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Nº 3102 du vendredi 7 juin 2019

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Expositions (261)

Jeudi, 10 Janvier 2019 14:52

Daniel Castan. Visions urbaines

Le peintre français, Daniel Castan, expose ses «visions urbaines, entre abstrait et figuratif», à la galerie Carré d’Artistes, à Beyrouth souks, jusqu’au 15 janvier. Quand la lumière de la ville croise la suggestion de l’imaginaire.
 

Dans le cadre de son exposition personnelle à la Galerie Carré d’Artistes, le peintre français Daniel Castan s’est rapproché de son public libanais à travers une soirée de live painting, (peinture en direct), le 29 novembre où la foule a eu l’occasion de le voir à l’œuvre, derrière son chevalet, maniant son couteau et sa peinture d’alkyde, pour donner naissance à ses «visions urbaines».
Le parcours de Daniel Castan a de quoi en étonner plus d’un et permet de démonter les idées préconçues sur l’art et les artistes. C’est à l’âge de 40 ans qu’il décide de laisser tomber son travail de graphiste indépendant pour devenir artiste indépendant. «Une crise existentielle», déclare Daniel Castan. Le voilà qui achète le matériel nécessaire pour s’atteler à cette nouvelle vision de vie. D’essai en essai, sans jamais perdre patience ou se décourager, parce qu’il est évident que la muse et le talent sont un jeu d’illusions surtout à notre ère contemporaine, il persiste et finit par tracer son style, sa technique, choisir ses outils, ses sources d’inspiration, jusqu’à devenir, quelques années plus tard, un artiste coté internationalement défendu par le réseau de galerie d’art grand public, Carré d’artiste.
Invitation à la contemplation. Son inspiration est urbaine, puisée de ses voyages professionnels en tant que graphiste, essentiellement entre New York et Hong Kong. C’est à partir des images gravées dans sa tête et des clichés pris sur place qu’il commence à peindre ses toiles urbaines, avant de se focaliser exclusivement sur New York, et de laisser tomber les photographies pour laisser libre cours à son imagination.
Armé de son couteau, son outil de prédilection, et sa peinture d’alkyde, il travaille rapidement, à l’instinct, avec une grande maîtrise du hasard et de la technique, du détail et de l’absolu, de la sensation et la suggestion. Avec son rendu brillant, la peinture de Daniel Castan accroche immédiatement le regard, invitant à la contemplation. Les lignes des immeubles s’entremêlent au tracé du ciel, dans une ambiance nocturne ou diurne, comme pour mieux en faire ressortir les verticalités de la ville, ses fuites, ses perspectives. Ses figures sont géométriques sans toutefois l’être réellement, notamment dans ses toiles plus tardives où les détails s’estompent en des ombres abstraites, d’où ressortent, intactes, les couleurs, encore plus flamboyantes, même quand elles sont sombres.

S’approprier la toile
Dans le clair-obscur de ses œuvres, rejaillissent, comme obsessionnelles, les lumières des feux des voitures dans les rues de New York, ou même les feux de signalisation ou quelques enseignes noyées dans le flou de l’abstraction. Autant de lumières foudroyantes qui engendrent des imaginaires nichés dans les recoins urbains d’un inconscient collectif qui se plaît à façonner ses propres histoires. Le visiteur, voire le spectateur, d’une peinture de Daniel Castan, est à la fois confronté à ce qui est révélé, à ce qui est suggéré et à ce qui est caché, comme s’il lui revenait de compléter lui-même la toile, de se l’approprier, de s’y projeter, de se faufiler dans les interstices de lumière égrenés par le peintre.

Nayla Rached
Photos Milad Ayoub

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Éditorial
L’inacceptable dictaturedes agences de notation

Le gouvernement avait à peine approuvé le projet de budget 2019 que l’agence de notation internationale Standard & Poor’s (S&P) se fendait d’un commentaire négatif, expédié sous forme de mail. Signé par Zahabia Salim Gupta, analyste chargée du Liban à S&P, le communiqué estime que l’objectif de réduction de déficit public annoncé par le gouvernement libanais pourrait ne pas suffire à redonner confiance aux investisseurs. «Nous estimons que le déficit atteindra environ 10% du PIB en 2019 (…) En l’absence de mesures substantielles pour augmenter les recettes de l’État et réduire ses dépenses, nous tablons sur une augmentation du ratio dette/PIB, qui atteindra un seuil de 160% en 2022», a notamment affirmé Zahabia Salim Gupta.Ce jugement précipité – de l’avis des plus éminents experts économiques libanais – qui donne un mauvais signal à la communauté des affaires, aux investisseurs et aux citoyens libanais, suscite de nombreuses interrogations de par son timing et ses objectifs réels. Pour quelqu’un qui brandit l’argument de la «confiance», Mme Gupta n’a pas l’air très soucieuse d’aider à la rétablir. Sauf si son véritable but est justement de procéder à un travail de sape de ce qu’il reste de confiance dans l’économie libanaise et dans sa capacité à se redresser.En lisant ces lignes, certains nous accuseront de voir des complots partout. Libre à eux de se complaire dans leur naïveté et de continuer à prendre pour parole d’Evangile ce qui est émis par ces sacro-saintes institutions internationales. Libre à eux, aussi, de ne pas douter des compétences de ces experts et de refuser de leur attribuer des intentions douteuses.Pour notre part, nous gardons en mémoire les graves dysfonctionnements des agences de notations qui se sont lourdement trompées à plusieurs reprises ou qui ont failli au rôle de régulateur qui leur a été conféré, sans qu’elles ne le méritent réellement.L’incapacité des grandes agences à anticiper la crise des subprimes aux Etats-Unis, en 2007-2008, a soulevé de nombreuses interrogations non seulement quant à leurs réelles compétences et à leur efficacité mais aussi au sujet de leur code d’éthique et de leur échelle de valeur. Ceux-ci semblent essentiellement guidés par la profitabilité.Concernant Standard & Poor’s, nous rappelons à ceux qui s’émerveillent devant ses jugements, que cette agence, comme toutes les autres d’ailleurs, collectionnent les prestations douteuses. L’agence a été publiquement sanctionnée en juin 2014 par l’Autorité européenne de surveillance des agences de notation pour avoir «par erreur» annoncé une dégradation de la note de la France en 2011.En 2015, la Securities and Exchange Commission (SEC) aux Etats-Unis a décidé de bannir pour un an Standard & Poor’s de l’un des marchés d’émission de dette les plus lucratifs, celui de l’immobilier commercial. Cette sanction, assortie d’une amende de 60 millions de dollars, a été prise car S&P a émis des notes trop complaisantes sur des obligations intégrant des prêts hypothécaires subprimes ayant alimenté la crise financière.Même le Sénat américain avait révélé dans un rapport que Moody’s et Standard & Poor’s avaient eu des comportements éthiques discutables et condamnables.La liste des couacs est longue mais nous en resterons là. Nous préférons accorder la primauté aux experts libanais, reconnus dans le monde entier pour leurs compétences, plutôt qu’à des «analystes» aux sombres desseins. Ce sont les Libanais que nous écouterons. Qui a dit que nul n’est prophète en son pays?  


 Paul Khalifeh
   

Santé

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