça me fait peur et aussi, j’ai envie d’y aller. Petit à petit je me suis construite en tant qu’artiste. Cette expérience n’est pas anodine, c’est un retour vers moi, mes racines, mon pays. Elle est chargée d’émotions».


Légende
Un récital d’exception à beiteddine À Beiteddine, Gabriel Yared et Yasmina donnent rendez-vous au public pour un récital d’exception sous les étoiles. On est appelé à se laisser transporter par Ya Habibi Taala, Layali  Elounsi fi Vienna, Dakhalti marra fi jinaina et 9 titres nouveaux écrits par Yasmina qui parlent encore d’amour, comme Dab Albi ou Min Awal Nazra. Deux violons orientaux, 2 ouds, 1 kanoun, un nay et 6 percussions orientales ainsi que 4 choristes seront sur scène aux côtés de l’Orchestre philharmonique du Liban, sous la direction de Dirk Brossé.

 

GHADA BARAGHID

Inconnue de la scène musicale il y a encore cinq ans, Jain a su, en à peine deux albums pop tissés de sonorités africaines ou orientales, conquérir les cœurs dans le monde entier. Rendez-vous est pris le 1er août prochain, sur la scène du festival de Baalbeck, pour un concert qui s’annonce explosif.

Toulousaine d’origine et infatigable globe-trotteuse. Jain, alias Jeanne dans la vie civile, clôturera fin août un cycle de plus de 320 concerts à travers le monde. Une tournée éreintante, certes, mais enrichissante sur tous les plans pour la jeune femme, qui était encore une inconnue de la scène musicale il y a encore quelques années. En à peine deux albums, Jain, tout juste 27 ans, a enchaîné les succès, les concerts et les récompenses. Elle est aussi sans doute l’une des rares artistes françaises à tourner tant aux Etats-Unis — elle a joué au très branché festival de Coachella — qu’au Brésil et en Europe. Avec une musique qui, elle l’espère, «permet de réunir des gens de différentes cultures». «Je me nourris de différentes influences. La musique a ce pouvoir-là de rassembler les gens, comme le sport, et je trouve cela très intéressant d’essayer de réunir les gens malgré les différences de culture», confie-t-elle lors d’une interview par téléphone à Magazine, alors qu’elle se trouve à Nice pour une émission de télévision. «A Baalbeck, et partout où je me produis, c’est un message de paix et d’unité que j’ai envie de faire passer. C’est ce qui me touche et m’inspire le plus en fait». Véritable ovni de la scène pop, Jain a su séduire un large public — de 4 à 50 ans, dit-elle — sans doute grâce à un habile mélange d’influences musicales tirées tant de ses années passées à Abou Dhabi, Dubaï, qu’au Congo.
De son adolescence à Pointe-Noire, où elle s’installe à l’âge de 13 ans avec ses parents, la jeune femme écrit les textes et mixe les musiques qui feront le succès de son premier album, Xanaka. «La musique était toujours joyeuse, avec des rythmes hyper sucrés, même quand il s’agit de raconter des chagrins d’amour. J’avais envie de retrouver ça.» De premiers titres écrits alors qu’elle avait à peine 16 ans et qui verront le jour six ans plus tard, dans cet album. Avec un succès quasi-immédiat à la clé. Son entêtant et surprenant Makeba, aux rythmes africains, résonne encore dans toutes les têtes, alors qu’elle se présente au public dans une robe noire au col Claudine très sage. Quelques mois après sa sortie, son premier album fait un tabac. Venue de nulle part, Jain séduit. Ses chansons, très rythmées, très «positive attitude», parlent à tous. Le choix de son nom de scène aussi, est très significatif de ce qu’elle est. «Jain, c’est une religion indienne pacifiste, l’une des plus vieilles du monde», explique-t-elle. «Quand je cherchais un nom de scène pour me protéger un peu, je suis tombée sur une très belle phrase: ‘Ne sois pas déçu si tu perds et ne deviens pas fier si tu gagnes’. «Je trouve que dans le monde de la musique, c’est quelque chose dont il faut se rappeler».

UNE BULLE D’UTOPIE
Jain s’avoue avoir été «hyper surprise» du succès. «Je pensais être dans une sorte de niche musicale, car je mixe plein de sons différents, je ne pensais pas qu’autant de gens allaient l’écouter, car ce n’est pas de la pop classique». Effectivement, la jeune femme crée son propre univers, résolument optimiste, «une bulle d’utopie parfois, qui me permet de me réfugier et de me consoler de quelque chose», confie-t-elle. Armée de punchlines simples mais efficaces, balancées avec son anglais qu’elle qualifie de «débrouillard», cette compositrice interprète livre des chansons festives, positives, qui lui ressemblent. Le succès ne lui est pas monté à la tête. Malgré son jeune âge, Jain garde les pieds sur terre, sans doute le fruit de ses expériences passées à l’étranger. Passée de Dubaï, où dit-elle, « la richesse est quand même hyper démonstrative», au Congo, la jeune femme avoue s’être «pris l’une des plus grosses claques de (sa) vie, je me suis aperçue que le monde n’était pas comme ça partout».
Pour son deuxième album, Souldier, dont elle écrit et compose les titres seule, à bord du bus qui la conduit de concert en concert, la dynamique brunette décide d’insérer d’autres influences musicales, issues de cet Orient qu’elle a côtoyé lors d’une des expatriations de sa famille. Elle confie avoir «envie de parler davantage de qui j’étais, donc j’ai mis plus de choses, avec des clins d’œil à la musique orientale, congolaise, au hip-hop, aux rythmes jamaïcains, à la chanson française aussi».

FAYROUZ EN EMBUSCADE
«On a déménagé à Dubaï quand j’avais dix ans. En France, je faisais de la batterie, là-bas, j’ai continué avec les percussions et appris à jouer de la derbouka», raconte-t-elle. «Mon professeur m’a fait découvrir la musique orientale et libanaise, dont Fayrouz que j’ai adorée». Dans sa playlist, Jain compte Dar eddouri addayer de Wadih el-Safi, Frasha w Zahra de Zaki Nassif, Baddak malyoun seneh de Melhem Barakat ou encore Oudak Rannan de Fayrouz. Sur son album Souldier, elle s’amuse donc avec les sons et les influences et insère des sonorités toutes orientales, comme dans le titre Abou Dhabi. De son expérience dans les Emirats, puisqu’elle effectue aussi son année de Terminale à Abou Dhabi, Jain garde d’excellents souvenirs. «Ce que j’ai préféré, c’était découvrir la culture musulmane que je ne connaissais pas du tout. Musicalement aussi, j’ai beaucoup appris». «Je suis très contente de venir enfin au Liban, car j’avais beaucoup d’amis libanais à Dubaï et Abou Dhabi.» Pour son premier passage à Baalbeck, elle a «envie que les gens passent vraiment un bon moment donc d’essayer d’être le plus en forme possible». Son escale libanaise sera courte : «On repart le lendemain du concert, il faut que je me débrouille pour revenir», lance-t-elle. Seule sur scène, la jeune femme, un peu timide dans la vie, se transforme en véritable show-woman armée de son looper pour envoyer sons et basses. Elle devrait enflammer la scène de Baalbeck.

Jenny Saleh

 

Jeudi, 10 Janvier 2019 14:52

Daniel Castan. Visions urbaines

Le peintre français, Daniel Castan, expose ses «visions urbaines, entre abstrait et figuratif», à la galerie Carré d’Artistes, à Beyrouth souks, jusqu’au 15 janvier. Quand la lumière de la ville croise la suggestion de l’imaginaire.
 

Dans le cadre de son exposition personnelle à la Galerie Carré d’Artistes, le peintre français Daniel Castan s’est rapproché de son public libanais à travers une soirée de live painting, (peinture en direct), le 29 novembre où la foule a eu l’occasion de le voir à l’œuvre, derrière son chevalet, maniant son couteau et sa peinture d’alkyde, pour donner naissance à ses «visions urbaines».
Le parcours de Daniel Castan a de quoi en étonner plus d’un et permet de démonter les idées préconçues sur l’art et les artistes. C’est à l’âge de 40 ans qu’il décide de laisser tomber son travail de graphiste indépendant pour devenir artiste indépendant. «Une crise existentielle», déclare Daniel Castan. Le voilà qui achète le matériel nécessaire pour s’atteler à cette nouvelle vision de vie. D’essai en essai, sans jamais perdre patience ou se décourager, parce qu’il est évident que la muse et le talent sont un jeu d’illusions surtout à notre ère contemporaine, il persiste et finit par tracer son style, sa technique, choisir ses outils, ses sources d’inspiration, jusqu’à devenir, quelques années plus tard, un artiste coté internationalement défendu par le réseau de galerie d’art grand public, Carré d’artiste.
Invitation à la contemplation. Son inspiration est urbaine, puisée de ses voyages professionnels en tant que graphiste, essentiellement entre New York et Hong Kong. C’est à partir des images gravées dans sa tête et des clichés pris sur place qu’il commence à peindre ses toiles urbaines, avant de se focaliser exclusivement sur New York, et de laisser tomber les photographies pour laisser libre cours à son imagination.
Armé de son couteau, son outil de prédilection, et sa peinture d’alkyde, il travaille rapidement, à l’instinct, avec une grande maîtrise du hasard et de la technique, du détail et de l’absolu, de la sensation et la suggestion. Avec son rendu brillant, la peinture de Daniel Castan accroche immédiatement le regard, invitant à la contemplation. Les lignes des immeubles s’entremêlent au tracé du ciel, dans une ambiance nocturne ou diurne, comme pour mieux en faire ressortir les verticalités de la ville, ses fuites, ses perspectives. Ses figures sont géométriques sans toutefois l’être réellement, notamment dans ses toiles plus tardives où les détails s’estompent en des ombres abstraites, d’où ressortent, intactes, les couleurs, encore plus flamboyantes, même quand elles sont sombres.

S’approprier la toile
Dans le clair-obscur de ses œuvres, rejaillissent, comme obsessionnelles, les lumières des feux des voitures dans les rues de New York, ou même les feux de signalisation ou quelques enseignes noyées dans le flou de l’abstraction. Autant de lumières foudroyantes qui engendrent des imaginaires nichés dans les recoins urbains d’un inconscient collectif qui se plaît à façonner ses propres histoires. Le visiteur, voire le spectateur, d’une peinture de Daniel Castan, est à la fois confronté à ce qui est révélé, à ce qui est suggéré et à ce qui est caché, comme s’il lui revenait de compléter lui-même la toile, de se l’approprier, de s’y projeter, de se faufiler dans les interstices de lumière égrenés par le peintre.

Nayla Rached
Photos Milad Ayoub

Fondateur et président honoraire de H&C Leo Burnett, Farid Chehab publie un livre intitulé Un pont sur le XXIème siècle, dans lequel il s’interroge sur l’incidence de la technologie et du numérique sur les différentes générations. Par joëlle seif

Quel est le but de votre livre?
Depuis un certain temps, je m’interroge sur l’éducation de mon petit-fils qui a 1 an. Autour de moi, tout le monde affirme qu’il apprendra et s’adaptera comme nous au nouveau monde. Pourtant, les progrès technologiques du XXIème siècle vont plus vite que notre propension à nous adapter et ils causeront certainement des dommages collatéraux. C’est ainsi qu’est née en 2015 ma réflexion sur la manière d’aborder le XXIème siècle et ses changements. J’ai concocté pendant deux ans ce livre mais la naissance de mon petit-fils en a été le détonateur.

Comment affronter les nouveaux défis?
J’ai passé ces deux ans à lire tout ce qui a été écrit sur ce sujet. J’ai été inspiré par de nombreux auteurs, que je cite d’ailleurs dans mon livre, comme Yuval Noah Harari auteur de Homo Deus, Alain Minc, Thomas Friedman et bien d’autres. Tous parlent de la révolution numérique mais peu avancent des mesures à prendre immédiatement pour amener les nouvelles générations à mieux affronter les défis. Avec beaucoup d’humilité et de passion,
je propose des perspectives éducatives. Ceci implique un changement radical de la méthodologie suivie dans l’éducation. Il faut passer du mode apprendre au mode créer. Il ne faut pas arrêter d’apprendre mais il faut surtout apprendre à créer, ce qui n’est pas le cas de notre système académique. A partir du primaire, le jeu est interdit. Or il devient de plus en plus évident qu’apprendre à travers le jeu prépare le cerveau à créer.

Qu’en est-il de la résilience, des idées, valeurs et tolérance que vous évoquez?
Qui dit mental, dit résilience. Mais malheureusement notre siècle ne nous prépare pas suffisamment à celle-ci. L’éducation doit renforcer la résilience chez les jeunes. En outre, le numérique introduit une révolution de toutes nos valeurs. Beaucoup d’entre elles ne s’adaptent plus à la nouvelle ère. Certaines valeurs religieuses sont dépassées et mises au défi. Il y a une nouvelle philosophie à prendre en charge pour instiller aux nouvelles générations une nouvelle palette de valeurs
plus adaptée au XXIème siècle. Nous souffrons tous d’une intolérance généralisée. Nous devons apprendre aux générations futures l’esprit de tolérance. Dans la dernière partie de ce livre, il y a une ouverture vers le futur de la symbiose de l’intelligence artificielle avec l’intelligence organique.

A qui s’adresse ce livre?
Pour ne pas jouer au scientifique, comme je suis un publicitaire, j’ai parsemé ce livre d’anecdotes pour en rendre la lecture agréable. Je vulgarise ce que j’ai pu assimiler en y ajoutant mon grain de sel. Nous avons besoin de résilience, d’idées, de valeurs nouvelles et de tolérance pour survivre au XXIème siècle. Ce livre ouvre beaucoup de débats. Certains éducateurs pourront trouver un non-sens à ce que j’écris mais l’essentiel est d’éveiller notre conscience vers une urgence inéluctable.
Le Liban a toujours vécu grâce à la qualité de ses services. La réforme doit commencer chez nous. Celle-ci ne réclame aucune infrastructure. Mon ambition est de mobiliser les écoles et les universités afin d’amorcer ce changement.

Joëlle Seif

Invité par Persona Production, l’écrivain Eric-Emmanuel Schmidt sera sur scène du 7 au 10 juin, pour présenter Monsieur Ibrahim et les fleurs du Coran. Par nayla rached

Paris, rue Bleue, dans les années 60. Moïse, onze ans, mal aimé, supporte comme il peut de vivre seul avec son père. Monsieur Ibrahim, le vieux sage, tient l’épicerie arabe et contemple le monde depuis son tabouret. Un jour, le regard de Monsieur Ibrahim rencontre celui de Momo. De conversation en conversation, la vie devient plus souriante et les choses ordinaires extraordinaires…
Cette histoire, on la connaît presque tous, qu’on ait lu le roman d’Eric-Emmanuel Schmidt ou non, qu’on ait vu le film éponyme avec Omar Sharif ou non. Cette histoire, c’est l’un des plus grands succès de Schmidt, traduite en 38 langues, à tel point, comme il le dit, qu’il est devenu désormais, dans beaucoup de pays, «l’auteur de Monsieur Ibrahim».
Récit initiatique, drôle et émouvant, véritable hymne à la tolérance, Monsieur Ibrahim et les fleurs du Coran est le deuxième volet du Cycle de l’invisible, 6 récits sur l’enfance et la spiritualité, dont font également partie Milarepa, Oscar et la dame rose, L’Enfant de Noé, Le sumo qui ne pouvait pas grossir et Les dix enfants que madame Ming n’a jamais eus.
Paru aux Editions Albin Michel en 2001, le livre est la biographie romancée de son ami Bruno Abraham-Kremer. «Ecrit en quelques jours sur un coin de table pour faire plaisir à un ami», ce monologue fut mis en scène et interprété, durant 600 représentations, en 2001, par Bruno Abraham-Kremer. En 2012, Francis Lalanne interprète le monologue, dans une mise en scène d’Anne Bourgeois, au Théâtre Rive Gauche, à Paris. C’est par un concours de circonstances qu’Eric-Emmanuel Schmidt devient l’acteur de son monologue: en raison d’un engagement préalable, Lalanne était dans l’impossibilité d’assurer neuf représentations. Les amis de Schmidt le poussèrent alors à monter sur scène. Ce baptême terrorisa l’auteur mais obtint une standing ovation du public. Depuis, Eric-Emmanuel Schmidt a interprété son œuvre en France, en Suisse, en Belgique, au Canada, en Italie, aux Etats-Unis…
Avec ce dernier spectacle dans la programmation 2018 de Persona Productions, sa fondatrice Joëlle Zraick, relève cette expérience autre qui attend le public. «Eric-Emmanuel Schmidt est auteur avant tout. On vient le voir dire son propre texte, il y a quelque chose de très touchant dans sa manière de le transmettre au public. C’est une autre expérience sur scène». L’Express, relève un «bijou d’écriture, d’émotion, d’humour». «C’est très drôle et très déchirant», écrit Le Figaro. Et pour Télérama, l’histoire de l’écrivain français est «belle et généreuse, pleine de lumière et de tolérance».
«Lorsqu’il récupérera son vieil exemplaire, affirme Schmidt en 2004, Momo découvrira ce qu’il y avait dans le Coran de Monsieur Ibrahim: des fleurs séchées. Son Coran, c’est autant le texte que ce que Monsieur Ibrahim y a lui-même déposé, sa vie, sa façon de lire, son interprétation. (…) La spiritualité vraie ne vaut que par un mélange d’obéissance et de liberté. Voici donc enfin l’explication qu’on me demande toujours, l’explication de ce mystérieux titre, Monsieur Ibrahim et les fleurs du Coran».

Nayla Rached
 

Depuis le 25 février, les planches du théâtre Gemmayzé accueillent la pièce Liaisons dangereuses, adaptée, mise en scène et produite par Joe Kodeih.

On s’est tellement habitués à Joe Kodeih comme un «one man show» qu’on en est venu à oublier presque qu’il est, avant tout, un metteur en scène, un homme de théâtre, ce «concentré de vie», comme il le décrit, cet espace-lieu où «la vie devient meilleure, où elle prend forme comme notre fantasme le souhaite». A la question de savoir si ce théâtre-là lui a manqué, sa réponse fuse aussitôt: «Oui, sûrement, mais je n’ai pas lâché prise entre-temps», travaillant, rappelle-t-il, sur la pièce Rima et sur la mise en scène de Michel et Samir, même si ces deux spectacles s’inscrivent toujours dans le registre de la comédie.
En décidant d’adapter les Liaisons dangereuses, il a fait face à cette même réaction: pourquoi changer une formule gagnante, celle du «one man show», qui était une rémunération à tous les niveaux? Mais Joe Kodeih est retourné à son amour premier, le théâtre, et une pièce en particulier, la première qu’il a jouée de sa vie, en 1993: une adaptation estudiantine des Liaisons dangereuses de Choderlos de Laclos dans laquelle il a interprété le rôle de Valmont. C’est donc tout simplement là que réside le pourquoi du comment de l’actuelle adaptation.

 

Un casting solide
Joe Kodeih passe ainsi à un autre registre, une pièce dramatique, même si elle contient des «étincelles de comédie», et même… des pas de danse dans une chorégraphie signée Mazen Kiwan. Merteuil, Valmont, Tourvel, Volanges, Danceny, interprétés respectivement par Bernadette Houdeib, Joe Kodeih, Solange Trak, Patricia Smayra et Bruno Tabbal effectuent cinq danses sur la scène du théâtre Gemmayzé, les personnages mythiques de l’un des plus célèbres romans épistolaires, devenus des symboles, et qui se présentent là dans une adaptation à la fois libanisée et fidèle à l’esprit littéraire du texte, pour en garder intacte son âme, comme l’a voulu Kodeih, plaçant ainsi l’action dans un contexte atemporel, puisqu’il n’y ait pas fait mention du lieu où ça se passe, en France ou au Liban. Dans cette adaptation, un vrai travail de réécriture, le livre garde son titre original, devenu Gharam wa intikam en arabe. Idem en ce qui concerne les noms des personnages qui restent le point central de l’œuvre, puisque Kodeih et son équipe ont effectué une étude développée de leurs personnages, à tous les niveaux, tout aussi bien psychologique que sémiologique et autres.
Joe Kodeih compte sur son casting qu’il estime «très solide» pour tenir le spectacle de bout en bout et tenir, par-là, la concentration du spectateur, pour que ce dernier ne perde pas le fil conducteur de la pièce. A savoir, d’une certaine manière, le rôle de Danceny, puisque tout se passe dans la tête de l’amoureux de Cécile de Volanges, celui qui, au final, a tué Valmont. C’est que le plus important pour Kodeih est que «le spectateur puisse théâtralement suivre et comprendre jusqu’à la fin ce qui se passe sur scène, qu’il parvienne à se concentrer sur la trame et à garder le fil conducteur des événements. Cela n’est pas facile puisqu’il y a une quinzaine de tableaux, il faut donc que je l’aide un peu». Est-ce donc une pièce difficile? «Très accessible, précise-t-il, mais très juteuse. Chaque scène, même si on pourrait croire qu’elle n’est qu’une sorte de lien entre deux grands moments, eh bien non, le moindre détail a été étudié».

 

Au public de décider
Mis à part cet espoir précis, qui ne peut être que le résultat d’un travail rigoureux, Joe Kodeih n’a pas d’attentes particulières de la part du public libanais. «J’ai fait des succès fous et j’ai joué à guichets fermés pendant des mois. Certes, c’est le but de chaque acteur, metteur en scène, producteur, mais je n’ai jamais travaillé de sorte à attirer le public. Si j’ai dix spectateurs ou des salles combles, la qualité de mon travail ne va pas changer. Et à dire vrai, j’ai écrit dans le passé des pièces qui, à mon sens, avaient une valeur dramaturgique, avec seulement une vingtaine de spectateurs dans la soirée, alors que des pièces, que j’estimais être plus légères, ont cartonné. Récemment, on voit sur le marché au Liban l’effet du marketing sur le succès de tel ou tel spectacle. Je respecte cela, mais je suis loin de jouer le jeu. Je fais mon marketing, certes, je travaille d’une manière très agressive, mais avec beaucoup d’amour. Mon but est de faire du théâtre et c’est au public de décider s’il va venir ou pas. Dans le temps, il n’y avait pas Facebook, c’était juste le bouche à oreille; la première semaine, il n’y avait presque personne et puis on jouait durant des mois, et le public s’asseyait par terre».

Nayla Rached

Informations et réservations: Librairie Antoine ou au (76) 409 109.

Vendredi, 15 Janvier 2016 03:13

Semaine du 15 au 21 janvier

L’affaire SK1
Samedi 16 à 21h55, C+
de Frédéric Tellier
Raphaël Personnaz, Nathalie Baye, Olivier Gourmet et Michel Vuillermoz
En 1991, Franck Magne est un jeune inspecteur du Quai des Orfèvres qui subit le baptême du feu avec l’enquête sur l’assassinat d’une jeune fille. Très vite, d’autres cas semblables (meurtres, viols et tortures) s’accumulent. Magne comprend vite que c’est l’œuvre d’une seule et même personne. Bougon, son supérieur, lui conseille de ne pas trop s’impliquer. Trop tard: Magne n’a de cesse de débusquer l’assassin, jusqu’à mettre à mal sa vie de famille. D’énormes effectifs sont déployés pour traquer le monstre qui est finalement arrêté. Magne croise sur sa route Frédérique Pons, une avocate passionnée, décidée à comprendre la personnalité du meurtrier… (120’, 2014)

 

Les gamins
Dimanche 17 à 21h55, TF1

d’Anthony Marciano
Alain Chabat, Max Boublil, Sandrine Kiberlain, Mélanie Bernier et Alban Lenoir
Très amoureux, Thomas et Lola projettent de se marier. La jeune femme décide de présenter son fiancé à ses parents, Suzanne et Gilbert. Mais ce dernier est en pleine crise: il est convaincu d’avoir raté sa vie à cause de sa femme et de sa fille. Après l’annonce du prochain mariage de cette dernière avec Thomas, il prend le jeune homme sous son aile et lui met en tête de renoncer au mariage pour préserver sa liberté. Il réussit d’ailleurs à le convaincre de tout quitter. Les deux nouveaux amis partent ensemble à l’aventure. Le duo mène dorénavant une vie de gamins, sans horaires et sans contraintes, rythmée par de nombreuses péripéties… (115’, 2013)

 

Les trois prochains jours
Mardi 19 à 22h00, D8

de Paul Haggis
Russell Crowe, Elizabeth Banks, Liam Neeson et Olivia Wilde
A Pittsburgh, John Brennan et sa femme Lara filent le parfait amour et sont les parents d’un adorable petit Luke. Mais un matin, la police débarque chez le couple et arrête Lara qu’elle soupçonne du meurtre de sa patronne. Trois ans plus tard, Lara est toujours en prison et ne voit plus son mari et son fils que lors des visites. Luke se montre de plus en plus distant vis-à-vis de sa mère. John, de son côté, n’a jamais douté de l’innocence de sa femme. Lorsque son dernier appel est rejeté, Lara tente de se suicider. Pour John, il n’y a maintenant plus qu’une solution: faire évader sa femme. Il demande de l’aide au célèbre roi de l’évasion, Damon Pennington... (145’, 2010)

 

Flic, tout simplement
Mercredi 20 à 21h55, F2

d’Yves Rénier
Mathilde Seigner, Philippe Torreton, Yves Rénier et Jean-Marie Winling
Première femme nommée à la tête de la prestigieuse Crim’, Martine Monteil s’est fixé comme priorité absolue de traquer le «tueur de l’Est parisien». Tout en combattant les préjugés, elle entreprend de faire collaborer des services parfois rivaux. Son but: imposer la création d’un fichier des empreintes ADN pour confondre Guy Georges… (95’, 2014)

Phénomène
Jeudi 21 à 21h55, NRJ 12

de Jon Turteltaub
John Travolta, Kyra Sedgwick, Forest Whitaker et Robert Duvall
George Malley, un mécanicien, est apprécié de tous. Il passe ses journées avec son ami Nate, un jeune Noir. Lace, une femme qui élève seule ses deux enfants, lui apporte des chaises de sa confection à vendre. Personne ne les achète, mais George les accepte malgré tout, car il a un faible pour la jeune femme. Le soir qui vient est particulièrement important: toute la ville s’apprête à célébrer le trente-septième anniversaire de George. Alors que la fête bat son plein, il sort seul prendre l’air quand une boule de feu, venue de nulle part, le heurte en plein visage. Mais lorsqu’il interroge ses amis, étrangement, ces derniers lui soutiennent n’avoir rien vu ni entendu. Puis, il rentre chez lui et se met à lire. Car George, dorénavant, est doté de pouvoirs extraordinaires... (140’, 1996)

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Éditorial
Le facteur temps est décisif

Les ministres rencontrés ou interviewés par Magazine ces dernières semaines, toutes tendances confondues, soulignent le «sens des responsabilités» des représentants de tous les partis au gouvernement et le «sérieux» avec lequel ils abordent les dossiers économiques, financiers et politiques. Ils jettent un regard plutôt positif sur la qualité des débats en Conseil des ministres, même si certains déplorent le temps parfois excessif passé sur des dossiers qui auraient pu être tranchés plus rapidement.Or le temps est, aujourd’hui, un facteur déterminant dans la dynamique de maîtrise de la crise que le gouvernement se promet d’enclencher. Chaque jour qui passe est un jour de perdu. Chaque jour qui passe éloigne davantage le gouvernement des objectifs qu’il s’est fixés au niveau de la réduction du déficit budgétaire. Chaque jour qui passe voit le service de la dette gonfler et le sauvetage de plus en plus périlleux.Cette constatation n’est pas nouvelle mais on ne la rappellera jamais assez. On ne la martèlera jamais assez. C’est parce qu’ils n’ont pas conscience du facteur temps que les responsables ont mené le pays là où il est aujourd’hui, au bord du gouffre. Le plan de réhabilitation du secteur de l’électricité, adopté en avril dernier, est pratiquement le même que celui qui avait été préparé il y a 9 ans. Les tiraillements et les surenchères politiques avaient empêché sa mise en œuvre. Si ce vaste chantier avait été lancé à l’époque, les milliards de dollars engloutis par l’EDL, qui constituent tous les ans une moyenne de 11% du budget, auraient pu être économisés et le Liban ne serait pas dans la situation délicate qui est la sienne en ce moment. Cet exemple d’incurie des pouvoirs publics peut être multiplié à volonté dans divers secteurs.Le temps n’est plus un luxe que les dirigeants peuvent se payer avec l’argent du contribuable. L’examen du budget par la Commission parlementaire des Finances et du Budget a trop traîné, ce qui est inexplicable, car la composition politique de cette instance est presque similaire à celle du gouvernement, qui a déjà amplement pris son temps pour approuver le projet de loi de Finances au bout de 21 séances marathons. Soit les partis sont atteints de schizophrénie et adoptent une chose en Conseil des ministres puis son contraire en Commission; soit ils sont incapables de tenir leurs troupes et certains députés s’ingénient à défaire ce que leurs camarades ont approuvé au gouvernement; soit les partis tiennent un double langage et, de ce fait, sont moins «responsables» qu’ils n’en donnent l’impression. Cette dernière option nous semble la plus plausible.Pour la démentir, le gouvernement doit montrer son sérieux et sa détermination à aller de l’avant en préparant et en envoyant au Parlement le projet de budget 2020 d’ici la mi-octobre au plus tard, comme le stipule la Constitution. Sinon, le sauvetage relèvera des missions impossibles.     


 Paul Khalifeh
   

Combien ça coûte

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Qu’il figure à l’avant ou à l’arrière de la cavité buccale, le vide causé par la perte de certaines dents est toujours désagréable. La pratique des implants dentaires constitue une…

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